COP26 : Alok Sharma, sobre président d'un sommet crucial

Chargé, au coeur des négociations entre pays, de concilier l'inconciliable, ce Britannique réservé de 54 ans, notait jeudi le surnom qui lui est parfois donné: "no drama Sharma", son nom affublé d'un "pas de drame" reflétant pour certains un manque d'aspérités. (Photo, AFP)
Chargé, au coeur des négociations entre pays, de concilier l'inconciliable, ce Britannique réservé de 54 ans, notait jeudi le surnom qui lui est parfois donné: "no drama Sharma", son nom affublé d'un "pas de drame" reflétant pour certains un manque d'aspérités. (Photo, AFP)
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Publié le Samedi 13 novembre 2021

COP26 : Alok Sharma, sobre président d'un sommet crucial

  • «Je pense qu'Alok Sharma s'en est bien tiré, mais que le gouvernement britannique a été pris en faute parce qu'il n'a pas pris assez tôt la mesure la gravité et le degré de difficulté»
  • «C'est l'un des gars les plus sympas que je connaisse en politique, ils est très affûté, il s'intéresse à des problèmes précis, pas simplement à des phrases toutes faites»

GLASGOW : A peine connu encore récemment au Royaume-Uni, il a à présent les yeux de la planète braqués sur lui. La COP26 a apporté à son président Alok Sharma une notoriété soudaine et lui a mis la pression d'une conclusion du sommet à la hauteur de l'urgence.


Chargé, au coeur des négociations entre pays, de concilier l'inconciliable, ce Britannique réservé de 54 ans, notait jeudi le surnom qui lui est parfois donné: "no drama Sharma", son nom affublé d'un "pas de drame" reflétant pour certains un manque d'aspérités.


Un surnom calqué sur celui de l'ancien président américain Barack Obama, qui a connu à la fois la COP de 2009 à Copenhague, qui s'est soldée par un échec, et celle de 2015 en France dont les avancées ont donné l'accord de Paris, la clé de voûte de la diplomatie du climat.


Sharma, un ex-ministre chargé des Entreprises, n'a pas l'éloquence de Barack Obama ou même du Premier ministre britannique Boris Johnson, qui l'a nommé pour diriger la COP26 avec les Nations unies en février 2020.


Une nomination intervenue juste avant que la pandémie de coronavirus ne s'abatte sur le monde, sans toutefois l'empêcher de se déplacer partout sur la planète dans les mois qui ont précédé le sommet de Glasgow.


Il a ainsi cherché à nouer des relations personnelles avec les petits Etats insulaires mais aussi avec des poids lourds de l'économie et des émissions de gaz à effet de serre, se rendant en Chine et dans son Inde natale, deux pays qui freinent la conclusion d'un accord ambitieux.


Si Boris Johnson a été critiqué pour n'avoir pas nommé une grande figure à ce poste essentiel, Alok Sharma s'est attiré l'estime de nombre de délégués pour son approche équilibrée.


"Je pense qu'Alok Sharma s'en est bien tiré, mais que le gouvernement britannique a été pris en faute parce qu'il n'a pas pris assez tôt la mesure la gravité et le degré de difficulté" de la COP, estime l'ancien chef de l'opposition travailliste britannique Ed Miliband, interrogé par l'AFP.


"On ne peut pas compenser en deux semaines le travail qu'on n'a pas fait en deux ans", lance-t-il à l'adresse de Boris Johnson.

De l'entreprise au climat
Alok Sharma cumulait initialement les casquettes de président de la COP26 et de ministre des Entreprises. Un choix qui a conduit les critiques à accuser Boris Johnson de ne pas prendre suffisamment au sérieux la COP, repoussée d'un an à cause du Covid-19.


C'est ainsi qu'Alok Sharma est devenu président à plein temps.


Alok Sharma est né en 1967 à Agra, la ville du Taj Mahal, avant que ses parents ne s'installent cinq ans plus tard à Reading, une ville en périphérie de Londres.


A l'instar de son collègue au gouvernement, le ministre des Finances Rishi Sunak, il a prêté son serment de député sur la Bhagavad Gita, le livre sacré hindou.


