Comment la crise du coronavirus a imposé la plus grande réduction de l’approvisionnement en pétrole de l’histoire

Une photo fournie par le géant de l’énergie Saudi Aramco, la société pétrolière et gazière publique saoudienne, montre ses usines pétrolières de Dhahran, dans l’est de l’Arabie saoudite, le 11 février 2018. (AFP/Aramco/File Photo)
Une photo fournie par le géant de l’énergie Saudi Aramco, la société pétrolière et gazière publique saoudienne, montre ses usines pétrolières de Dhahran, dans l’est de l’Arabie saoudite, le 11 février 2018. (AFP/Aramco/File Photo)
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Publié le Vendredi 18 septembre 2020

Comment la crise du coronavirus a imposé la plus grande réduction de l’approvisionnement en pétrole de l’histoire

  • Le livre The New Map de l’auteur Daniel Yergin, lauréat du prix Pulitzer, retrace les événements dramatiques de mars et d’avril derniers
  • Les marchés sont entrés en chute libre alors que les effets économiques de la pandémie de Covid-19 ont frappé les prévisions de demande du pétrole brut

Au début du printemps dernier, les marchés mondiaux du pétrole étaient en chute libre au moment où les effets économiques de la pandémie de coronavirus ont frappé les prévisions de demande en pétrole brut. Les membres de l’alliance Opep+, dirigée par l’Arabie saoudite et la Russie, ont vu les prix diminuer de plus de moitié en quelques semaines et se sont demandé quoi faire. Le lauréat du prix Pulitzer Daniel Yergin, dans l’un de deux extraits exclusifs de son nouveau livre The New Map: Energy, Climate, and the Clash of Nations, raconte l’histoire vécue du mois qui a secoué le monde pétrolier.

C’est ce déclin qui a précipité, dans la première semaine de mars, une réunion de l’Opep+ – l’Opep et ses partenaires non membres de l’Opep soit 23 pays au total – à Vienne pour faire face à ce qui devenait, de loin, la plus forte baisse de consommation jamais enregistrée.

Alors que les pays présents à Vienne savaient que la situation était mauvaise, ils ne savaient pas combien ni à quel point elle pourrait s’aggraver. À ce moment-là, cependant, l’intérêt commun que les deux principaux pays du groupe – l’Arabie saoudite et la Russie – avaient forgé au cours des dernières années s’est effondré.

Le budget russe avait fixé le prix du baril à 42 dollars, le budget saoudien à 65 dollars et, selon le Fonds monétaire international (FMI), l’Arabie saoudite avait besoin d’un prix de 80 dollars ou plus pour équilibrer son budget. De plus, les Russes avaient considéré l’accord Opep+ de 2016 comme temporaire et opportun ; les Saoudiens voulaient le rendre permanent et y maintenir la Russie.

Le ministre saoudien de l’Énergie, le prince Abdel Aziz ben Salmane, a sollicité de nouvelles réductions plus fortes, puis a insisté fermement pour obtenir des réductions plus fortes encore. Le ministre russe de l’Énergie, Alexander Novak, a tout aussi fermement résisté. Il voulait prolonger l’accord existant et ne pas faire d’autres réductions pendant quelques semaines pour mesurer l’impact de cette stratégie à mesure que le coronavirus progressait.

Le matin du 6 mars, Novak s’est envolé de Moscou pour Vienne et s’est rendu au siège de l’Opep. Là, dans une petite salle de conférence au cinquième étage, il a rencontré en privé le prince Abdel Aziz. Ils ne se sont pas entendus et sont descendus, les visages tendus, au premier étage pour rejoindre la réunion, cruciale, avec les autres ministres de l’Opep+. C’était une impasse. La réunion s’est interrompue sans aboutir à un accord.

« Nous regretterons tous cette journée », a déclaré le prince Abdel Aziz à la sortie. Interrogé sur ce que ferait l’Arabie saoudite maintenant, il a ajouté : « Nous continuerons à vous le demander. »

Les pays de l’OPEP « n’ont envisagé aucune autre variante, a déclaré Novak de son côté. Et maintenant, a-t-il ajouté, comme il n’y pas eu d’accord, tous les pays sont libres de produire ce qu’ils veulent. »

Suhail al-Mazrouei, ministre du Pétrole des Émirats arabes unis, s’est efforcé d’apaiser les propos. Selon lui, « ils ont besoin de plus de temps pour y réfléchir ». Mais l’Opep+ avait explosé.

