Sony rehausse ses objectifs, misant sur le cinéma et la musique

Vue générale de l'after party de la première de "Spider-Man: Far From Home" de Sony Pictures le 26 juin 2019 à Hollywood, Californie. Kevin Winter/Getty Images/AFP
Vue générale de l'after party de la première de "Spider-Man: Far From Home" de Sony Pictures le 26 juin 2019 à Hollywood, Californie. Kevin Winter/Getty Images/AFP
Short Url
Publié le Vendredi 29 octobre 2021

Sony rehausse ses objectifs, misant sur le cinéma et la musique

  • Sony possède de sérieux atouts pour attirer les spectateurs, avec des superproductions comme "Venom: Let There Be Carnage", qui a réalisé un fort démarrage aux États-Unis
  • Profitant de sa polyvalence, Sony s'est aussi lancé dans l'adaptation au cinéma de franchises de jeu vidéo avec le film "Uncharted" prévu pour février 2022

TOKYO : Le géant japonais Sony a de nouveau relevé jeudi ses prévisions pour son exercice 2021/22 commencé début avril, s'attendant à des résultats meilleurs qu'escompté dans le cinéma, la musique et les capteurs d'image, mais restant plus prudent sur le jeu vidéo.

Le groupe compte notamment sur la réouverture des salles obscures dans le monde entier après la période de disette infligée au septième art par le Covid-19.

Sony possède de sérieux atouts pour attirer les spectateurs, avec des superproductions comme "Venom: Let There Be Carnage", qui a réalisé un fort démarrage aux États-Unis à sa sortie plus tôt ce mois-ci.

D'autres potentiels blockbusters sont attendus à la fin de l'année, comme "SOS Fantômes", une suite des films culte des années 1980, et "Spider-Man: No Way Home".

"Tant qu'ils ne saturent pas le marché avec, la licence Spider-Man offre un potentiel de croissance soutenue" pour Sony, a déclaré Mio Kato, analyste chez LightStream Research à Tokyo, interrogé jeudi en amont des résultats.

Profitant de sa polyvalence, Sony s'est aussi lancé dans l'adaptation au cinéma de franchises de jeu vidéo avec le film "Uncharted" prévu pour février 2022, transposition à l'écran de la série de jeux vidéo vendue à plus de 40 millions d'exemplaires à ce jour.

C'est une voie potentiellement très lucrative, pense M. Kato, rappelant que Sony "a beaucoup d'autres franchises de jeux vidéo à succès dans lesquelles il peut puiser".

- «Normalisation» du jeu vidéo -

L'entreprise mise aussi sur les revenus de la plateforme américaine de streaming d'anime japonais Crunchyroll, qu'elle a rachetée cette année. Ses ventes de capteurs d'images pour les smartphones et l'industrie, notamment automobile, devraient également renforcer ses résultats annuels.

Sony s'attend par ailleurs à une amélioration de ses revenus issus du streaming musical ainsi que de ses jeux sur mobile (inclus dans sa division musique).

En revanche il s'est montré plus prudent pour sa division jeu vidéo, ne relevant pas ses prévisions dans ce segment, alors que la demande pourrait être affectée par la fin des restrictions drastiques face au Covid-19 dans le monde.

"La demande liée aux modes de vie casaniers était très forte l'an dernier, ce qui a soutenu nos résultats, mais j'ai l'impression que cet effet diminue", a déclaré jeudi le directeur financier de Sony, Hiroki Totoki, lors d'une conférence de presse.

Pour autant, il ne faut pas s'attendre à une "dégringolade" de la demande en jeu vidéo, selon M. Kato. "D'autres secteurs ont subi un impact temporaire (positif, NDLR) avec les confinements, mais le jeu est un passe-temps en voie de +normalisation+", a ajouté cet analyste.

Si la pénurie mondiale de semi-conducteurs continue de peser sur la production de la console PlayStation 5, limitant aussi indirectement les ventes de jeux associés, les problèmes de chaînes d'approvisionnement devraient être résolus progressivement, toujours selon Mio Kato.

- Partenariat dans les semi-conducteurs -

Sony a confirmé jeudi être en négociations pour s'associer avec le géant taïwanais des micropuces TSMC, qui a annoncé mi-octobre son projet de construire une usine au Japon, avec l'aide du gouvernement nippon.

"Un approvisionnement stable en semi-conducteurs est positif pour tout le Japon", a déclaré M. Totoki, promettant une "annonce rapidement" à ce sujet.

Pour l'exercice 2021/22, Sony table désormais sur un bénéfice net annuel de 730 milliards de yens (5,5 milliards d'euros), contre 700 milliards de yens lors de sa dernière prévision en août.

Cela reviendrait à une baisse de 29% sur un an, mais son bénéfice net en 2020/21 avait été artificiellement gonflé par des effets fiscaux positifs.

