Le Renseignement américain avertit des menaces climatiques sur la stabilité mondiale

Le président Biden lors d'une visite au siège de la direction de l'US Intelligence Community, la structure qui chapeaute toutes les agences de renseignement américaines, à McLean, en Virginie, en juin dernier. (Photo, AFP)
Le président Biden lors d'une visite au siège de la direction de l'US Intelligence Community, la structure qui chapeaute toutes les agences de renseignement américaines, à McLean, en Virginie, en juin dernier. (Photo, AFP)
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Publié le Vendredi 22 octobre 2021

Le Renseignement américain avertit des menaces climatiques sur la stabilité mondiale

  • Un rapport de l'ensemble des SR prévoit un risque croissant de conflits dus à l'eau et aux mouvements migratoires après 2030
  • Le Pentagone et le Trésor évoquent une recrudescence de la menace chinoise et des risques sur la stabilité financière

WASHINGTON : Le réchauffement climatique menace la stabilité mondiale, selon un rapport des services de renseignement américains qui prévoient un risque croissant de conflits dus à la raréfaction de l'eau et aux mouvements migratoires après 2030.

"Les tensions géopolitiques vont probablement s'aggraver car les pays auront des différends sur la façon de réduire les émissions à effet de serre pour respecter les objectifs de l'Accord de Paris", indique jeudi le renseignement américain à quelques semaines de la conférence mondiale sur le climat COP26 prévue à Glasgow début novembre.

La fonte des glaces dans l'Arctique "amplifie déjà la concurrence stratégique pour l'accès à ses ressources naturelles", note ce rapport qui présente les conclusions de l'ensemble des services américains de renseignement. Ailleurs, avec la hausse des températures et des épisodes météo plus extrêmes, "il y a un risque croissant de conflits au sujet de l'eau et des migrations, notamment après 2030".

La plupart des pays "seront confrontés à des choix économiques difficiles et vont probablement compter sur des avancées technologiques pour réduire rapidement leurs émissions, mais plus tard", indiquent les services de renseignement, prévenant que les techniques de géo-ingénierie, qui visent à manipuler et à modifier le climat et l'environnement, risquent d'être une autre source de conflit.

Un pays pourrait ainsi "tester unilatéralement voire déployer des technologies solaires à grande échelle pour contrer les effets du changement climatique s'il considère que les autres efforts pour limiter le réchauffement à 1,5 degré Celsius ont échoué", expliquent-ils. "Sans un accord international sur ces technologies, nous considérons qu'un tel effort unilatéral se retournerait" contre ce pays.

Après 2040, les pays les moins avancés seront les moins capables de s'adapter au changement climatique, ce qui va "accroître le risque d'instabilité voire de guerre civile dans ces pays", ajoutent-ils, avant d'identifier 11 pays considérés comme particulièrement à risque: l'Afghanistan, le Myanmar, l'Inde, le Pakistan, la Corée du Nord, le Guatemala, Haïti, le Honduras, le Nicaragua, la Colombie et l'Irak.

Ces pays "sont extrêmement vulnérables aux effets physiques (du changement climatique) et n'ont pas la capacité de s'y adapter", indiquent les services de renseignement, suggérant de les aider à s'adapter pour réduire les risques potentiels pour la sécurité des Etats-Unis.

Dans un rapport séparé sur le même sujet, publié en parallèle, le Pentagone souligne que la région Indo-Pacifique, devenue l'axe prioritaire des Etats-Unis qui cherchent à y contrer la montée en puissance de la Chine, est particulièrement vulnérable à la montée des eaux.

Les Etats-Unis ont des bases importantes sur l'île de Guam, dans l'archipel des Iles Marshall et dans les Palaos, note le rapport du ministère de la Défense, soulignant que la Chine pourrait "essayer de profiter de l'impact du changement climatique pour gagner de l'influence" dans la région.

Un troisième rapport, centré sur la stabilité financière, a été publié par le Conseil américain de surveillance de la stabilité financière (FSOC), instance issue de la crise de 2008 et qui réunit les autorités de régulation financière américaines sous la houlette du Trésor.

"Pour la première fois, le FSOC reconnaît le changement climatique comme une menace émergente et croissante pour notre stabilité financière", a salué la secrétaire au Trésor Janet Yellen, lors de la réunion virtuelle jeudi.

"Ce rapport met le changement climatique au premier plan de l'agenda de ses agences membres, et c'est une première étape cruciale dans la lutte contre la menace du changement climatique, ce ne sera en aucun cas la fin de ce travail", a-t-elle ajouté.


