L'Otan resserre les rangs après la débâcle en Afghanistan

Le secrétaire d'État britannique à la Défense Ben Wallace (au centre) et la ministre allemande de la Défense Annegret Kramp-Karrenbauer (à droite) au deuxième jour d'une réunion des ministres de la Défense de l'OTAN à Bruxelles le 22 octobre 2021. (Kenzo Tribouillard/AFP)
Le secrétaire d'État britannique à la Défense Ben Wallace (au centre) et la ministre allemande de la Défense Annegret Kramp-Karrenbauer (à droite) au deuxième jour d'une réunion des ministres de la Défense de l'OTAN à Bruxelles le 22 octobre 2021. (Kenzo Tribouillard/AFP)
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Publié le Vendredi 22 octobre 2021

L'Otan resserre les rangs après la débâcle en Afghanistan

  • Le fiasco de la mission de l'Otan en Afghanistan a confirmé la volonté des alliés de se recentrer sur la défense de leur territoire en Europe et en Amérique du Nord
  • Une discussion difficile est attendue sur la volonté de certains pays, en particulier la France, de se doter d'une capacité d'action militaire autonome lorsque l'Alliance ne peut ou ne veut pas s'engager

BRUXELLES : L'Otan a affiché jeudi son unité, malgré les dissensions provoquées par le désastre afghan, et a décidé de replier ses forces et de renforcer ses moyens pour se protéger contre les menaces en provenance de Russie et de Chine avec l'adoption de nouveaux plans de défense par les ministres de l'Alliance.

«L'atmosphère était bonne et nous avons eu une excellente discussion», a assuré le patron de l'Otan, le Norvégien Jens Stoltenberg, lors de son compte-rendu de la première journée de la réunion des ministres de la Défense de l'Alliance.

«C'était la première occasion donnée aux ministres de discuter des problèmes rencontrés avec le retrait d'Afghanistan (achevé le 31 août) et des défis» auquel ce pays doit faire face, a-t-il expliqué.

Le fiasco de la mission de l'Otan en Afghanistan a confirmé la volonté des alliés de se recentrer sur la défense de leur territoire en Europe et en Amérique du Nord.

«Une transformation est en cours. Nous avons réduit de façon significative le déploiement des missions hors des territoires de l'Alliance et nous renforçons la défense collective», avait expliqué mercredi Jens Stoltenberg.

«Les ministres ont avalisé de nouveaux objectifs de capacités militaires et de nouveaux plans de défense pour la zone euro-atlantique», a annoncé le Norvégien.

«L'objectif est d'avoir les bonnes forces aux bons endroits au bon moment», a-t-il souligné.

La réunion a débuté à 13H00 (11h GMT) après l'arrivée du chef du Pentagone Lloyd Austin et va se poursuivre vendredi avec des débats consacrés aux liens avec l'Union européenne.

Une discussion difficile est attendue sur la volonté de certains pays, en particulier la France, de se doter d'une capacité d'action militaire autonome lorsque l'Alliance ne peut ou ne veut pas s'engager.

- Repositionnement défensif -

«Les efforts des Européens pour renforcer la réactivité de leurs forces et de se doter de capacités supplémentaires sont bienvenus s'ils apportent une valeur ajoutée et sont disponibles pour les missions menées par l'Otan», a insisté Jens Stoltenberg.

La modernisation des arsenaux de la Russie et de la Chine, deux pays qui se dotent de missiles hypersoniques, investissent dans l'espace et sont accusés de se livrer à des attaques informatiques contre les intérêts occidentaux, poussent à ce repositionnement défensif, a-t-il expliqué.

«Les alliés deviennent de plus en plus conscients de l'importance de la résilience à cause de la vulnérabilité des chaînes d'approvisionnement», a-t-il souligné.

«Nous devons renforcer notre avantage technologique avec les moyens du nouveau fonds d'innovation pour la sécurité doté de 1 milliard de dollars et avec la stratégie pour l'intelligence artificielle», a-t-il expliqué.

