COP26 : Alok Sharma, sobre président d'un sommet crucial

Chargé, au coeur des négociations entre pays, de concilier l'inconciliable, ce Britannique réservé de 54 ans, notait jeudi le surnom qui lui est parfois donné: "no drama Sharma", son nom affublé d'un "pas de drame" reflétant pour certains un manque d'aspérités. (Photo, AFP)
Chargé, au coeur des négociations entre pays, de concilier l'inconciliable, ce Britannique réservé de 54 ans, notait jeudi le surnom qui lui est parfois donné: "no drama Sharma", son nom affublé d'un "pas de drame" reflétant pour certains un manque d'aspérités. (Photo, AFP)
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Publié le Samedi 13 novembre 2021

COP26 : Alok Sharma, sobre président d'un sommet crucial

  • «Je pense qu'Alok Sharma s'en est bien tiré, mais que le gouvernement britannique a été pris en faute parce qu'il n'a pas pris assez tôt la mesure la gravité et le degré de difficulté»
  • «C'est l'un des gars les plus sympas que je connaisse en politique, ils est très affûté, il s'intéresse à des problèmes précis, pas simplement à des phrases toutes faites»

GLASGOW : A peine connu encore récemment au Royaume-Uni, il a à présent les yeux de la planète braqués sur lui. La COP26 a apporté à son président Alok Sharma une notoriété soudaine et lui a mis la pression d'une conclusion du sommet à la hauteur de l'urgence.


Chargé, au coeur des négociations entre pays, de concilier l'inconciliable, ce Britannique réservé de 54 ans, notait jeudi le surnom qui lui est parfois donné: "no drama Sharma", son nom affublé d'un "pas de drame" reflétant pour certains un manque d'aspérités.


Un surnom calqué sur celui de l'ancien président américain Barack Obama, qui a connu à la fois la COP de 2009 à Copenhague, qui s'est soldée par un échec, et celle de 2015 en France dont les avancées ont donné l'accord de Paris, la clé de voûte de la diplomatie du climat.


Sharma, un ex-ministre chargé des Entreprises, n'a pas l'éloquence de Barack Obama ou même du Premier ministre britannique Boris Johnson, qui l'a nommé pour diriger la COP26 avec les Nations unies en février 2020.


Une nomination intervenue juste avant que la pandémie de coronavirus ne s'abatte sur le monde, sans toutefois l'empêcher de se déplacer partout sur la planète dans les mois qui ont précédé le sommet de Glasgow.


Il a ainsi cherché à nouer des relations personnelles avec les petits Etats insulaires mais aussi avec des poids lourds de l'économie et des émissions de gaz à effet de serre, se rendant en Chine et dans son Inde natale, deux pays qui freinent la conclusion d'un accord ambitieux.


Si Boris Johnson a été critiqué pour n'avoir pas nommé une grande figure à ce poste essentiel, Alok Sharma s'est attiré l'estime de nombre de délégués pour son approche équilibrée.


"Je pense qu'Alok Sharma s'en est bien tiré, mais que le gouvernement britannique a été pris en faute parce qu'il n'a pas pris assez tôt la mesure la gravité et le degré de difficulté" de la COP, estime l'ancien chef de l'opposition travailliste britannique Ed Miliband, interrogé par l'AFP.


"On ne peut pas compenser en deux semaines le travail qu'on n'a pas fait en deux ans", lance-t-il à l'adresse de Boris Johnson.

De l'entreprise au climat
Alok Sharma cumulait initialement les casquettes de président de la COP26 et de ministre des Entreprises. Un choix qui a conduit les critiques à accuser Boris Johnson de ne pas prendre suffisamment au sérieux la COP, repoussée d'un an à cause du Covid-19.


C'est ainsi qu'Alok Sharma est devenu président à plein temps.


Alok Sharma est né en 1967 à Agra, la ville du Taj Mahal, avant que ses parents ne s'installent cinq ans plus tard à Reading, une ville en périphérie de Londres.


