Le Pentagone dit que sa frappe ayant tué 10 civils afghans était conforme au droit de la guerre

Une frappe de drones américains à Kaboul en août qui a tué 10 civils afghans était une erreur tragique mais n'a violé aucune loi, a déclaré mercredi un inspecteur général du Pentagone après une enquête. (Photo, AFP)
Une frappe de drones américains à Kaboul en août qui a tué 10 civils afghans était une erreur tragique mais n'a violé aucune loi, a déclaré mercredi un inspecteur général du Pentagone après une enquête. (Photo, AFP)
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Publié le Jeudi 04 novembre 2021

Le Pentagone dit que sa frappe ayant tué 10 civils afghans était conforme au droit de la guerre

Une frappe de drones américains à Kaboul en août qui a tué 10 civils afghans était une erreur tragique mais n'a violé aucune loi, a déclaré mercredi un inspecteur général du Pentagone après une enquête. (Photo, AFP)
  • Les militaires croyaient que le bâtiment à côté duquel la frappe a été menée était vide
  • La frappe a été menée en plein pendant le retrait chaotique des Etats-Unis d'Afghanistan

WASHINGTON : La frappe américaine par drone qui a tué dix civils afghans, dont sept enfants, à Kaboul le 29 août était une erreur tragique mais elle n'a pas violé les lois de la guerre, a affirmé mercredi le Pentagone après une investigation interne.

"L'enquête n'a identifié aucune violation de la loi, y compris le droit de la guerre", a dit dans un rapport le lieutenant-général Sami Said, un responsable du ministère de la Défense.

"Des erreurs d'exécution combinées à un biais de confirmation et à des ruptures dans la communication ont entraîné des pertes civiles regrettables", a-t-il ajouté.

Devant la presse au Pentagone, le lieutenant-général Said a insisté sur le fait qu'il s'agissait d'une "erreur", pas d'un comportement "criminel, aléatoire ou de négligence".

Les personnes impliquées ont "cru à l'époque qu'elles ciblaient une menace imminente", trois jours après un attentat de la branche locale de l'Etat islamique, l'EI-K, qui avait tué 13 militaires américains et une centaine d'Afghans près de l'aéroport de Kaboul, dit-il dans son rapport.

La frappe a été menée en plein pendant le retrait chaotique des Etats-Unis d'Afghanistan. Le 29 août, l'armée américaine avait détruit un véhicule Toyota Corolla blanc, affirmant qu'il était "chargé d'explosifs" et assurant avoir ainsi déjoué une tentative d'attentat de l'EI-K.

Mais la famille du conducteur du véhicule, Ezmarai Ahmadi, avait rapporté que ce dernier était employé par une ONG et que dix personnes, dont sept enfants, avaient été tuées.

Le ministre américain de la Défense Lloyd Austin avait présenté ses "sincères condoléances" et ses "excuses" pour cette bavure.

"La cible prévue de la frappe -- le véhicule, son contenu et son occupant -- a de bonne foi été évaluée à l'époque comme étant une menace imminente pour les forces américaines", selon le rapport d'enquête.

Cette évaluation "était malheureusement inexacte", d'après le texte.

Mais "les menaces pour les forces américaines à l'aéroport étaient à l'époque très élevées", justifie-t-il.

Le lieutenant-général Said a expliqué que l'armée américaine disposait d'informations sur une attaque imminente de l'EI-K, et plus spécialement sur une Toyota Corolla blanche contenant des explosifs du type de ceux utilisés trois jours plus tôt.

Mais les militaires américains ont suivi la mauvaise voiture. "En fait, nous n'avons jamais suivi la bonne Toyota Corolla", a-t-il admis.

En outre, les militaires croyaient que le bâtiment à côté duquel la frappe a été menée était vide. Aucune des personnes chargées d'analyser les images satellites n'a remarqué un enfant entrant dans la zone de surveillance deux minutes avant la frappe.

Enfin, les militaires américains étaient parvenus à la conclusion que l'attentat meurtrier du 26 août avait été mené avec une bombe dissimulée dans un sac d'ordinateur.

Quand ils ont vu deux hommes échanger un sac d'ordinateur trois jours plus tard, ils ont immédiatement pensé que les hommes qu'ils suivaient appartenaient à l'EI-K. "En fait, il s'agissait d'un simple sac d'ordinateur."

Ils ont été victimes, selon le responsable militaire, de "biais de confirmation", la tendance à tirer des conclusions conformes à ce qu'on pense probable.

Le rapport recommande notamment de passer en revue les procédures précédant les frappes pour évaluer la présence de civils.

Au cours de l'enquête menée par le lieutenant-général Said, 29 personnes, dont 22 "directement impliquées dans la frappe", ont été interrogées sous serment.


Iran: le médiateur pakistanais salue la prolongation du cessez-le-feu annoncée par Trump

Le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, dont le pays joue un rôle de médiateur dans le conflit opposant les Etats-Unis à l'Iran, a salué mercredi l'extension du cessez-le-feu annoncée par Donald Trump. (AFP)
Le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, dont le pays joue un rôle de médiateur dans le conflit opposant les Etats-Unis à l'Iran, a salué mercredi l'extension du cessez-le-feu annoncée par Donald Trump. (AFP)
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  • "Je remercie sincèrement le président Trump d'avoir gracieusement accepté notre demande de prolongation du cessez-le-feu afin de permettre aux efforts diplomatiques en cours de se poursuivre"
  • Un nouveau round de discussions initialement annoncé pour le début de semaine à Islamabad a toutefois lui aussi été ajourné sine die

ISLAMABAD: Le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, dont le pays joue un rôle de médiateur dans le conflit opposant les Etats-Unis à l'Iran, a salué mercredi l'extension du cessez-le-feu annoncée par Donald Trump.

