Un député britannique mortellement poignardé, acte terroriste selon la police

Une photographie non datée publiée par le Parlement britannique montre le député conservateur de Southend West, David Amess, posant pour un portrait officiel à la Chambre du Parlement à Londres. (Richard Townshend / Parlement Royaume-Uni / AFP)
Une photographie non datée publiée par le Parlement britannique montre le député conservateur de Southend West, David Amess, posant pour un portrait officiel à la Chambre du Parlement à Londres. (Richard Townshend / Parlement Royaume-Uni / AFP)
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Publié le Samedi 16 octobre 2021

Un député britannique mortellement poignardé, acte terroriste selon la police

  • Le parlementaire de 69 ans, membre du parti conservateur de Boris Johnson et ardent brexiter, a été poignardé à plusieurs reprises
  • Les réactions d'élus bouleversés ont immédiatement afflué, dans un pays traumatisé par l'assassinat en pleine rue en 2016 de la députée europhile Jo Cox par un sympathisant néonazi, une semaine avant le référendum sur le Brexit

LEIGH-ON-SEA : La police britannique a qualifié de terroriste le meurtre du député conservateur David Amess, mortellement poignardé vendredi, un drame qui ravive au Royaume-Uni des questions sur la sécurité des élus.


Le parlementaire de 69 ans, membre du parti conservateur de Boris Johnson et ardent brexiter, a été poignardé à plusieurs reprises peu après midi (11H00 GMT). L'attaque s'est déroulée dans l'église méthodiste dans laquelle il recevait ses administrés pendant une permanence parlementaire à Leigh-on-Sea, à environ 60 km à l'est de Londres.


Un homme de 25 ans a été immédiatement arrêté sur place, soupçonné de meurtre. 


Plusieurs médias britanniques ont rapporté que cet homme serait un ressortissant britannique d'origine somalienne.


"Les premiers éléments de l'enquête ont révélé une motivation potentielle liée à l'extrémisme islamiste", a annoncé la police métropolitaine dans un communiqué, dans la nuit de vendredi à samedi, quelques heures après que l'enquête a été confiée à la direction antiterroriste.


Le député a succombé sur place à ses blessures malgré l'intervention rapide des secours et un couteau a été retrouvé, a précisé la police de l'Essex, qui ne recherche aucun autre suspect.

«Incroyable générosité»

Les réactions d'élus bouleversés ont immédiatement afflué, dans un pays traumatisé par l'assassinat en pleine rue en 2016 de la députée europhile Jo Cox par un sympathisant néonazi, une semaine avant le référendum sur le Brexit.


Le Premier ministre Boris Johnson a fait part de sa "tristesse" et de son "choc" dans une brève intervention télévisée.


C'est "un jour tragique pour notre démocratie", a tweeté l'ex-Première ministre conservatrice Theresa May. Les drapeaux ont été mis en berne au Parlement et à Downing Street.


Dans un ouvrage paru en novembre l'an dernier dans lequel il évoquait le meurtre de Jo Cox, qu'il jugeait inconcevable au Royaume-Uni, David Amess avait estimé que les inquiétudes sur la sécurité des élus venaient "gâcher la tradition britannique" qui veut que "les gens puissent rencontrer leurs élus".


"Une attaque sur des responsables élus est une attaque contre la démocratie", a tweeté pour sa part le Secrétaire d'Etat américain Antony Blinken.


Un hommage ému a été rendu vendredi soir à David Amess dans une église de Leigh-on-Sea en présence d'une centaine de personnes. Des fleurs ont aussi été déposées près de sa permanence parlementaire.


"Il est mort en faisant ce qu'il aimait : rencontrer ses électeurs", a dit le pasteur Jeff Woolnough, qui a dirigé la liturgie.


La ministre de l'Intérieur Priti Patel "a demandé à toutes les forces de police de revoir les dispositions de sécurité pour les députés avec effet immédiat", a fait savoir son porte-parole. Mme Patel a rencontré des représentants de la police et des agences de sécurité et de renseignement et s'est également entretenue avec le président de la Chambre des Communes, Lindsay Hoyle.


Se joignant aux hommages à l'égard d'un homme "dévoué à sa famille, au Parlement et à sa circonscription", fervent catholique et défenseur de la cause animale, Lindsay Hoyle a également annoncé un examen "dans les jours qui viennent" des mesures de sécurité concernant les parlementaires.


Les chiffres de la police traduisent une augmentation des actes de délinquance envers les parlementaires. En 2019, Scotland Yard avait évoqué une augmentation de 126% entre 2017 et 2018 et une hausse de 90% dans les quatre premiers mois de 2019.


Nombre d'élus avaient raconté avoir été l'objet de menaces de mort dans le contexte des âpres et interminables débats autour du Brexit.