Il prévoit aussi un bénéfice opérationnel de 1.040 milliards de yens (7,9 milliards d'euros), contre 980 milliards de yens précédemment. Cela signifierait une hausse de 8,9% sur un an.

Le groupe a rehaussé par ailleurs son objectif de ventes à hauteur de 9.900 milliards de yens (75,1 milliards d'euros, +10% sur un an), contre un objectif précédent de 9.700 milliards de yens.

Sur son deuxième trimestre (juillet-septembre), Sony a réalisé un bénéfice net de 213,1 milliards de yens (1,6 milliard d'euros), divisé par deux sur un an.

Mais son bénéfice opérationnel sur la période a augmenté de 1% à 318,5 milliards de yens et ses ventes de 13% à 2.369,4 milliards de yens (18 milliards d'euros), notamment grâce à des hausses "significatives" dans ses divisions jeu vidéo, cinéma et musique.


« Libye, patrimoine révélé » : l’IMA  célèbre 50 ans de coopération  archéologique  

Fouilles terrestres et sous-marines, recherches sur les premiers  peuplements néolithiques, étude des villes antiques et des sites  islamiques : l’exposition restitue la diversité chronologique et  géographique du patrimoine libyen. (AFP)
Fouilles terrestres et sous-marines, recherches sur les premiers  peuplements néolithiques, étude des villes antiques et des sites  islamiques : l’exposition restitue la diversité chronologique et  géographique du patrimoine libyen. (AFP)
Short Url
  • Depuis la fin des années 1960, la MAFL explore l’ensemble  du territoire libyen
  • Ses travaux ont profondément renouvelé les connaissances sur l’histoire du pays, révélant des occupations humaines continues, des échanges méditerranéens anciens et des paysages façonnés par les sociétés du passé

PARIS: Le musée de l’Institut du monde arabe présente  Libye, patrimoine révélé, une exposition consacrée au  travail scientifique mené depuis près de cinquante ans  par la Mission archéologique française en Libye (MAFL),  en étroite collaboration avec les autorités libyennes. 

À travers une sélection de photographies, films et documents  scientifiques, l’exposition donne à voir la richesse exceptionnelle  du patrimoine libyen, de la préhistoire à l’époque médiévale, tout  en mettant en lumière les enjeux contemporains de recherche, de  préservation et de restauration dans un contexte particulièrement  fragile. 

Un demi-siècle de recherches archéologiques en  Libye 

Depuis la fin des années 1960, la MAFL explore l’ensemble  du territoire libyen. Ses travaux ont profondément renouvelé les connaissances sur l’histoire du pays, révélant des occupations humaines continues, des échanges méditerranéens anciens et des paysages façonnés par les sociétés du passé. 

L’exposition documente ce travail scientifique de terrain et rend  visibles des missions souvent menées dans des contextes  géographiques et politiques complexes.
Du Sahara à la Méditerranée : des sites majeurs Le parcours présente plusieurs zones emblématiques étudiées par les équipes franco-libyennes : le Sahara du Măsak et  ses milliers de vestiges préhistoriques, les fortifications romaines  de Bu Njem, les grandes cités antiques comme Leptis Magna,  ou encore Apollonia, dont une partie est aujourd’hui engloutie. 

Fouilles terrestres et sous-marines, recherches sur les premiers  peuplements néolithiques, étude des villes antiques et des sites  islamiques : l’exposition restitue la diversité chronologique et  géographique du patrimoine libyen. 

Préserver un patrimoine menacé 

Depuis 2011, le patrimoine archéologique libyen fait face à une  intensification du pillage et du trafic illicite. L’exposition revient  sur les actions menées par la MAFL aux côtés des autorités et des  forces de l’ordre internationales pour identifier les œuvres dispersées,  documenter les sites menacés et favoriser leur restitution. 

Libye, patrimoine révélé met en lumière l’archéologie comme outil de  connaissance, de coopération internationale et de sauvegarde d’un  patrimoine universel encore largement méconnu.

 


Louvre: le nouveau président du musée confirme le projet de grands travaux

Des visiteurs font la queue pour entrer au musée du Musée du Louvre à Paris, le 9 août 2023. (AFP)
Des visiteurs font la queue pour entrer au musée du Musée du Louvre à Paris, le 9 août 2023. (AFP)
Short Url
  • Le nouveau président du Musée du Louvre, Christophe Leribault, confirme le vaste plan de rénovation « Louvre Nouvelle Renaissance », estimé à plus d’un milliard d’euros et jugé indispensable
  • Après le cambriolage d’octobre, le projet inclut un renforcement de la sécurité, la réorganisation des espaces et la création d’une nouvelle présentation pour la Joconde

PARIS: Le nouveau président du Louvre, Christophe Leribault, arrivé dans le sillage du spectaculaire vol survenu en octobre dans ce musée, a confirmé mardi le vaste plan de rénovation de l'établissement annoncé en 2025 par Emmanuel Macron, jugeant par ailleurs son coût "incompressible".

