Microsoft fait état de cyberattaques menées par l'Iran contre des entreprises occidentales et israéliennes

Des pirates informatiques basés en Iran ont tenté d'infiltrer des entreprises américaines, européennes et israéliennes de transport maritime et de défense qui opèrent au Moyen-Orient, a révélé Microsoft. (Photo, AP/Archives)
Des pirates informatiques basés en Iran ont tenté d'infiltrer des entreprises américaines, européennes et israéliennes de transport maritime et de défense qui opèrent au Moyen-Orient, a révélé Microsoft. (Photo, AP/Archives)
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Publié le Mercredi 13 octobre 2021

Microsoft fait état de cyberattaques menées par l'Iran contre des entreprises occidentales et israéliennes

  • Des tentatives de cyber-infiltrations iraniennes ont touché 250 compagnies maritimes et de défense
  • Téhéran aurait créé un groupe pour s’infiltrer au sein des «services de sécurité et du transport maritime de ses ennemis»

LONDRES: Des pirates informatiques basés en Iran ont tenté d'infiltrer les entreprises américaines, européennes et israéliennes de transport maritime et de défense qui opèrent au Moyen-Orient, a déclaré Microsoft.

L’entreprise a également annoncé qu'au cours des dernières semaines, une cellule de pirates informatiques, nommée DEV-0343, avait procédé à une attaque extensive par «password spraying» (pulvérisation de mots de passe) sur quelque 250 entreprises qui fonctionnent sur des produits Microsoft.

Le «password spray» est une stratégie de cyber-infiltration pour accéder à plusieurs comptes en utilisant des mots de passe universels.

Les victimes de ces attaques présumés comprennent des entreprises de défense qui soutiennent des partenaires gouvernementaux américains, européens et israéliens «produisant des radars de qualité militaire, des technologies de drones, des systèmes de satellites et des systèmes de communication d'intervention d'urgence», a affirmé Microsoft.

L’entreprise a ajouté que la cellule a été détectée pour la première fois en juillet, un mois chargé pour les forces militaires iraniennes, qui ont mené des opérations agressives dans le détroit d'Ormuz, tuant un garde de sécurité britannique et un travailleur maritime roumain dans une frappe effectuée par un drone chargé d'explosifs.

Le Royaume-Uni, les États-Unis et Israël ont tous accusé l'Iran et son Corps des gardiens de la révolution islamique – l'unité paramilitaire idéologique de Téhéran – d’avoir attaqué le navire MT Mercer Street.

Zodiac Maritime, l'entreprise britannique appartenant au milliardaire israélien Eyal Ofer qui exploite le navire, a indiqué qu'elle n'avait pas été directement visée par les récentes tentatives de cyber-infiltration de l'Iran.

Microsoft a également signalé que le groupe DEV-0343 aurait été créé pour aider Téhéran à s’infiltrer au sein des «services de sécurité et du transport maritime des adversaires à l’Iran au Moyen-Orient».

L’entreprise a ajouté: «Moins de 20 des entreprises ciblées ont été atteintes avec succès, mais le groupe DEV-0343 continue de faire évoluer ses techniques afin d’améliorer ses attaques».

Microsoft a de même souligné que «des centaines» de comptes dans chacune des entreprises ciblées avaient été visés par la cyberattaque, qui, selon elle, a probablement été planifiée et lancée en Iran.

«Accéder à des images satellites commerciales et aux plans et journaux de trajets exclusifs pourrait aider Téhéran à compenser le développement de son programme satellitaire», a-t-il ajouté.

