Avant la COP26, le prince William fustige la course au tourisme spatial

Les yeux rivés sur la COP26, le prince William a aussi exhorté les dirigeants du monde à passer à l'action, et à ne pas se contenter de «belles paroles». (Photo, AFP)
Les yeux rivés sur la COP26, le prince William a aussi exhorté les dirigeants du monde à passer à l'action, et à ne pas se contenter de «belles paroles». (Photo, AFP)
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Publié le Jeudi 14 octobre 2021

Avant la COP26, le prince William fustige la course au tourisme spatial

  • «Certains des plus grands cerveaux et esprits de ce monde doivent essayer avant tout de réparer cette planète, pas essayer de trouver le prochain lieu où aller vivre», a déclaré le prince William
  • Le quotidien populaire britannique Daily Mirror (gauche), a accusé le prince William d'hypocrisie, lui qui a chassé, «conduit des Range Rover et volé à bord d'avions privés»

LONDRES: Prendre soin d'une Terre fragile en danger plutôt que se précipiter dans l'espace: à moins de trois semaines de la COP26 sur le climat, le prince William, petit-fils de la reine Elizabeth II, s'en est pris jeudi à la course au tourisme spatial et a appelé à l'action.

À travers cette prise de position détonante, dans une interview à la BBC, William, 39 ans, deuxième dans l'ordre de succession à la couronne britannique, se place dans les pas de son père le prince Charles, défenseur de l'environnement de longue date.

"Certains des plus grands cerveaux et esprits de ce monde doivent essayer avant tout de réparer cette planète, pas essayer de trouver le prochain lieu où aller vivre", a déclaré le prince William, en amont de la première édition dimanche de son prix Earthshot, récompensant des initiatives contre la crise climatique.

Cette critique frontale, rare pour un membre de la famille royale britannique, survient au lendemain du voyage de quelques minutes dans l'espace effectué mercredi par l'acteur de la série culte Star Strek William Shatner à bord d'une fusée de Blue Origin. Il est devenu, à 90 ans, la personne la plus âgée à atteindre l'ultime frontière.

Il s'agissait du deuxième vol habité de la fusée du milliardaire américain Jeff Bezos, fondateur d'Amazon, qui entend s'imposer comme un acteur incontournable dans le secteur convoité du tourisme spatial où concourent également les milliardaires britannique Richard Branson et américain Elon Musk.

Le but de Blue Origin affiché par Jeff Bezos est de réduire les coûts d'accès à l'espace afin d'aider l'humanité à coloniser la Lune et d'autres planètes, pour un jour permettre de dépolluer la Terre.

«Opinions mal avisées»

Le quotidien populaire britannique Daily Mirror (gauche), a accusé le prince William d'hypocrisie, lui qui a chassé, "conduit des Range Rover et volé à bord d'avions privés".

Sur Twitter, Republic, un groupe militant pour l'abolition de la monarchie britannique, a exhorté le prince à "garder des opinions mal avisées pour lui".

Interrogé par l'AFP, Josh Baker, du centre spatial britannique de Leicester, a quant à lui souligné que Blue Origin et SpaceX pouvaient aider à développer des technologies pour de futures missions d'exploration qui peuvent bénéficier à l'humanité et à la vie sur Terre.

Le mois dernier, dans un documentaire sur Netflix, Elon Musk plaidait lui pour que "plus de 99% de notre économie" soit dédiée à "la résolution de problèmes sur Terre", le reste pouvant être consacré "à la vie au-delà" de la planète bleue.

«L'avenir de nos enfants»

Avant la grande conférence des Nations unies sur le climat qui s'ouvre le 31 octobre à Glasgow (Ecosse), à laquelle il doit se rendre à l'instar de la reine et du prince Charles, le prince William s'est aussi joint à l'appel en faveur du climat de son père, dont il a loué l'action de longue date.

"Il était en avance, bien avant son temps en mettant en garde contre certains de ces dangers", a fait valoir le prince William.

Les yeux rivés sur la COP26, le prince William a aussi exhorté les dirigeants du monde à passer à l'action, et à ne pas se contenter de "belles paroles".

"Je veux que les choses dont j'ai profité, la vie au grand air, la nature, l'environnement, je veux que ce soit toujours là pour mes enfants et pas seulement mes enfants, mais les enfants de tout le monde", a-t-il dit. 

"Si on ne fait pas attention, on va voler l'avenir de nos enfants à travers ce que l'on fait maintenant", a-t-il insisté.

