Au cœur des tribus kanak, une vaccination pédagogique et de proximité

Samantha Paouro, 35 ans, membre de la tribu Kouma, après avoir reçu sa seconde dose du vaccin contre la Covid-19 (Photo, AFP).
Samantha Paouro, 35 ans, membre de la tribu Kouma, après avoir reçu sa seconde dose du vaccin contre la Covid-19 (Photo, AFP).
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Publié le Mardi 12 octobre 2021

Au cœur des tribus kanak, une vaccination pédagogique et de proximité

  • Resté exempt de Covid pendant 18 mois grâce à une stricte protection de ses frontières, la Nouvelle-Calédonie a été frappée par le variant Delta
  • Une course contre la montre a donc été lancée pour vacciner la population, avec des équipes sanitaires jusqu'aux tribus les plus reculées

LA FOA: "Une frange de la population refuse de se rendre dans les vaccinodromes. On en a conclu qu'il fallait aller vers eux": Kouma, la plus petite tribu de Nouvelle-Calédonie, a reçu lundi une équipe de pompiers venus vacciner les volontaires dans la maison commune.

"On n'est pas là pour vacciner coûte que coûte mais d'abord pour répondre aux questions ou aux préjugés véhiculés par les réseaux sociaux", témoigne Bernadette Worms, médecin conseil du ministère de la Santé, qui a été le moteur de l'initiative.

Resté exempt de Covid pendant 18 mois grâce à une stricte protection de ses frontières, l'archipel français du Pacifique sud a été frappé par le variant Delta qui s'est répandu comme une traînée de poudre depuis le 6 septembre, causant la mort de plus de 200 personnes en un mois.

Une course contre la montre a donc été lancée pour vacciner la population, avec des équipes sanitaires jusqu'aux tribus les plus reculées.

Dont la petite communauté constituée d'une quarantaine d'habitants, vivant pour la plupart en autosuffisance grâce à l'agriculture et la pêche, quelques-uns travaillant au village de La Foa, distant de 15 kilomètres sur une route sinueuse.

Au déclenchement de l'épidémie, plus personne n'est sorti de la tribu et les étrangers n'y étaient pas bienvenus. Rapidement, Kouma a fait le choix de la vaccination.

"On n'est déjà pas nombreux et en plus on vit en collectivité. Il faut le faire pour se protéger les uns les autres", lance Linda Paouro, présidente du conseil des chefs de clans.

Cette jeune femme au franc-parler accueille lundi dans la maison commune de la tribu une unité sanitaire dans le cadre d'une opération de grande proximité, organisée par le SIVM (Syndicat intercommunal à vocations multiples) de la région.

Refus d'aller dans les vaccinodromes

Mises sur pied en quelques jours la semaine dernière, ces unités sanitaires volantes comptent trois pompiers, un médecin et un représentant de l'intercommunalité.

"On a constaté qu'une frange de la population refuse de se rendre dans les vaccinodromes où il y a du monde et où les gens ont peur d'attraper le virus. On en a conclu qu'il fallait aller vers eux", explique Régis Roustan, président du SIVM, soulignant que certains chefs de tribus n'ont toutefois pas donné leur feu vert pour recevoir des équipes.

A Kouma, le chef Albert Paouro a lui plaidé pour la vaccination.

"Au début, je ne voulais pas, mais un soir le chef, qui est mon oncle, nous a réuni et vu la gravité de la situation, il nous a demandé de faire le vaccin", raconte Samantha, quelques minutes après avoir reçu sa deuxième dose.

Pour montrer l'exemple, Marianne, l'épouse d'Albert, avait été la première à aller se faire vacciner au dispensaire il y a trois semaines avant de compléter lundi son schéma vaccinal.

"Quand elle est revenue de sa première dose, on a vu qu'elle allait bien, qu'elle était normale. Alors ça nous a rassuré", poursuit Samantha, qui s'est surtout fait vacciner "pour protéger sa grand-mère de 73 ans".

Tisanes et prière

"Ce n'est pas toujours facile, j'ai eu des agressions verbales virulentes", souligne Bernadette Worms.

