Cisjordanie: Israël utilise la reconnaissance faciale pour ficher les Palestiniens

Des soldats israéliens visent des jeunes palestiniens lançant des pierres lors d'affrontements au milieu d'une enquête israélienne sur des actes de vandalisme qui auraient été menés pendant la nuit par des colons israéliens sur des véhicules et des biens palestiniens, dans la ville palestinienne d'al-Bireh en Cisjordanie occupée, le 9 novembre 2021. (Photo, AFP)
Des soldats israéliens visent des jeunes palestiniens lançant des pierres lors d'affrontements au milieu d'une enquête israélienne sur des actes de vandalisme qui auraient été menés pendant la nuit par des colons israéliens sur des véhicules et des biens palestiniens, dans la ville palestinienne d'al-Bireh en Cisjordanie occupée, le 9 novembre 2021. (Photo, AFP)
Short Url
Publié le Mardi 09 novembre 2021

Cisjordanie: Israël utilise la reconnaissance faciale pour ficher les Palestiniens

  • Selon le journal américain Washington Post, l'armée israélienne utilise depuis deux ans une technologie appelée « Blue Wolf » (« Loup bleu ») par laquelle des soldats photographient les visages de Palestiniens avec leurs téléphones portables
  • Le Washington Post s'est basé sur les témoignages de plusieurs anciens soldats partagés auprès de l'organisation israélienne anti-occupation « Breaking the Silence »

HEBRON : L'armée israélienne a mis au point un système de reconnaissance faciale pour ficher des Palestiniens en Cisjordanie occupée, a indiqué mardi à l'AFP une organisation israélienne ayant recueilli des témoignages de soldats, confirmant des informations de presse.

Selon le journal américain Washington Post, l'armée israélienne utilise depuis deux ans une technologie appelée "Blue Wolf" ("Loup bleu") par laquelle des soldats photographient les visages de Palestiniens avec leurs téléphones portables, avant que les images ne soient envoyées à une base de données qui indique ensuite si la personne photographiée doit être arrêtée ou laissée libre, en fonction d'informations déjà en possession des forces israéliennes.

Le Washington Post s'est basé sur les témoignages de plusieurs anciens soldats partagés auprès de l'organisation israélienne anti-occupation "Breaking the Silence", qui offre sous le couvert d'anonymat une plateforme aux militaires pour dénoncer les agissements selon eux condamnables de l'armée, qui occupe depuis 1967 la Cisjordanie.

Les soldats israéliens "sont envoyés pour patrouiller dans des villes et des villages avec une sorte de smartphone et prennent des photos de chaque Palestinien qu'ils voient, de façon complètement arbitraire", a expliqué à l'AFP Ori Givati, un des responsables de l'ONG "Breaking the Silence".

Après avoir pris une photo, leur téléphone s'affiche en rouge s'il faut procéder à une arrestation, en jaune s'il faut détenir momentanément la personne avant de consulter la hiérarchie ou en vert s'il n'y a pas lieu d'agir, a précisé M. Givati, dont l'organisation a recueilli les témoignages concordants de six soldats.

"Il y a une compétition entre les soldats (...) et même des récompenses", a-t-il ajouté. 

"Le message que l'on donne (aux soldats) est:  tout le monde est un ennemi, vous devez tous les soupçonner ", a affirmé le directeur-adjoint de l'ONG, Nadav Weiman, lors d'une visite mardi avec l'AFP à Hébron, dans le sud de la Cisjordanie.

Dans cette ville poudrière où vivent 200 000 Palestiniens, et 1000 colons juifs sous haute protection militaire israélienne dans le centre, l'armée a renforcé son dispositif de caméras à reconnaissance faciale, selon "Breaking the Silence".

Dans le centre-ville, Zoulaikha Muhtase, une habitante palestinienne de 59 ans, se désole d'être "cernée par les caméras".

"C'est une violation. Personne n'aimerait être surveillé constamment", a-t-elle dit à l'AFP.

Sollicitée par l'AFP sur cette affaire, l'armée israélienne a dit mener des "opérations sécuritaires de routine" en Cisjordanie visant à "lutter contre le terrorisme" et "à améliorer la qualité de vie" des Palestiniens. "Naturellement, nous ne pouvons pas commenter les capacités opérationnelles de l'armée dans ce contexte", a-t-elle ajouté.

"L'un des soldats avec qui nous avons parlé nous a dit: Jamais je n'accepterais qu'un tel système soit instauré dans mon quartier", a indiqué à l'AFP M. Givati. Les soldats "étaient choqués des choses qu'on leur a demandé de faire". 

"Nous parlons d'une nouvelle chape de contrôle que l'on se permet de mettre en placer sur le peuple palestinien", a-t-il fustigé.

 


La guerre au Moyen-Orient déclarée «crise humanitaire majeure» par l'agence de l'ONU pour les réfugiés

Short Url
  • "Des efforts sont actuellement en cours pour fournir une assistance humanitaire vitale aux pays touchés dans toute la région", a affirmé Ayaki Ito
  • Il a également relevé qu'"il est impératif que tous les civils contraints de franchir les frontières pour trouver refuge puissent le faire en toute sécurité"

GENEVE: L'agence de l'ONU pour les réfugiés (HCR) a annoncé vendredi que la guerre au Moyen-Orient constituait une "crise humanitaire majeure" nécessitant une réponse immédiate de tous les acteurs "dans toute la région".

