Saïda Neghza: une ambition et une énergie au service du développement de l’Algérie

La Directrice générale de Soralcof Algérie, présidente de la Confédération générale des entreprises algériennes (CGEA), membre fondateur de Businessmed,  Saïda Neghza. (Photo fournie).
La Directrice générale de Soralcof Algérie, présidente de la Confédération générale des entreprises algériennes (CGEA), membre fondateur de Businessmed, Saïda Neghza. (Photo fournie).
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Publié le Mercredi 20 octobre 2021

Saïda Neghza: une ambition et une énergie au service du développement de l’Algérie

  • «En Algérie, nous avons raté beaucoup d’occasions et pris trop de retard; il est grand temps de mettre en œuvre les réformes nécessaires»
  • Les entrepreneurs ne souhaitent qu’une chose: que le climat des affaires soit propice à l’initiative et à l’investissement

PARIS: Directrice générale de Soralcof Algérie, présidente de la Confédération générale des entreprises algériennes (CGEA), membre fondateur de Businessmed, une organisation qui regroupe dix-neuf confédérations patronales issues des pays du bassin méditerranéen, Saïda Neghza répond aux questions d’Arab News en français sur la situation économique en Algérie, sur ses perspectives et ses freins. Elle évoque aussi l’organisation, en décembre prochain, d’un forum international sur le rôle de la femme dans l’économie nationale.

Considérez-vous le plan d’action du gouvernement comme une ultime chance pour la mise en œuvre des réformes structurelles nécessaires à une relance économique pérenne en Algérie?

Tout d’abord, merci de m’avoir donné la parole. En Algérie, nous avons raté beaucoup d’occasions et pris trop de retard. Il est grand temps de mettre en œuvre les réformes nécessaires. Notre économie souffre de nombreux maux. L’informel, la bureaucratie, trop de papiers à fournir, des retards de délivrances d’agréments, de permis de construire, d’exploitation. Le changement politique est intervenu malheureusement avec la survenance de la pandémie de Covid-19, ce qui a retardé la mise en place de véritables réformes. Nous avons de grandes attentes pour le plan d’action du gouvernement actuel.

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Saïda Neghza sur l'un des chantiers de son entreprise. (Photo fournie). 

Quels moyens l’Algérie pourrait-elle engager pour développer les secteurs porteurs comme l’énergie (mines, énergies renouvelables dont l’hydrogène, transition énergétique) et les filières industrielles (pharmaceutique, agroalimentaire…)?

Les moyens sont simples. Tout d’abord un état des lieux et l’écoute et la contribution des professionnels du domaine. Nous avons des investisseurs algériens et étrangers, des universitaires et des professionnels qui sont prêts à diversifier notre économie. Les pouvoirs publics sont dans cette optique et je crois que l’agriculture et l’industrie agroalimentaire constituent les premiers leviers grâce à leurs caractéristiques de pourvoyeurs d’emplois et avec l’objectif d’autosuffisance.

Des freins au développement persistent-ils? Si oui, lesquels?

Nous continuons d’enregistrer des retards dans le traitement des dossiers, des réticences des banques à financer des projets porteurs présentant les garanties nécessaires et soumis par des opérateurs fiables. L’introduction du tout numérique qui est inévitable va certainement faire bouger les choses.

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Saïda Neghza en visite à la Bomare Company. (Photo fournie).

Quelles sont les principales mesures qui permettraient aux entreprises privées de relever le défi du développement et de la croissance notamment dans les secteurs de l’industrie et de la sous-traitance?

Définir une bonne fois pour toutes les taxes, les tarifs douaniers et régler les problèmes de SKD et CKD [Semi knocked down et Completely Knocked Down, exportation des produits non assemblés], à travers une orientation claire et pérenne. On ne peut pas consentir des investissements lourds dans un climat juridique instable. L’instabilité dans laquelle se trouve le secteur automobile est un bon exemple pour expliquer cette situation.

Depuis le début de l’année 2021, les exportations hors hydrocarbures sont en hausse. Quelles sont, selon vous, les mesures à prendre pour impulser les exportations notamment par l’accompagnement des entreprises exportatrices?

Il s’agit d’un engagement de M. le président de la république, Abdelmadjid Tebboune. Les prémices sont là et cette orientation est salutaire pour notre économie. L’industrie agroalimentaire, l’installation de chambres froides, la facilitation douanière et l’installation de comptoirs aux niveaux des pays cibles boosteront, à coup sûr, davantage nos exportations.