Johnny Luk, un militant conservateur d'origine chinoise, qui a fait l'objet de "beaucoup d'injures racistes" quand il s'est présenté en 2019, souligne qu'Alok Sharma lui avait "personnellement manifesté son soutien". "Ca a beaucoup compté pour moi", avait-il déclaré au journal Daily Telegraph.


"C'est l'un des gars les plus sympas que je connaisse en politique, ils est très affûté, il s'intéresse à des problèmes précis, pas simplement à des phrases toutes faites", avait ajouté Johnny Luk.


Dans son parcours, de l'université de Salford, dans le nord-ouest de l'Angleterre, à ses stages de comptable puis ses emplois dans la finance d'entreprise, rien ne laissait présager qu'il dirigerait un jour la COP.


Sous l'impulsion de son épouse suédoise, il est devenu député conservateur en 2010, avant d'occuper plusieurs petits portefeuilles ministériels puis de se voir confier celui du Développement international à l'arrivée au pouvoir en juillet 2019 de Boris Johnson.


Il a été l'un des rares opposants au Brexit conservés par ce dernier et a été considéré comme digne de confiance et s'est montré fidèle à la ligne dure du Premier ministre sur la sortie de l'Union européenne.

Berceau du charbon, Glasgow désormais pionnière dans la lutte contre les effets du réchauffement

Glasgow : A Glasgow, qui accueille la conférence internationale sur le climat COP26, le canal de Forth et Clyde, jadis infrastructure essentielle de la révolution industrielle responsable des émissions carbone, est devenu un projet pionnier de la lutte contre les effets du réchauffement climatique.


Il y a "200 ans, le bois, la pierre, le charbon passaient par ici" avant de rejoindre les usines qui ont fait de la cité écossaise une puissance industrielle européenne, raconte Peter Robinson, ingénieur en chef de Scottish Canals, en parcourant les eaux du canal, inauguré en 1790, à bord d'une péniche.


La révolution industrielle a débuté lorsqu'un Ecossais, l'ingénieur James Watt, a décidé en 1765 d'appliquer un condensateur à la machine à vapeur afin d'améliorer sa puissance et son efficacité.   


Cette idée lui est venue en se baladant dans un parc de la ville, relate Ewan Gibbs, expert en histoire économique et sociale de l'université de Glasgow. "On pourrait dire, dans les grandes lignes, que c'était le début de l'économie moderne du carbone".

«Bassin houiller»

Puissante plaque tournante pour le sucre et le tabac dès le XVIIIe siècle, Glasgow a vu son industrie textile se développer, avant d'évoluer au milieu du XIXe siècle vers l'industrie lourde, avec la fabrication de locomotives pour le chemin de fer naissant et par la suite de navires et d'armements lourds.


Le canal "était utilisé pour transporter le charbon par barge, notamment vers Glasgow depuis le Lanarkshire, le principal bassin houiller d'Écosse", détaille M. Gibbs. "Souvent, les aciéries étaient situées à des endroits stratégiques le long du canal pour pouvoir s'approvisionner en charbon".


Les conditions de vie étaient très dures, "avec les effets du smog couplés à la forte densité de population, et les gens vivaient, entassés les uns sur les autres, réchauffés par des cuisinières à charbon". 


Un siècle plus tard, Forth et Clyde a fait peau neuve. 


Depuis cette semaine, en pleine COP26, ses 57 km se sont transformés pour devenir le "premier +canal intelligent+ d'Europe", conçu pour lutter contre les inondations qui sont l'une des conséquences du changement climatique, explique M. Robinson.


"Nous avons appliqué la pensée du XXIe siècle à une infrastructure du XVIIIe siècle", fait-il valoir. 


Grâce aux prévisions de l'agence météorologique, "avant qu'une inondation ne se produise, le canal abaissera son niveau, c'est-à-dire qu'il éjectera son eau pour qu'elle atteigne la mer avant qu'il ne commence à pleuvoir".


Capable de contenir jusqu'à 55.000 m3, il agira comme "une éponge" et empêchera les eaux de pluie d'inonder le centre-ville, situé à environ 15 minutes de marche.  


D'autant que "l'intensité des précipitations à Glasgow devrait augmenter de 32 % d'ici 2072", précise Ewan Gibbs.