A l'instar de son collègue au gouvernement, le ministre des Finances Rishi Sunak, il a prêté son serment de député sur la Bhagavad Gita, le livre sacré hindou.


Johnny Luk, un militant conservateur d'origine chinoise, qui a fait l'objet de "beaucoup d'injures racistes" quand il s'est présenté en 2019, souligne qu'Alok Sharma lui avait "personnellement manifesté son soutien". "Ca a beaucoup compté pour moi", avait-il déclaré au journal Daily Telegraph.


"C'est l'un des gars les plus sympas que je connaisse en politique, ils est très affûté, il s'intéresse à des problèmes précis, pas simplement à des phrases toutes faites", avait ajouté Johnny Luk.


Dans son parcours, de l'université de Salford, dans le nord-ouest de l'Angleterre, à ses stages de comptable puis ses emplois dans la finance d'entreprise, rien ne laissait présager qu'il dirigerait un jour la COP.


Sous l'impulsion de son épouse suédoise, il est devenu député conservateur en 2010, avant d'occuper plusieurs petits portefeuilles ministériels puis de se voir confier celui du Développement international à l'arrivée au pouvoir en juillet 2019 de Boris Johnson.


Il a été l'un des rares opposants au Brexit conservés par ce dernier et a été considéré comme digne de confiance et s'est montré fidèle à la ligne dure du Premier ministre sur la sortie de l'Union européenne.

Berceau du charbon, Glasgow désormais pionnière dans la lutte contre les effets du réchauffement

Glasgow : A Glasgow, qui accueille la conférence internationale sur le climat COP26, le canal de Forth et Clyde, jadis infrastructure essentielle de la révolution industrielle responsable des émissions carbone, est devenu un projet pionnier de la lutte contre les effets du réchauffement climatique.


Il y a "200 ans, le bois, la pierre, le charbon passaient par ici" avant de rejoindre les usines qui ont fait de la cité écossaise une puissance industrielle européenne, raconte Peter Robinson, ingénieur en chef de Scottish Canals, en parcourant les eaux du canal, inauguré en 1790, à bord d'une péniche.


La révolution industrielle a débuté lorsqu'un Ecossais, l'ingénieur James Watt, a décidé en 1765 d'appliquer un condensateur à la machine à vapeur afin d'améliorer sa puissance et son efficacité.   


Cette idée lui est venue en se baladant dans un parc de la ville, relate Ewan Gibbs, expert en histoire économique et sociale de l'université de Glasgow. "On pourrait dire, dans les grandes lignes, que c'était le début de l'économie moderne du carbone".

«Bassin houiller»

Puissante plaque tournante pour le sucre et le tabac dès le XVIIIe siècle, Glasgow a vu son industrie textile se développer, avant d'évoluer au milieu du XIXe siècle vers l'industrie lourde, avec la fabrication de locomotives pour le chemin de fer naissant et par la suite de navires et d'armements lourds.


Le canal "était utilisé pour transporter le charbon par barge, notamment vers Glasgow depuis le Lanarkshire, le principal bassin houiller d'Écosse", détaille M. Gibbs. "Souvent, les aciéries étaient situées à des endroits stratégiques le long du canal pour pouvoir s'approvisionner en charbon".


Les conditions de vie étaient très dures, "avec les effets du smog couplés à la forte densité de population, et les gens vivaient, entassés les uns sur les autres, réchauffés par des cuisinières à charbon". 


Un siècle plus tard, Forth et Clyde a fait peau neuve. 


Depuis cette semaine, en pleine COP26, ses 57 km se sont transformés pour devenir le "premier +canal intelligent+ d'Europe", conçu pour lutter contre les inondations qui sont l'une des conséquences du changement climatique, explique M. Robinson.


"Nous avons appliqué la pensée du XXIe siècle à une infrastructure du XVIIIe siècle", fait-il valoir. 


Grâce aux prévisions de l'agence météorologique, "avant qu'une inondation ne se produise, le canal abaissera son niveau, c'est-à-dire qu'il éjectera son eau pour qu'elle atteigne la mer avant qu'il ne commence à pleuvoir".


