La fusion Société Générale et Crédit du Nord débutera en 2023, 3 700 suppressions de postes

Le groupe Société Générale a détaillé la fusion de son réseau de banque de détail avec celui de Crédit du Nord (Photo, AFP)
Le groupe Société Générale a détaillé la fusion de son réseau de banque de détail avec celui de Crédit du Nord (Photo, AFP)
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Publié le Mardi 12 octobre 2021

La fusion Société Générale et Crédit du Nord débutera en 2023, 3 700 suppressions de postes

Le groupe Société Générale a détaillé la fusion de son réseau de banque de détail avec celui de Crédit du Nord (Photo, AFP)
  • Quelque 100 millions d'euros seront consacrés entre 2022 et 2025 à un plan pour la formation et l'accompagnement de collaborateurs
  • Le groupe Société Générale, qui possède également la banque en ligne Boursorama, cible 30% de ventes «totalement digitales en 2025 sur les produits éligibles»

PARIS: Regroupements d'agences, fusion des réseaux: le groupe Société Générale a détaillé mardi la fusion de son réseau de banque de détail avec celui de Crédit du Nord, qui entraînera 3.700 suppressions nettes de postes entre 2023 et 2025, « sans aucun départ contraint ».  

« Ces suppressions de postes s'appuieront sur les départs naturels (estimés à 1 500 par an d'ici 2025) et la priorité donnée aux reclassements et mobilités internes », précise le groupe dans un communiqué.  

« Nous utilisons une démarche progressive, étalée dans le temps », a assuré Sébastien Proto, directeur général adjoint du groupe. « Cela nous permet de débuter tous nos parcours de formation, d'accompagnement individuel, très en avance par rapport à la mise en oeuvre effective de la transformation » de 2023 à 2025.  

Quelque 100 millions d'euros seront consacrés entre 2022 et 2025 à un plan pour la formation et l'accompagnement de collaborateurs, dont le métier évoluera dans le cadre de cette fusion, selon M. Proto.  

Des assurances qui n'ont pas convaincu la CGT, le deuxième syndicat du groupe dénonçant dans un communiqué un « projet stratégique risqué et socialement coûteux ».  

« Il faut dès à présent (...) apporter des garanties sociales », martèle le syndicat. « Le niveau de démissions actuel est déjà tellement important que certaines équipes sont déjà en difficulté. Il faut donc combler les effectifs sortants. »  

« C'est un scandale », fustige Khalid Bel Hadaoui, délégué national syndical CFDT.  

« Société Générale n'arrête pas de nous dire qu'il n'y aura pas de départ contraint mais sur un laps de temps 2023-2025, on sait qu'on va forcer les gens à (...) déménager parce que des sièges sociaux vont bouger et ça, ça va être une catastrophe », regrette-t-il.  

Laetitia Vidoni, déléguée syndicale CFTC Crédit du Nord et négociatrice de fusion, déplore pour sa part un « flou total alors que c'est un projet de très grande envergure ».   

10 millions de clients  

Depuis l'annonce du projet en 2020, « nous avons déjà négocié plusieurs éléments importants dans cette opération de fusion, notamment les conditions de bascule des collaborateurs Crédit du Nord vers le statut Société Générale », assure Sébastien Proto.  

« On aura les avantages sociaux conservés et une augmentation sous la forme d'une prime pérenne de 1,5% qui va permettre aux salariés du Crédit du Nord de ne pas perdre en pouvoir d'achat, pour pallier les surcotisations qu'ils ont à Société Générale », remarque Mme Vidoni.  

Le nouvel établissement issu de ce mariage repose sur « une fusion complète » des deux banques de détail: « une seule banque, avec un seul réseau, un seul siège et un seul système informatique, au service de près de 10 millions de clients et forte de plus 25 000 collaborateurs », selon le groupe.  

« Aujourd'hui, on répartit notre enveloppe d'investissements sur deux systèmes informatiques. A la fin, cela fait moins d'euros investis par client », ajoute Sébastien Proto.  

Le groupe Société Générale, qui possède également la banque en ligne Boursorama, cible 30% de ventes « totalement digitales en 2025 sur les produits éligibles ».  

La nouvelle banque bénéficiera en outre d'un maillage territorial de 1 450 agences -contre 2 100 au total fin 2020- maintenues dans les mêmes villes qu'aujourd'hui. Le regroupement des agences « sera réalisé sans quitter de ville », selon le groupe.  

Ces regroupements représenteront plus de points de vente pour les clients: 15% de plus pour ceux de Société Générale par rapport à 2020 et près de trois fois plus pour ceux de Crédit du Nord.   

Cet ancrage territorial devrait se refléter dans la stratégie de marque du groupe, qui se dotera d'une marque nationale, associée à des dénominations régionales issues de Crédit du Nord (Crédit du Nord, Courtois, Tarneaud, Laydernier, SMC). La stratégie de marque sera dévoilée courant 2022.  