Et la transformation ne s'arrête pas là.


Tombés en désuétude dans les années 1960 au début de la désindustrialisation, les canaux et leurs rives se sont remplis "d'ordures" et "de matériaux vraiment nocifs", retrace Amelia Morgan, cadre de l'organisme public qui les gère. La réhabilitation a nécessité 20 ans de "travail acharné et d'investissements considérables".

Vélo, pêche et kayak
Aujourd'hui, les "claypits" --carrières d'argile d'où sortaient les briques pour la ville-- abritent une réserve naturelle, les entrepôts industriels accueillent des maisons et le site d'une centrale électrique est devenu une forêt où les habitants du Nord de Glasgow vont marcher, pêcher, faire du vélo ou du kayak. 


Cette zone est l'une des plus défavorisées de la ville, avec un chômage élevé et des problèmes de santé comme l'obésité et l'alcool. 


"L'espérance de vie des habitants du Nord de la ville est d'environ 52 ans pour un homme" alors qu'à "cent mètres de l'autre côté du canal, dans la partie centrale plus aisée, elle bondit de 20 ans", explique Josie Saunders, à la tête des relations publiques de Scottish Canals.


Mais si Forth and Clyde "jouait (jadis) le rôle d'une barrière" divisant  Glasgow, il favorise désormais les liaisons grâce à la construction de ponts. 


Selon une récente étude de l'université calédonienne de Glasgow, ce renouveau a "diminué de 3% le taux de mortalité annuel pour les personnes vivant à moins de 500 mètres du canal".   


Hormis la Finnieston Crane, grue géante désaffectée sur les berges de la Clyde qui surplombe le centre des expositions où se tient la COP26, Glasgow ne garde guère de souvenirs de son passé industriel.


Pour M. Gibbs, cela fait partie "d'un effort délibéré dans les années 1980 et 1990 (...) d'essayer de changer l'image" industrielle de la ville, souvent associée aux grèves et conflits sociaux.

Suspense à la COP26 sur les questions de financement des plus pauvres

GLASGOW : Les négociations à la COP26 butaient toujours samedi sur l'épineuse question de l'aide financière aux pays pauvres alors que le présidence britannique espère arracher dans la journée un accord pour freiner le réchauffement de la planète.


Après un sommet accueillant plus de 120 chefs d'Etat, des annonces en tout genre sur les forêts ou le méthane, et deux semaines de négociations serrées sur de nombreux sujets explosifs, la conférence sur le climat de Glasgow joue les prolongations. Au moins une journée de plus pour tenter de "garder vivant" l'objectif le plus ambitieux de l'accord de Paris, celui de limiter le réchauffement à 1,5°C par rapport à l'ère pré-industrielle.


Vendredi soir, après la fin théorique de la conférence, la présidence britannique a donné rendez-vous à 08H00 (locales et GMT), après une nouvelle nuit de consultations, pour une troisième version du texte de la déclaration finale, espérant que le marteau pourrait tomber dans la journée de samedi. Mais à l'heure dite, aucun nouveau document n'avait été rendu public.


La deuxième version du texte publiée vendredi matin avait suscité des critiques de toutes parts.


Au coeur des tensions, l'enveloppe financière pour aider les pays les plus pauvres -- les moins responsables du changement climatique mais en première ligne face à ses impacts-- à réduire leurs émissions et à se préparer à affronter les conséquences dévastatrices du dérèglement climatique.


Les pays en développement ont notamment mis sur la table une proposition pour créer un mécanisme spécifique de prise en compte des "pertes et préjudices", c'est-à-dire les dommages déjà causés par les impacts ravageurs des tempêtes, sécheresses et canicules qui se multiplient.


Et c'est précisément cette question qui bloque selon plusieurs observateurs.


"C'est le moment de suspense" de la conférence, a ainsi déclaré à l'AFP Alden Meyer, du think tank E3G. "Ceux qui sont sur la ligne de front ne sont pas ceux qui ont causé le problème et il est de notre responsabilité éthique de les aider face à un problème qu'ils n'ont pas causé". 


