Avec le «deepfake», le visage du divertissement en pleine révolution

Lancée en janvier 2020 par Dima Shvets, l'application Reface a déjà été téléchargée plus de 180 millions de fois. (Photo, AFP)
Lancée en janvier 2020 par Dima Shvets, l'application Reface a déjà été téléchargée plus de 180 millions de fois. (Photo, AFP)
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Publié le Jeudi 04 novembre 2021

Avec le «deepfake», le visage du divertissement en pleine révolution

  • Face Swap, FaceApp, Reface... Avec cette technique de photomontage sophistiquée s'appuyant sur des technologies d'IA, plusieurs applications ambitionnent de révolutionner la création de contenus
  • A partir d'un simple selfie, Reface analyse les traits du visage de l'utilisateur pour l'incruster sur le personnage de son choix dans des scènes animées («GIF») drôles et décalées. Avec une précision déroutante

LISBONNE : Vous avez toujours rêvé de vous mettre dans la peau de James Bond ou Beyoncé? Grâce au "deepfake", des applications permettent d'incarner son idole avec un simple selfie. Une technologie d'intelligence artificielle amenée à bouleverser l'industrie des médias et du divertissement.


Les téléspectateurs, même les plus passionnés, n'y ont vu que du feu. Pour pallier l'absence d'une de ses actrices, cas contact Covid-19, la série française "Plus belle la vie" a eu recours fin 2020 au "deepfake", un trucage numérique hyper réaliste consistant à remplacer un visage par un autre.


Face Swap, FaceApp, Reface... Avec cette technique de photomontage sophistiquée s'appuyant sur des technologies d'intelligence artificielle, plusieurs applications ambitionnent de révolutionner la création de contenus, aussi bien sur les réseaux sociaux que dans la production audiovisuelle.


A partir d'un simple selfie, Reface analyse les traits du visage de l'utilisateur pour l'incruster sur le personnage de son choix dans des scènes animées ("GIF") drôles et décalées. Avec une précision déroutante.


De quoi permettre à n'importe quel fan d'endosser les habits de Harry Potter puis de prendre possession du corps musclé de Dwayne Johnson en seulement quelques secondes, et provoquer un sacré buzz sur la toile.


Lancée en janvier 2020, l'application Reface a déjà été téléchargée plus de 180 millions de fois.


"Il a fallu 31 mois à TikTok et 28 mois à Snapchat pour franchir la barre des 100 millions de téléchargements", souligne auprès de l'AFP Ivan Altsybieiev, co-fondateur de Reface, en marge du Web Summit, la grande messe annuelle du numérique organisée à Lisbonne.

Trucage meilleur que l'original

Conscient de son potentiel quasi infini de création, l'entrepreneur ukrainien estime que le "deepfake" ouvre la voie à un futur "où tous les contenus pourraient être personnalisés", notamment dans le cinéma ou les séries TV.


"Imaginez qu'un nouvel épisode arrive et votre ami ou vous même y apparaissiez", complète-t-il en prenant l'exemple de l'épisode "Bandersnatch" de la série Black Mirror où le téléspectateur peut participer "à une consommation interactive du contenu".


Signe d'une appétence déjà croissante des studios de production hollywoodien, un youtubeur expert en "deepfake" nommé Shamook a été embauché en juillet dernier par Lucasfilm après avoir épaté le public en modifiant une scène de la deuxième saison de "The Mandalorian".


La série télévisée dérivée de l'univers "Star Wars", qui se déroule cinq ans après le film "Le retour du Jedi" sorti en 1983, se conclut sur l'apparition surprise de Mark Hamill, rajeuni pour incarner à nouveau un jeune Luke Skywalker. 


Mais la version amateure de cette scène produite par Shamook a été jugée par beaucoup d'internautes encore meilleure que l'originale diffusée sur Disney+.


"Au cours des dernières années, (Lucasfilm) a investi dans l'apprentissage automatique et l'intelligence artificielle comme moyens de produire des effets spéciaux convaincants, et c'est incroyable de voir la dynamique se construire à mesure que la technologie progresse", avait indiqué l'entreprise pour justifier un tel recrutement.

Fausses informations

Malgré ces nouvelles possibilités, le "deepfake" reste encore associé à la diffusion de fausses informations sur internet car il peut servir à manipuler les internautes ou à diffamer, en faisant dire ou faire à des personnes des choses qu'elles n'ont pas dites ou faites.


Une vidéo prétendant montrer la Première ministre néo-zélandaise Jacinda Ardern en train de fumer du crack, cocaïne sous forme de cristaux, est par exemple devenue virale l'été dernier. Le visage de la dirigeante avait en réalité été superposé à celui d'une youtubeuse sur des images originelles tournées... en 2019.