Trump dit mener les "derniers efforts" en vue d'un accord avec l'Iran

US President Donald Trump said on Tuesday that he was in the “final throes” of reaching a Middle East peace deal. (AFP file photo)
US President Donald Trump said on Tuesday that he was in the “final throes” of reaching a Middle East peace deal. (AFP file photo)
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  • Trump annonce un accord “très proche” avec l’Iran, attendu sous 2–3 jours après une baisse des tensions Israël-Iran
  • Trump annonce un accord “très proche” avec l’Iran, attendu sous 2–3 jours après une baisse des tensions Israël-Iran

TEHERAN: Le président américain Donald Trump a affirmé mardi que la diplomatie américaine menait les "derniers efforts" en vue de la conclusion d'un accord avec l'Iran, au lendemain de la cessation de frappes réciproques inédites depuis la trêve conclue il y a deux mois.

"Nous sommes dans les derniers efforts de ce qui va être un très, très bon accord", a-t-il affirmé, évoquant un délai de "deux à trois jours" pour que cet accord soit conclu.

Après 100 jours de guerre et l'entrée en vigueur le 8 avril d'un fragile cessez-le-feu, les explosions et alertes avaient de nouveau retenti à Téhéran ou Tel-Aviv dimanche et lundi. Les attaques ont fait 15 blessés en Iran, selon le chef de l'organisation nationale des urgences.

Donald Trump, qui cherche une sortie à ce conflit impopulaire aux Etats-Unis à l'approche des élections de mi-mandat, avait exhorté l'Iran et Israël à cesser "immédiatement" les hostilités.

Téhéran a d'abord annoncé l'arrêt de son opération militaire contre Israël, qui l'a ensuite imité. "A l'heure actuelle, les hostilités sur ce front ont cessé", a confirmé le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu.

Signe d'accalmie, le principal aéroport international de Téhéran a annoncé tôt mardi un "retour à la normale" de ses conditions d'exploitation, au lendemain de la réouverture de l'espace aérien du pays, partiellement fermé entre dimanche et lundi.

En moins de 24 heures, l'Iran a tiré une trentaine de missiles contre Israël selon un responsable militaire israélien, en réponse à une frappe israélienne contre la banlieue sud de Beyrouth, bastion du Hezbollah pro-iranien, dans laquelle deux personnes sont mortes et 20 ont été blessées.

Lundi à la mi-journée, le commandement des forces armées iraniennes a annoncé "la cessation de l'opération", qualifiée de "sévère riposte" à Israël. Mais, a-t-il prévenu, "en cas de poursuite de l'agression et des hostilités, y compris dans le sud du Liban, des actions bien plus sévères et répressives qu'auparavant seront entreprises".

- 14 tués au Liban -

Mohammad Bagher Ghalibaf, président du Parlement iranien et principal négociateur de Téhéran, avait affirmé que l'Iran avait "rompu l'équation qui consiste à conclure un cessez-le-feu sur le papier et à le violer systématiquement sur le terrain."

Sur le même ton, Benjamin Netanyahu a assuré qu'Israël riposterait "avec force" à toute nouvelle attaque iranienne.

Lui qui avait ordonné des frappes contre l'Iran malgré l'objection du président américain a aussi dit, "avec respect", qu'Israël exercerait son droit à se défendre "chaque fois que nécessaire".

Plus tôt, le ministre de la Défense Israël Katz a affirmé que son pays  "continuera(it) d'agir" contre le Hezbollah.

Téhéran exige un traitement simultané du conflit entre Israël et le Hezbollah, et celui plus large déclenché par les Etats-Unis et Israël contre l'Iran le 28 février, tandis que Washington souhaite conclure le dossier libanais dans un second temps.

Les frappes israéliennes se sont poursuivies lundi dans le sud du Liban, contre une quinzaine de localités dont la ville de Tyr, faisant 14 tués et plus d'une vingtaine de blessés, selon le gouvernement et la Croix-Rouge.

Le Hezbollah a lui revendiqué de nouvelles attaques contre des forces israéliennes dans le sud du Liban, mais pas sur le territoire israélien.

L'armée israélienne a de son côté affirmé que trois projectiles avaient été tirés "en direction de soldats israéliens en opération dans le sud du Liban", et qu'un projectile supplémentaire était "tombé à proximité des troupes" sans faire de blessé.

Le chef de l'armée libanaise, Rodolphe Haykal, a lui rencontré mardi au Pakistan son homologue pakistanais, Asim Munir. Le Pakistan fait figure de principal médiateur dans les pourparlers visant à mettre fin durablement à la guerre.

Le Pakistan a "souligné l'engagement de son armée à renforcer sa collaboration en matière de défense avec les forces armées libanaises" et à prendre en compte "l'évolution du contexte sécuritaire régional", selon un communiqué militaire.

Alimentant les craintes d'une nouvelle extension du conflit, l'armée israélienne a annoncé tôt mardi avoir intercepté une "cible aérienne suspecte en provenance du Yémen", moins de 24 heures après que les rebelles houthis installés dans ce pays et alliés de l'Iran ont revendiqué une attaque contre Israël et décrété une interdiction de navigation israélienne en mer Rouge, autre voie maritime stratégique.