La sécurité en question

La fondation Jo Cox, qui porte le nom de la parlementaire assassinée en 2016, a fait valoir que "tous les élus méritent d'être en sécurité". "Violence et injures contre eux sont inacceptables" et "mettent en danger les gens et leurs familles", ainsi que "la démocratie", a-t-elle souligné.


En 2010, le député travailliste Stephen Timms avait été poignardé à plusieurs reprises, mais s'était remis de ses blessures qui auraient pu lui coûter la vie. Sur Twitter, le député s'est dit "horrifié" par le meurtre de David Amess. 


En janvier 2000, le député (libéral-démocrate) Nigel Jones avait été blessé et son assistant tué par un homme armé d'un sabre au cours d'une permanence parlementaire à Cheltenham, dans l'ouest de l'Angleterre


Grèce: un homme de 89 ans recherché après deux fusillades

Un peu plus tôt, il avait blessé légèrement à la jambe un employé dans une antenne de la Sécurité sociale grecque. (AFP)
Un peu plus tôt, il avait blessé légèrement à la jambe un employé dans une antenne de la Sécurité sociale grecque. (AFP)
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  • L'homme âgé, présenté comme souffrant de troubles psychologiques, a abandonné son arme en s'enfuyant du tribunal, dans le centre d'Athènes, où il venait de blesser légèrement trois personnes, selon la même source
  • Un peu plus tôt, il avait blessé légèrement à la jambe un employé dans une antenne de la Sécurité sociale grecque

ATHENES: La police grecque recherche mardi un homme de 89 ans, en fuite et soupçonné d'être l'auteur de deux fusillades dans des bâtiments publics à Athènes qui ont fait quatre blessés légers, selon l'agence de presse grecque ANA.

L'homme âgé, présenté comme souffrant de troubles psychologiques, a abandonné son arme en s'enfuyant du tribunal, dans le centre d'Athènes, où il venait de blesser légèrement trois personnes, selon la même source.

Un peu plus tôt, il avait blessé légèrement à la jambe un employé dans une antenne de la Sécurité sociale grecque.

 

 


Washington examine une proposition iranienne sur le détroit d'Ormuz

A Washington, le président américain a conduit lundi une réunion avec ses principaux conseillers en matière de sécurité, lors de laquelle une nouvelle proposition iranienne sur le détroit a été discutée. (AFP)
A Washington, le président américain a conduit lundi une réunion avec ses principaux conseillers en matière de sécurité, lors de laquelle une nouvelle proposition iranienne sur le détroit a été discutée. (AFP)
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  • Selon CNN, citant des personnes au fait du dossier, Donald Trump a laissé entendre au cours de cette rencontre qu'il était peu probable qu'il l'accepte
  • Même si, selon son secrétaire d'Etat Marco Rubio, l'offre "est meilleure que ce que nous pensions qu'ils nous proposeraient"

WASHINGTON: La Maison Blanche étudie une nouvelle proposition de l'Iran pour débloquer le détroit d'Ormuz, quasiment paralysé depuis le début de la guerre au Moyen-Orient, Téhéran jugeant de son côté mardi que les Etats-Unis n'étaient plus en mesure de dicter leur politique à d'autres pays.

Le blocage d'Ormuz, un passage maritime stratégique pour le commerce du pétrole et du gaz naturel liquéfié, a fragilisé l'économie mondiale et sa réouverture est un enjeu majeur pour un règlement durable du conflit, déclenché par des frappes israélo-américaines contre l'Iran le 28 février.

A Washington, le président américain a conduit lundi une réunion avec ses principaux conseillers en matière de sécurité, lors de laquelle une nouvelle proposition iranienne sur le détroit a été discutée.

Selon CNN, citant des personnes au fait du dossier, Donald Trump a laissé entendre au cours de cette rencontre qu'il était peu probable qu'il l'accepte.

Même si, selon son secrétaire d'Etat Marco Rubio, l'offre "est meilleure que ce que nous pensions qu'ils nous proposeraient".

"Exigences illégales et irrationnelles" 

Selon un article du site américain Axios - relayé par l'agence officielle iranienne Irna - l'Iran a transmis aux Etats-Unis une nouvelle proposition visant à rouvrir le détroit d'Ormuz et mettre fin à la guerre, et, à une date ultérieure seulement, négocier sur le dossier nucléaire.

Les Etats-Unis "ne sont plus en position de dicter leur politique à des nations indépendantes", a affirmé le porte-parole du ministère iranien de la Défense, Reza Talaei-Nik, appelant Washington à renoncer à ses "exigences illégales et irrationnelles".

Le Parlement iranien prépare parallèlement une loi prévoyant de placer le détroit sous l'autorité des forces armées. Selon ce texte, les navires israéliens auraient l'interdiction d'y passer et des droits de passage devraient être acquittés en rials iraniens.

"Nous ne pouvons pas tolérer que les Iraniens tentent d'instaurer un système dans lequel ils décident qui peut utiliser une voie maritime internationale et combien il faut leur payer pour l'utiliser", a répliqué Marco Rubio sur Fox News.