"Des gens m'ont aussi dit qu'entre la prière et les tisanes de la médecine traditionnelle, ils étaient protégés", ajoute Mme Worms, se félicitant d'être souvent parvenue à convaincre les récalcitrants grâce à "cette pédagogie au plus près des habitants".

Actuellement, près de 47% de la population totale de Nouvelle-Calédonie (280.000 habitants) dispose d'un schéma vaccinal complet et les autorités espèrent parvenir à l'immunité collective d'ici mi-novembre.

Lundi, le confinement strict, en vigueur depuis le 7 septembre, a été légèrement assoupli avec la mise en place d'un pass sanitaire, la réouverture des commerces non essentiels et des restaurants et la reprise progressive des cours.

Compte tenu du risque de rebond, l'armée va néanmoins prêter main forte à l'hôpital pour augmenter le nombre de lits de réanimation, tandis qu'un pont aérien pour transporter des malades vers la métropole est en cours de préparation.


Mégafeu en Gironde: le feu «toujours stabilisé» avant le retour de la chaleur

La hausse attendue des températures fait craindre une nouvelle aggravation du mégafeu qui a déjà ravagé 42.000 hectares en Gironde, "toujours stabilisé" mardi matin après une nuit calme. (AFP)
La hausse attendue des températures fait craindre une nouvelle aggravation du mégafeu qui a déjà ravagé 42.000 hectares en Gironde, "toujours stabilisé" mardi matin après une nuit calme. (AFP)
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  • Les forêts s'enflamment d'autant plus facilement que la végétation et les sols européens sont très secs depuis des mois, une sécheresse accentuée par le changement climatique et les récentes canicules exceptionnelles
  • La Gironde et les Landes, département qui passera également en vigilance jaune canicule mardi midi, s'apprêtent à vivre selon Météo-France une "nouvelle vague de chaleur", avec des températures qui pourraient atteindre jusqu'à 40°C mercredi

BORDEAUX: La hausse attendue des températures fait craindre une nouvelle aggravation du mégafeu qui a déjà ravagé 42.000 hectares en Gironde, "toujours stabilisé" mardi matin après une nuit calme.

La nuit a été marquée par la lutte contre plusieurs reprises de feu au nord du Porge et dans la partie nord du Cap-Ferret, mais celles-ci "sont sous contrôle", selon la préfecture, qui souligne que "la surface brûlée n'a pas évolué".

Le département, qui passera en vigilance jaune canicule à midi, surveille températures et vents: Météo-France prévoit une hausse des températures jusqu'à 33 à 35°C dans les terres mardi, accompagnées d'un vent orienté au sud-est, avec des brises océaniques d'ouest sur le littoral, qui pourraient attiser à nouveau le brasier.

Dans un point de situation lundi à 22H30, la préfète a souligné que la journée devrait également être marquée par "une baisse de l'hygrométrie". La situation "reste très imprévisible", a-t-elle alors assuré.

Les forêts s'enflamment d'autant plus facilement que la végétation et les sols européens sont très secs depuis des mois, une sécheresse accentuée par le changement climatique et les récentes canicules exceptionnelles.

La Gironde et les Landes, département qui passera également en vigilance jaune canicule mardi midi, s'apprêtent à vivre selon Météo-France une "nouvelle vague de chaleur", avec des températures qui pourraient atteindre jusqu'à 40°C mercredi et des vents un peu moins forts mais plus secs.

"On doit tenir" 

"Les semaines à venir seront dures et on doit tenir", a lancé lundi le président de la République, Emmanuel Macron, dans la salle de crise du centre opérationnel départemental d'incendie et de secours (Codis). "On reste unis et on se bat pour gagner la bataille partout", a-t-il dit en délivrant dans la soirée une bonne nouvelle: le feu est désormais "fixé" dans les Landes.

En Gironde également, la journée de lundi  a été "favorable, comme espéré par les pompiers", s'est réjoui le Sdis auprès de l'AFP. Dans l'ensemble, les départs de feux ont été "contenus".