L’échec de Vienne a choqué le marché mondial du pétrole, entraînant des répercussions sur les marchés financiers. L’Arabie saoudite n’a pas perdu de temps pour mettre fin à la question en annonçant qu’elle allait augmenter sa production de barils par jour (bpj) de 9,7 millions à 12,3 millions de bpj le mois prochain.

« Le fait d’augmenter la production lorsque la demande diminue est irrationnel du point de vue de la théorie économique », a déclaré Novak, économiste de formation.

La Russie ne possède pas cette capacité de production supplémentaire mais elle a déclaré qu’elle augmenterait sa production autant que possible.

Le dernier accord, qui remontait à 2016, avait disparu – à sa place, une guerre des prix et une bataille pour les parts de marché sont apparues. Les partenaires potentiels sont redevenus de féroces concurrents. Certains à Moscou, qui s’étaient opposés à un accord visant à restreindre la production, ont salué la rupture.

« Si vous abandonnez le marché, vous ne le récupérerez jamais », a déclaré Igor Setchine, PDG de Rosneft, qui est le plus grand critique russe de l’Opep+ depuis le début. Ceux qui, comme Setchine, étaient opposés à tout accord, ont été particulièrement réticents au fait de céder des parts de marché aux États-Unis.

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Une photo prise le 15 septembre 2019 montre l’entrée d’une installation pétrolière d’Aramco près de la zone d’Al-Kharj, au sud de la capitale saoudienne, Riyad. (AFP/File Photo)

Au cours des quatre années pendant lesquelles la Russie avait adhéré à l’accord et que sa production était limitée, la production pétrolière américaine avait augmenté de 60 %, propulsant les États-Unis au premier rang des producteurs mondiaux.

Au-delà des marchés, ils considéraient le schiste des États-Unis comme une « menace stratégique ». En effet, pour eux, l’abondance du pétrole et du gaz de schiste était un complément à la politique étrangère américaine, laissant aux États-Unis les mains libres pour imposer des sanctions au secteur énergétique russe, comme ils l’avaient fait quelques mois plus tôt, en forçant l’arrêt de l’achèvement du gazoduc Nord Stream 2.

Le schiste américain, prévoyaient-ils, serait inévitablement la victime majeure d’une guerre des prix, en raison de ses coûts plus élevés et des forages constants qu’il nécessitait par rapport aux pétroles conventionnels saoudien et russe.

Mais ce qui n’a pas été compris au début du mois de mars, c’est que cette bataille pour les parts de marché avait été lancée sur un marché qui se rétrécissait rapidement à cause du virus (Covid-19). L’épidémie en Chine se transformait en une pandémie mondiale.

Trump a commencé à faire ce qu’il avait fait durant toute sa carrière : faire travailler les téléphones, cette fois dans un round-robin avec le roi Salmane, le prince héritier, Mohammed ben Salmane (MBS), le président russe, Vladimir Poutine, et d’autres dirigeants.

Le négociateur cherchait maintenant un méga-accord. Compte tenu de ce qui a été décrit comme les « différences irréconciliables » qui ont conduit à la rupture, à Vienne, entre l’Arabie saoudite et la Russie, il s’agissait aussi d’une médiation de divorce.

Pendant environ deux semaines, Trump a mené plus de conversations avec Poutine que durant toute l’année précédente. Le 1er avril, la production saoudienne est passée à 12 millions de bpj. Certains appels téléphoniques étaient très directs. Il a été fait mention de ces 13 sénateurs (d’États producteurs de pétrole qui avaient exprimé leur frustration face à la guerre des prix du pétrole).

Après un tel appel, Trump a rédigé un tweet : « Je viens de parler à mon ami MBS d’Arabie saoudite, qui a parlé avec le président Poutine de Russie et j’espère qu’ils réduiront environ à 10 millions de barils et peut-être beaucoup plus. » Peu de temps après, il a augmenté la mise à 15 millions.

Compte tenu de la guerre du pétrole et de l’animosité ambiante, ses chiffres ont été accueillis avec scepticisme. Mais les événements ont évolué. L’Arabie saoudite a appelé à une réunion urgente des producteurs, « en reconnaissance de la demande du président des États-Unis, Donald Trump ».

