Taïwan provoque l’ire de Pékin en confirmant la présence de soldats US

En 2016, Tsai Ing-wen, issue d'un parti favorable à l'indépendance, devient présidente de Taiwan. (Photo, AFP)
En 2016, Tsai Ing-wen, issue d'un parti favorable à l'indépendance, devient présidente de Taiwan. (Photo, AFP)
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Publié le Vendredi 29 octobre 2021

Taïwan provoque l’ire de Pékin en confirmant la présence de soldats US

  • C'est la première fois qu'un dirigeant de l’île reconnaît publiquement une telle présence depuis le départ de la dernière garnison US en 1979
  • La présidente est «confiante» que les Etats-Unis contribueront à défendre Taïwan, une semaine après une même déclaration sans «ambiguïté stratégique» de Biden
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Un drapeau géant de la "République de Chine", nom officiel pour les Taïwanais, devant le palais présidentiel à Taipei. (Photo, AFP)

 

 

PEKIN : La présidente de Taïwan a confirmé la présence sur son territoire d'un petit nombre de soldats américains venus entraîner son armée, suscitant aussitôt une vive réaction de Pékin.

"Nous nous opposons fermement à toute forme d'échanges officiels et de contacts militaires entre les Etats-Unis et Taïwan", a déclaré jeudi devant la presse un porte-parole de la diplomatie chinoise, Wang Wenbin.

Dans un éditorial, le quotidien nationaliste chinois Global Times a pour sa part affirmé qu'"avec la présence de soldats américains à Taïwan, une ligne rouge a été franchie".

La veille, dans une interview à CNN, la présidente Tsai Ing-wen avait estimé que la menace chinoise sur le territoire est de plus en plus grande "chaque jour".

Interrogée sur la présence de soldats américains à Taïwan, elle a répondu qu'ils ne sont "pas aussi nombreux que ce que les gens pensent".

C'est la première fois qu'un dirigeant taïwanais reconnaît publiquement une telle présence depuis le départ de la dernière garnison américaine en 1979, année où Washington a reconnu la Chine communiste au détriment de Taïwan.

Début octobre, un responsable américain ayant requis l'anonymat avait confirmé la présence de soldats américains comme formateurs, après des informations du Wall Street Journal. "Il y a deux groupes, des soldats des forces spéciales et des forces conventionnelles", avait-il dit à l'AFP, précisant que les premiers, présents "depuis moins d'un an", sont "moins de 20" et la force conventionnelle, déployée par rotations, n'est "pas importante".

Selon la présidente taïwanaise, "nous avons un large éventail de coopération avec les États-Unis visant à accroître notre capacité de défense".

La présidente s'est déclarée "confiante" sur le fait que les Etats-Unis contribueront à défendre Taïwan contre la Chine si nécessaire.

S'adressant aux députés jeudi, le ministre taïwanais de la Défense, Chiu Kuo-cheng, a déclaré que les troupes américaines et taïwanaises étaient depuis longtemps en contact.

"Nous avons des échanges de personnel et (les soldats américains) sont ici dans le cadre de la coopération militaire, ce qui est différent, selon ma définition, du fait d'avoir des +troupes stationnées+ ici", a déclaré M. Chiu.

Les passes d'armes se sont multipliées ces derniers jours entre les Etats-Unis et la Chine sur le sort de cette île de 23 millions d'habitants, qui dispose de son propre gouvernement, monnaie, armée, mais que Pékin considère comme une de ses provinces en attente de réunification avec le reste du pays.

Dans un message par liaison vidéo adressé au sommet des pays de la région Asie-Pacifique auquel participe également le Premier ministre chinois, Li Keqiang, le président américain Joe Biden a souligné mercredi que les Etats-Unis sont "profondément préoccupés par les actions coercitives et agressives de la Chine (...) dans le détroit de Taïwan".

Les tensions s'y sont accrues avec la multiplication des incursions aériennes chinoises à proximité de Taïwan.

De telles actions "menacent la paix et la stabilité régionales", a ajouté le président américain, selon un enregistrement de ses propos obtenus par l'AFP.

Le chef de la diplomatie américaine Antony Blinken a aussi suscité l'ire de Pékin en plaidant mardi en faveur d'une "participation significative" de Taipei dans les instances onusiennes et sur la scène internationale.