Capable de contenir jusqu'à 55.000 m3, il agira comme "une éponge" et empêchera les eaux de pluie d'inonder le centre-ville, situé à environ 15 minutes de marche.  


D'autant que "l'intensité des précipitations à Glasgow devrait augmenter de 32 % d'ici 2072", précise Ewan Gibbs.


Et la transformation ne s'arrête pas là.


Tombés en désuétude dans les années 1960 au début de la désindustrialisation, les canaux et leurs rives se sont remplis "d'ordures" et "de matériaux vraiment nocifs", retrace Amelia Morgan, cadre de l'organisme public qui les gère. La réhabilitation a nécessité 20 ans de "travail acharné et d'investissements considérables".

Vélo, pêche et kayak
Aujourd'hui, les "claypits" --carrières d'argile d'où sortaient les briques pour la ville-- abritent une réserve naturelle, les entrepôts industriels accueillent des maisons et le site d'une centrale électrique est devenu une forêt où les habitants du Nord de Glasgow vont marcher, pêcher, faire du vélo ou du kayak. 


Cette zone est l'une des plus défavorisées de la ville, avec un chômage élevé et des problèmes de santé comme l'obésité et l'alcool. 


"L'espérance de vie des habitants du Nord de la ville est d'environ 52 ans pour un homme" alors qu'à "cent mètres de l'autre côté du canal, dans la partie centrale plus aisée, elle bondit de 20 ans", explique Josie Saunders, à la tête des relations publiques de Scottish Canals.


Mais si Forth and Clyde "jouait (jadis) le rôle d'une barrière" divisant  Glasgow, il favorise désormais les liaisons grâce à la construction de ponts. 


Selon une récente étude de l'université calédonienne de Glasgow, ce renouveau a "diminué de 3% le taux de mortalité annuel pour les personnes vivant à moins de 500 mètres du canal".   


Hormis la Finnieston Crane, grue géante désaffectée sur les berges de la Clyde qui surplombe le centre des expositions où se tient la COP26, Glasgow ne garde guère de souvenirs de son passé industriel.


Pour M. Gibbs, cela fait partie "d'un effort délibéré dans les années 1980 et 1990 (...) d'essayer de changer l'image" industrielle de la ville, souvent associée aux grèves et conflits sociaux.

Suspense à la COP26 sur les questions de financement des plus pauvres

GLASGOW : Les négociations à la COP26 butaient toujours samedi sur l'épineuse question de l'aide financière aux pays pauvres alors que le présidence britannique espère arracher dans la journée un accord pour freiner le réchauffement de la planète.


Après un sommet accueillant plus de 120 chefs d'Etat, des annonces en tout genre sur les forêts ou le méthane, et deux semaines de négociations serrées sur de nombreux sujets explosifs, la conférence sur le climat de Glasgow joue les prolongations. Au moins une journée de plus pour tenter de "garder vivant" l'objectif le plus ambitieux de l'accord de Paris, celui de limiter le réchauffement à 1,5°C par rapport à l'ère pré-industrielle.


Vendredi soir, après la fin théorique de la conférence, la présidence britannique a donné rendez-vous à 08H00 (locales et GMT), après une nouvelle nuit de consultations, pour une troisième version du texte de la déclaration finale, espérant que le marteau pourrait tomber dans la journée de samedi. Mais à l'heure dite, aucun nouveau document n'avait été rendu public.


La deuxième version du texte publiée vendredi matin avait suscité des critiques de toutes parts.


Au coeur des tensions, l'enveloppe financière pour aider les pays les plus pauvres -- les moins responsables du changement climatique mais en première ligne face à ses impacts-- à réduire leurs émissions et à se préparer à affronter les conséquences dévastatrices du dérèglement climatique.


Les pays en développement ont notamment mis sur la table une proposition pour créer un mécanisme spécifique de prise en compte des "pertes et préjudices", c'est-à-dire les dommages déjà causés par les impacts ravageurs des tempêtes, sécheresses et canicules qui se multiplient.


Et c'est précisément cette question qui bloque selon plusieurs observateurs.