Le 3 avril, Poutine a déclaré lors d’une vidéoconférence que la Russie, ainsi que l’Arabie saoudite et les États-Unis, étaient « tous intéressés par des actions conjointes… bien coordonnées pour assurer la stabilité à long terme du marché ».

Il a déclaré que l’effondrement des prix avait été causé par la Covid-19.

Mais comment un accord pourrait-il être conclu ?

Le 10 avril, les ministres de l’Énergie du G20 se sont réunis. « Nous devons stabiliser les marchés mondiaux de l’énergie, a déclaré le secrétaire américain à l’Énergie, Dan Brouillette. C’est le moment pour toutes les nations d’examiner sérieusement ce que chacune peut faire pour corriger le déséquilibre offre-demande.»

À ce moment-là, tout était plus ou moins en place pour offrir une opportunité. Sauf qu’un membre de l’Opep+ résistait. Le président mexicain, Lopez Obrador, refusait d’entendre parler de l’accord. Il avait sa propre politique ; il s’était engagé auprès de Pemex, la compagnie pétrolière nationale, à augmenter la production, non à la couper – même si, en vérité, sa production réelle était en déclin.

D’autres appels téléphoniques de nuit ont suivi et un accord a été conclu avec le Mexique. Une conférence téléphonique entre Trump, Poutine et le roi Salmane a scellé cet accord.

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Une vue générale montre l’installation pétrolière Saudi Aramco dans la ville de Dammam, à 450 km à l’est de la capitale saoudienne Riyad. (AFP/File Photo)

L’accord total Opep+ prévoyait une réduction de 9,7 millions de bpj, la Russie et l’Arabie saoudite y contribuant chacune pour 2,5 millions. Maintenant, c’est la parité absolue – une base de référence convenue de 11 millions de bpj chacun, qui descendrait pour chacun à 8,5 millions de barils.

Les 21 autres membres de l’Opep+ ont accepté leurs propres réductions. De même que d’autres grands producteurs non membres de l’Opep qui ne faisaient pas non plus partie de l’Opep+ comme le Brésil, le Canada et la Norvège. Mais ces réductions incluaient des baisses dues à la crise économique, et celles-ci étaient déjà effectives.

L’accord en lui-même était historique, tant en raison du nombre de participants que de sa complexité. C’était la plus importante réduction de l’approvisionnement en pétrole de l’histoire. Rien de comparable ne s’était produit avant dans le monde du pétrole, et encore moins avec les États-Unis dans le rôle central.

Une fois l’accord conclu, le prince Abdelaziz a décrit la guerre du pétrole comme «une orientation fâcheuse» de la politique saoudienne. Mais il a dit : « Nous avons dû le faire parce que nous voulions capter certains revenus plutôt que de rester les bras croisés et ne rien faire. »

La « médiation » de Washington a aidé, car elle a mis fin au désaccord avec la Russie, du moins pour le moment. « Nous n’avons pas encore besoin d’avocats spécialisés en divorce», a déclaré le prince avec un certain soulagement.

Extrait de The New Map: Energy, Climate and the Clash of Nations par Daniel Yergin (Allen Lane). Droits d’auteur : Daniel Yergin 2020.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Le savoir-faire français à l’international : Gulfood 2026, tremplin pour l’export

L’édition 2026 de Gulfood a facilité le dialogue direct entre acteurs français et partenaires du Moyen-Orient, accélérant le développement de franchises et d’exportations. (Photo: Arab News en français)
L’édition 2026 de Gulfood a facilité le dialogue direct entre acteurs français et partenaires du Moyen-Orient, accélérant le développement de franchises et d’exportations. (Photo: Arab News en français)
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  • Gulfood 2026 confirme la puissance du savoir-faire français à l’international, avec 110 entreprises françaises mobilisées à Dubaï
  • De la restauration rapide premium à l’artisanat sucré, en passant par la fusion culinaire franco-émiratie, la France séduit le Moyen-Orient par la qualité, l’innovation et l’adaptabilité

DUBAÏ: Du 26 au 30 janvier 2026, Dubaï a une nouvelle fois confirmé son statut de carrefour mondial de l’alimentation à l’occasion de GULFOOD 2026, salon international du sourcing et de l’innovation Food & Beverage. Réparti entre Dubai Expo City et le Dubai World Trade Center, l’événement a rassemblé des milliers de professionnels venus échanger et développer des opportunités commerciales au sein de l’industrie.