Pour endiguer le phénomène, les principaux géants du web préparent la riposte.


Des scientifiques de Facebook ont ainsi présenté en juin dernier une méthode qui doit permettre, grâce à l'intelligence artificielle (IA), de débusquer les "deepfakes" ainsi que de déterminer leur origine.


Microsoft a présenté l'année dernière un logiciel qui peut aider à repérer les "deepfakes" photo ou vidéo, tandis que Google avait rendu publics fin 2019 des milliers de "deepfakes" réalisés par ses équipes pour les mettre à disposition des chercheurs qui veulent développer des méthodes de détection des images manipulées.


La tapisserie de Bayeux n'a subi "aucune altération visible" pendant son transfert à Londres

La ministre française de la Culture, Catherine Pégard (au centre), observe la tapisserie de Bayeux lors de son dévoilement au British Museum, le 17 juillet 2026, une semaine après son arrivée de France. Cette œuvre du XIe siècle, qui retrace la conquête normande de l'Angleterre en 1066, sera exposée pour la première fois au Royaume-Uni à partir de septembre. (AFP)
La ministre française de la Culture, Catherine Pégard (au centre), observe la tapisserie de Bayeux lors de son dévoilement au British Museum, le 17 juillet 2026, une semaine après son arrivée de France. Cette œuvre du XIe siècle, qui retrace la conquête normande de l'Angleterre en 1066, sera exposée pour la première fois au Royaume-Uni à partir de septembre. (AFP)
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  • La tapisserie de Bayeux est arrivée au British Museum sans dommage visible après son transport exceptionnel depuis la France
  • Elle sera exposée à Londres du 10 septembre 2026 au 11 juillet 2027 avant son retour à Bayeux pour une rénovation

PARIS: 

La tapisserie de Bayeux a été extraite jeudi à Londres de son caisson dans lequel elle avait été acheminée la semaine dernière et n'a subi "aucune altération visible" pendant ce voyage, a affirmé à l'AFP une responsable du ministère de la Culture français.

"Je suis en mesure de vous confirmer qu'il n'y a eu aucune altération visible et que la tapisserie a bien voyagé", a déclaré Delphine Christophe, directrice générale des patrimoines et de l'architecture, depuis le British Museum de Londres.

A l'issue d'une opération à hauts risques pour sa conservation, cette broderie millénaire de près de 70 mètres de long avait été acheminée le 10 juillet au British Museum pour un prêt d'un an décidé en 2025 par le président français Emmanuel Macron.

Transportée à Londres sous haute surveillance et par camion depuis l'ouest de la France, la tapisserie du XIe siècle avait jusque-là été maintenue dans son double caisson spécialement conçu pour limiter les vibrations et maintenir une température et un taux d'humidité constants.

Elle en a été extraite jeudi pour être entièrement déployée, selon la responsable française. "L'extraction s'est très bien passée et mobilise plusieurs dizaines de personnes", a détaillé Mme Christophe, précisant que l'opération impliquait notamment des équipes française et britannique de conservateurs.

Un constat plus précis doit prochainement être fait par les conservateurs pour s'assurer de l'état de la tapisserie, mais Mme Christophe s'est montrée confiante. "S'il y avait eu un problème, on l'aurait constaté parce qu'on l'a vue en totalité, complètement déployée", a-t-elle affirmé.

Ce transfert historique vers Londres avait donné des sueurs froides à certains experts et défenseurs du patrimoine en France qui redoutaient la dégradation irréversible d'une œuvre déjà fragilisée par 30 déchirures non stabilisées et près de 10.000 trous.

La ministre de la Culture française Catherine Pégard est attendue vendredi au British Museum, où la tapisserie sera exposée au public, à plat, du 10 septembre 2026 au 11 juillet 2027.

A son retour en France courant 2027, cette œuvre, qui décrit la conquête de l'Angleterre par Guillaume le Conquérant en 1066, regagnera son musée de Bayeux (ouest de la France) et devra faire l'objet en 2028 d'une rénovation plusieurs fois repoussée par le passé.


