COP26 : Alok Sharma, sobre président d'un sommet crucial

Chargé, au coeur des négociations entre pays, de concilier l'inconciliable, ce Britannique réservé de 54 ans, notait jeudi le surnom qui lui est parfois donné: "no drama Sharma", son nom affublé d'un "pas de drame" reflétant pour certains un manque d'aspérités. (Photo, AFP)
Chargé, au coeur des négociations entre pays, de concilier l'inconciliable, ce Britannique réservé de 54 ans, notait jeudi le surnom qui lui est parfois donné: "no drama Sharma", son nom affublé d'un "pas de drame" reflétant pour certains un manque d'aspérités. (Photo, AFP)
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Publié le Samedi 13 novembre 2021

COP26 : Alok Sharma, sobre président d'un sommet crucial

  • «Je pense qu'Alok Sharma s'en est bien tiré, mais que le gouvernement britannique a été pris en faute parce qu'il n'a pas pris assez tôt la mesure la gravité et le degré de difficulté»
  • «C'est l'un des gars les plus sympas que je connaisse en politique, ils est très affûté, il s'intéresse à des problèmes précis, pas simplement à des phrases toutes faites»

GLASGOW : A peine connu encore récemment au Royaume-Uni, il a à présent les yeux de la planète braqués sur lui. La COP26 a apporté à son président Alok Sharma une notoriété soudaine et lui a mis la pression d'une conclusion du sommet à la hauteur de l'urgence.


Chargé, au coeur des négociations entre pays, de concilier l'inconciliable, ce Britannique réservé de 54 ans, notait jeudi le surnom qui lui est parfois donné: "no drama Sharma", son nom affublé d'un "pas de drame" reflétant pour certains un manque d'aspérités.


Un surnom calqué sur celui de l'ancien président américain Barack Obama, qui a connu à la fois la COP de 2009 à Copenhague, qui s'est soldée par un échec, et celle de 2015 en France dont les avancées ont donné l'accord de Paris, la clé de voûte de la diplomatie du climat.


Sharma, un ex-ministre chargé des Entreprises, n'a pas l'éloquence de Barack Obama ou même du Premier ministre britannique Boris Johnson, qui l'a nommé pour diriger la COP26 avec les Nations unies en février 2020.


Une nomination intervenue juste avant que la pandémie de coronavirus ne s'abatte sur le monde, sans toutefois l'empêcher de se déplacer partout sur la planète dans les mois qui ont précédé le sommet de Glasgow.


Il a ainsi cherché à nouer des relations personnelles avec les petits Etats insulaires mais aussi avec des poids lourds de l'économie et des émissions de gaz à effet de serre, se rendant en Chine et dans son Inde natale, deux pays qui freinent la conclusion d'un accord ambitieux.


Si Boris Johnson a été critiqué pour n'avoir pas nommé une grande figure à ce poste essentiel, Alok Sharma s'est attiré l'estime de nombre de délégués pour son approche équilibrée.


"Je pense qu'Alok Sharma s'en est bien tiré, mais que le gouvernement britannique a été pris en faute parce qu'il n'a pas pris assez tôt la mesure la gravité et le degré de difficulté" de la COP, estime l'ancien chef de l'opposition travailliste britannique Ed Miliband, interrogé par l'AFP.


"On ne peut pas compenser en deux semaines le travail qu'on n'a pas fait en deux ans", lance-t-il à l'adresse de Boris Johnson.

De l'entreprise au climat
Alok Sharma cumulait initialement les casquettes de président de la COP26 et de ministre des Entreprises. Un choix qui a conduit les critiques à accuser Boris Johnson de ne pas prendre suffisamment au sérieux la COP, repoussée d'un an à cause du Covid-19.


C'est ainsi qu'Alok Sharma est devenu président à plein temps.


Alok Sharma est né en 1967 à Agra, la ville du Taj Mahal, avant que ses parents ne s'installent cinq ans plus tard à Reading, une ville en périphérie de Londres.


A l'instar de son collègue au gouvernement, le ministre des Finances Rishi Sunak, il a prêté son serment de député sur la Bhagavad Gita, le livre sacré hindou.


Johnny Luk, un militant conservateur d'origine chinoise, qui a fait l'objet de "beaucoup d'injures racistes" quand il s'est présenté en 2019, souligne qu'Alok Sharma lui avait "personnellement manifesté son soutien". "Ca a beaucoup compté pour moi", avait-il déclaré au journal Daily Telegraph.


"C'est l'un des gars les plus sympas que je connaisse en politique, ils est très affûté, il s'intéresse à des problèmes précis, pas simplement à des phrases toutes faites", avait ajouté Johnny Luk.


Dans son parcours, de l'université de Salford, dans le nord-ouest de l'Angleterre, à ses stages de comptable puis ses emplois dans la finance d'entreprise, rien ne laissait présager qu'il dirigerait un jour la COP.


