La vague de révélations de la lanceuse d'alerte continue de submerger Facebook

Sur cette photo d'archives prise le 23 octobre 2019, le panneau «J'aime» de Facebook sur le campus du siège social de Facebook à Menlo Park, en Californie. (Josh Edelson / AFP)
Sur cette photo d'archives prise le 23 octobre 2019, le panneau «J'aime» de Facebook sur le campus du siège social de Facebook à Menlo Park, en Californie. (Josh Edelson / AFP)
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Publié le Samedi 23 octobre 2021

La vague de révélations de la lanceuse d'alerte continue de submerger Facebook

  • Vendredi, des articles du New York Times, du Washington Post ou encore de la chaîne NBC portaient sur le rôle de Facebook dans la polarisation intense de la vie politique aux États-Unis
  • Face à cette nouvelle vague de critiques, Facebook a publié un communiqué rappelant ses investissements conséquents pour assainir ses plateformes et soutenir le processus démocratique

SAN FRANCISCO, États-Unis : Facebook avait conscience de la radicalisation de nombreux utilisateurs et du flot de désinformation en lien avec l'élection présidentielle américaine de 2020, mais n'a pas réagi en conséquence d'après des documents de la lanceuse d'alerte Frances Haugen, obtenus par différents journaux américains.

Ces révélations sont les dernières en date d'une longue série, depuis une première vague d'enquêtes publiées par le Wall Street Journal en septembre grâce à des rapports internes transmis par cette ex-employée du groupe californien.

Vendredi, des articles du New York Times, du Washington Post ou encore de la chaîne NBC portaient sur le rôle de Facebook dans la polarisation intense de la vie politique aux États-Unis.

Début novembre, quelques jours après le scrutin, un analyste faisait par exemple savoir à ses collègues que 10% des contenus politiques visionnés par les utilisateurs américains de la plateforme étaient des messages assurant que le vote avait été truqué, d'après le New York Times.

Cette rumeur sans fondement, martelée par l'ex-président Donald Trump, a alimenté la colère de nombreux conservateurs et conspirationnistes, qui a culminé avec les émeutes du Capitole le 6 janvier.

Des partisans du milliardaire républicain avaient ce jour-là envahi le Congrès pendant la certification de la victoire du démocrate Joe Biden. Cinq personnes ont trouvé la mort pendant ou peu après l'attaque.

Dans la foulée, Facebook, comme Twitter et les autres grandes plateformes, ont banni Donald Trump et les mouvements extrémistes impliqués dans les émeutes.

Mais d'après les nouvelles révélations publiées vendredi, des employés du groupe californien estiment qu'il aurait pu mieux anticiper le problème.

- «Le voyage de Carol» -

Ces informations ont été extraites de milliers de documents internes remis à la SEC, l'autorité boursière, par Frances Haugen.

Début octobre, elle a répété devant des sénateurs américains que les dirigeants de la firme, Mark Zuckerberg en tête, «financent leurs profits avec notre sûreté».

Elle avait auparavant fait fuiter des études montrant que Facebook a conscience des problèmes psychologiques des adolescentes surexposées aux vies et corps apparemment «parfaits» des influenceuses sur Instagram.

C'est le fil rouge de ces révélations: le géant des réseaux sociaux connaissait les problèmes mais a choisi, en bonne partie, de les ignorer, selon la lanceuse d'alerte et d'autres sources anonymes.

Les articles de vendredi évoquent ainsi un rapport intitulé «Le voyage de Carol vers QAnon».

Carol Smith, une «mère conservatrice de Caroline du Nord», était un faux compte créé par un chercheur, payé par Facebook pour étudier le rôle de la plateforme dans la polarisation des utilisateurs.

D'après ce chercheur, dès l'été 2019, Carol Smith était exposée par l'algorithme du réseau social à un «torrent de contenus extrêmes, conspirationnistes et choquants», dont des groupes de la mouvance QAnon.

- Défense -

Face à cette nouvelle vague de critiques, Facebook a publié un communiqué rappelant ses investissements conséquents pour assainir ses plateformes et soutenir le processus démocratique.

«Mais la responsabilité de l'insurrection revient à ceux qui ont enfreint la loi et à ceux qui les y ont incités», y déclare Guy Rosen, un vice-président du groupe chargé de l'intégrité civique.