"C'est le moment de suspense" de la conférence, a ainsi déclaré à l'AFP Alden Meyer, du think tank E3G. "Ceux qui sont sur la ligne de front ne sont pas ceux qui ont causé le problème et il est de notre responsabilité éthique de les aider face à un problème qu'ils n'ont pas causé". 


La proposition d'un dispositif spécifique "a été mise sur la table par la totalité du monde en développement", grands pays émergents compris, a rappelé à l'AFP le représentant guinéen Amadou Sebory Touré, chef du groupe de négociation G77+Chine (plus de 100 pays en développement et émergents).


Un canal de financement spécifique est nécessaire "pour répondre à nos besoins et aux pertes et préjudices infligés à nos populations et nos économies par le changement climatique" a-t-il insisté.


Vendredi, le Premier ministre britannique Boris Johnson avait lancé à l'adresse des pays riches: "il faut mettre l'argent sur la table pour aider les pays en développement à faire les changements nécessaires  (...) C'est ce qui doit se passer dans les heures qui viennent".

Responsabilités
Mais selon plusieurs observateurs les pays riches, et notamment les Etats-Unis, font barrage à cette proposition. "Les Etats-Unis et l'UE bloquent cette proposition (...) Les pays riches bloquent le financement pour les pertes et préjudices à chaque étape depuis un certain temps", dénonçait vendredi Gabriela Bucher, de l'ONG Oxfam. 


L'UE a, selon des sources proches des négociations, une position plus ouverte, mais hésite sur l'idée d'un mécanisme spécifique.


Les discussions sont compliquées par la méfiance des pays pauvres, puisque les pays riches n'ont toujours pas tenu leur promesse faite en 2009 de porter à partir de 2020 leur aide climat au Sud à 100 milliards par an. 


Le Sud accuse aussi les pays développés de vouloir leur imposer de faire plus pour réduire leurs émissions de gaz à effet de serre alors qu'ils ne sont pas responsables du changement climatique.


Pour tenter de limiter le réchauffement, le texte provisoire de la présidence britannique appelle les Etats membres à relever leurs engagements de réduction d'émissions plus régulièrement que prévu dans l'accord de Paris, et ce dès 2022. Même si la possibilité d'aménagements pour "circonstances nationales particulières" a été ajoutée par rapport à la première version, provoquant des critiques des ONG sur la réelle ambition des pays à limiter la hausse des températures.


Malgré les nouveaux engagements à l'échéance 2030 annoncés juste avant et depuis le début de la COP, le monde se dirige toujours vers un réchauffement "catastrophique" de 2,7°C, selon l'ONU. Alors qu'un réchauffement de 1,1°C environ provoque déjà aujourd'hui une multiplication des catastrophes.


Autre question sensible au coeur des négociations, les énergies fossiles, principales responsables du réchauffement de la planète.


Alors que l'accord de Paris ne les mentionnait pas, le dernier projet de déclaration prévoit l'inclusion --adoucie par rapport à la première version-- de la sortie de leur financement. Sans satisfaire personne.


Trump a renvoyé une proposition d'accord plus stricte à l'Iran 

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  • D'après le New York Times, citant samedi des responsables ayant connaissance des tractations, le président américain a durci certains termes de la proposition qui était sur la table et a adressé ce nouveau plan à Téhéran
  • Selon le site Axios, il souhaitait renforcer la position de Washington sur plusieurs aspects qu'il considère personnellement comme importants, notamment le sort des matériaux nucléaires iraniens

WASHINGTON: Donald Trump a renvoyé une nouvelle proposition d'accord plus stricte à l'Iran pour mettre fin à la guerre, alors qu'une entente semblait se rapprocher ces derniers jours, affirment samedi des médias américain.

D'après le New York Times, citant samedi des responsables ayant connaissance des tractations, le président américain a durci certains termes de la proposition qui était sur la table et a adressé ce nouveau plan à Téhéran.

Le média américain n'est pas en mesure de préciser les changements apportés par le républicain. Mais selon le site Axios, il souhaitait renforcer la position de Washington sur plusieurs aspects qu'il considère personnellement comme importants, notamment le sort des matériaux nucléaires iraniens.