«Nous avons parfois des différends, des désaccords, mais les Alliés ont montré qu'ils continuaient d'être unis», a-t-il affirmé.

Plusieurs pays ont ouvertement critiqué l'accord conclu entre Washington et le pouvoir taliban ainsi que le refus américain de retarder le départ des troupes alliées pour faciliter l'exfiltration des collaborateurs afghans.

Jens Stoltenberg avait appelé à surmonter les divergences pour éviter des dissensions entre les États-Unis et les Européens.

«La mission en Afghanistan n'a pas été un échec», a-t-il soutenu. «Mais la manière dont la consultation sur le retrait a été organisée en amont n'a pas été satisfaisante», dénoncent de nombreux alliés.

Les Européens entendent demander des comptes au ministre américain et au secrétaire général de l'Otan, dont le mandat se termine fin septembre 2022.

«Aucune concertation n'a été organisée sur la mise en œuvre de la décision de retrait, aucun calendrier n'a été discuté, le secrétaire général et son adjoint étaient en vacances en même temps pendant le retrait», a dénoncé un diplomate européen.

«Le leadership américain est remis en cause», a averti le représentant d'un pays européen.

Lloyd Austin s'est dit prêt à évoquer les «enseignements à tirer» du fiasco en Afghanistan, avec le retour éclair au pouvoir des talibans après l'effondrement des forces armées formées par la mission de l'Otan Resolute Support.


L'OMS salue les résultats de sa campagne de «grand rattrapage» de vaccination des enfants

L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a fait état vendredi d'avancées dans sa campagne de "grand rattrapage" des vaccinations des enfants, une initiative lancée il y a deux ans après le ralentissement enregistré lors de la pandémie de Covid-19. (AFP)
L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a fait état vendredi d'avancées dans sa campagne de "grand rattrapage" des vaccinations des enfants, une initiative lancée il y a deux ans après le ralentissement enregistré lors de la pandémie de Covid-19. (AFP)
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  • La pandémie de Covid-19 avait fortement fragilisé les systèmes de santé et perturbé les campagnes de vaccination, avec pour conséquence un regain des maladies contagieuses comme la rougeole et la poliomyélite
  • Aussi en 2023, l'OMS, avec l'Unicef et Gavi, organisme international qui aide les pays pauvres à introduire des vaccins, avait lancé une campagne de "grand rattrapage" des vaccinations des enfants

GENEVE: L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a fait état vendredi d'avancées dans sa campagne de "grand rattrapage" des vaccinations des enfants, une initiative lancée il y a deux ans après le ralentissement enregistré lors de la pandémie de Covid-19.

La pandémie de Covid-19 avait fortement fragilisé les systèmes de santé et perturbé les campagnes de vaccination, avec pour conséquence un regain des maladies contagieuses comme la rougeole et la poliomyélite.

Aussi en 2023, l'OMS, avec l'Unicef et Gavi, organisme international qui aide les pays pauvres à introduire des vaccins, avait lancé une campagne de "grand rattrapage" des vaccinations des enfants.

Cette initiative a pris fin le 31 mars.

Les données finales sont encore en cours de compilation, mais "l'initiative mondiale semble être en bonne voie pour atteindre son objectif qui est de toucher au moins 21 millions d'enfants non vaccinés ou insuffisamment vaccinés", ont indiqué les trois organisations dans un communiqué.

De 2023 à 2025, ce programme a permis de vacciner environ 18,3 millions d’enfants âgés de 1 à 5 ans dans 36 pays, grâce à plus de 100 millions de doses de vaccins essentiels.

Parmi ces enfants, environ 12,3 millions n'avaient jamais été vaccinés et 15 millions n'étaient pas vaccinés contre la rougeole.

Le programme a permis d'administrer 23 millions de doses de vaccin antipoliomyélitique inactivé (VPI) à des enfants insuffisamment ou non vaccinés.