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Saïda Neghza sur le chantier du premier bâteau de construction algérienne. (Photo fournie). 

Vous êtes aussi très active au sein d’organisations internationales, notamment sur le bassin méditerranéen. Pouvez-vous nous en parler?

La CGEA est membre fondateur de Businessmed, une organisation regroupant les confédérations patronales des dix-neuf pays méditerranéens, que j’ai eu l’honneur de présider de 2017 à 2020. Je préside actuellement le patronat africain à travers Business Africa, qui regroupe cinquante-quatre pays. Nous avons une présence régionale et internationale unique, en comptant les titres de membre titulaire du Conseil d’administration du Bureau international du travail et de l’Organisation internationale du travail (BIT/OIT) et de la représentation africaine au sein de l’Organisation internationale des employeurs (OIE).

Dans le cadre de nos actions, nous œuvrons essentiellement pour l’instauration d’un développement durable et nous défendons le dialogue social, le travail décent et la mise en place d’un climat d’affaire sain.

L’organisation patronale CGEA que vous présidez, très active sur terrain, est un trait d’union entre les entrepreneurs et les autorités publiques. Quelles sont les attentes de ces entités, notamment en matière d’investissements productifs, de certification et de visibilité à international?

La CGEA brasse tous les secteurs d’activités et toutes les entreprises; grandes, moyennes, petites et les très petites entreprises (TPE). Elle promeut aussi les jeunes et les start-up, notamment les universitaires en créant des passerelles entre les universités et le monde du travail. Notre organisation a d’ailleurs signé plusieurs conventions avec les universités dont les dernières en date concernent les conventions signées avec les universités de Constantine et de M’sila. Elle a aussi encouragé le partenariat entre Bomare Company, une entreprise spécialisée dans l’industrie électronique, et l’université de Blida.

Les entrepreneurs ne souhaitent qu’une chose: que le climat des affaires soit propice à l’initiative et à l’investissement. Nous avons encouragé nos opérateurs à investir dans l’agriculture et dans plusieurs projets en cours à la faveur de la mise en place de la plate-forme Odas [Office de développement de l’agriculture industrielle en terres sahariennes], que nous saluons.

L’apport des PME et TPE est essentiel, car il contribue largement à la bonne santé économique d’un pays. Qu’en est-il en Algérie et quelles sont les attentes et recommandations de la CGEA dans ce domaine?

Le secteur privé formé principalement de PME et de TPE est le premier employeur du pays. De ce fait, il conviendrait de lui accorder l’importance nécessaire. Or, l’Algérie a un déficit important en nombre de PME/TPE qui sont un indicateur du dynamisme économique du pays. Grâce à leur flexibilité et à leurs capacités d’adaptation, elles jouent un rôle primordial dans la croissance économique et la création de richesse.

La CGEA organisera, les 11 et 12 décembre prochain, un forum international sur le thème du rôle de la femme algérienne dans l'économie nationale…

Nous avons sollicité et obtenu le haut patronage de M. le président de la république, nous projetons de faire de cet événement un rendez-vous important pour la promotion de la femme et mettre en exergue sa contribution. La femme algérienne a franchi de grandes étapes pour s’imposer dans la sphère économique, elle s’est imposée en tant qu’universitaire et il est grand temps que sa contribution soit diversifiée et reconnue dans le développement de notre économie. Nous avons des femmes artisans, des femmes actives qui subviennent aux besoins de leurs familles, des femmes qui exercent dans la fonction publique, dans les corps constitués, des entrepreneuses, des chercheuses… Nous leur rendons hommage et nous livrerons des recommandations pour une plus grande implication de la femme dans le développement national.

Une participation large est attendue, avec des femmes leaders dans leurs domaines d’activités et spécialités, issues des cinquante-huit wilayas (division administrative) du pays, de notre diaspora à l’étranger, ainsi que des femmes influentes invitées parmi nos réseaux régionaux et internationaux.