La fusion juridique devrait intervenir au 1er janvier 2023 et la fusion informatique au premier semestre 2023. La facture à régler pour mener à bien le projet est toujours estimée entre 700 et 800 millions d'euros, comme annoncé en 2020. 


La CJUE valide les astreintes de 68,5 M EUR contre la Pologne pour son refus de fermer une mine de charbon

La Cour de justice de l'Union européenne (CJUE) UE a rejeté jeudi le recours de la Pologne contre 68,5 millions d'euros d'astreintes accumulées depuis le refus de Varsovie de mettre fin à l'extraction de lignite dans une énorme mine proche des frontières avec la République tchèque et l'Allemagne. (AFP)
La Cour de justice de l'Union européenne (CJUE) UE a rejeté jeudi le recours de la Pologne contre 68,5 millions d'euros d'astreintes accumulées depuis le refus de Varsovie de mettre fin à l'extraction de lignite dans une énorme mine proche des frontières avec la République tchèque et l'Allemagne. (AFP)
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  • "La Cour de justice rejette le pourvoi de la Pologne contre l'arrêt du Tribunal concernant l'annulation des astreintes journalières infligées dans l'affaire de la mine de Turów"
  • La mine polonaise, qui s'étend à ciel ouvert sur plus de 10 kilomètres le long des deux zones frontalières, suscite des tensions avec ses voisins qui lui reprochent d'abaisser le niveau des nappes phréatiques et de polluer l'environnement

VARSOVIE: La Cour de justice de l'Union européenne (CJUE) UE a rejeté jeudi le recours de la Pologne contre 68,5 millions d'euros d'astreintes accumulées depuis le refus de Varsovie de mettre fin à l'extraction de lignite dans une énorme mine proche des frontières avec la République tchèque et l'Allemagne.

"La Cour de justice rejette le pourvoi de la Pologne contre l'arrêt du Tribunal concernant l'annulation des astreintes journalières infligées dans l'affaire de la mine de Turów", selon un communiqué de presse officiel dans lequel la CJUE insiste sur son souhait de "garantir l'application effective du droit de l'Union dans l'intérêt général".

La mine polonaise, qui s'étend à ciel ouvert sur plus de 10 kilomètres le long des deux zones frontalières, suscite des tensions avec ses voisins qui lui reprochent d'abaisser le niveau des nappes phréatiques et de polluer l'environnement.

En 2021, la République tchèque avait porté l'affaire devant la CJUE.

La mine Turow a été sommée de cesser ses activités, mais l'ancien gouvernement polonais nationaliste n'a pas obtempéré et, en conséquence, Varsovie a été condamné par Bruxelles à une astreinte de 500.000 euros par jour.

Selon le gouvernement, la fermeture de la mine compromettrait la sécurité énergétique du pays.

En 2022, moyennant un engagement à des investissements importants dans la protection de l'environnement, la Pologne est parvenue finalement à un accord amiable avec la République tchèque.

Cependant la Commission européenne a sommé Varsovie de verser environ 68,5 M EUR, soit l'équivalent des astreintes journalières cumulées avant la conclusion de l'accord avec Prague.

Face au nouveau refus polonais, Bruxelles a prélevé les sommes dues dans les fonds européens destinés à Varsovie, une démarche alors inédite.

"L'accord amiable conclu entre la République tchèque et la Pologne n'a pas supprimé rétroactivement les astreintes ordonnées en référé", a expliqué jeudi la CJUE.

Selon la Cour européenne, les astreintes gardent "un caractère préventif et non répressif, contrairement à ce que prétendait la Pologne".

"L'obligation de payer l'astreinte journalière, versée au budget de l'Union, vise à assurer le respect des mesures provisoires déjà ordonnées", a insisté la CJUE.


Aldi dément une «éventuelle vente» de ses magasins français

Le discounter allemand Aldi a démenti jeudi auprès de l'AFP les "spéculations" de la presse française au sujet d'"une éventuelle vente" de ses quelque 1.300 magasins en France, promettant un engagement "à long terme" sur ce marché où il est implanté depuis 1988. (AFP)
Le discounter allemand Aldi a démenti jeudi auprès de l'AFP les "spéculations" de la presse française au sujet d'"une éventuelle vente" de ses quelque 1.300 magasins en France, promettant un engagement "à long terme" sur ce marché où il est implanté depuis 1988. (AFP)
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  • Jeudi, le média spécialisé La Lettre a indiqué qu'Aldi "planchait" sur une "sortie" du pays, où il est le 8e distributeur alimentaire en parts de marché
  • D'après La Lettre, "le discounter allemand, qui enchaîne les pertes dans l'Hexagone depuis cinq ans

PARIS: Le discounter allemand Aldi a démenti jeudi auprès de l'AFP les "spéculations" de la presse française au sujet d'"une éventuelle vente" de ses quelque 1.300 magasins en France, promettant un engagement "à long terme" sur ce marché où il est implanté depuis 1988.