Cette édition a marqué une présence française forte, avec 110 entreprises tricolores mobilisées sous l’impulsion de Business France, organisateur du pavillon national. Une ambition claire : réunir les acteurs français, émiratis et régionaux, faciliter l’accès aux marchés du Moyen-Orient et nourrir un dialogue durable dans une région à la scène gastronomique en pleine effervescence.

La restauration française à la conquête du Moyen-Orient

Parmi les acteurs présents, le groupe Delineo illustre la dynamique d’expansion de la restauration rapide premium française. « Il existe une vraie appétence au Moyen-Orient pour une restauration rapide, mais de qualité, portée par l’art de vivre à la française », explique Nicolas Richard, responsable du développement international du groupe.

Avec ses trois enseignes – La Croissanterie, Maison Pradier et Roberta Caffè – Delineo exploite près de 300 points de vente, dont une soixantaine à l’international. Déjà implanté en Afrique, en Europe de l’Est et en Arabie saoudite, le groupe voit en Gulfood un accélérateur stratégique pour identifier un master franchisé capable de déployer ses concepts dans l’ensemble de la zone Moyen-Orient. Standardisation des produits emblématiques, adaptation des recettes aux goûts locaux et accompagnement à 360° des partenaires sont au cœur du modèle.

L’artisanat sucré français séduit les marchés du Golfe

La Maison de Florentins, artisan depuis 1965, participait pour la première fois à Gulfood. Reprise il y a cinq ans par Emma Ducarouge et son mari Yann, l’entreprise est spécialisée dans le florentin, décliné aujourd’hui en huit parfums, ainsi qu’en une gamme de florentines à base de macaron.

Déjà présente en Arabie saoudite, la marque vise une clientèle large – grande distribution, boutiques spécialisées, hôtellerie – malgré les contraintes logistiques liées au chocolat. « La qualité artisanale française reste un argument fort, même sur des marchés très concurrentiels », souligne la dirigeante.

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La Maison de Florentins, artisan depuis 1965. (Photo: Arab News en français)

Le goût de la Bretagne à l’export

Autre facette du pavillon français : le patrimoine régional. Régals de Bretagne, entreprise familiale spécialisée dans les spécialités bretonnes, faisait le déplacement pour explorer de nouveaux horizons. « Notre objectif est d’aller sur les marchés du grand export, notamment les Émirats et le Moyen-Orient, que nous connaissons encore peu », confie Marie-Aude Honoré, directrice des ventes.

Kouign-amann, gâteaux bretons, biscuits feuilletés ou crêpes : tous les produits sont fabriqués en France, avec une grande capacité d’adaptation. Recettes sans alcool, parfums spécifiques comme la datte ou le miel, flexibilité sur les volumes… autant d’atouts pour séduire des marchés exigeants en quête d’authenticité et de premium.

Le miel français, entre gourmandise et bien-être

Même logique pour Les Abeilles de Malescot, jeune entreprise familiale du Lot-et-Garonne spécialisée dans les préparations à base de miel français. « Gulfood était l’occasion idéale de rencontrer des distributeurs locaux et de tester l’appétence du marché », souligne Clara Charle, cofondatrice.

Miels aromatisés à la fleur d’oranger, à la rose, confiseries artisanales, préparations bien-être : la marque mise sur des produits naturels, transformés sur un seul site, sans intermédiaires. L’objectif à terme : intégrer les rayons des supermarchés de la région et co-construire, avec des partenaires locaux, des recettes adaptées aux goûts du Golfe.

Quand la gastronomie devient un terrain de fusion culturelle

Au-delà des produits, Gulfood 2026 a aussi été un espace d’échange culinaire. Huit expériences gastronomiques ont rythmé le pavillon France, réunissant chefs français et émiratis, dont Christophe Prud’homme, Ahmed Darweesh et Inès Chatti.

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Le chef Christophe Prud’homme lors d’une session culinaire au pavillon France à Gulfood 2026. (Photo: Arab News en français)

Chef émirati influent, Ahmed Darweesh incarne cette nouvelle génération qui revisite la cuisine traditionnelle à travers les médias. « L’idée de mêler cuisine émiratie et techniques françaises m’a tout de suite séduit. C’est nouveau, et le public adore voir ces échanges culturels en direct », explique-t-il.