Cette défense a peu de chances de satisfaire des élus remontés à bloc contre le réseau social.

D'autant que le flot de révélations ne tarit pas: un consortium d'une dizaine d’organisations de presse, de CNN au Monde, s'apprête à publier des articles basés sur ces documents, d'après le site spécialisé The Information.

Et un nouveau lanceur d'alerte s'est manifesté, selon un article du Washington Post paru vendredi.

Ex-membre de l'équipe d'intégrité civique, il a fait une déposition auprès de la SEC le 13 octobre, où il accuse Facebook de faire passer les profits avant les enjeux humains.

Dans ce document, l'ancien employé relate notamment des propos tenus en 2017, quand l'entreprise décidait de la meilleure façon de gérer la polémique liée à l'interférence de la Russie dans la présidentielle américaine de 2016, via sa plateforme.

«Ce sera un feu de paille. Des élus vont râler. Et d'ici quelques semaines, ils seront passés à autre chose. En attendant on imprime de l'argent au sous-sol et tout va bien», aurait alors déclaré Tucker Bounds, un membre de l'équipe de communication de Facebook.

D'après le Washington Post, le deuxième lanceur d'alerte assure dans sa déposition que les managers de Facebook sapaient régulièrement les efforts de lutte contre la désinformation et les discours haineux par peur de mettre en colère Donald Trump et ses alliés, et pour ne pas risquer de perdre l'attention des utilisateurs, essentielle à ses volumineux profits.


Trump dit que les Etats-Unis pourraient ne pas venir en aide à l'Otan en cas de besoin

Le président américain Donald Trump a à plusieurs reprises exprimé sa frustration face au manque de soutien des alliés occidentaux et à leur réticence à engager des forces pour aider à rouvrir le détroit d’Ormuz dans le contexte de sa guerre avec l’Iran. (Reuters)
Le président américain Donald Trump a à plusieurs reprises exprimé sa frustration face au manque de soutien des alliés occidentaux et à leur réticence à engager des forces pour aider à rouvrir le détroit d’Ormuz dans le contexte de sa guerre avec l’Iran. (Reuters)
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  • Donald Trump menace que les États-Unis pourraient ne pas soutenir l’OTAN en cas de besoin, critiquant l’Alliance pour ne pas avoir répondu aux demandes américaines pour sécuriser le détroit d’Ormuz
  • Il dénonce le coût élevé de l’OTAN pour les États-Unis et loue l’avancée de l’opération militaire américaine contre l’Iran, alors que le trafic dans le détroit reste fortement perturbé

MIAMI: Donald Trump a déclaré vendredi que les Etats-Unis pourraient ne pas venir en aide à l'Otan en cas de besoin, réitérant ses critiques contre l'Alliance atlantique, lors d'un forum d'affaires à Miami.

"Ils n'étaient tout simplement pas là", a déclaré le président américain, se référant à la demande de Washington - restée lettre morte - de soutien militaire de ses alliés pour sécuriser le détroit d'Ormuz.

"Nous dépensons des centaines de milliards de dollars par an pour l'Otan, des centaines de milliards, pour les protéger, et nous aurions toujours été là pour eux, mais maintenant, au vu de leurs actions, je suppose que nous n'avons plus à l'être, n'est-ce pas ?", a-t-il dit.

Ces dernières semaines, le président américain a multiplié les prises de parole belliqueuses envers l'Otan, la qualifiant notamment sur son réseau Truth Social de "TIGRE DE PAPIER" et de "LACHES". Les Etats-Unis "s'en souviendront", avait-il déjà déclaré jeudi en Conseil des ministres.

Le Royaume-Uni, la France, l'Allemagne, l'Italie, les Pays-Bas et le Japon s'étaient dit prêts, dans un communiqué conjoint le 19 mars, "à contribuer aux efforts appropriés visant à garantir la sécurité de la traversée du détroit", où transite en temps normal un cinquième de la production de pétrole mondiale. Ils avaient cependant exclu toute participation militaire directe.

Le trafic dans ce passage étroit est pratiquement paralysé, entraînant une flambée des prix de l’énergie.