La proposition d'un dispositif spécifique "a été mise sur la table par la totalité du monde en développement", grands pays émergents compris, a rappelé à l'AFP le représentant guinéen Amadou Sebory Touré, chef du groupe de négociation G77+Chine (plus de 100 pays en développement et émergents).


Un canal de financement spécifique est nécessaire "pour répondre à nos besoins et aux pertes et préjudices infligés à nos populations et nos économies par le changement climatique" a-t-il insisté.


Vendredi, le Premier ministre britannique Boris Johnson avait lancé à l'adresse des pays riches: "il faut mettre l'argent sur la table pour aider les pays en développement à faire les changements nécessaires  (...) C'est ce qui doit se passer dans les heures qui viennent".

Responsabilités
Mais selon plusieurs observateurs les pays riches, et notamment les Etats-Unis, font barrage à cette proposition. "Les Etats-Unis et l'UE bloquent cette proposition (...) Les pays riches bloquent le financement pour les pertes et préjudices à chaque étape depuis un certain temps", dénonçait vendredi Gabriela Bucher, de l'ONG Oxfam. 


L'UE a, selon des sources proches des négociations, une position plus ouverte, mais hésite sur l'idée d'un mécanisme spécifique.


Les discussions sont compliquées par la méfiance des pays pauvres, puisque les pays riches n'ont toujours pas tenu leur promesse faite en 2009 de porter à partir de 2020 leur aide climat au Sud à 100 milliards par an. 


Le Sud accuse aussi les pays développés de vouloir leur imposer de faire plus pour réduire leurs émissions de gaz à effet de serre alors qu'ils ne sont pas responsables du changement climatique.


Pour tenter de limiter le réchauffement, le texte provisoire de la présidence britannique appelle les Etats membres à relever leurs engagements de réduction d'émissions plus régulièrement que prévu dans l'accord de Paris, et ce dès 2022. Même si la possibilité d'aménagements pour "circonstances nationales particulières" a été ajoutée par rapport à la première version, provoquant des critiques des ONG sur la réelle ambition des pays à limiter la hausse des températures.


Malgré les nouveaux engagements à l'échéance 2030 annoncés juste avant et depuis le début de la COP, le monde se dirige toujours vers un réchauffement "catastrophique" de 2,7°C, selon l'ONU. Alors qu'un réchauffement de 1,1°C environ provoque déjà aujourd'hui une multiplication des catastrophes.


Autre question sensible au coeur des négociations, les énergies fossiles, principales responsables du réchauffement de la planète.


Alors que l'accord de Paris ne les mentionnait pas, le dernier projet de déclaration prévoit l'inclusion --adoucie par rapport à la première version-- de la sortie de leur financement. Sans satisfaire personne.


Le roi Charles à New York pour célébrer les liens entre Royaume-Uni et Etats-Unis

Ce troisième jour de la visite d'Etat du roi intervient au lendemain d'un discours devant le Congrès américain, le premier pour un souverain britannique depuis 1991, et d'un banquet à la Maison Blanche. (AFP)
Ce troisième jour de la visite d'Etat du roi intervient au lendemain d'un discours devant le Congrès américain, le premier pour un souverain britannique depuis 1991, et d'un banquet à la Maison Blanche. (AFP)
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  • Charles III se rend mercredi à New York pour assister à une cérémonie au mémorial du 11-Septembre et célébrer les liens culturels et économiques entre le Royaume-Uni et les Etats-Unis
  • Mercredi, Charles III et la reine Camilla commenceront leur visite à New York par une cérémonie de dépôt de gerbe au mémorial des attentats du 11 septembre 2001, qui ont tué près de 3.000 personnes il y a 25 ans

NEW YORK: Charles III se rend mercredi à New York pour assister à une cérémonie au mémorial du 11-Septembre et célébrer les liens culturels et économiques entre le Royaume-Uni et les Etats-Unis à un moment de tensions entre les deux alliés historiques.

Ce troisième jour de la visite d'Etat du roi intervient au lendemain d'un discours devant le Congrès américain, le premier pour un souverain britannique depuis 1991, et d'un banquet à la Maison Blanche.

Mercredi, Charles III et la reine Camilla commenceront leur visite à New York par une cérémonie de dépôt de gerbe au mémorial des attentats du 11 septembre 2001, qui ont tué près de 3.000 personnes il y a 25 ans. Le nouveau maire de New York, Zohran Mamdani, sera présent.