M. Trump a maintes fois répété qu'il était exclu que Téhéran se dote de l'arme atomique, et exige que son stock d'uranium hautement enrichi soit détruit.

La question du nucléaire est l'un des principaux points de friction dans les négociations pour mettre fin à la guerre déclenchée le 28 février par l'offensive israélo-américaine contre la République islamique.

Parmi les autres priorités du président figurent la réouverture et le déminage du détroit d'Ormuz par l'Iran, qui en bloquant cette voie d'eau perturbe gravement les approvisionnements en carburant et l'économie mondiale en général.

Les modifications apportées par Donald Trump pourraient encore prolonger les négociations. Des sources américaines ont indiqué à l'AFP que le président n'avait pas décidé de signer la proposition sur son bureau vendredi, après une réunion de crise à la Maison Blanche.

Dans la soirée, un responsable de la présidence avait affirmé que Donald Trump ne signerait un accord "que s'il est bon pour l'Amérique et que ses lignes rouges sont satisfaites".


Les Etats-Unis et l'Iran s'attaquent mutuellement malgré le cessez-le-feu

Les Etats-Unis et l'Iran ont annoncé dans la nuit de dimanche à lundi une série d'attaques réciproques, portant un nouveau coup au cessez-le-feu au moment où leurs négociations pour mettre fin à la guerre patinent. (AFP)
Les Etats-Unis et l'Iran ont annoncé dans la nuit de dimanche à lundi une série d'attaques réciproques, portant un nouveau coup au cessez-le-feu au moment où leurs négociations pour mettre fin à la guerre patinent. (AFP)
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  • Les informations de médias américains pendant le week-end faisant état de nouvelles exigences américaines envers Téhéran ont refroidi les espoirs d'accord imminent, alimentés par Donald Trump lui-même
  • Et tandis que sur le front libanais Israël a intensifié son offensive, l'armée américaine a annoncé avoir mené samedi et dimanche une nouvelle vague de frappes "défensives" sur le sud de l'Iran, la troisième en un peu plus d'une semaine

TEHERAN: Les Etats-Unis et l'Iran ont annoncé dans la nuit de dimanche à lundi une série d'attaques réciproques, portant un nouveau coup au cessez-le-feu au moment où leurs négociations pour mettre fin à la guerre patinent.

Les informations de médias américains pendant le week-end faisant état de nouvelles exigences américaines envers Téhéran ont refroidi les espoirs d'accord imminent, alimentés par Donald Trump lui-même.

Et tandis que sur le front libanais Israël a intensifié son offensive, l'armée américaine a annoncé avoir mené samedi et dimanche une nouvelle vague de frappes "défensives" sur le sud de l'Iran, la troisième en un peu plus d'une semaine.

Ces bombardements ont visé des systèmes de radar et de contrôle de drones dans la ville de Goruk et l'île de Qeshm dans le détroit d'Ormuz, a précisé le Commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom) dimanche soir sur X.

Ces opérations ont été menées "en réponse à des actions agressives de l'Iran, dont la destruction d'un drone américain MQ-1 qui opérait au-dessus des eaux internationales", a ajouté la même source.

Les Gardiens de la Révolution iraniens, peu après, ont affirmé avoir attaqué une base utilisée par l'armée américaine pour des frappes contre son territoire.

La localisation de cette base n'a pas été précisée dans le communiqué des Gardiens diffusé par les médias d'Etat.

L'armée du Koweït a annoncé de son côté faire face à une attaque de drones et missiles.

Washington et Téhéran s'étaient déjà accusés mutuellement jeudi de violer le cessez-le-feu en vigueur depuis le 8 avril, après des frappes américaines sur le sud de l'Iran suivies d'une attaque contre le Koweït.

Plus de fermeté 

La guerre a été déclenchée le 28 février par une offensive israélo-américaine, alors que Téhéran et Washington avaient repris des négociations sur le nucléaire. Le conflit, qui a fait des milliers de morts, ébranle l'économie mondiale en faisant grimper les prix du pétrole.