Depuis le début de l'incendie au nord du bassin d'Arcachon, le 22 juillet, 93 pompiers ont été blessés, 240 habitations ont été détruites et près de 220.000 personnes ont été évacuées de manière préventive dans 23 communes.

Dans un camping du Grand Crohot, en Gironde, jouets des enfants sur le sol, bières sur la table, tentes ouvertes et serviettes de plage encore étendues... tout témoigne de la rapidité et de la panique avec lesquelles tous ont dû quitter les lieux.

Le feu n'étant pas fixé en Gironde, aucun retour des évacués n'y est envisageable à ce stade et les activités des colonies de vacances sont suspendues dans ce département touristique.

La préfète a en outre annoncé lundi soir l'interdiction des manifestations sportives et culturelles, tout comme les activités nautiques et la navigation sur le lac de Cazaux-Sanguinet.

Comme lundi, aucun TGV ne circule au sud de Bordeaux mardi, hormis ceux qui desservent Agen et Toulouse, et l'autoroute A63 est fermée dans les deux sens entre Bordeaux et Bayonne.

"Vague de solidarité" 

Au total, plus de 116.000 hectares - nouveau record après 2022 - ont été parcourus par les incendies en France depuis début 2026, a indiqué le Premier ministre Sébastien Lecornu.

Le ministre de l'Economie Roland Lescure a annoncé que les assureurs prendraient en charge les frais de relogement des personnes évacuées à cause des incendies de Gironde, des Landes et du Var.

Une "vague de solidarité", saluée par la préfète Sophie Brocas, a par ailleurs permis de libérer les pompiers volontaires dans les entreprises. Agriculteurs et particuliers prêtent aussi main-forte.

"On est partis à 4H30 ce matin du Lot-et-Garonne. On cherche à aider. Je suis chasseur et je veux garder la nature comme elle est", a expliqué lundi à l'AFP Christopher Bonnefond, 25 ans, agriculteur venu avec quatre collègues.

Juste au sud, l'incendie dans les Landes est donc fixé après avoir brûlé 3.600 hectares et 198 bâtiments.

Depuis 20H lundi, "l'ensemble des habitants des communes de Sanguinet et de Parentis-en-Born" peuvent ainsi "réintégrer leur domicile", a annoncé le préfet des Landes, tout comme ceux du village aéronautique de Biscarrosse et les résidents d'un camping au nord de la ville. Soit, au total, 15.000 personnes.

Dans le Var, les reprises du feu du Gros Bessillon, qui ont mobilisé les pompiers lundi, au 7e jour de lutte contre cet incendie, ont été "circonscrites" lundi soir, a annoncé la préfecture.

Le feu est toujours en cours en Corse mais a été "fixé" dans les Hautes-Alpes après avoir parcouru 510 hectares.

Dans les Bouches-du-Rhône, un pompier volontaire de 38 ans est décédé lundi, après que le camion-citerne "dans lequel il circulait seul a fait une sortie de route" au nord d'Arles, a indiqué le Sdis 13.


L'Iran dit avoir convoqué l'ambassadeur français pour «ingérence»

L'ambassadeur français en Iran, Pierre Cochard, a été convoqué par le ministère des Affaires étrangères à Téhéran pour "ingérence", a indiqué lundi ce dernier, après la détention de deux diplomates français en poste dans la capitale iranienne. (AFP)
L'ambassadeur français en Iran, Pierre Cochard, a été convoqué par le ministère des Affaires étrangères à Téhéran pour "ingérence", a indiqué lundi ce dernier, après la détention de deux diplomates français en poste dans la capitale iranienne. (AFP)
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  • "Hier (dimanche), l'ambassadeur de France à Téhéran a été convoqué au ministère des Affaires étrangères, où il a été souligné que le gouvernement français devait cesser de telles actions et de telles ingérences"
  • Selon lui, les deux diplomates français ont mené des activités "qui n'étaient en aucun cas justifiées" et ont "interféré dans les affaires intérieures de l'Iran sous le prétexte de s'engager avec la société civile"

TEHERAN: L'ambassadeur français en Iran, Pierre Cochard, a été convoqué par le ministère des Affaires étrangères à Téhéran pour "ingérence", a indiqué lundi ce dernier, après la détention de deux diplomates français en poste dans la capitale iranienne.