"En protégeant les enfants qui n'ont pas pu se faire vacciner en raison des perturbations des services de santé causées par le Covid-19, le programme Grand Rattrapage a contribué à inverser l'une des principales conséquences négatives de la pandémie", a déclaré le directeur général de l'OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, cité dans le communiqué.

Ce "plus vaste effort international jamais entrepris pour vacciner les enfants non vaccinés avec des vaccins essentiels, montre ce qu'il est possible d'accomplir lorsque les gouvernements, les partenaires et les communautés unissent leurs efforts pour protéger les plus vulnérables", a indiqué pour sa part la directrice générale de Gavi, Sania Nishtar, également citée dans le communiqué.

Lors d'un point de presse, le directeur du département Vaccination à l'Unicef, Ephrem Lemango, a appelé à poursuivre les efforts de vaccination de routine, au-delà de l'initiative.

"Le principal enjeu est de mettre en place des systèmes de vaccination capables d'atteindre et de protéger chaque enfant à temps, avant qu'il n'atteigne l'âge limite pour la vaccination. Actuellement, chaque année, 14,3 millions d'enfants ne reçoivent aucun vaccin dans le cadre des programmes de vaccination de routine", a-t-il relevé.

Kate O'Brien, directrice du département vaccins de l'OMS, a elle appelé à lutter contre le scepticisme vis-à-vis de la vaccination, indiquant être très préoccupée par "la politisation croissante des vaccins et de la santé".


Trump dit ne pas vouloir utiliser l'arme nucléaire contre l'Iran

Donald Trump a dit jeudi ne pas avoir l'intention d'utiliser l'arme nucléaire contre l'Iran, pendant un échange avec la presse dans le Bureau ovale. (AFP)
Donald Trump a dit jeudi ne pas avoir l'intention d'utiliser l'arme nucléaire contre l'Iran, pendant un échange avec la presse dans le Bureau ovale. (AFP)
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  • "Non, je ne l'utiliserais pas. Il ne devrait jamais être possible pour quiconque d'utiliser l'arme nucléaire"
  • "Nous n'en avons pas besoin. Pourquoi poser une question aussi stupide?"

WASHINGTON: Donald Trump a dit jeudi ne pas avoir l'intention d'utiliser l'arme nucléaire contre l'Iran, pendant un échange avec la presse dans le Bureau ovale.

"Non, je ne l'utiliserais pas. Il ne devrait jamais être possible pour quiconque d'utiliser l'arme nucléaire", a dit le président américain, à qui une journaliste a demandé s'il envisageait de recourir à la bombe atomique.

"Nous n'en avons pas besoin. Pourquoi poser une question aussi stupide? Pourquoi utiliserais-je l'arme nucléaire alors que nous les avons complètement anéantis, de manière très conventionnelle?" a-t-il déclaré.

 


Le cessez-le-feu entre le Liban et Israël prolongé de trois semaines

L'ambassadeur américain en Israël Mike Huckabee, l'ambassadeur israélien aux États-Unis Yechiel Leiter, le vice-président américain JD Vance, le secrétaire d'État américain Marco Rubio, l'ambassadeur du Liban aux États-Unis Nada Hamadeh Moawad et l'ambassadeur américain au Liban Michel Issa écoutent le président américain Donald Trump s'exprimer lors d'une réunion avec l'ambassadeur du Liban aux États-Unis et l'ambassadeur d'Israël aux États-Unis, à la Maison Blanche, à Washington, DC, le 23 avril 2026. (AFP)
L'ambassadeur américain en Israël Mike Huckabee, l'ambassadeur israélien aux États-Unis Yechiel Leiter, le vice-président américain JD Vance, le secrétaire d'État américain Marco Rubio, l'ambassadeur du Liban aux États-Unis Nada Hamadeh Moawad et l'ambassadeur américain au Liban Michel Issa écoutent le président américain Donald Trump s'exprimer lors d'une réunion avec l'ambassadeur du Liban aux États-Unis et l'ambassadeur d'Israël aux États-Unis, à la Maison Blanche, à Washington, DC, le 23 avril 2026. (AFP)
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  • La prolongation du cessez-le-feu fait suite à des frappes israéliennes meurtrières et à la poursuite des affrontements dans le sud du Liban
  • M. Trump a ajouté qu'il se réjouissait d'accueillir prochainement le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et le président libanais Joseph Aoun