Evalué à plus d'un milliard d'euros, le plan "Louvre Nouvelle Renaissance", qui prévoit notamment la rénovation du bâtiment existant et l'aménagement d'un nouvel espace pour la Joconde, a été mis entre parenthèses depuis le cambriolage du 19 octobre.

"C'est un projet capital et nécessaire pour le Louvre. On ne peut pas continuer d'accueillir 9 millions de visiteurs par la Pyramide. Et il faut impérativement revoir les infrastructures, refaire les couvertures et les installations techniques dans le périmètre de la Cour carrée", a déclaré Christophe Leribault au journal Le Monde.

"Le coût est incompressible", a ajouté celui qui a succédé le 25 février à Laurence Des Cars, mise en difficulté par une série de rapports ayant pointé l'obsolescence des dispositifs de sûreté dans le plus grand musée du monde.

Il a toutefois concédé "envisager de réduire certains aménagements (...), mais cela restera marginal en matière d'économie".

Il a aussi indiqué chercher "330 millions d'euros" supplémentaires auprès des mécènes pour financer les travaux de rénovation.

Alors que le cambriolage a mis au jour des failles au sein de la sûreté du bâtiment, M. Leribault a souligné que "les grilles d'accès au domaine ont été restaurées" et qu'"un poste mobile de police est désormais actif près de la Pyramide".

Il a par ailleurs annoncé que la galerie Apollon, où s'est déroulé le vol des joyaux de la couronne de France, "rouvrira dans le courant du mois de juillet, sans vitrine au centre, telle qu'elle avait été conçue au XVIIe siècle, c'est-à-dire comme une galerie d'apparat".

"Les objets précieux qui s'y trouvaient seront exposés dans l'aile Richelieu" et les joyaux non dérobés, dont la couronne de l'impératrice Eugénie, retrouvée endommagée, "vont rester en lieu sûr, en attendant de disposer d'un espace sécurisé ailleurs dans le musée", a-t-il poursuivi.

La part des recettes de billetterie affectée à la politique d'acquisition d'oeuvres doit pour sa part passer de 20% à 12%, a-t-il indiqué, suivant une préconisation de la Cour des comptes.


Art Jameel présente une double exposition aux Émirats arabes unis et en Arabie saoudite

“Study of History III” (2017) de Subas Tamang (avec l'autorisation de l’artiste)
“Study of History III” (2017) de Subas Tamang (avec l'autorisation de l’artiste)
Short Url
  • Une exposition majeure reliant Djeddah et Dubaï, explorant l’impact des systèmes de navigation sur la vie contemporaine
  • Plus de 40 artistes internationaux interrogent cartographie, mobilité et infrastructures à travers des œuvres variées

DUBAÏ : Art Jameel s’apprête à présenter une exposition transrégionale s’étendant sur l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis. Intitulée « Global Positioning System », cette exposition collective en deux volets ouvrira en mai à Hayy Jameel à Djeddah, parallèlement à une présentation au Jameel Arts Centre à Dubaï.

L’exposition, qui se tiendra à Djeddah du 20 mai au 17 octobre et à Dubaï du 9 mai au 4 octobre, réunit plus de 40 artistes issus de plus de 20 pays, explorant la manière dont les systèmes de navigation façonnent la vie contemporaine.

À travers une large diversité d’œuvres, l’exposition examine la cartographie, la mobilité et les infrastructures qui régissent les déplacements, tout en questionnant leurs limites et leurs défaillances.

Commissariée par Indranjan Banerjee et Lucas Morin, « Global Positioning System » rassemble des installations de grande envergure, des œuvres conceptuelles et des projets axés sur la recherche.

Nora Razian, directrice adjointe d’Art Jameel et responsable des expositions et des programmes, a déclaré :
« Pour la première fois, nous présentons une exposition qui se déploie sur nos deux sites à Dubaï et Djeddah.

« “Global Positioning System” interroge les outils et les systèmes que nous utilisons pour nous orienter, mettant en lumière les tensions entre représentation cartographique et réalités vécues.

« Cette exposition s’inscrit dans l’engagement d’Art Jameel à favoriser un dialogue transrégional, où mobilité et échanges sont essentiels pour soutenir l’interconnexion dans notre monde partagé. »

Le volet de Djeddah réunit une sélection variée d’artistes internationaux et régionaux, dont Bani Abidi, Mahmoud Alhaj, Mona Hatoum et Nalini Malani. Abidi, Ana Amorim et Cinthia Marcelle présenteront des œuvres dans les deux éditions, à Dubaï et à Djeddah.

À Dubaï, la présentation au Jameel Arts Centre comprend de nouvelles commandes d’artistes tels que Vishwa Shroff, Seher Naveed et Fatma Al-Ali, ainsi que des prêts internationaux, dont l’installation vidéo monumentale « Parallel I-IV (2012-2014) » du cinéaste Harun Farocki. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com