"L'exclusion de Taïwan sape le travail important de l'ONU et de ses agences", avait-il insisté, estimant que sa contribution était nécessaire pour faire face "à un nombre sans précédent de défis mondiaux".

"Taïwan n'a aucun droit de participation à l'ONU", avait immédiatement rétorqué Pékin, par la voix du porte-parole du Bureau des affaires taïwanaises, Ma Xiaoguang.

Le très délicat dossier taïwanais risque d'envenimer encore les relations entre les Etats-Unis et la Chine, au plus bas depuis des années. La semaine dernière, Biden a semblé vouloir adresser un nouveau message de fermeté à Pékin.

Interrogé sur la possibilité d'une intervention militaire américaine pour défendre Taïwan en cas d'attaque de la Chine, le président avait répondu par l'affirmative: "Oui, nous avons un engagement en ce sens", avait-il déclaré.

Sa déclaration paraissait contredire la politique de longue date des Etats-Unis dite "d'ambiguïté stratégique". En vertu de celle-ci, Washington aide Taïwan à construire et renforcer sa défense mais sans promettre explicitement de venir à son aide en cas d'attaque.

Les propos de Joe Biden avaient été mal accueillis à Pékin et le gouvernement américain avait par la suite pris soin d'assurer que sa politique à l'égard de Taïwan n'avait pas changé. Les Etats-Unis reconnaissent depuis 1979 la Chine communiste, au détriment de Taïwan, mais le Congrès américain impose parallèlement de fournir des armes à l'île pour sa défense.


«Beatles» de l'EI: les enquêteurs britanniques racontent «un puzzle de toutes petites pièces»

Monter le dossier contre la cellule des «Beatles» du groupe djihadiste Etat islamique (EI) s'est apparenté à construire durant dix ans «un puzzle de toutes petites pièces», a expliqué mercredi la police britannique. (AFP)
Monter le dossier contre la cellule des «Beatles» du groupe djihadiste Etat islamique (EI) s'est apparenté à construire durant dix ans «un puzzle de toutes petites pièces», a expliqué mercredi la police britannique. (AFP)
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  • Le surnom de «Beatles» avait été donné par des otages occidentaux à un groupe de djihadistes à l'accent britannique, actifs en Syrie entre 2012 et 2015
  • Ce groupe avait gagné une sinistre notoriété en mettant en scène l'exécution de captifs dans d'insoutenables vidéos de propagande

LONDRES: Monter le dossier contre la cellule des "Beatles" du groupe djihadiste Etat islamique (EI) s'est apparenté à construire durant dix ans "un puzzle de toutes petites pièces", a expliqué mercredi la police britannique, à l'approche de la sentence contre l'un d'eux aux Etats-Unis.

Le surnom de "Beatles" avait été donné par des otages occidentaux à un groupe de djihadistes à l'accent britannique, actifs en Syrie entre 2012 et 2015.

Ce groupe avait gagné une sinistre notoriété en mettant en scène l'exécution de captifs dans d'insoutenables vidéos de propagande. Deux des quatre hommes ont comparu devant la justice américaine pour le meurtre d'otages Américains: Alexanda Kotey, 38 ans, et El Shafee el-Sheikh, 34 ans.

Le procès de ce dernier s'est déroulé au printemps. Reconnu coupable, il risque la prison à vie lors de sa condamnation attendue vendredi, une peine déjà prononcée contre Alexanda Kotey fin avril.

Un autre membre présumé du groupe, Mohamed Emwazi, est mort dans une frappe de drone en Syrie en 2015, tandis que le quatrième, Aine Leslie Davis, 38 ans, a été inculpé à Londres le 11 août, dans la foulée de son expulsion de Turquie.

L'"enquête remarquable" menée pendant des années par la police britannique sur le groupe, été utilisée par l'accusation dans les procès aux Etats-Unis, s'est apparentée à "reconstituer un puzzle de toutes petites pièces", a expliqué mercredi à des journalistes le chef de la division antiterroriste de la police de Londres, Richard Smith.

"Nous avons suivi un chemin de petites miettes de pain, des fragments en fait, à partir d'une quantité énorme d'autres enquêtes", a-t-il raconté.

Scotland Yard a commencé à enquêter en novembre 2012 sur la cellule des "Beatles", au début d'une vague d'enlèvements de journalistes et de travailleurs humanitaires occidentaux dans le nord de la Syrie.