WASHINGTON/BEIRUT/JERUSALEM : Le Liban et Israël ont prolongé leur cessez-le-feu de trois semaines après une réunion de haut niveau à la Maison Blanche, a déclaré jeudi le président américain Donald Trump. M. Trump a accueilli l'ambassadeur d'Israël à Washington, Yechiel Leiter, et l'ambassadrice du Liban aux Etats-Unis, Nada Moawad, dans le bureau ovale pour une deuxième série de discussions facilitées par les Etats-Unis, un jour après que des frappes israéliennes aient tué au moins cinq personnes, dont un journaliste.

"La réunion s'est très bien passée ! Les États-Unis vont travailler avec le Liban pour l'aider à se protéger du Hezbollah", a écrit M. Trump sur Truth Social. Le Hezbollah, le groupe armé allié à l'Iran qui combat Israël, n'était pas présent aux pourparlers. Il affirme avoir "le droit de résister" aux forces d'occupation.

M. Trump a ajouté qu'il se réjouissait d'accueillir prochainement le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et le président libanais Joseph Aoun.

M. Trump s'est également adressé aux journalistes dans le bureau ovale, aux côtés des participants à la réunion, et a déclaré qu'il espérait que les dirigeants se rencontreraient pendant les trois semaines de cessation des hostilités. Il a ajouté qu'il y avait "une grande chance" que les deux pays parviennent à un accord de paix cette année.

Le vice-président JD Vance, le secrétaire d'État Marco Rubio, l'ambassadeur des États-Unis en Israël Mike Huckabee et l'ambassadeur des États-Unis au Liban Michel Issa ont également participé à la réunion.

Le cessez-le-feu, conclu à l'issue de discussions entre les ambassadeurs des deux pays à Washington la semaine dernière, devait expirer dimanche. Il a permis une réduction significative de la violence, mais les attaques se sont poursuivies dans le sud du Liban, où les troupes israéliennes se sont emparées d'une zone tampon autoproclamée.

Rendre au Liban sa grandeur

L'ambassadeur Moawad, qui avait demandé une prolongation du cessez-le-feu lors de la réunion, a remercié M. Trump d'avoir accueilli les pourparlers. "Je pense qu'avec votre aide et votre soutien, nous pouvons rendre au Liban sa grandeur", a-t-elle déclaré.

Un responsable libanais avait auparavant déclaré que Beyrouth ferait pression pour un retrait israélien, le retour des Libanais détenus en Israël et la délimitation de la frontière terrestre lors d'une prochaine phase de négociations.

Israël a cherché à faire cause commune avec le gouvernement libanais au sujet du Hezbollah, que Beyrouth s'efforce de désarmer pacifiquement depuis un an.

Interrogé sur la manière dont les États-Unis aideraient le Liban à lutter contre le Hezbollah, M. Trump n'a pas donné de détails, mais a déclaré que les États-Unis entretenaient "une excellente relation avec le Liban". M. Trump a déclaré qu'Israël devait être en mesure de se défendre contre les attaques du Hezbollah.

M. Trump a également appelé le Liban à abolir les lois interdisant tout engagement avec Israël. "C'est un crime de parler avec Israël ?", a-t-il répondu lorsqu'on l'a interrogé sur les lois connues sous le nom de lois anti-normalisation, qu'il ne semblait pas connaître. "Je suis certain qu'il y sera mis fin très rapidement. J'y veillerai", a déclaré M. Trump.