 

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


À Kaboul, les bus bibliothèques sont de retour, pour la joie des enfants

Des enfants lisent dans une bibliothèque mobile qui a ouvert ses portes pour la première fois depuis le retour au pouvoir des talibans, à Kaboul le 5 décembre 2021. (Photo, AFP)
Des enfants lisent dans une bibliothèque mobile qui a ouvert ses portes pour la première fois depuis le retour au pouvoir des talibans, à Kaboul le 5 décembre 2021. (Photo, AFP)
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  • Cinq de ces bus circulent ainsi à Kaboul, loués et équipés par une ONG locale, Charmaghz, dirigée par Freshta Karim
  • L'ONG Charmaghz a juste assez d'argent pour faire circuler les bus pendant un mois environ

KABOUL : Devant un orphelinat de Kaboul, les sourires des enfants sont de retour : dimanche, le bus bibliothèque est à nouveau là, pour la première fois depuis que les talibans ont repris le pouvoir mi-août.

"Je me sens vraiment heureux. Je peux à nouveau étudier sur les livres que j'aime", dit Arezo Azizi, une fille de 11 ans, montrant son ouvrage favori : un livre de calcul où plus un chat sait compter, plus il gagne de morceaux de fromage.   

Elle est assise dans ce véhicule où les rangées de sièges ont été enlevées et remplacées par des tables, des chaises et des étagères remplies de livres pour enfants et de coloriages.

"La bibliothèque n'était pas venue depuis trois mois", explique-t-elle au milieu du brouhaha créé par les enfants.

Cinq de ces bus circulent ainsi à Kaboul, loués et équipés par une ONG locale, Charmaghz, dirigée par Freshta Karim, une Afghane diplômée de l'université d'Oxford (Royaume-Uni).

Des centaines de petits Afghans ont profité ces dernières années de bibliothèques mobiles qui sillonnent la capitale, rendant visite aux écoles et aux orphelinats parfois très démunis.

Mais après la prise du pouvoir par les talibans à la mi-août, "nous avons perdu presque tous nos parraineurs", rappelle Ahmad Fahim Barakati, le directeur adjoint de l'ONG.

Le ministère de l’Éducation taliban a donné l'autorisation de circuler aux bibliothèques mobiles il y a quelques semaines. Mais il a fallu ensuite obtenir, ces derniers jours, un accord du ministère des Transports, propriétaire de ces véhicules, explique M. Barakati.

La libraire, Ramzia Abdi Khail, 22 ans, portant une tunique et un voile noirs, est toute aussi ravie que les enfants d'être de retour. "C'est un sentiment délicieux. D'autant qu'en ce moment, les écoles n'ont pas toutes rouvert", souligne-t-elle. 

L'éducation des filles a particulièrement souffert du retour au pouvoir des talibans, les collèges et les lycées n'ayant notamment toujours pas été autorisés à reprendre leurs activités.

"Nous accueillons aussi des enfants de la rue et j'adore m'occuper d'eux car, d'ordinaire, ils ne vont pas à l'école. Comme ça, je peux leur rendre service", souligne la libraire, qui a avec elle "des livres islamiques", "des livres d'histoire en anglais et en dari" (le persan afghan), "des livres de coloriage", "des jeux".

L'ONG Charmaghz a juste assez d'argent pour faire circuler les bus pendant un mois environ, souligne M. Barakati. "Nous collectons de l'argent sur internet à travers le monde et j'espère qu'on va avoir assez de sponsors et de donateurs" pour continuer, dit-il.


Ouest du Niger: 12 militaires et «des dizaines de terroristes» tués samedi

Outre les attaques des groupes djihadistes sahéliens, dont l'Etat islamique au Grand Sahara (EIGS), dans sa partie ouest, le Niger doit également faire face à celles de Boko Haram et de l'Etat islamique en Afrique de l'Ouest (Iswap) dans sa partie sud-est, proche du Nigeria. (Photo, AFP)
Outre les attaques des groupes djihadistes sahéliens, dont l'Etat islamique au Grand Sahara (EIGS), dans sa partie ouest, le Niger doit également faire face à celles de Boko Haram et de l'Etat islamique en Afrique de l'Ouest (Iswap) dans sa partie sud-est, proche du Nigeria. (Photo, AFP)
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  • Les «accrochages» ont eu lieu «à cinq kilomètres» de la localité de Fantio, entre les militaires nigériens et «des centaines de terroristes armés»
  • «Plusieurs motos» des assaillants ont été «détruites» et «des moyens de communication récupérés»

NIAMEY : Au moins 12 militaires nigériens et "des dizaines de terroristes" ont été tués samedi dans d'intenses combats dans l'ouest du Niger, à l'intérieur de la zone dite des "trois frontières", a annoncé dimanche le ministère nigérien de la Défense.