Après la libération de certains otages, et sur la base de vidéos d'exécutions, les policiers ont identifié un bourreau comme Mohamed Emwazi, originaire du Koweït mais ayant grandi au Royaume-Uni.

«Bout de conversation»

Mais c'est un "bout de conversation" entre kidnappeurs et otages qui a permis de retrouver les noms des autres membres du groupe.

Kotey et el-Sheikh ont en effet raconté à des captifs qu'ils avaient été arrêtés lors d'un défilé à Londres d'un groupe d'extrême-droite, en tant que participants à une contre-manifestation d'islamistes.

La police a retrouvé dans les archives d'arrestations les noms des deux hommes, impliquées dans une affaire de blessure par arme blanche en 2011.

Sur la base de bandes de vidéosurveillance et de données téléphoniques, les policiers ont alors établi un lien entre les deux hommes et Mohamed Emwazi.

La conversation sur la manifestation "n'était pas très significative pour l'otage, mais elle s'est avérée très importante pour nous", a résumé M. Smith. "Cela nous a permis de nous concentrer sur eux" et de prouver "que c'était bien les hommes que les otages nous avaient décrits".

Les enquêteurs ont aussi utilisé le dossier judiciaire d'un frère d'el-Sheikh impliqué dans une affaire d'armes à feu, récupérant ainsi des preuves dans des téléphones saisis.

Y figuraient des photos d'el-Sheikh en Syrie, armé et en tenue de combat, et des photos de têtes humaines coupées, qualifiées de "victimes syriennes".

La cellule des "Beatles" est accusée d'avoir enlevé au moins 27 journalistes et travailleurs humanitaires venus des Etats-Unis, du Royaume-Uni, de France, d'Espagne, d'Italie, d'Allemagne, du Danemark, de Suède, de Belgique, de Nouvelle-Zélande, de Russie et du Japon.

Kotey et el-Sheikh, capturés par une milice kurde en Syrie et remis aux Etats-Unis, ont été déchus de leur nationalité par les autorités britanniques, qui ont accepté qu'ils soient jugés sur le sol américain.

Sept membres de la police londonienne ont témoigné lors de l'instruction du dossier d'el-Sheikh aux Etats-Unis, "l'une des affaires de terrorisme international les plus importantes qui ait jamais débouché sur un procès" selon M. Smith.

"Ces hommes pensaient qu'ils étaient hors de portée de la justice, et ils avaient tort", a-t-il déclaré.


L'OMS appelle à la vigilance après la contamination d'un chien par la variole du singe

Un médecin examine un patient souffrant de plaies causées par une infection à la variole du singe dans la zone d'isolement des patients atteints de la variole du singe à l'hôpital Arzobispo Loayza, à Lima, mardi. (AFP)
Un médecin examine un patient souffrant de plaies causées par une infection à la variole du singe dans la zone d'isolement des patients atteints de la variole du singe à l'hôpital Arzobispo Loayza, à Lima, mardi. (AFP)
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  • Un premier cas de transmission de la variole du singe de l'être humain au chien a été rapporté la semaine dernière dans le journal médical The Lancet
  • Lorsqu'un virus franchit une barrière entre espèces, cela suscite souvent de l'inquiétude concernant une mutation possiblement plus dangereuse

GENÈVE: L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a appelé mercredi les personnes infectées par la variole du singe à éviter d'exposer les animaux au virus, après un premier cas rapporté de transmission de l'être humain au chien.

Un premier cas de transmission de la variole du singe de l'être humain au chien a été rapporté la semaine dernière dans le journal médical The Lancet - deux hommes contaminés qui ont transmis le virus à leur lévrier à Paris.

"C'est le premier cas rapporté de transmission de l'être humain à l'animal (...) et nous pensons que c'est la première fois qu'un chien est infecté", a commenté auprès de journalistes Rosamund Lewis, responsable technique à l'OMS pour la variole du singe.

Les experts, a-t-elle dit, étaient conscients du risque théorique de ce type de transmission et savent que les agences de santé publique ont déjà prévenu les personnes infectées de "se tenir éloignées de leurs animaux domestiques".

Elle a néanmoins souligné que la "gestion des déchets est essentielle" pour réduire le risque de contamination de rongeurs et autre animaux en dehors du foyer domestique.

