Mikati se distancie des propos de son ministre de l'information concernant les Houthis

Le Premier ministre libanais, Najib Mikati, assiste à une conférence de presse conjointe après sa rencontre avec son homologue jordanien au Grand Sérail de Beyrouth, le 30 septembre 2021. (Photo, AFP/Archives)
Le Premier ministre libanais, Najib Mikati, assiste à une conférence de presse conjointe après sa rencontre avec son homologue jordanien au Grand Sérail de Beyrouth, le 30 septembre 2021. (Photo, AFP/Archives)
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Publié le Jeudi 28 octobre 2021

Mikati se distancie des propos de son ministre de l'information concernant les Houthis

  • Le secrétaire général du Conseil de coopération du Golfe déclare dans un communiqué qu'il rejette les propos de Kordahi
  • Najib Mikati déclare que les propos de George Kordahi à la télévision ne reflètent ni la position du gouvernement ni celle du président sur la question yéménite

BEYROUTH: Le Premier ministre libanais, Najib Mikati, s'est distancié mercredi des propos tenus par le ministre de l'Information du pays, George Kordahi, insinuant que les Houthis soutenus par l'Iran «se défendaient» au Yémen.

Kordahi avait répondu à une question posée par la présentatrice de «Barlamanasha3b», une émission télévisée pour jeunes, affiliée à Al-Jazeera, sur sa position sur le conflit dans ce pays déchiré par la guerre.

Lors de l'entretien enregistré le 5 août dernier, un mois avant d'être nommé ministre de l'Information, Kordahi a déclaré: «Les Houthis au Yémen sont un mouvement de résistance, ils se défendent sans attaquer personne.» Il a également ajouté que le groupe agissait en état de légitime défense contre «l'attaque saoudo-émiratie à l’encontre du Yémen».

Mikati a signalé: «La déclaration de Kordahi reflète son opinion personnelle que nous n'acceptons pas. Ces propos n'expriment pas la position du gouvernement ni celle du président, Michel Aoun, sur la question yéménite. Le Liban tient à ses relations avec les pays arabes.

Lorsque les propos de Kordahi ont fait surface plus tard dans une vidéo publiée en ligne, ils ont suscité une frénésie sur les réseaux sociaux et une contestation officielle de l'ambassadeur du Yémen au Liban, Abdallah al-Deais, auprès du ministère libanais des Affaires étrangères.

Kordahi a répondu en disant qu'il n'avait pas l'intention «d'offenser en aucune façon le Royaume d'Arabie saoudite ou les Émirats arabes unis», et a exprimé son «amour et sa loyauté envers les dirigeants et les peuples des deux pays».

Il a ajouté: «Ce que j'ai dit sur le fait que la guerre au Yémen est une guerre absurde qui doit cesser, je l'ai dit avec conviction, non pas pour défendre le Yémen, mais aussi par amour pour l'Arabie saoudite et les Émirats arabes unis.»

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Le ministre libanais de l'Information, George Kordahi, s'exprime au palais présidentiel de Baabda, au Liban, le 13 septembre 2021. (Photo, REUTERS/Archives)

 

Mais Al-Deais a soutenu que Kordahi n’a fait que «mettre de l’huile sur le feu, car il ne s’est pas excusé, mais a plutôt confirmé ce qu'il avait dit».

L'envoyé yéménite a ajouté: «Les propos de Kordahi vont à l'encontre de la position claire du Liban à l’égard du Yémen et sa condamnation du coup d'État des Houthis et de son soutien à toutes les résolutions arabes et onusiennes pertinentes.»

À l’issue d’une rencontre avec Aoun mercredi, Mikati a ajouté: «Il est vrai que nous nous distançons des conflits, mais nous ne nous distancions d'aucune position arabe en solidarité avec le Royaume d'Arabie saoudite et les États du Golfe.

Cette position est une position constante, et nous nous réjouissons de maintenir les meilleures relations.

«Les commentaires de Kordahi n'affecteront pas le cours général, d'autant plus que les constantes de la position libanaise sur les relations avec les pays arabes ont été énoncées dans sa déclaration ministérielle. L’entretien avec Kordahi a eu lieu avant qu'il ne soit nommé ministre et a été diffusé hier», a clarifié Mikati.