Dans ce contexte, les prix du pétrole, qui ont flambé ces dernières semaines en raison du blocage du détroit d'Ormuz, ont légèrement reculé mardi matin, le prix du baril de Brent de la Mer du Nord perdant 0,90% à 93,40 dollars, tandis que le West Texas Intermediate se repliait de 1,16% à 90,24 dollars.


Trump affirme qu'Iran et Israël veulent «conclure un cessez-le-feu immédiat»

Un colon israélien se tient à côté d'un fragment de missile qui dépasse du sol, à la suite des frappes iraniennes, dans le centre de la Cisjordanie occupée par Israël, le 8 juin 2026. (Reuters)
Un colon israélien se tient à côté d'un fragment de missile qui dépasse du sol, à la suite des frappes iraniennes, dans le centre de la Cisjordanie occupée par Israël, le 8 juin 2026. (Reuters)
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  • "Le blocus restera en place, avec toute sa force et son effet, jusqu'à ce qu'un +accord final+ soit conclu. Les choses devraient aller vite"
  • Quelques minutes auparavant, dans un autre message, le milliardaire républicain avait estimé qu'"Israël et l'Iran (devaient) immédiatement cesser de tirer".

WASHINGTON: Donald Trump a affirmé lundi que l'Iran et Israël "(cherchaient) à conclure un cessez-le-feu immédiat", alors que les deux pays ont repris leurs attaques directes pour la première fois depuis la trêve conclue il y a deux mois.

"Les négociations finales sur la +paix+ se poursuivent, sous réserve que l'ignorance ou la stupidité ne viennent pas s'y opposer", a ajouté sur son réseau Truth Social le président américain, qui ne cache pas ses désaccords avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu.

"Le blocus restera en place, avec toute sa force et son effet, jusqu'à ce qu'un +accord final+ soit conclu. Les choses devraient aller vite".

Quelques minutes auparavant, dans un autre message, le milliardaire républicain avait estimé qu'"Israël et l'Iran (devaient) immédiatement cesser de +tirer+".

Donald Trump cherche une issue au conflit, très impopulaire aux Etats-Unis, à l'approche des élections législatives de mi-mandat en novembre prochain.

Si des escarmouches ont eu lieu ces derniers jours autour du détroit d'Ormuz entre Etats-Unis et Iran, c'est la première fois que Téhéran cible le territoire israélien depuis le cessez-le-feu du 8 avril et qu'Israël bombarde le sol iranien.

 


Des chasseurs français de l'Otan abattent un drone en Lettonie

Des chasseurs français de l'Otan stationnés dans les pays baltes ont abattu un drone en Lettonie, a déclaré lundi la ministre lettone des Affaires étrangères, Baiba Braze. (AFP)
Des chasseurs français de l'Otan stationnés dans les pays baltes ont abattu un drone en Lettonie, a déclaré lundi la ministre lettone des Affaires étrangères, Baiba Braze. (AFP)
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  • L'armée lettone a indiqué dans un communiqué qu'"un aéronef sans pilote étranger avait pénétré dans l'espace aérien letton à la suite de la guerre électronique russe", sans révéler l'origine du drone
  • Les deux avions français "ont décollé de la base aérienne de Siauliai", dans le nord de la Lituanie, avant d'abattre le drone vers 10H00 locales (07H00 GMT)

VILNIUS: Des chasseurs français de l'Otan stationnés dans les pays baltes ont abattu un drone en Lettonie, a déclaré lundi la ministre lettone des Affaires étrangères, Baiba Braze.

"Merci à nos alliés français d'avoir abattu le drone qui a pénétré dans l'espace aérien letton!", a‑t‑elle écrit sur X.

L'armée lettone a indiqué dans un communiqué qu'"un aéronef sans pilote étranger avait pénétré dans l'espace aérien letton à la suite de la guerre électronique russe", sans révéler l'origine du drone.

Les deux avions français "ont décollé de la base aérienne de Siauliai", dans le nord de la Lituanie, avant d'abattre le drone vers 10H00 locales (07H00 GMT), a indiqué  pour sa part Gintautas Ciunis, porte-parole de l'armée lituanienne.

Le 19 mai, un chasseur de l'Otan avait abattu dans l'espace aérien de l'Estonie un drone ukrainien, première interception d'un drone étranger dans le ciel d'un Etat balte par la police de l'air de l'Otan depuis l'invasion à grande échelle de l'Ukraine par la Russie en 2022.

Les Etats baltes, ex-républiques soviétiques partageant une longue frontière avec la Russie, enregistrent depuis plusieurs semaines un nombre croissant d'intrusions et de chutes de drones sur leurs territoires.

Selon les Européens, la Russie fait dévier délibérément de leur trajectoire des drones ukrainiens destinés à frapper des installations industrielles et des terminaux pétroliers dans la région de Saint-Pétersbourg, située sur le golfe de Finlande.

Ces incidents ont mis au jour les carences des défenses aériennes des pays baltes, impuissantes à neutraliser un drone errant avant sa chute sur leur territoire.