Cette fusion s’est incarnée dans une collaboration avec la cheffe pâtissière française Inès Chatti, fondatrice de Ines Chatti Pâtisserie, basée à Dubaï. Ensemble, ils ont imaginé des propositions gourmandes mêlant pâte à choux, cardamome, pistache, fleur d’oranger, safran et rose. « Ma pâtisserie est très florale, très gastronomique. J’aime tisser des ponts entre cultures, savoir-faire et univers, comme je le fais déjà avec des maisons de luxe », confie-t-elle.

À travers la diversité de ses entreprises, de ses chefs et de ses territoires, la France a affirmé à Gulfood 2026 une vision claire : innovation, qualité, adaptabilité et dialogue interculturel. Dans une région où la gastronomie est un marché stratégique, l’édition 2026 confirme que l’avenir de l’alimentation se construit collectivement — et résolument à l’international.


Alimentation durable: les principaux distributeurs français «à la traîne» 

Concernant la "transition protéinique", Carrefour, plus qu'avant et que ses concurrents, "met le paquet pour" vendre "plus de légumineuses" ou de "produits céréaliers complets", mais le groupe français "continue à avoir des pratiques (promotions, publicités, etc.) qui incitent à la consommation. (AFP)
Concernant la "transition protéinique", Carrefour, plus qu'avant et que ses concurrents, "met le paquet pour" vendre "plus de légumineuses" ou de "produits céréaliers complets", mais le groupe français "continue à avoir des pratiques (promotions, publicités, etc.) qui incitent à la consommation. (AFP)
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  • Du côté de la France, Carrefour est la seule "à avoir publié une feuille de route pour atteindre ses objectifs à court terme", tandis que "les plans climat de E.Leclerc et d'Intermarché ne sont pas encore concrets", estiment les auteurs de l'étude
  • Les Suisses Denner et Migros se classent respectivement 9e et 10e, devant le britannique Tesco (11e) et le suédois ICA (14e)

PARIS: Les principaux supermarchés français "sont à la traîne" sur le changement climatique et la transition vers une alimentation plus durable et végétale comparé à leurs homologues européens, Néerlandais en tête, selon un classement publié mardi par le centre de réflexion Questionmark.

Deux axes ont été retenus pour évaluer 27 enseignes: les actions engagées pour réduire les émissions de CO2 conformément à l'Accord de Paris sur le climat de 2015, et celles visant à rééquilibrer les ventes de protéines vers davantage d'aliments d'origine végétale plutôt qu'animale.

Aucune des trois françaises étudiées n'intègrent le Top 10: Carrefour se classe 12e et Intermarché 20e, tandis qu'E.Leclerc, premier distributeur de France en parts de marchés, arrive dernier (27e) selon l'étude du centre néerlandais Questionmark, soutenu par le Réseau Action Climat (RAC).

A l'inverse, les Pays-Bas s'illustrent en haut du tableau, avec la branche néerlandaise de Lidl (1e), puis les distributeurs Albert Heijn (3e) et Jumbo (4e), selon l'étude à laquelle ont également participé les associations Madre Brava, ProVeg International et WWF Pays-Bas.

Chez les bons élèves se trouvent aussi les enseignes de Lidl en Pologne (2e), Allemagne (5e) et Espagne (6e), suivies des supermarchés allemands Rewe (7e) et Aldi Süd (8e).

Les Suisses Denner et Migros se classent respectivement 9e et 10e, devant le britannique Tesco (11e) et le suédois ICA (14e).

Du côté de la France, Carrefour est la seule "à avoir publié une feuille de route pour atteindre ses objectifs à court terme", tandis que "les plans climat de E.Leclerc et d'Intermarché ne sont pas encore concrets", estiment les auteurs de l'étude.

"Les émissions totales de gaz à effet de serre de Carrefour France et Intermarché ont augmenté depuis qu'ils les publient", et "les progrès de E.Leclerc sont inconnus", seules les émissions de 2023 ayant été publiées, ajoutent-ils.

Concernant la "transition protéinique", Carrefour, plus qu'avant et que ses concurrents, "met le paquet pour" vendre "plus de légumineuses" ou de "produits céréaliers complets", mais le groupe français "continue à avoir des pratiques (promotions, publicités, etc.) qui incitent à la consommation, voire à la surconsommation de viande", a déclaré à l'AFP Benoît Granier, responsable alimentation du RAC.