"Je remercie sincèrement le président Trump d'avoir gracieusement accepté notre demande de prolongation du cessez-le-feu afin de permettre aux efforts diplomatiques en cours de se poursuivre", a indiqué sur X M. Sharif, précisant s'exprimer également au nom du chef d'état-major, le maréchal Asim Munir.

"Fort de la confiance qui lui est accordée, le Pakistan poursuivra ses efforts en vue d'un règlement négocié du conflit", a ajouté le dirigeant.

Donald Trump a annoncé mardi une extension sine die du cessez-le-feu dont il avait précédemment fixé l'expiration à mercredi soir, disant vouloir donner davantage de temps à la diplomatie.

Un nouveau round de discussions initialement annoncé pour le début de semaine à Islamabad a toutefois lui aussi été ajourné sine die.

"J'espère sincèrement que les deux parties continueront à respecter le cessez-le-feu et parviendront à conclure un +accord de paix+ global lors du deuxième cycle de négociations prévu à Islamabad, afin de mettre définitivement fin au conflit", a souligné M. Sharif mercredi.


Trump dit prolonger le cessez-le-feu avec l'Iran jusqu'à nouvel ordre

Donald Trump a annoncé mardi la prolongation du cessez-le-feu avec l'Iran afin de donner plus de temps à Téhéran pour négocier, tout en maintenant le blocus des ports iraniens. (AFP)
Donald Trump a annoncé mardi la prolongation du cessez-le-feu avec l'Iran afin de donner plus de temps à Téhéran pour négocier, tout en maintenant le blocus des ports iraniens. (AFP)
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  • Le dirigeant républicain a souligné avoir pris cette décision face "aux graves divisions au sein du gouvernement iranien" et à la demande du Pakistan, principal pays médiateur
  • Il a toutefois indiqué avoir "ordonné à nos forces armées de maintenir le blocus" naval dans le détroit d'Ormuz

WASHINGTON: Donald Trump a annoncé mardi la prolongation du cessez-le-feu avec l'Iran afin de donner plus de temps à Téhéran pour négocier, tout en maintenant le blocus des ports iraniens.

S'exprimant sur sa plateforme Truth Social, le président américain a annoncé avoir décidé de "prolonger le cessez-le-feu jusqu'à ce que l'Iran présente une proposition et que les discussions soient conclues, d'une manière ou d'une autre".

Le dirigeant républicain a souligné avoir pris cette décision face "aux graves divisions au sein du gouvernement iranien" et à la demande du Pakistan, principal pays médiateur.

Il a toutefois indiqué avoir "ordonné à nos forces armées de maintenir le blocus" naval dans le détroit d'Ormuz.

L'annonce du président américain intervient alors que Washington et Téhéran ont affiché leur désaccord sur l'expiration de la trêve, les premiers parlant de mercredi soir, heure de Washington, tandis que les seconds ont évoqué ce mardi, à minuit GMT.

Par ailleurs, la Maison Blanche a confirmé en fin de journée que le vice-président JD Vance, chargé de mener d'éventuelles nouvelles discussions avec l'Iran au Pakistan, ne quitterait pas Washington mardi, comme initialement prévu.

"A la lumière du message du président Trump sur Truth Social, confirmant que les Etats-Unis attendent une proposition unifiée des Iraniens, le voyage au Pakistan n'aura pas lieu aujourd'hui", a indiqué un haut responsable de l'exécutif américain, dans une déclaration transmise à la presse.

La Maison Blanche n'avait jamais confirmé le déplacement du vice-président, mais a entretenu le flou sur le fait de savoir s'il quittait ou pas la capitale dans la journée de mardi.

Bientôt deux mois après le début des hostilités déclenchées par Israël et les Etats-Unis, Téhéran a menacé de son côté de reprendre les frappes en direction des pays du Golfe, mettant en péril l'approvisionnement pétrolier mondial.


Trump dit qu'il ne lèvera le blocus qu'en cas d'«accord» avec l'Iran 

Donald Trump a affirmé lundi sur son réseau Truth Social qu'il ne lèverait le blocus américain sur les ports iraniens qu'en cas d'"accord" avec l'Iran. (Reuters)
Donald Trump a affirmé lundi sur son réseau Truth Social qu'il ne lèverait le blocus américain sur les ports iraniens qu'en cas d'"accord" avec l'Iran. (Reuters)
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  • Donald Trump a affirmé lundi sur son réseau Truth Social qu'il ne lèverait le blocus américain sur les ports iraniens qu'en cas d'"accord" avec l'Iran
  • "Ils perdent 500 millions de dollars par jour, un chiffre intenable pour eux, même à court terme"

WASHINGTON: Donald Trump a affirmé lundi sur son réseau Truth Social qu'il ne lèverait le blocus américain sur les ports iraniens qu'en cas d'"accord" avec l'Iran.

"LE BLOCUS, que nous ne lèverons pas tant qu'il n'y aura pas de +DEAL+, est en train de complètement détruire l'Iran. Ils perdent 500 millions de dollars par jour, un chiffre intenable pour eux, même à court terme", a écrit le président des Etats-Unis, dans un message qui critique violemment la couverture du conflit par les médias américains.