Un rare manuscrit du Coran exposé à La Mecque

Un rare manuscrit du Saint Coran est l’une des principales attractions de l’exposition « Iqra ». (SPA) 
Un rare manuscrit du Saint Coran est l’une des principales attractions de l’exposition « Iqra ». (SPA) 
Un rare manuscrit du Saint Coran est l’une des principales attractions de l’exposition « Iqra ». (SPA) 
Un rare manuscrit du Saint Coran est l’une des principales attractions de l’exposition « Iqra ». (SPA) 
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  • Le manuscrit figure parmi les principales attractions de l’exposition, mettant en lumière le soin accordé par les musulmans au Saint Coran à travers les siècles

LA MECQUE : Un rare manuscrit du Saint Coran attire les visiteurs de l’exposition « Iqra », organisée par la Présidence des Affaires religieuses de la Grande Mosquée et de la Mosquée du Prophète, au complexe du King Abdulaziz Endowment.

Ce manuscrit constitue l’une des principales attractions de l’exposition, illustrant l’attention et le respect portés par les musulmans au Saint Coran à travers les âges.

L’exposition présente un exemplaire rare du Saint Coran réalisé il y a plus de 1 000 ans par le célèbre calligraphe Ali bin Hilal, connu sous le nom d’Ibn Al-Bawwab. 

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Un rare manuscrit du Saint Coran est l’une des principales attractions de l’exposition « Iqra ». (SPA)

Le manuscrit est exposé aux côtés d’un index scientifique et d’une analyse de sa calligraphie et de ses enluminures, permettant aux visiteurs d’en découvrir la valeur historique et artistique, tout en retraçant l’évolution de la calligraphie arabe et de l’ornementation islamique au fil des siècles.

Le manuscrit est considéré comme l’un des plus rares manuscrits islamiques en raison de son exceptionnelle valeur scientifique, artistique et historique. Seuls deux exemplaires connus subsistent dans le monde, témoignant de la place éminente qu’occupe le Saint Coran à travers l’histoire islamique.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Le Musée national Zayed présélectionné pour le prix du World Architecture Festival 2026

Conçu par Foster + Partners, sous la direction de l’architecte lauréat du prix Pritzker Norman Foster, le musée se distingue par une architecture inspirée de la fauconnerie. (Fourni)
Conçu par Foster + Partners, sous la direction de l’architecte lauréat du prix Pritzker Norman Foster, le musée se distingue par une architecture inspirée de la fauconnerie. (Fourni)
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  • Le musée retrace l’histoire des Émirats arabes unis et les valeurs de leur fondateur disparu
  • L’architecture distinctive du bâtiment s’inspire de la fauconnerie

DUBAÏ : Le Musée national Zayed des Émirats arabes unis, situé à Abou Dhabi, a été présélectionné dans la catégorie Bâtiments achevés – Culture du World Architecture Festival 2026, aux côtés de 18 autres projets venus du monde entier.

Le festival, qui récompense les réalisations architecturales les plus remarquables à l’échelle internationale, se tiendra à Fort Lauderdale, en Floride, du 18 au 20 novembre.

Les finalistes présenteront leurs projets devant un jury composé d’architectes de renommée mondiale et d’experts du secteur dans le cadre du processus d’évaluation en direct du festival. 

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Le musée retrace l’histoire des Émirats arabes unis. (Fourni)

La catégorie Bâtiments achevés – Culture récompense les lieux culturels achevés, notamment les musées, galeries, bibliothèques, théâtres, salles de concert et cinémas. Pour être éligibles, les projets doivent avoir été achevés entre le 1er janvier 2025 et le 1er juin 2026.

Situé sur l’île de Saadiyat à Abou Dhabi, au cœur du quartier culturel de Saadiyat, le musée national des Émirats arabes unis a ouvert ses portes en décembre 2025.

Il retrace l’histoire des Émirats arabes unis, depuis les premières traces de présence humaine jusqu’aux civilisations qui ont façonné leur culture et leur identité, profondément ancrées dans la vision et les valeurs du fondateur du pays, feu Sheikh Zayed bin Sultan Al-Nahyan.

Conçu par Foster + Partners, sous la direction de l’architecte lauréat du prix Pritzker Norman Foster, le musée présente une architecture singulière inspirée de la fauconnerie.

Ses cinq tours légères en acier fonctionnent comme des cheminées thermiques, aspirant l’air chaud vers le haut afin de favoriser la stratégie de ventilation naturelle du bâtiment, tandis que les surfaces vitrées permettent d’acheminer la lumière naturelle vers les galeries situées en contrebas. Chaque tour peut être ajustée individuellement afin d’optimiser les performances environnementales.

Les galeries du musée sont installées sous une butte paysagère conçue pour refléter le relief naturel des Émirats arabes unis. En son centre se trouve Al-Liwan, un vaste atrium lumineux qui sert d’espace de rassemblement pour des événements culturels, notamment des spectacles, conférences, danses traditionnelles et lectures de poésie. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com