 


Qui sur les prochains billets européens ? Léonard de Vinci et Simone Veil, plaide Lagarde

La photo montre des billets en euros à Dortmund, dans l'ouest de l'Allemagne, le 27 janvier 2020. (Photo, AFP)
La photo montre des billets en euros à Dortmund, dans l'ouest de l'Allemagne, le 27 janvier 2020. (Photo, AFP)
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  • Vingt ans plus tard, la BCE a annoncé début décembre son projet de nouveaux dessins sur les billets en euros d'ici 2024
  • Des monuments emblématiques du continent pourraient également être choisis pour la prochaine série, après les avis reçus d'un groupe de 19 experts

PARIS : Sur les prochains billets de banque de la zone euro, actuellement à l'étude, Léonard de Vinci et Simone Veil feraient de bons modèles, a plaidé jeudi la patronne de la Banque centrale européenne, Christine Lagarde.

"Il faut trouver de grands vrais Européens au fil de l'Histoire pour que l'on puisse se reconnaître", a remarqué la dirigeante de la BCE, interrogée sur France Inter.

Parmi les candidats potentiels, Christine Lagarde a cité "Leonard de Vinci de toute évidence, dans les plus récents Simone Veil clairement".

Pour convenir à tous les Européens lors de son introduction en 2002, la monnaie commune s'était dotée, sur ses sept billets, d'arcs romans ou gothiques, ou encore d'éléments architecturaux modernes.

Vingt ans plus tard, la BCE a annoncé début décembre son projet de nouveaux dessins sur les billets en euros d'ici 2024.

Les illustrations actuelles représentent les différentes époques de l'histoire européenne  de manière symbolique, et ont permis d'éviter aux Etats membres d'avoir à s'accorder sur un nombre très restreint de grandes figures historiques.

Le cahier des charges des premiers billets en euro interdisait notamment le recours à tout symbole d'identité nationale comme les portraits de personnages célèbres, utilisés habituellement pour les coupures nationales.

La liste des futurs heureux élus sera très restreinte puisqu'il n'y a plus désormais que six différentes coupures, cinq, dix, vingt, cinquante, cent et deux cents euros, après la disparition de la coupure de 500 euros.

Des monuments emblématiques du continent pourraient également être choisis pour la prochaine série, après les avis reçus d'un groupe de 19 experts, un par Etat membre de la zone euro, et du public.

Le concepteur des premiers billets, l'ancien graphiste de la banque centrale autrichienne Robert Kalina, estimait pour sa part dans un récent entretien à l'AFP que de grands compositeurs comme Beethoven ou Mozart, "qu'on ne peut réduire à un seul pays", pouvaient représenter un bon choix.


France: en 2021, la vie de château pour l'immobilier de luxe

Cette photo prise le 27 octobre 2021 montre les toits de Paris. (AFP)
Cette photo prise le 27 octobre 2021 montre les toits de Paris. (AFP)
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  • Barnes comme Sotheby's observent que les acheteurs privilégient les biens sans défaut majeur
  • Pour la seule région parisienne, par rapport à 2019, la meilleure année jusque-là, le nombre des ventes a bondi de 39% pour Daniel Féau

PARIS: Plus vert, plus français... et plus prisé que jamais : l'immobilier de luxe en France a battu des records en 2021, avec un nombre de transactions inédit pour les principales agences du secteur.


"C'est vraiment l'année qui a battu tous les records", se félicite auprès de l'AFP Alexander Kraft, PDG de l'agence Sotheby's International Realty France.


Comme ses concurrents dans l'immobilier "de prestige" Barnes et Daniel Féau, l'agence a largement battu son record de transactions en France l'an dernier : +42% en un an.


Pour la seule région parisienne, par rapport à 2019, la meilleure année jusque-là, le nombre des ventes a bondi de 39% pour Daniel Féau. Barnes, de son côté, a fait 30% de transactions en plus qu'avant la pandémie.


Des chiffres portés par l'envie de vert et d'espace : chez Daniel Féau, le nombre des ventes de maisons et d'hôtels particuliers avec jardin a presque triplé en deux ans.


D'où l'engouement pour les biens situés loin de Paris, tandis que les prix stagnent dans la capitale.


Barnes observe que les ventes et les prix ont "explosé" sur la côte atlantique, la côte basque ou à Deauville, avec des propriétés parties pour 3, 5 ou même 10 millions d'euros.


Au point de déceler un phénomène de "résidences semi-principales" : avec l'essor du télétravail, des propriétaires achètent un bien en région en conservant un pied-à-terre en région parisienne.


"C'est une tendance qu'on a vu apparaître après le premier confinement, et elle se voit au niveau mondial : on a des New-Yorkais qui vont s'installer en Floride ou dans les Hamptons (littoral à l'est de New York, NDLR), des Parisiens qui vont s'installer sur la côte basque...", observe Thibault de Saint-Vincent.