"Cette tragédie a été un moment fondateur pour l'Amérique, et votre douleur, votre choc a été ressenti de par le monde", a déclaré mardi le souverain devant les parlementaires américains.

"Nous nous sommes alors tenus à vos côtés. Et nous sommes aujourd'hui a vos côtés pour se souvenir de ce jour qui ne devra jamais être oublié", a ajouté Charles III à la tribune du Congrès, avant d'appeler Washington à rester fidèle à ses alliés occidentaux et lancé quelques critiques voilés à l'attention de Donald Trump.

Winnie l'ourson 

Il rencontrera ensuite des secouristes du 11-Septembre et des familles de victimes, avant d'aller visiter un projet de ferme urbaine.

Pendant ce temps, Camilla va célébrer le 100e anniversaire de Winnie l'ourson à la bibliothèque municipale de New York en offrant un jouet à l'effigie de Petit Gourou, un autre personnage de cet univers.

Le roi doit ensuite participer à un événement économique centré sur la coopération entre le Royaume-Uni et les Etats-Unis, en présence d'investisseurs et de patrons d'entreprises.

Donald Trump a laissé planer mi-avril la menace d'un retrait des Etats-Unis de l'accord conclut avec Londres sur les droits de douane, arme économique favorite d'un président américain résolument protectionniste.

Le milliardaire républicain est agacé par la réticence du gouvernement britannique à aider Washington dans sa guerre contre l'Iran menée avec Israël.

En fin de journée, Charles III se rendra à une réception pour son association d'aide à la jeunesse, The King's Trust. Le couple royal reviendra à Washington jeudi avant de se rendre sur le territoire britannique des Bermudes.

Cette visite d'Etat de plusieurs jours devait aider à recoller les morceaux d'une "relation spéciale" fissurée par les désaccords politique entre Donald Trump et le Premier ministre travailliste Keir Starmer à propos de la guerre en Iran.

En cette année qui marque le 250e anniversaire de la Déclaration d'indépendance, par laquelle des colonies britanniques sont devenues les Etats-Unis d'Amérique, le président républicain a affiché sa fascination pour la monarchie en recevant le chef d'Etat britannique avec tous les honneurs: militaires en tenue d'apparat, fanfare, 21 coups de canon et survol de la Maison Blanche par des avions de combat.


Le chef du Pentagone va s'expliquer sur la guerre en Iran devant les députés américains

 Le ministre américain de la Défense Pete Hegseth va devoir s'expliquer mercredi sur la conduite la guerre en Iran lors de sa première audition parlementaire depuis le début du conflit. (AFP)
Le ministre américain de la Défense Pete Hegseth va devoir s'expliquer mercredi sur la conduite la guerre en Iran lors de sa première audition parlementaire depuis le début du conflit. (AFP)
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  • Depuis le début de la guerre, le 28 février, des parlementaires des deux bords ont critiqué l'exécutif américain pour le manque d'information qui leur a été fourni, alors qu'ils est d'usage que certains soient régulièrement informés
  • Pete Hegseth, figure particulièrement clivante du gouvernement de Donald Trump, risque ainsi de faire face à des questions appuyées de l'opposition démocrate

WASHINGTON: Le ministre américain de la Défense Pete Hegseth va devoir s'expliquer mercredi sur la conduite la guerre en Iran lors de sa première audition parlementaire depuis le début d'un conflit qui s'enlise, malgré un cessez-le-feu prolongé par Donald Trump.

Le chef du Pentagone, très critiqué par l'opposition démocrate, fera face aux questions des membres de la Commission des forces armées de la Chambre des représentants aux côtés de Dan Caine, le chef d'état-major américain.

Depuis le début de la guerre, le 28 février, des parlementaires des deux bords ont critiqué l'exécutif américain pour le manque d'information qui leur a été fourni, alors qu'ils est d'usage que certains d'entre-eux soient régulièrement informés avec des renseignements classés secret défense.