Alors que les deux pays semblaient ces derniers jours se rapprocher d'un accord, le New York Times a rapporté samedi, sans plus de détails, que le président américain avait durci sa proposition et envoyé une nouvelle version d'un possible protocole d'accord à Téhéran.

Selon le site américain Axios, M. Trump, dont la priorité déclarée est de mettre fin au programme nucléaire iranien et de rétablir le trafic maritime dans le détroit d'Ormuz, souhaite plus de fermeté des négociateurs de Washington.

La chaîne CBS a rapporté dimanche soir que la nouvelle proposition américaine prévoit une prolongation du cessez-le-feu de 60 jours avec des clauses prévoyant la réouverture d'Ormuz et un cadre pour une reprise des négociations sur le nucléaire.

"Nous n'approuverons aucun accord tant que nous n'aurons pas la certitude que les droits du peuple iranien ont été pleinement garantis", a averti dimanche le principal négociateur iranien, le président du Parlement Mohammad Bagher Ghalibaf.

L'Iran, qui revendique son droit à mener un programme nucléaire civil, a toujours démenti vouloir se doter de l'arme atomique, malgré les soupçons en ce sens des Etats-Unis et de nombreux pays.

Il souhaite aborder ce dossier dans un second temps en cas d'accord avec Washington et exige une levée immédiate des sanctions le frappant.

Site stratégique 

Donald Trump a insisté dimanche sur Truth Social que le projet d'accord "stipule très clairement que l'Iran n'aura pas d'arme nucléaire", et ce "en des termes très fermes".

Téhéran insiste aussi pour que tout accord inclue la fin des hostilités au Liban, où Israël veut "éliminer" le Hezbollah pro-iranien.

Mais sur ce front, l'armée israélienne continue à avancer dans le sud du pays où elle a mené de nouvelles frappes, et le Hezbollah poursuit ses attaques notamment dans le nord israélien, malgré la trêve en vigueur depuis le 17 avril, mais non respectée.

L'armée israélienne s'est emparée dimanche de la forteresse médiévale de Beaufort, un site stratégique où elle avait établi une base pendant les deux décennies de l'occupation israélienne, achevée en 2000.

Pour les Etats-Unis, c'est au Hezbollah de cesser les tirs en premier, en contrepartie de quoi Israël "s'abstiendrait de toute escalade à Beyrouth", selon un plan rapporté par un responsable américain à la suite d'entretiens menés dimanche par le chef de la diplomatie Marco Rubio avec le président libanais Joseph Aoun et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu.

La France a demandé une réunion d'urgence au Conseil de sécurité, qui se tiendra lundi, selon des sources diplomatiques à l'AFP.

 


Les Etats-Unis affirment avoir les moyens de repartir en guerre contre l'Iran

Le secrétaire américain à la Défense, Pete Hegseth, prend la parole alors qu’il est assis à côté de Bastian Giegerich, directeur général de l’International Institute for Strategic Studies (IISS), lors du sommet sur la sécurité IISS Shangri-La Dialogue à Singapore, le 30 mai 2026. (Reuters)
Le secrétaire américain à la Défense, Pete Hegseth, prend la parole alors qu’il est assis à côté de Bastian Giegerich, directeur général de l’International Institute for Strategic Studies (IISS), lors du sommet sur la sécurité IISS Shangri-La Dialogue à Singapore, le 30 mai 2026. (Reuters)
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  • Les États-Unis excluent tout accord avec l’Iran sans garanties sur le nucléaire et la réouverture du détroit d’Ormuz
  • Washington affirme être prêt à reprendre les hostilités si les négociations échouent

WASHINGTON: Les Etats-Unis ont affirmé samedi qu'ils avaient les moyens de repartir en guerre contre l'Iran, après avoir assuré qu'un accord de paix ne sera possible que si leurs "lignes rouges sont satisfaites".

L'incertitude règne quant à l'issue des discussions entre Téhéran et Washington, après les affrontements les plus graves cette semaine depuis l'entrée en vigueur de la trêve le 8 avril.