Par ailleurs, le ministère libanais des Affaires étrangères a souligné que les commentaires de Kordahi reflétaient sa «position personnelle» et «ne reflètent sûrement pas la position du gouvernement».

Dans un communiqué, il a assuré: «Le ministère a condamné à plusieurs reprises les attaques terroristes contre l'Arabie saoudite et maintient sa position en défendant la sécurité et la sûreté de ses frères du Golfe, pour lesquels il éprouve de l'amour, du respect et de l'appréciation, et s'abstient d'interférer dans leurs politiques internes et externes.»

Le Conseil de coopération du Golfe a noté que les remarques de Kordahi montraient sa connaissance limitée et son manque de compréhension de la situation au Yémen.

Le secrétaire général du CCG, le Dr Nayef ben Falah al-Hajraf a condamné «la défense par le ministre libanais de l'Information du groupe houthi et son coup d'État, tout en ignorant l'intransigeance du mouvement houthi contre tous les efforts internationaux visant à mettre fin à la crise yéménite, et à un moment où le groupe houthi lance des missiles visant le peuple yéménite sans défense et empêche l'aide humanitaire d'atteindre les zones sinistrées.»

L'ambassadeur saoudien au Liban, Walid al-Boukhari, a rencontré mercredi Al-Deais.

Dans un communiqué publié par l'ambassade saoudienne, Al-Boukhari a réaffirmé «la position du Royaume sur le soutien de la légitimité au Yémen, la recherche d’une solution politique, conformément aux termes de référence représentés par l'Initiative du Golfe et son mécanisme exécutif, les résultats de la Conférence de dialogue national global et la résolution 2216 de l’ONU, afin de préserver l'unité et l'intégrité du Yémen, de respecter sa souveraineté et son indépendance, et de rejeter toute ingérence dans ses affaires intérieures.

«Les Houthis soutenus par l'Iran poursuivent leurs hostilités et leurs opérations terroristes en tirant des missiles balistiques et en lançant des drones piégés prenant pour cibles des civils et des biens civils en Arabie saoudite. Tout cela, en violant le droit international et humanitaire et utilisant les populations civiles dans les zones civiles yéménites comme boucliers humains et en envoyant des bateaux piégés qui fonctionnent à distance, ce qui constitue une menace sérieuse pour la sécurité régionale et internationale», a-t-il précisé.

L'envoyé saoudien a ainsi souligné: «Le droit légitime de la coalition dirigée par l'Arabie saoudite de rétablir la légitimité au Yémen, de prendre et de mettre en œuvre les mesures nécessaires pour faire face à ces hostilités et à ces attaques terroristes, et d’empêcher la contrebande d'armes vers ces milices, ce qui constitue une menace pour la liberté de navigation maritime et le commerce mondial dans le détroit de Bab al-Mandab et la mer Rouge.»

Al-Boukhari a enfin salué «l'efficacité» des défenses aériennes saoudiennes qui ont intercepté plus de 400 missiles balistiques, 791 drones et au moins 205 mines navales.

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Liban: plusieurs frappes israéliennes dans le sud malgré l'accord Washington-Téhéran

Israël a frappé le sud du Liban à plusieurs reprises mercredi matin malgré l'accord conclu entre Téhéran et Washighton, a rapporté l'agence nationale d'information libanaise (Ani, officielle). (AFP)
Israël a frappé le sud du Liban à plusieurs reprises mercredi matin malgré l'accord conclu entre Téhéran et Washighton, a rapporté l'agence nationale d'information libanaise (Ani, officielle). (AFP)
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  • Lundi soir, l'armée iranienne a menacé d'une "réponse sévère" si les attaques israéliennes se poursuivaient
  • Les frappes israéliennes ont diminué depuis l'annonce de l'accord mais elles ont tout de même continué, tuant cinq personnes depuis, selon l'Ani

BEYROUTH: Israël a frappé le sud du Liban à plusieurs reprises mercredi matin malgré l'accord conclu entre Téhéran et Washighton, a rapporté l'agence nationale d'information libanaise (Ani, officielle).