Il a par ailleurs insisté sur le volet nucléaire: "nous devons faire en sorte que tout accord conclu les empêche définitivement d'avoir à tout moment l'arme nucléaire à leur portée", a-t-il dit. Téhéran nie nourrir cette ambition et défend son droit au nucléaire civil.

Pour la première fois depuis le début de la guerre, un méthanier, chargé à plein en GNL, a pu franchir le détroit d'Ormuz courant avril, et se trouvait lundi au large de l'Inde, selon les données du cabinet spécialisé Kpler.

"Conflit gelé"? 

Alors qu'un cessez-le-feu est en vigueur depuis trois semaines, les négociations piétinent sur un arrêt durable des hostilités. Face à cette impasse diplomatique, le Qatar a mis en garde mardi contre un "conflit gelé" dans le Golfe.

Après l'annulation par les Etats-Unis d'un deuxième round de négociations au Pakistan, le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi a rencontré lundi à Saint-Pétersbourg son allié Vladimir Poutine.

Moscou, un des principaux soutiens de Téhéran, fera "tout" pour que "la paix puisse être obtenue le plus rapidement possible", a assuré le président russe.

M. Araghchi a aussi démenti tout affaiblissement de l'Iran malgré les nombreuses frappes qui ont visé le pays durant les premières semaines de la guerre et le blocus maritime imposé par Washington à ses ports.

La guerre au Moyen-Orient a fait des milliers de morts, essentiellement en Iran et au Liban.

Le bombardement au premier jour de la guerre de l'école de Minab, dans le sud de l'Iran, un des drames les plus spectaculaires du conflit, a été ramené à 155 morts (dont 120 enfants) contre au moins 175 précédemment, selon un bilan révisé diffusé mardi par la télévision d'Etat iranienne.

Sur le front libanais, l'armée israélienne - qui combat le mouvement pro-iranien Hezbollah, a ordonné mardi l'évacuation de nouveaux villages dans le sud du Liban.

Des frappes israéliennes dans cette région ont fait quatre morts et 51 blessés lundi, selon le ministère libanais de la Santé. Cela porte à au moins 40 le nombre de personnes tuées au Liban depuis le début de la trêve théoriquement en vigueur sur ce front depuis le 17 avril, d'après un décompte de l'AFP à partir des chiffres du ministère de la Santé.


La stabilité dans le Golfe passe par des « garanties crédibles» de sécurité pour l'Iran

L’ambassadeur iranien auprès de l’ONU, Amir Saeid Iravani, s’exprime lors d’une réunion du Conseil de sécurité des Nations unies sur le conflit Israël-Iran, au siège de l’ONU à New York, le 20 juin 2025. (Photo d’archives AFP)
L’ambassadeur iranien auprès de l’ONU, Amir Saeid Iravani, s’exprime lors d’une réunion du Conseil de sécurité des Nations unies sur le conflit Israël-Iran, au siège de l’ONU à New York, le 20 juin 2025. (Photo d’archives AFP)
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  • L’ambassadeur iranien à l’ONU affirme que la stabilité du Golfe dépend de garanties crédibles empêchant toute nouvelle attaque contre l’Iran et du respect de sa souveraineté
  • De nombreux pays critiquent l’Iran pour son contrôle du détroit d’Ormuz, tandis que Téhéran accuse les États-Unis de blocus naval et d’actions assimilées à de la piraterie

NATIONS UNIES: Le retour de la sécurité et de la stabilité dans le Golfe passe par des "garanties crédibles" pour l'Iran contre toute nouvelle attaque américano‑israélienne, a déclaré lundi l'ambassadeur iranien aux Nations unies.

"Une stabilité et une sécurité durables dans le Golfe et dans toute la région ne peuvent être garanties que par une cessation durable et permanente de toute agression contre l'Iran, accompagnée de garanties crédibles de non-répétition et du plein respect des droits et intérêts souverains légitimes de l'Iran", a déclaré Amir Saeid Iravani lors d'une session du Conseil de sécurité convoquée par Bahreïn.

Lors de la réunion à New York, des dizaines de pays ont condamné l'Iran pour son contrôle du détroit d'Ormuz, passage stratégique pour les exportations d'hydrocarbures des pays du Golfe vers le reste du monde.

S'adressant ensuite à la presse, M. Iravani a regretté que les critiques aient visé exclusivement l'Iran, sans mentionner le blocus naval décrété par Washington.

"Les États-Unis agissent comme des pirates et des terroristes, ciblant les navires commerciaux par la coercition et l'intimidation, terrorisant les équipages, se saisissant illégalement des navires et prenant des membres d'équipage en otage", a-t-il déclaré. "Pourtant, parmi ceux qui ont exprimé leur inquiétude quant à la sécurité de la navigation internationale, personne lors de la réunion d'aujourd'hui n'a osé évoquer ni condamner ces actes terroristes."