Depuis la signature des accords de Paris en 2015, la transition vers une économie et des énergies plus propres a progressé, mais trop lentement pour limiter le réchauffement à 2°C, a fortiori à 1,5°C, par rapport à la fin du XIXe siècle.


L'UE appelle Israël à cesser son « escalade militaire» au Liban

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  • Israël doit cesser son "escalade militaire" au Liban et respecter "la souveraineté et l'intégrité territoriale" de ce pays
  • "Le peuple libanais a déjà enduré d’immenses épreuves. Il n’a pas choisi cette guerre, et cette guerre n’est pas la sienne"

BRUXELLES: Israël doit cesser son "escalade militaire" au Liban et respecter "la souveraineté et l'intégrité territoriale" de ce pays, où les autorités israéliennes envisagent d'établir dans le sud une zone sous contrôle militaire, a affirmé lundi un porte-parole de l'Union européenne.

"Le peuple libanais a déjà enduré d’immenses épreuves. Il n’a pas choisi cette guerre, et cette guerre n’est pas la sienne", a affirmé ce porte-parole, Anouar El Anouni.

 

 


Trump a renvoyé une proposition d'accord plus stricte à l'Iran 

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  • D'après le New York Times, citant samedi des responsables ayant connaissance des tractations, le président américain a durci certains termes de la proposition qui était sur la table et a adressé ce nouveau plan à Téhéran
  • Selon le site Axios, il souhaitait renforcer la position de Washington sur plusieurs aspects qu'il considère personnellement comme importants, notamment le sort des matériaux nucléaires iraniens

WASHINGTON: Donald Trump a renvoyé une nouvelle proposition d'accord plus stricte à l'Iran pour mettre fin à la guerre, alors qu'une entente semblait se rapprocher ces derniers jours, affirment samedi des médias américain.

D'après le New York Times, citant samedi des responsables ayant connaissance des tractations, le président américain a durci certains termes de la proposition qui était sur la table et a adressé ce nouveau plan à Téhéran.

Le média américain n'est pas en mesure de préciser les changements apportés par le républicain. Mais selon le site Axios, il souhaitait renforcer la position de Washington sur plusieurs aspects qu'il considère personnellement comme importants, notamment le sort des matériaux nucléaires iraniens.

M. Trump a maintes fois répété qu'il était exclu que Téhéran se dote de l'arme atomique, et exige que son stock d'uranium hautement enrichi soit détruit.

La question du nucléaire est l'un des principaux points de friction dans les négociations pour mettre fin à la guerre déclenchée le 28 février par l'offensive israélo-américaine contre la République islamique.

Parmi les autres priorités du président figurent la réouverture et le déminage du détroit d'Ormuz par l'Iran, qui en bloquant cette voie d'eau perturbe gravement les approvisionnements en carburant et l'économie mondiale en général.

Les modifications apportées par Donald Trump pourraient encore prolonger les négociations. Des sources américaines ont indiqué à l'AFP que le président n'avait pas décidé de signer la proposition sur son bureau vendredi, après une réunion de crise à la Maison Blanche.

Dans la soirée, un responsable de la présidence avait affirmé que Donald Trump ne signerait un accord "que s'il est bon pour l'Amérique et que ses lignes rouges sont satisfaites".


Les Etats-Unis et l'Iran s'attaquent mutuellement malgré le cessez-le-feu

Les Etats-Unis et l'Iran ont annoncé dans la nuit de dimanche à lundi une série d'attaques réciproques, portant un nouveau coup au cessez-le-feu au moment où leurs négociations pour mettre fin à la guerre patinent. (AFP)
Les Etats-Unis et l'Iran ont annoncé dans la nuit de dimanche à lundi une série d'attaques réciproques, portant un nouveau coup au cessez-le-feu au moment où leurs négociations pour mettre fin à la guerre patinent. (AFP)
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  • Les informations de médias américains pendant le week-end faisant état de nouvelles exigences américaines envers Téhéran ont refroidi les espoirs d'accord imminent, alimentés par Donald Trump lui-même
  • Et tandis que sur le front libanais Israël a intensifié son offensive, l'armée américaine a annoncé avoir mené samedi et dimanche une nouvelle vague de frappes "défensives" sur le sud de l'Iran, la troisième en un peu plus d'une semaine

TEHERAN: Les Etats-Unis et l'Iran ont annoncé dans la nuit de dimanche à lundi une série d'attaques réciproques, portant un nouveau coup au cessez-le-feu au moment où leurs négociations pour mettre fin à la guerre patinent.