Lors de sa prise de parole à Miami, devant des chefs d'entreprise et des investisseurs réunis pour le sommet du "FII Priority", Donald Trump a une nouvelle fois assuré que l'opération militaire contre l'Iran, qui va entrer dans sa cinquième semaine, se passait pour le mieux.


La guerre au Moyen-Orient entre dans son deuxième mois, Washington espère la finir sous deux semaines

Le secrétaire d’État américain Marco Rubio en route vers la réunion des ministres des Affaires étrangères du G7 près de Paris vendredi. (Reuters)
Le secrétaire d’État américain Marco Rubio en route vers la réunion des ministres des Affaires étrangères du G7 près de Paris vendredi. (Reuters)
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  • Le conflit entre Israël et l’Iran s’intensifie et s’étend régionalement (Yémen, Liban, Golfe), avec des frappes continues, des victimes civiles croissantes et des risques majeurs (notamment nucléaire et énergétique)
  • Les États-Unis visent une issue rapide sans troupes au sol, tandis que les tensions font grimper les prix du pétrole et aggravent l’instabilité humanitaire et économique mondiale

TEHERAN: La guerre au Moyen-Orient entre samedi dans son deuxième mois sans donner le moindre signe d'apaisement, Israël et l'Iran continuant à se bombarder mutuellement et les Etats-Unis assurant que leurs objectifs seront atteints d'ici deux semaines.

Dans une nouvelle extension d'un conflit qui a fait flamber les prix de l'énergie dans le monde entier, Israël a annoncé avoir été visé pour la première fois depuis le début de la guerre par un missile tiré depuis le Yémen, où les rebelles Houthis soutenus par Téhéran avaient peu de temps plus tôt menacé de se joindre au conflit.

A Téhéran, un journaliste de l'AFP a entendu une dizaine de violentes explosions samedi à l'aube et vu des panaches de fumée noire s'élever depuis l'est de la capitale. Peu de temps plus tard, comme lors des nuits précédentes, l'armée israélienne a annoncé être en train de "frapper des cibles du régime" dans la ville.

La centrale nucléaire de Bouchehr, dans le sud de l'Iran, a été frappée pour la troisième fois en dix jours, selon l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) citant des responsables iraniens. Même si aucun dégât sur le réacteur actif et aucune fuite radioactive n'ont été signalés, le directeur de l'AIEA Rafael Grossi a de nouveau appelé "à une retenue militaire maximale pour prévenir le risque d'un accident nucléaire".

En Israël, au moins une personne a été tuée et deux autres blessées à Tel-Aviv, selon les services de secours, peu après une alerte de l'armée faisant état de tirs de missiles depuis l'Iran. Deux autres personnes ont été blessées par du shrapnel dans le sud du pays.

Le chef du commandement intérieur de l'armée israélienne, Miki David, a déclaré dans une vidéo publiée sur les réseaux sociaux qu'un missile à sous-munitions avait provoqué des "destructions considérables" dans un immeuble résidentiel.

"L'appartement a été touché par une bombe à sous-munitions (...) qui a traversé le toit, a traversé un étage, puis a explosé au deuxième étage", a-t-il expliqué.

Les armes à sous-munitions sont conçues pour libérer sur une zone des dizaines de petites charges explosives. Outre le fait qu'elles ont un périmètre d'effet étendu, une partie de ces charges n'explose pas lors de l'impact et fait donc souvent des victimes dans la durée parmi la population civile. Ce type d'armes est interdit par une convention de 2008, signée par plus d'une centaine de pays dont ni l'Iran ni Israël ne font partie.

La guerre a été déclenchée le 28 février par des frappes américano-israéliennes sur l'Iran. Depuis, le conflit touche durement les populations civiles dans la région et entraîne des perturbations sur la distribution de gaz et de pétrole qui bouleversent l'économie mondiale. Des pays du monde entier ont annoncé ces derniers jours des mesures pour répondre à la flambée des prix de l'énergie provoquée par le conflit.

- Espoir de négociations -

Le secrétaire d'Etat américain, Marco Rubio, a déclaré vendredi qu'il s'attendait à ce que les objectifs de guerre de Washington en Iran soient atteints dans "les deux prochaines semaines".