"Hier (dimanche), l'ambassadeur de France à Téhéran a été convoqué au ministère des Affaires étrangères, où il a été souligné que le gouvernement français devait cesser de telles actions et de telles ingérences dans les affaires intérieures de l'Iran sous des appellations trompeuses", a déclaré le porte-parole du ministère, Esmaïl Baghaï, lors d'un point de presse hebdomadaire.

Selon lui, les deux diplomates français ont mené des activités "qui n'étaient en aucun cas justifiées" et ont "interféré dans les affaires intérieures de l'Iran sous le prétexte de s'engager avec la société civile".

"Nous ne commentons pas les provocations iraniennes", a réagi lundi le Quai d'Orsay, selon qui "les faits sont clairs".

Le 20 juillet, le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, avait dénoncé "une action d'intimidation extrêmement grave de la part des services de sécurité iraniens" à l'encontre de deux diplomates, dont l'un avait été "molesté".

D'après le ministre français, les diplomates ont été "détenus sans raison pendant plusieurs heures" et "interrogés", en raison de leur mission de soutien à la société civile iranienne.

Le chargé d'affaires iranien en France avait été convoqué au Quai d'Orsay mardi dernier.

Les autorités iraniennes ont démenti l'agression, affirmant que les diplomates n'avaient été que "brièvement interrogés" par les services de sécurité, après avoir participé à une "réunion avec plusieurs personnes recherchées par les autorités".


Paris : trois femmes blessées dans une attaque au couteau, un suspect interpellé

n homme suspecté d'avoir blessé trois femmes lundi à Paris à l'aide de deux couteaux de cuisine, dont deux grièvement, a ensuite été rapidement interpellé, a annoncé le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez. (AFP)
n homme suspecté d'avoir blessé trois femmes lundi à Paris à l'aide de deux couteaux de cuisine, dont deux grièvement, a ensuite été rapidement interpellé, a annoncé le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez. (AFP)
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  • L'attaque s'est produite vers 11H30 porte de Clichy, au nord-ouest de la capitale, avait indiqué la préfecture de police de Paris
  • "Trois victimes identifiées ont été prises en charge par les secours et transportées en milieu hospitalier", a précisé la PP, sans donner plus de détail sur l'état des blessés

PARIS: Un homme suspecté d'avoir blessé trois femmes lundi à Paris à l'aide de deux couteaux de cuisine, dont deux grièvement, a ensuite été rapidement interpellé, a annoncé le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez.

L'attaque s'est produite vers 11H30 porte de Clichy, au nord-ouest de la capitale, avait indiqué la préfecture de police de Paris.

"Trois victimes identifiées ont été prises en charge par les secours et transportées en milieu hospitalier", a précisé la PP, sans donner plus de détail sur l'état des blessés.

"Un individu muni de deux armes blanches a fait plusieurs blessés" et "a rapidement été interpellé", a-t-elle ajouté.

Selon le ministre de l'Intérieur, le suspect "a été interpellé par un policier de la préfecture de police hors service", dont il a salué "le courage".

"Aucune" des trois femmes blessées "ne voit son pronostic vital engagé", a déclaré Laurent Nuñez à la mi-journée, lors du compte-rendu du conseil des ministres.

"Deux d'entre elles sont quand même en urgence absolue, donc sont blessées assez gravement", a-t-il ajouté. L'une a été touchée aux lombaires, l'autre à l'abdomen, a-t-il précisé.

Une troisième femme a été blessée plus légèrement.

Les trois victimes sont "âgées de 19, 24 ans et 36 ans", a encore dit le ministre.

Le suspect "n'a donné qu'une identité déclarative" et "tient des propos incohérents", a poursuivi M. Nuñez, qui appelle à "rester très prudent sur les mobiles de cet acte extrêmement violent".

Le parquet national antiterroriste a indiqué à l'AFP être en observation à ce stade.