Des sources à Washington avaient évoqué jeudi un cadre d'accord prévoyant une extension de 60 jours du cessez-le-feu, et une réunion de deux heures vendredi à la Maison Blanche, consacrée à ce sujet, n'a débouché sur aucune annonce dans l'immédiat.

"L'Iran doit accepter qu'ils n'auront jamais d'arme nucléaire. Le détroit d'Ormuz doit être ouvert immédiatement" et Téhéran doit s'engager à le déminer, a énuméré avant cette réunion le président Donald Trump sur son réseau Truth Social.

Il a également demandé, tout en lettres capitales, à ce que le stock d'uranium hautement enrichi de l'Iran soit "DETRUIT".

Dans la soirée, un responsable de la Maison Blanche a affirmé à l'AFP que "le président Trump ne signera un accord que s'il est bon pour l'Amérique et que ses lignes rouges sont satisfaites".

"L'Iran ne peut pas avoir d'arme nucléaire", a répété ce responsable.

"Les échanges se poursuivent mais aucun accord final n'a encore été conclu", avait affirmé le porte-parole du ministère des Affaires étrangères iranien, Esmaïl Baghaï, en réaction aux propos de M. Trump.

Il a par ailleurs démenti toute discussion à ce stade sur la question nucléaire et a défendu "la situation spéciale" du détroit stratégique d'Ormuz, en raison de sa localisation géographique dans les eaux territoriales de l'Iran et d'Oman.

A Téhéran, les habitants suivent désabusés ces tractations diplomatiques. "Les deux camps tiennent des propos destinés à satisfaire leurs partisans. Il est difficile de savoir qui dit la vérité", commente Ali, un Iranien de 49 ans originaire de Tonekabon, sur la mer Caspienne.

- Hegseth prêt à reprendre le combat -

Dans ce contexte, le ministre américain de la Défense Pete Hegseth a affirmé que les Etats-Unis étaient "tout à fait capables" de reprendre les hostilités contre l'Iran "si nécessaire".

"Nos stocks sont largement adaptés à cet objectif, tant sur place que dans le reste du monde, compte tenu de la manière dont nous équilibrons des munitions de haute technologie et d'autres produites en plus grande quantité", a-t-il déclaré pendant le Dialogue de Shangri-La, un forum sur la défense à Singapour.

La guerre, déclenchée le 28 février par une offensive israélo-américaine contre l'Iran, a fait des milliers de morts, et ébranle l'économie mondiale en faisant grimper les prix du pétrole.

Le trafic maritime dans le détroit d'Ormuz s'est accéléré ces derniers jours, mais "cela ne signifie pas un retour à la situation d'avant-guerre", selon la télévision d'Etat iranienne, l'accès restant d'après elle interdit aux navires des pays "hostiles".

Téhéran réclame la fin des combats sur tous les fronts, en particulier au Liban où s'affrontent son allié, le Hezbollah, et Israël. Une trêve en vigueur depuis le 17 avril n'a jamais été respectée.

L'armée israélienne a encore étendu vendredi sa "zone de combat" dans le sud du Liban, tout en poursuivant ses frappes. Le ministère de la Santé libanais a fait état vendredi de 11 morts dans le sud du pays. Le mouvement pro-iranien a pour sa part revendiqué une nouvelle série d'attaques contre des cibles militaires dans le nord d'Israël, près de la frontière avec le Liban.

Pendant ce temps, des responsables militaires libanais et israéliens ont tenu une réunion à Washington qualifiée de "constructive" par le gouvernement américain. Selon le Pentagone, ces discussions militaires serviront de base à une nouvelle séance de négociations politiques entre représentants des deux pays pour parvenir à un accord de sécurité, les 2 et 3 juin à Washington.

Le Hezbollah est opposé à ces pourparlers et son bloc parlementaire a à nouveau appelé jeudi le Liban à s'en retirer.

Selon le dernier bilan officiel, les frappes israéliennes ont tué au Liban 3.355 personnes depuis le début de la guerre.