Ces frappes ont notamment touché la région de Nabatiyé et de Kfartebnit, selon la même source.

L'Iran a répété plusieurs fois depuis l'annonce d'un accord avec les Etats-Unis lundi qu'il devait inclure une cessation des hostilités au Liban, où Israël dit viser le Hezbollah allié de Téhéran.

Lundi soir, l'armée iranienne a menacé d'une "réponse sévère" si les attaques israéliennes se poursuivaient.

Les frappes israéliennes ont diminué depuis l'annonce de l'accord mais elles ont tout de même continué, tuant cinq personnes depuis, selon l'Ani.

Et si certains habitants du sud ont commencé à rentrer chez eux, l'armée libanaise a conseillé d'attendre à cause des "risques de violations" de l'accord de la part d'Israël.

Mardi, l'armée israélienne avait mené plusieurs frappes, tuant quatre personnes, et affirmé que ses soldats dans le sud du Liban avaient été ciblés par des roquettes.

Le Hezbollah ne s'est pas exprimé publiquement depuis. Son chef, Naïm Qassem, qui a exprimé sa "profondre gratitude" à l'Iran pour avoir poussé pour inclure le Liban dans l'accord, doit s'exprimer à la télévision mercredi.

Le protocole visant à mettre fin à la guerre qui a fait des milliers de morts au Moyen-Orient, principalement en Iran et au Liban, doit être formellement signé en Suisse vendredi.


Mettre fin à la guerre au Liban est la «question la plus importante» de l'accord avec Washington, selon la diplomatie iranienne

Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a insisté mardi sur l'importance de mettre fin à la guerre au Liban entre Israël et le Hezbollah pro-iranien, dans le cadre du protocole d'accord conclu avec Washington. (AFP)
Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a insisté mardi sur l'importance de mettre fin à la guerre au Liban entre Israël et le Hezbollah pro-iranien, dans le cadre du protocole d'accord conclu avec Washington. (AFP)
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  • Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a insisté mardi sur l'importance de mettre fin à la guerre au Liban entre Israël et le Hezbollah pro-iranien
  • "Il s'agit sans doute de la question la plus importante du protocole: l'annonce de l'arrêt immédiat et permanent de la guerre sur tous les fronts, y compris au Liban"

TEHERAN: Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a insisté mardi sur l'importance de mettre fin à la guerre au Liban entre Israël et le Hezbollah pro-iranien, dans le cadre du protocole d'accord conclu avec Washington.

"Il s'agit sans doute de la question la plus importante du protocole: l'annonce de l'arrêt immédiat et permanent de la guerre sur tous les fronts, y compris au Liban", a déclaré le ministre lors d'une réunion avec des diplomates étrangers diffusée à la télévision d'Etat.


Au G7, coup de projecteur sur l'Ukraine, éclipsée par l'Iran

Le président ukrainien est lui attendu dès mardi matin dans la station thermale des Alpes françaises pour participer à une réunion de travail consacrée à la paix et la sécurité pour l'Ukraine et l'Europe. Il espère à cette occasion pouvoir s'entretenir seul à seul avec Donald Trump. (AFP)
Le président ukrainien est lui attendu dès mardi matin dans la station thermale des Alpes françaises pour participer à une réunion de travail consacrée à la paix et la sécurité pour l'Ukraine et l'Europe. Il espère à cette occasion pouvoir s'entretenir seul à seul avec Donald Trump. (AFP)
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  • La guerre en Ukraine dominera les débats du G7 mardi à Evian en présence de Volodymyr Zelensky. Au cœur des tractations: la capacité des alliés de Washington à convaincre Donald Trump, jusqu'ici réticent, à afficher son soutien au président ukrainien
  • Le Moyen-Orient sera lui aussi toujours très haut dans l'agenda des chefs d'Etat et de gouvernement de l'Allemagne, du Canada, des Etats-Unis, de la France, de l'Italie, du Japon et du Royaume-Uni

EVIAN: La guerre en Ukraine dominera les débats du G7 mardi à Evian en présence de Volodymyr Zelensky. Au cœur des tractations: la capacité des alliés de Washington à convaincre Donald Trump, jusqu'ici réticent, à afficher son soutien au président ukrainien face à Vladimir Poutine.