"La crise croissante au Moyen-Orient constitue une urgence humanitaire majeure nécessitant une réponse immédiate dans toute la région et en Asie du Sud-Est", a annoncé devant la presse à Genève Ayaki Ito, directeur de la division des urgences et du soutien aux programmes du HCR.

"La récente escalade des hostilités et des attaques au Moyen-Orient a provoqué d'importants mouvements de population, tandis que les affrontements le long de la frontière entre l'Afghanistan et le Pakistan ont également contraint plusieurs milliers de familles à fuir", a-t-il ajouté.

L'ensemble des régions touchées accueillent déjà près de 25 millions de personnes, qu'il s'agisse de réfugiés, de personnes déplacées à l'intérieur de leur propre pays ou de réfugiés récemment rentrés chez eux, selon le HCR.

"Des efforts sont actuellement en cours pour fournir une assistance humanitaire vitale aux pays touchés dans toute la région", a affirmé Ayaki Ito.

Il a également relevé qu'"il est impératif que tous les civils contraints de franchir les frontières pour trouver refuge puissent le faire en toute sécurité".

Le HCR suit de près l'évolution de la situation en Iran, pays où il est présent depuis 1984 et où il affirme être la plus grande agence des Nations unies, avec des bureaux à Téhéran et cinq antennes régionales.

Le HCR dispose en Iran d'environ 110 employés et "nous continuer à fonctionner avec des capacités réduites", a indiqué Ayaki Ito.

"Notre personnel est en danger" et "les réfugiés continuent à se rendre dans nos centres d'accueil", a-t-il affirmé.

L'Iran accueillait avant la guerre au Moyen-Orient 1,65 million de réfugiés et d'autres personnes ayant besoin d'une protection internationale, selon le HCR, qui continue de leur venir en aide et de les soutenir, malgré les défis logistiques.

Selon l'Organisation internationale pour les migrations (OIM) des Nations unies, quelque 50.000 Syriens ont notamment fui du Liban vers leurs pays au cours de la semaine dernière.


Israël affirme avoir frappé le «bunker» du guide suprême

L'armée israélienne a annoncé avoir frappé vendredi dans le centre de Téhéran, lors d'un bombardement mené par une cinquantaine d'avions de combat, le bunker du guide suprême iranien Ali Khamenei, tué le 28 février au premier jour de l'offensive isréalo-américaine sur l'Iran. (AFP)
L'armée israélienne a annoncé avoir frappé vendredi dans le centre de Téhéran, lors d'un bombardement mené par une cinquantaine d'avions de combat, le bunker du guide suprême iranien Ali Khamenei, tué le 28 février au premier jour de l'offensive isréalo-américaine sur l'Iran. (AFP)
Short Url
  • Ali Khamenei a été tué "avant de pouvoir utiliser le bunker" durant les frappes, "mais le complexe a continué à être utilisé par de hauts responsables du régime iranien", a ajouté l'armée
  • L'armée a précisé qu'environ 50 avions de combat avaient participé aux frappes contre le réseau souterrain qui s'étendait, selon elle, sur "de nombreuses rues au coeur de Téhéran"

JERUSALEM: L'armée israélienne a annoncé avoir frappé vendredi dans le centre de Téhéran, lors d'un bombardement mené par une cinquantaine d'avions de combat, le bunker du guide suprême iranien Ali Khamenei, tué le 28 février au premier jour de l'offensive isréalo-américaine sur l'Iran.

"Le bunker militaire souterrain, situé sous le complexe abritant la direction du régime au centre de Téhéran, était destiné à être utilisé par le guide suprême comme centre de commandement d'urgence sécurisé", a déclaré l'armée dans un communiqué.

Ali Khamenei a été tué "avant de pouvoir utiliser le bunker" durant les frappes, "mais le complexe a continué à être utilisé par de hauts responsables du régime iranien", a ajouté l'armée.

L'armée a précisé qu'environ 50 avions de combat avaient participé aux frappes contre le réseau souterrain qui s'étendait, selon elle, sur "de nombreuses rues au coeur de Téhéran, comprenait de nombreuses entrées et salles de réunion pour de hauts responsables du régime terroriste iranien".

Le guide suprême a été tué dans son complexe par une frappe attribuée par le Pentagone à l'aviation israélienne. Le président américain Donald Trump a souligné que l'opération avait été menée en partie sur la base d'informations fournies par les services de renseignement américains.

Jeudi, le chef d'état-major de l'armée israélienne, le lieutenant-général Eyal Zamir, a déclaré qu'en "40 secondes, environ 40 hauts responsables du régime de terreur iranien ont été éliminés" y compris le guide suprême, lors de cette frappe.


Violentes frappes israéliennes sur le sud de Beyrouth, bastion du Hezbollah

Short Url
  • D'après l'Agence nationale d'information, ces frappes, conduites par des avions de guerre israéliens, ont visé les localités de Srifa, Aita Alshaab, Touline, Alsawana, et Majdal Selm
  • Une autre frappe a ciblé tôt vendredi le village de Dours, en périphérie de Baalbek (est), selon la même source

BEYROUTH: De violentes frappes ont visé jeudi soir la banlieue sud de Beyrouth, selon l'Agence nationale d'information (Ani, officielle), plusieurs heures après un appel inédit d'Israël à évacuer ce bastion du Hezbollah pro-iranien.

Presque simultanément, l'armée israélienne a annoncé vers 20h55 GMT avoir commencé à frapper "des infrastructures du Hezbollah dans le secteur de la banlieue [sud] de Beyrouth".

Des images de l'AFPTV ont montré plusieurs panaches de fumée se dégager de ce secteur et former un brouillard au-dessus de la banlieue.