Barnes comme Sotheby's observent que les acheteurs privilégient les biens sans défaut majeur.


"Les acheteurs sont devenus plus gourmands. Ils n'ont pas nécessairement envie de faire des gros travaux, de restaurer, de rénover... ils veulent acheter des biens qui sont déjà en bon état, qui ont déjà des atouts comme des piscines, des grandes cuisines bien équipées, des chambres avec des salles de bain en suite... et ils sont prêts à payer un prix pour ça", relève Alexander Kraft.


En France, ce sont encore les Français qui portent le marché, assure-t-il. Les étrangers "sont prêts à acheter, mais évidemment il n'y a pas beaucoup de gens prêts à acheter sans avoir visité le bien", explique-t-il, estimant entre 90 et 95% la part de Français parmi ses clients l'an dernier, contre environ 50% en temps normal.


Omicron pèse sur la croissance américaine, mais ne la fera pas dérailler, assure Janet Yellen

La secrétaire au Trésor des États-Unis, Janet Yellen, prend la parole lors de la 90e réunion d'hiver de la Conférence des maires des États-Unis le 19 janvier 2022 à Washington, DC. (AFP)
La secrétaire au Trésor des États-Unis, Janet Yellen, prend la parole lors de la 90e réunion d'hiver de la Conférence des maires des États-Unis le 19 janvier 2022 à Washington, DC. (AFP)
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  • La croissance économique devrait ralentir au 1er trimestre 2022, anticipent les économistes
  • Yellen a assuré que l'American Rescue Plan (ARP) «a agi comme un vaccin pour l'économie américaine, protégeant notre reprise de la possibilité de nouveaux variants»

WASHINGTON: Le variant Omicron pèse sur la croissance économique américaine des mois à venir, mais ne la fera pas dérailler, a assuré mercredi la secrétaire américaine au Trésor, Janet Yellen, devant les maires du pays réunis dans la capitale fédérale Washington.


Omicron "aura probablement des conséquences sur certaines des données dans les mois à venir, mais je suis convaincue qu'il ne fera pas dérailler ce qui a été l'une des périodes de croissance économique les plus fortes depuis un siècle", a dit Janet Yellen mercredi, lors de son discours devant la Conférence des maires des Etats-Unis, où elle a reçu de chaleureux applaudissements.


"Rien de tout cela n'était garanti. Je pense qu'il est important que nous le reconnaissions", a souligné la ministre de l'Economie de Joe Biden.


Selon elle en effet, il y a "une idée fausse selon laquelle Omicron a fait dérailler notre reprise; un scénario dans lequel le nouveau variant a ramené notre économie vers l'état dans lequel elle était le jour de l'investiture" du président Joe Biden, en janvier 2021.


Le variant Omicron de la Covid-19, qui a fait bondir les cas de contaminations, a multiplié le nombre de personnes placées en quarantaine car infectées ou cas contacts, et qui se sont donc trouvées dans l'impossibilité de venir travailler. Les compagnies aériennes, par exemple, ont annulé des milliers de vols depuis Noël, faute de main d'oeuvre suffisante.


Par conséquent, la croissance économique devrait ralentir au 1er trimestre 2022, anticipent les économistes.


Mais Mme Yellen a assuré que l'American Rescue Plan (ARP), le plan de sauvetage adopté en mars 2021 sous l'impulsion d'un Joe Biden alors tout juste arrivé à la Maison Blanche, "a agi comme un vaccin pour l'économie américaine, protégeant notre reprise de la possibilité de nouveaux variants".


"La protection n'était pas complète, mais elle était très forte - et elle a empêché les communautés de subir les effets économiques les plus graves d'Omicron et de Delta", a-t-elle souligné, rappelant que 350 milliards de dollars avaient alors été alloués aux collectivités locales.


En effet, a-t-elle poursuivi, "la première année de la pandémie a décimé les budgets des collectivités, obligeant les États et communautés à licencier ou à mettre en congé 1,3 million de travailleurs. Il s'agissait des employés que nous appelions à juste titre +essentiels+ - enseignants, secours, responsables de la santé publique".


Mais, selon elle, grâce à cet argent, "quand Omicron a commencé à se répandre dans nos villes, il ne les a pas trouvées abîmées et cassées", mais "en bien meilleure position pour faire face".