Dans ce contexte, le RAC "exhorte le gouvernement" français "à renforcer l'encadrement du secteur de la grande distribution et à publier enfin la Stratégie nationale pour l'alimentation, la nutrition et le climat (SNANC)", attendue depuis plus de deux ans.


Maisonnave: Le secteur culturel de l'Arabie Saoudite est un nouveau moteur économique entre Riyad et Paris

M. Maisonnave a déclaré à Al-Eqtisadiah, lors de la cérémonie d'ouverture de La Fabrique, que la coopération culturelle avec l'Arabie saoudite est un élément important pour l'attractivité de ce pays dans les décennies à venir. AL-EQTISADIAH.
M. Maisonnave a déclaré à Al-Eqtisadiah, lors de la cérémonie d'ouverture de La Fabrique, que la coopération culturelle avec l'Arabie saoudite est un élément important pour l'attractivité de ce pays dans les décennies à venir. AL-EQTISADIAH.
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  • La Fabrique est un espace dédié à la créativité artistique et aux échanges culturels, lancé dans le cadre d'un partenariat entre le Riyadh Art program et l'Institut français de Riyad
  • Du 22 janvier au 14 février, l'initiative fournira un espace de travail ouvert qui permettra aux artistes de développer et de travailler sur leurs idées dans un cadre collaboratif

RIYAD: La culture est devenue un pilier fondamental des relations bilatérales entre la France et l'Arabie saoudite, selon l'ambassadeur de France au Royaume, Patrick Maisonnave.

Maisonnave a souligné son lien avec les secteurs du divertissement et du tourisme, ce qui en fait un nouveau moteur de la coopération économique entre Riyad et Paris.

Il a déclaré à Al-Eqtisadiah, lors de la cérémonie d'ouverture de La Fabrique dans le quartier Jax de Diriyah, que la coopération culturelle avec l'Arabie saoudite est un élément important pour son attractivité dans les décennies à venir.

La Fabrique est un espace dédié à la créativité artistique et aux échanges culturels, lancé dans le cadre d'un partenariat entre le Riyadh Art program et l'Institut français de Riyad.

Du 22 janvier au 14 février, l'initiative fournira un espace de travail ouvert qui permettra aux artistes de développer et de travailler sur leurs idées dans un cadre collaboratif.

Lancement de La Fabrique, un espace dédié à la créativité artistique

L'ambassadeur a souligné que le processus de transformation du Royaume dans le cadre de la Vision 2030 a contribué à l'émergence d'une nouvelle génération de jeunes artistes et créateurs, ainsi qu'à un désir croissant de la société saoudienne de se connecter à la culture et de s'intéresser à ce qui se passe dans le monde.

Il a affirmé que la relation entre les deux pays est "profonde, voire culturelle par excellence", l'intérêt de la partie saoudienne pour la culture française allant de pair avec l'intérêt croissant du public français et des institutions culturelles qui se développent dans le Royaume.

Selon les dernières estimations, l'économie de la culture représente environ 2,3 % du produit intérieur brut de la France, soit plus de 90 milliards d'euros (106,4 milliards de dollars) de recettes annuelles, d'après les données du gouvernement. Le secteur emploie directement plus de 600 000 personnes, ce qui en fait l'un des secteurs les plus créateurs d'emplois dans les domaines de la création, de l'édition, du cinéma et des arts visuels.

L'Arabie saoudite bénéficie de l'expérience française dans le domaine culturel

M. Maisonnave a expliqué que la France possède des institutions culturelles bien établies, tandis que l'Arabie saoudite est en train de construire un secteur culturel solide, ce qui ouvre la voie à des opportunités de coopération.

Cette initiative s'inscrit dans le prolongement de la signature, il y a un an, de dix accords culturels majeurs entre des institutions françaises et saoudiennes, visant à renforcer la coopération et à transférer l'expertise et les connaissances françaises afin de contribuer au développement du système culturel dans le Royaume.

Il a ajouté que des expériences telles que La Fabrique permettent de rencontrer la nouvelle génération de créateurs saoudiens, qui ont exprimé leur intérêt pour la mise en relation avec des institutions et des artistes français à Paris et en France.

La Fabrique offre un espace pour de multiples pratiques artistiques contemporaines, y compris les arts de la performance, les arts numériques et interactifs, la photographie, la musique et le cinéma, tout en permettant au public d'assister aux étapes de la production d'œuvres artistiques et d'interagir avec le processus de création.