Les informations de médias américains pendant le week-end faisant état de nouvelles exigences américaines envers Téhéran ont refroidi les espoirs d'accord imminent, alimentés par Donald Trump lui-même.

Et tandis que sur le front libanais Israël a intensifié son offensive, l'armée américaine a annoncé avoir mené samedi et dimanche une nouvelle vague de frappes "défensives" sur le sud de l'Iran, la troisième en un peu plus d'une semaine.

Ces bombardements ont visé des systèmes de radar et de contrôle de drones dans la ville de Goruk et l'île de Qeshm dans le détroit d'Ormuz, a précisé le Commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom) dimanche soir sur X.

Ces opérations ont été menées "en réponse à des actions agressives de l'Iran, dont la destruction d'un drone américain MQ-1 qui opérait au-dessus des eaux internationales", a ajouté la même source.

Les Gardiens de la Révolution iraniens, peu après, ont affirmé avoir attaqué une base utilisée par l'armée américaine pour des frappes contre son territoire.

La localisation de cette base n'a pas été précisée dans le communiqué des Gardiens diffusé par les médias d'Etat.

L'armée du Koweït a annoncé de son côté faire face à une attaque de drones et missiles.

Washington et Téhéran s'étaient déjà accusés mutuellement jeudi de violer le cessez-le-feu en vigueur depuis le 8 avril, après des frappes américaines sur le sud de l'Iran suivies d'une attaque contre le Koweït.

Plus de fermeté 

La guerre a été déclenchée le 28 février par une offensive israélo-américaine, alors que Téhéran et Washington avaient repris des négociations sur le nucléaire. Le conflit, qui a fait des milliers de morts, ébranle l'économie mondiale en faisant grimper les prix du pétrole.

Alors que les deux pays semblaient ces derniers jours se rapprocher d'un accord, le New York Times a rapporté samedi, sans plus de détails, que le président américain avait durci sa proposition et envoyé une nouvelle version d'un possible protocole d'accord à Téhéran.

Selon le site américain Axios, M. Trump, dont la priorité déclarée est de mettre fin au programme nucléaire iranien et de rétablir le trafic maritime dans le détroit d'Ormuz, souhaite plus de fermeté des négociateurs de Washington.

La chaîne CBS a rapporté dimanche soir que la nouvelle proposition américaine prévoit une prolongation du cessez-le-feu de 60 jours avec des clauses prévoyant la réouverture d'Ormuz et un cadre pour une reprise des négociations sur le nucléaire.

"Nous n'approuverons aucun accord tant que nous n'aurons pas la certitude que les droits du peuple iranien ont été pleinement garantis", a averti dimanche le principal négociateur iranien, le président du Parlement Mohammad Bagher Ghalibaf.

L'Iran, qui revendique son droit à mener un programme nucléaire civil, a toujours démenti vouloir se doter de l'arme atomique, malgré les soupçons en ce sens des Etats-Unis et de nombreux pays.

Il souhaite aborder ce dossier dans un second temps en cas d'accord avec Washington et exige une levée immédiate des sanctions le frappant.

Site stratégique 

Donald Trump a insisté dimanche sur Truth Social que le projet d'accord "stipule très clairement que l'Iran n'aura pas d'arme nucléaire", et ce "en des termes très fermes".

Téhéran insiste aussi pour que tout accord inclue la fin des hostilités au Liban, où Israël veut "éliminer" le Hezbollah pro-iranien.

Mais sur ce front, l'armée israélienne continue à avancer dans le sud du pays où elle a mené de nouvelles frappes, et le Hezbollah poursuit ses attaques notamment dans le nord israélien, malgré la trêve en vigueur depuis le 17 avril, mais non respectée.

L'armée israélienne s'est emparée dimanche de la forteresse médiévale de Beaufort, un site stratégique où elle avait établi une base pendant les deux décennies de l'occupation israélienne, achevée en 2000.

Pour les Etats-Unis, c'est au Hezbollah de cesser les tirs en premier, en contrepartie de quoi Israël "s'abstiendrait de toute escalade à Beyrouth", selon un plan rapporté par un responsable américain à la suite d'entretiens menés dimanche par le chef de la diplomatie Marco Rubio avec le président libanais Joseph Aoun et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu.

La France a demandé une réunion d'urgence au Conseil de sécurité, qui se tiendra lundi, selon des sources diplomatiques à l'AFP.