Jeudi, le média spécialisé La Lettre a indiqué qu'Aldi "planchait" sur une "sortie" du pays, où il est le 8e distributeur alimentaire en parts de marché (3% selon Kantar WorldPanel fin novembre), loin derrière son rival également allemand Lidl, 6e (8,1%).

D'après La Lettre, "le discounter allemand, qui enchaîne les pertes dans l'Hexagone depuis cinq ans, a demandé à la Deutsche Bank d'étudier un scénario de cession de sa filiale française", la maison mère "rechignant" à remettre au pot, après plus d'un milliard d'euros versés fin 2023.

"Les informations au sujet d'une éventuelle vente d'Aldi France sont fausses" a réagi Aldi Nord, sa maison mère, sollicitée par l'AFP.

"Aldi est et restera engagé à long terme sur le marché français", a assuré le groupe, pour qui les "spéculations" au "sujet d'un prétendu processus de vente" ou "retrait de France" sont "sans fondement".

"Depuis des années, nous investissons massivement dans notre assortiment ainsi que dans la modernisation de notre réseau de magasins et de logistique", a fait valoir le discounter, invoquant une stratégie "clairement axée sur l'optimisation et la croissance en France".

"L'évolution positive est constante et conforme aux objectifs du groupe Aldi Nord", a-t-il assuré.

Il reste qu'Aldi, comme Lidl, n'a pas bénéficié en France de la période de forte inflation alimentaire, qui a à l'inverse profité au numéro un Leclerc.

En outre le groupe avait déboursé en 2020 plus de 700 millions d'euros pour racheter 547 Leader Price auprès du distributeur en difficulté Casino. Aldi pesait alors 2,4% du marché de la distribution alimentaire, et Leader Price 1,5%.

Selon ses comptes consolidés pour l'année 2022, dernier exercice publié, Aldi a réalisé 5 milliards d'euros de chiffre d'affaires annuel en France, en forte hausse de 17%. Mais en creusant sa perte nette, passée en un an de près de 291 millions d'euros à 397 millions.

En cas de vente, les acheteurs potentiels ne manqueraient pas, comme l'a souligné jeudi sur son site le spécialiste du secteur Olivier Dauvers, citant Lidl, Carrefour et  Action.


Dina Powell McCormick, née en Égypte, nommée présidente et vice-présidente de Meta

Meta a nommé Dina Powell McCormick, née en Égypte, au poste de présidente et de vice-présidente. (AP/File Photo)
Meta a nommé Dina Powell McCormick, née en Égypte, au poste de présidente et de vice-présidente. (AP/File Photo)
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  • L'ancienne associée de Goldman Sachs et fonctionnaire de la Maison Blanche a précédemment siégé au conseil d'administration de Meta
  • Dina Powell McCormick, qui est née au Caire et a déménagé aux États-Unis lorsqu'elle était enfant, rejoint l'équipe de direction et contribuera à orienter la stratégie globale et l'exécution

LONDRES: Meta a nommé Dina Powell McCormick, née en Égypte, au poste de présidente et de vice-présidente.

L'entreprise a déclaré lundi que l'ancienne associée de Goldman Sachs et fonctionnaire de la Maison Blanche, qui a déjà siégé au conseil d'administration de Meta, accède à un rôle de direction de haut niveau, alors que l'entreprise accélère sa progression dans les domaines de l'intelligence artificielle et de l'infrastructure mondiale.

Powell McCormick, qui est née au Caire et a déménagé aux États-Unis dans sa jeunesse, rejoindra l'équipe de direction et contribuera à orienter la stratégie globale et l'exécution de l'entreprise. Elle travaillera en étroite collaboration avec les équipes de Meta chargées de l'informatique et de l'infrastructure, a indiqué l'entreprise, et supervisera les investissements de plusieurs milliards de dollars dans les centres de données, les systèmes énergétiques et la connectivité mondiale, tout en établissant de nouveaux partenariats stratégiques en matière de capital.

"L'expérience de Dina aux plus hauts niveaux de la finance mondiale, combinée à ses relations profondes dans le monde entier, la rend particulièrement apte à aider Meta à gérer cette prochaine phase de croissance en tant que présidente et vice-présidente de l'entreprise", a déclaré Mark Zuckerberg, fondateur et PDG de Meta.

Mme Powell McCormick a plus de 25 ans d'expérience dans les domaines de la finance, de la sécurité nationale et du développement économique. Elle a passé 16 ans en tant qu'associée chez Goldman Sachs à des postes de direction, et a servi deux présidents américains, notamment en tant que conseillère adjointe à la sécurité nationale de Donald Trump, et en tant que haut fonctionnaire du département d'État sous George W. Bush.

Plus récemment, elle a été vice-présidente et présidente des services à la clientèle mondiale de la banque d'affaires BDT & MSD Partners.