Les "accrochages" ont eu lieu "à cinq kilomètres" de la localité de Fantio, entre les militaires nigériens et "des centaines de terroristes armés : 12 éléments tombés sur le champ d'honneur, huit blessés. Côté ennemi, des dizaines de terroristes neutralisés (tués)", selon un communiqué.

"Plusieurs motos" des assaillants ont été "détruites" et "des moyens de communication récupérés", souligne-t-il. Dans un premier temps, les militaires nigériens se sont "farouchement défendus et ont occasionné des dizaines de morts à l'ennemi, avant d'être submergés par leur nombre", explique le ministère.

Mais des "renforts venus" des villes "de Wanzarbé et de Téra", ainsi que "le soutien aérien (...) contribuèrent à mettre l'ennemi en déroute qui a abandonné des dizaines de morts et du matériel", relève-t-il. 

Fantio est une commune rurale du département de Téra dans la région de Tillabéri, qui est régulièrement frappée par des groupes djihadistes affiliés à Al-Qaïda ou à l'Etat islamique.

En mai, cinq villageois avaient été tués à Fantio "par une hordes de terroristes venus à moto", au moment où le pays célébrait la fête de l'Aïd el-Fitr qui marque la fin du ramadan musulman. L'attaque avait fait également deux blessés graves et l'église été incendiée.

Fin juin, deux civils, un directeur d’école et  un inspecteur de la police à la retraite, y avaient été assassinés et du bétail emporté. 

Outre les attaques des groupes djihadistes sahéliens, dont l'Etat islamique au Grand Sahara (EIGS), dans sa partie ouest, le Niger doit également faire face à celles de Boko Haram et de l'Etat islamique en Afrique de l'Ouest (Iswap) dans sa partie sud-est, proche du Nigeria.


L'ex-sénateur Bob Dole, figure de la politique américaine, est mort à 98 ans

Dans cette photo d'archives prise le 25 février 1996, le sénateur américain Bob Dole, candidat à la présidence républicaine, prend la parole à Columbus, en Géorgie. (Photo, AFP)
Dans cette photo d'archives prise le 25 février 1996, le sénateur américain Bob Dole, candidat à la présidence républicaine, prend la parole à Columbus, en Géorgie. (Photo, AFP)
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  • Trois fois candidat à la candidature républicaine pour la Maison Blanche, Bob Dole sera écarté par Ronald Reagan en 1980, puis par George Bush père en 1988, avant de l'emporter en 1996
  • Il entre au Congrès en 1961, d'abord comme représentant, puis comme sénateur du Kansas

WASHINGTON : L'ex-sénateur républicain Bob Dole, une figure de la politique américaine et candidat malheureux à la Maison Blanche, est mort dimanche matin dans son sommeil à l'âge de 98 ans, la nouvelle déclenchant un afflux d'hommages à ce "héros de guerre" ayant incarné les valeurs de l'Amérique profonde.

Ancien combattant de la Deuxième guerre mondiale, trois fois candidat à l'investiture républicaine, il s'était finalement lancé dans la course à la présidence en 1996, mais fut battu par Bill Clinton.

Peu après l'annonce de sa mort par la fondation de sa femme Elizabeth Dole, l'actuel président Joe Biden a salué un "homme d'Etat américain comme il y en a peu dans notre histoire", "un héros de guerre", mais aussi "un ami" ayant "un sens de l'honneur et de l'intégrité infaillible". Il a ordonné de mettre tous les drapeaux fédéraux en berne jusqu'à jeudi.