Le Moyen-Orient sera lui aussi toujours très haut dans l'agenda des chefs d'Etat et de gouvernement de l'Allemagne, du Canada, des Etats-Unis, de la France, de l'Italie, du Japon et du Royaume-Uni.

Ils se retrouveront pour un déjeuner de travail consacré aux crises de cette région secouée par la guerre américano-israélienne contre l'Iran. L'Egypte, les Emirats arabes unis et le Qatar - qui a contribué à la médiation ayant abouti à un accord entre Washington et Téhéran - y ont été conviés.

Le président ukrainien est lui attendu dès mardi matin dans la station thermale des Alpes françaises pour participer à une réunion de travail consacrée à la paix et la sécurité pour l'Ukraine et l'Europe. Il espère à cette occasion pouvoir s'entretenir seul à seul avec Donald Trump.

La dernière rencontre entre les deux dirigeants remonte à fin décembre dans la résidence du milliardaire américain à Mar-a-Lago, en Floride.

A défaut d'annoncer une réunion bilatérale, le président des Etats-Unis, accaparé ces derniers mois par le conflit avec l'Iran, a assuré lundi avoir eu "une très bonne conversation avec le président (Volodymyr) Zelensky et le président (russe Vladimir) Poutine" dimanche.

"Et je pense que nous pouvons peut-être faire quelque chose", a-t-il ajouté.

Il a en outre déploré les 25.000 morts par mois dans ce conflit, "majoritairement des soldats". "Cela ne devrait pas se produire", a-t-il réagi.

Après de nouvelles frappes meurtrières menées lundi par la Russie qui ont fait au moins 11 morts et incendié une cathédrale historique à Kiev, Volodymyr Zelensky a demandé "davantage de pression sur l'agresseur et davantage de soutien à la défense aérienne de l'Ukraine".

Le président peut d'ores et déjà compter sur l'appui indéfectible des dirigeants européens et canadien, dont il verra certains en tête-à-tête.

Le Royaume-Uni va fournir de l'uranium enrichi à l'Ukraine pour ses centrales nucléaires et imposer de nouvelles sanctions à la Russie, a ainsi annoncé le Premier ministre britannique Keir Starmer en amont de la session de travail.

"Unité et détermination" 

Condamnant les "frappes barbares" de la Russie en Ukraine, Londres compte "monter d'un cran" en "étouffant les ressources qui alimentent la guerre de Poutine et en fournissant de l'énergie à l'Ukraine pour les hivers à venir", a déclaré Keir Starmer.

Avant même la tenue du sommet, une source gouvernementale italienne soulignait de son côté que l'Ukraine restait "un sujet sur lequel il y a la plus grande attention italienne".

Lundi, le président du conseil européen António Costa, également présent à Evian, a estimé que "l'unité et la détermination du G7 sont essentielles pour contribuer à mettre fin à cette guerre et parvenir à une paix juste et durable".

A cet égard, la participation du président Zelensky aux discussions au G7 est "particulièrement importante", a-t-il fait valoir.

De son côté, la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a salué l'Ukraine qui "tient la ligne de front et regagne même partiellement du terrain".

Elle a en outre loué la capacité de Kiev de frapper des cibles stratégiques "au cœur même de la Russie".

Depuis le début du conflit en février 2022, l'Ukraine a opéré un virage stratégique en devenant un acteur majeur de l'industrie de défense, notamment via sa production de drones, mais continue d'avoir cruellement besoin du soutien occidental.

Selon les Européens, la Russie, sous pression des sanctions internationales, commence, elle, à montrer des signes de faiblesse.

"Nos sanctions frappent profondément", a estimé Ursula Von der Leyen.

Pour autant, Vladimir Poutine reste inflexible.

Lundi, le président ukrainien a fait savoir qu'il avait invité son homologue russe à venir au G7.

"La Russie a montré une fois de plus qu'elle n'est pas prête à parler", a-t-il dit, estimant qu'il fallait intensifier la pression sur le président jusqu'à ce qu'il mette fin à la guerre.