"Quand nous en aurons fini avec eux, dans les deux prochaines semaines, ils seront plus affaiblis qu'ils ne l'ont été dans l'histoire récente", a affirmé le ministre américain à des journalistes à l'issue d'une réunion du G7 près de Paris.

M. Rubio a aussi estimé que les Etats-Unis pouvaient encore atteindre leurs objectifs sans l'envoi de troupes au sol. Alors que, selon le Wall Street Journal et le site d'informations Axios, Washington envisage d'envoyer au moins 10.000 soldats supplémentaires dans la région.

"Posez le pied sur le sol iranien, et 150 dollars deviendra le prix plancher du pétrole", a promis le vice-président iranien Esmael Saghab Esfahani sur X. Le cours du Brent a terminé en hausse vendredi à plus de 112 dollars.

L'émissaire américain Steve Witkoff a quant à lui dit avoir l'espoir de tenir des discussions dans la semaine avec l'Iran, qui continue de riposter.

Selon plusieurs médias américains, au moins 12 soldats américains ont été blessés, dont deux grièvement, dans la nuit de vendredi à samedi par une attaque iranienne contre la base aérienne Prince Sultan, en Arabie saoudite, qui a également endommagé deux avions ravitailleurs.

La République islamique a appelé les civils à se tenir à l'écart des forces américaines présentes au Moyen-Orient, et notamment d'éviter les hôtels de la région accueillant des militaires américains.

Aux Emirats arabes unis, cinq personnes, de nationalité indienne, ont été blessées samedi lors d'un incendie provoqué par des chutes de débris provenant de l'interception d'un missile balistique au-dessus d'une zone industrielle d'Abou Dhabi, selon les autorités.

- "Pris en étau" -

Un mois après le début de la guerre, les civils de tous bords continuent de payer un tribut exorbitant. Comme à Téhéran, où les nuits sont rythmées par les bombardements.

Ensieh, une dentiste de Téhéran, dit "perdre un peu plus espoir chaque jour". Aujourd'hui, "nous sommes pris en étau entre trois puissances devenues folles", soupire cette femme de 46 ans.

"La guerre a arraché une partie de moi", ajoute-t-elle.

La situation empire aussi au Liban, entraîné dans la guerre dès le 2 mars lorsque le mouvement chiite Hezbollah, soutenu par Téhéran, a commencé à tirer des roquettes sur Israël.

L'aviation israélienne a continué vendredi à bombarder le sud du Liban, la plaine de la Bekaa (est) et la banlieue sud de Beyrouth, considérés comme des bastions du Hezbollah, selon les médias officiels libanais qui ont recensé plusieurs morts.

Le Hezbollah a affirmé pour sa part se livrer à des combats "au corps à corps" dans le sud, où Israël mène une profonde incursion en vue d'élargir une "zone tampon" le long de sa frontière.

Selon le dernier bilan officiel vendredi, la guerre a fait 1.142 morts et plus d'un million de déplacés au Liban.


Witkoff voit des «signaux forts» en faveur d'un accord avec l'Iran

Il existe des "signaux forts" que l'Iran veut passer un accord avec les Etats-Unis pour mettre fin à la guerre, a assuré jeudi l'émissaire américain Steve Witkoff. (AFP)
Il existe des "signaux forts" que l'Iran veut passer un accord avec les Etats-Unis pour mettre fin à la guerre, a assuré jeudi l'émissaire américain Steve Witkoff. (AFP)
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  • "Nous avons des signaux forts nous disant que cela est possible", a-t-il dit pendant un conseil des ministres à la Maison Blanche
  • Steve Witkoff a par ailleurs confirmé que Washington avait soumis à Téhéran "une liste de 15 points" via le gouvernement pakistanais, qui agit comme médiateur

WASHINGTON: Il existe des "signaux forts" que l'Iran veut passer un accord avec les Etats-Unis pour mettre fin à la guerre, a assuré jeudi l'émissaire américain Steve Witkoff.

"Nous avons des signaux forts nous disant que cela est possible", a-t-il dit pendant un conseil des ministres à la Maison Blanche.

Steve Witkoff a par ailleurs confirmé que Washington avait soumis à Téhéran "une liste de 15 points" via le gouvernement pakistanais, qui agit comme médiateur.