"L'Amérique a perdu l'un de ses héros, notre famille a perdu son roc", a déclaré la famille Dole dans un communiqué.

En février, l'ancien sénateur avait annoncé être atteint d'un cancer avancé des poumons.

Le monde politique a abondamment rendu hommage à un homme qui, selon l'ancien secrétaire d'Etat Mike Pompeo, "croyait à la singularité de l'Amérique de tout son coeur".

"Tous ceux qui voyaient Bob Dole en action admiraient forcément son caractère et son profond patriotisme", a estimé le chef des Républicains au Sénat, Mitch McConnell.

Pour l'ex-président Donald Trump, M. Dole était "un héros de guerre américain et un vrai patriote", qui "a servi le grand Etat du Kansas avec honneur et rendu le parti républicain plus fort". 

De l'autre côté du spectre politique, Barack Obama a évoqué sur Twitter "un héros de guerre, un leader politique, et un homme d'Etat" dont la génération plaçait "le pays au-dessus du parti".

Le sénateur Bernie Sanders, une figure de la gauche, a salué un homme ayant "servi son pays avec courage sur le champ de bataille et avec dignité au Sénat".

La présidente démocrate de la Chambre des Représentants, Nancy Pelosi, a ordonné la mise en berne des drapeaux du Capitole en l'honneur de cet "homme de parole" qui "personnifiait le courage et l'excellence dans la fonction publique".

«Pas peur de diriger»

Bob Dole, écarté par Ronald Reagan en 1980 dans la bataille pour la candidature républicaine, puis par George Bush père en 1988, persiste et l'emporte enfin en 1996.

Face au jeune Clinton, Bob Dole incarnait les préceptes de l'Amérique rurale d'avant les années 1960 : famille, religion, patriotisme, intégrité, pudeur, travail et respect de la parole donnée. 

Le sortant Bill Clinton s'imposera facilement face à cet homme de 73 ans qui semblait dépassé à l'ère de la politique télévisée.

Pendant la campagne, le Républicain, qui disait avoir "subi des épreuves" et n'avoir "pas peur de diriger", avait notamment reproché au démocrate d'avoir offensé l'armée en voulant ouvrir ses portes aux homosexuels.

Vingt ans auparavant, Bob Dole avait déjà perdu l'élection présidentielle de 1976, cette fois en tant que candidat à la vice-présidence, aux côtés de Gerald Ford.

Né le 22 juillet 1923, Robert Joseph Dole a grandi à Russell, une petite ville du Kansas (centre).

Rentré médaillé mais grièvement blessé de la Deuxième guerre mondiale, il subit opération sur opération pendant trois ans. Au prix d'une ténacité exceptionnelle, il réapprend à marcher et retrouve la maîtrise de son corps, à l'exception du bras droit.

Les habitants de Russell se cotisent pour payer ses opérations, comme ils se rallient autour du jeune avocat qu'il est devenu et qui entre en politique en 1952.

Il est élu au Congrès en 1961, d'abord en tant que Représentant, puis que sénateur du Kansas, entamant une carrière parlementaire de 35 ans.

Au Sénat, cet homme élancé et toujours bronzé, au regard noir perçant, se fait connaître pour sa maîtrise de la négociation et de l'art du compromis, mais aussi pour son humour.

"Il a obtenu à la fois des victoires conservatrices et de grandes avancées réunissant les deux partis", a déclaré dimanche Mitch McConnell, le qualifiant de "leader constant et maître en matière législative".

À la retraite, Bob Dole a continué à s'attaquer aux Démocrates, combattant notamment le projet de réforme de l'assurance maladie de Barack Obama.

Sa femme Elizabeth Dole a elle-même fait une brillante carrière politique : secrétaire aux Transports, secrétaire au Travail et sénatrice de Caroline du Nord.