Lorsqu'un virus franchit une barrière entre espèces, cela suscite souvent de l'inquiétude concernant une mutation possiblement plus dangereuse. Mais selon Mme Lewis, aucune information à ce stade ne permet de dire que c'est le cas concernant la variole du singe.

"Il est néanmoins certain que dès que le virus se déplace dans un autre environnement touchant une autre population, il y a évidemment une possibilité qu'il se développe différemment et mute différemment", a-t-elle dit.

La principale préoccupation concerne les animaux vivant en dehors du foyer domestique.

"La situation la plus dangereuse survient lorsqu'un virus se déplace dans une petite population mammifère avec une forte densité d'animaux", a indiqué aux journalistes le directeur des situations d'urgence à l'OMS, Michael Ryan.

"C'est à travers le processus d'un animal infectant le suivant et le suivant et le suivant que l'on voit une rapide évolution du virus", a-t-il souligné.

Selon lui, il y a peu d'inquiétude à avoir concernant les animaux domestiques. "Je ne pense pas que le virus évolue plus vite avec un seul chien qu'avec une seule personne", a-t-il estimé, ajoutant que si "nous devons rester vigilants, les animaux de compagnie ne sont pas un risque".

Selon le dernier bilan de l'OMS, 31.665 cas de variole du singe, dont 12 décès, ont été recensés dans le monde.

L'OMS a déclenché le 24 juillet le plus haut niveau d'alerte, l'"urgence de santé publique de portée internationale", pour renforcer la lutte contre la maladie.


Mali : des «forces russes» repérées à Gao après le départ des Français

Sur cette photo d'archive prise le 04 décembre 2021 des soldats français patrouillent dans les rues de Gao à bord d'un véhicule blindé multirôle VBMR Griffon. (AFP)
Sur cette photo d'archive prise le 04 décembre 2021 des soldats français patrouillent dans les rues de Gao à bord d'un véhicule blindé multirôle VBMR Griffon. (AFP)
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  • Une présence russe dans cette zone «modifierait l'environnement de la mission», a prévenu, sans plus de précisions, le porte-parole du ministère allemand des Affaires étrangères
  • Gao abrite un contingent de soldats allemands, non loin de l'ancienne base occupée par les Français.

BERLIN: Le gouvernement allemand a fait état mercredi de la "présence présumée de forces russes en uniforme" dans la ville malienne de Gao juste après le départ lundi des derniers soldats français de l'opération antijihadiste Barkhane.

Dès ce moment-là, une telle présence russe a été détectée dans cette ville du nord du Mali, a déclaré un porte-parole du ministère allemand des Affaires étrangères au cours d'une conférence de presse régulière.

Gao abrite notamment un contingent de soldats allemands, non loin de l'ancienne base occupée par les Français.

Une présence russe dans cette zone "modifierait l'environnement de la mission", a prévenu, sans plus de précisions, ce porte-parole.

L'ambassadeur d'Allemagne au Mali a ainsi directement pris contact avec le ministre malien des Affaires étrangères à ce sujet, a déclaré le porte-parole. Le gouvernement allemand est également en contact avec les Nations unies, a-t-il ajouté.

Berlin a notamment "connaissance" de la présence d'un avion, qui pourrait avoir été remis au Mali par la Russie et qui était en service lundi à l'aéroport de Gao.

"Nous avons des informations selon lesquelles environ 20 à 30 personnes, qui ne peuvent pas être attribuées aux forces armées maliennes, ont été vues dans un hangar en train de charger et de décharger cet avion", a précisé une porte-parole du ministère allemand de la Défense pendant ce point-presse, précisant que ces éléments faisaient l'objet d'un "examen approfondi".

C'est un "avion d'entraînement et de combat terrestre de type L-39", livré par la Russie aux Maliens, souligne l'armée allemande dans une lettre adressée aux commissions des Affaires étrangères et de la Défense du Bundestag, la chambre basse du parlement, et dévoilée mardi par l'hebdomadaire Der Spiegel.

Les rapports entre la junte à Bamako et la France, l'ancienne puissance coloniale, se sont brutalement envenimés ces derniers mois, en particulier depuis l'arrivée au Mali de paramilitaires du groupe de sécurité privé russe Wagner, poussant les deux pays à la rupture après neuf ans de présence française ininterrompue pour lutter contre les jihadistes.

Les relations entre le Mali et l'ONU, dont les casques bleus sont présents sur le territoire malien depuis 2013, se sont également dégradées ces derniers mois.