Pete Hegseth, figure particulièrement clivante du gouvernement de Donald Trump, risque ainsi de faire face à des questions appuyées de l'opposition démocrate, alors que les conséquences économiques de la guerre se font sentir dans le monde entier et jusque dans l'opinion américaine avec une hausse des prix à la pompe.

"Le ministre Hegseth va enfin se présenter devant la Commission des forces armées de la Chambre cette semaine, a salué la députée démocrate Maggie Goodlander. Il est temps qu'il réponde d'une guerre lancée par choix".

Donald Trump et son gouvernement ont multiplié les déclarations contradictoires sur les buts de guerre de Washington et sur les manières de mettre fin au conflit.

Demande d'enquête 

Les négociations pour y mettre fin piétinent, alors qu'un cessez-le-feu est en vigueur depuis trois semaines. En attendant, Téhéran exerce un quasi-blocage de la navigation au détroit d'Ormuz, passage stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures, tandis que Washington a mis en place un blocus des ports iraniens.

La marine américaine a déployé trois de ses porte-avions dans la région, une première depuis plus de vingt ans.

La conduite de la guerre par Pete Hegseth irrite depuis le début les élus de l'opposition démocrate, qui ont lancé six procédures visant à le démettre de ses fonctions, sans réel espoir d'y parvenir.

Nombre de parlementaires, y compris des républicains, regrettent aussi que l'exécutif américain n'ait pas consulté davantage le Congrès avant de déclencher ce conflit, alors que la Constitution exige son accord pour formellement "déclarer" la guerre.

Les démocrates ont plusieurs fois échoué à faire passer une résolution visant à limiter les pouvoirs militaires de Donald Trump en Iran.

Plus d'une dizaine d'entre eux ont aussi demandé la semaine dernière l'ouverture d'une "enquête formelle et immédiate" sur la mort de six soldats américains au Koweït dans les premiers jours du conflit, estimant que le ministre a "induit le public en erreur sur les circonstances de l'attaque".

Au total, 13 militaires américains ont été tués depuis le 28 février, et 400 ont été blessés.

Explosion du budget 

Les parlementaires pourraient aussi interroger Pete Hegseth sur le coût de la guerre, tant d'un point de vue strictement budgétaire que sur l'utilisation à grande échelle de missiles aux stocks limités, certains craignant un épuisement critique d'armements stratégiques.

L'audition porte officiellement sur la demande de l'exécutif américain d'augmenter de 42% le budget américain de la défense, déjà faramineux, pour le porter à 1.500 milliards de dollars en 2027, l'équivalent du produit intérieur brut (PIB) de l'Indonésie ou des Pays-Bas.

L'audition de mercredi pourrait aussi porter sur la vague de départ dans les plus hauts postes du Pentagone, ou sur l'utilisation de l’intelligence artificielle au sein des forces armées.

L'entreprise Anthropic est en conflit avec le ministère de la Défense pour avoir refusé que ses outils d'IA soient utilisés pour la surveillance de masse des citoyens américains et pour rendre des armes totalement autonomes.


Grèce: un homme de 89 ans recherché après deux fusillades

Un peu plus tôt, il avait blessé légèrement à la jambe un employé dans une antenne de la Sécurité sociale grecque. (AFP)
Un peu plus tôt, il avait blessé légèrement à la jambe un employé dans une antenne de la Sécurité sociale grecque. (AFP)
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  • L'homme âgé, présenté comme souffrant de troubles psychologiques, a abandonné son arme en s'enfuyant du tribunal, dans le centre d'Athènes, où il venait de blesser légèrement trois personnes, selon la même source
  • Un peu plus tôt, il avait blessé légèrement à la jambe un employé dans une antenne de la Sécurité sociale grecque

ATHENES: La police grecque recherche mardi un homme de 89 ans, en fuite et soupçonné d'être l'auteur de deux fusillades dans des bâtiments publics à Athènes qui ont fait quatre blessés légers, selon l'agence de presse grecque ANA.

L'homme âgé, présenté comme souffrant de troubles psychologiques, a abandonné son arme en s'enfuyant du tribunal, dans le centre d'Athènes, où il venait de blesser légèrement trois personnes, selon la même source.

Un peu plus tôt, il avait blessé légèrement à la jambe un employé dans une antenne de la Sécurité sociale grecque.