Sous l'impulsion de son épouse suédoise, il est devenu député conservateur en 2010, avant d'occuper plusieurs petits portefeuilles ministériels puis de se voir confier celui du Développement international à l'arrivée au pouvoir en juillet 2019 de Boris Johnson.


Il a été l'un des rares opposants au Brexit conservés par ce dernier et a été considéré comme digne de confiance et s'est montré fidèle à la ligne dure du Premier ministre sur la sortie de l'Union européenne.

Berceau du charbon, Glasgow désormais pionnière dans la lutte contre les effets du réchauffement

Glasgow : A Glasgow, qui accueille la conférence internationale sur le climat COP26, le canal de Forth et Clyde, jadis infrastructure essentielle de la révolution industrielle responsable des émissions carbone, est devenu un projet pionnier de la lutte contre les effets du réchauffement climatique.


Il y a "200 ans, le bois, la pierre, le charbon passaient par ici" avant de rejoindre les usines qui ont fait de la cité écossaise une puissance industrielle européenne, raconte Peter Robinson, ingénieur en chef de Scottish Canals, en parcourant les eaux du canal, inauguré en 1790, à bord d'une péniche.


La révolution industrielle a débuté lorsqu'un Ecossais, l'ingénieur James Watt, a décidé en 1765 d'appliquer un condensateur à la machine à vapeur afin d'améliorer sa puissance et son efficacité.   


Cette idée lui est venue en se baladant dans un parc de la ville, relate Ewan Gibbs, expert en histoire économique et sociale de l'université de Glasgow. "On pourrait dire, dans les grandes lignes, que c'était le début de l'économie moderne du carbone".

«Bassin houiller»

Puissante plaque tournante pour le sucre et le tabac dès le XVIIIe siècle, Glasgow a vu son industrie textile se développer, avant d'évoluer au milieu du XIXe siècle vers l'industrie lourde, avec la fabrication de locomotives pour le chemin de fer naissant et par la suite de navires et d'armements lourds.


Le canal "était utilisé pour transporter le charbon par barge, notamment vers Glasgow depuis le Lanarkshire, le principal bassin houiller d'Écosse", détaille M. Gibbs. "Souvent, les aciéries étaient situées à des endroits stratégiques le long du canal pour pouvoir s'approvisionner en charbon".


Les conditions de vie étaient très dures, "avec les effets du smog couplés à la forte densité de population, et les gens vivaient, entassés les uns sur les autres, réchauffés par des cuisinières à charbon". 


Un siècle plus tard, Forth et Clyde a fait peau neuve. 


Depuis cette semaine, en pleine COP26, ses 57 km se sont transformés pour devenir le "premier +canal intelligent+ d'Europe", conçu pour lutter contre les inondations qui sont l'une des conséquences du changement climatique, explique M. Robinson.


"Nous avons appliqué la pensée du XXIe siècle à une infrastructure du XVIIIe siècle", fait-il valoir. 


Grâce aux prévisions de l'agence météorologique, "avant qu'une inondation ne se produise, le canal abaissera son niveau, c'est-à-dire qu'il éjectera son eau pour qu'elle atteigne la mer avant qu'il ne commence à pleuvoir".


Capable de contenir jusqu'à 55.000 m3, il agira comme "une éponge" et empêchera les eaux de pluie d'inonder le centre-ville, situé à environ 15 minutes de marche.  


D'autant que "l'intensité des précipitations à Glasgow devrait augmenter de 32 % d'ici 2072", précise Ewan Gibbs.


Et la transformation ne s'arrête pas là.


Tombés en désuétude dans les années 1960 au début de la désindustrialisation, les canaux et leurs rives se sont remplis "d'ordures" et "de matériaux vraiment nocifs", retrace Amelia Morgan, cadre de l'organisme public qui les gère. La réhabilitation a nécessité 20 ans de "travail acharné et d'investissements considérables".

Vélo, pêche et kayak
Aujourd'hui, les "claypits" --carrières d'argile d'où sortaient les briques pour la ville-- abritent une réserve naturelle, les entrepôts industriels accueillent des maisons et le site d'une centrale électrique est devenu une forêt où les habitants du Nord de Glasgow vont marcher, pêcher, faire du vélo ou du kayak. 


Cette zone est l'une des plus défavorisées de la ville, avec un chômage élevé et des problèmes de santé comme l'obésité et l'alcool. 


"L'espérance de vie des habitants du Nord de la ville est d'environ 52 ans pour un homme" alors qu'à "cent mètres de l'autre côté du canal, dans la partie centrale plus aisée, elle bondit de 20 ans", explique Josie Saunders, à la tête des relations publiques de Scottish Canals.


Mais si Forth and Clyde "jouait (jadis) le rôle d'une barrière" divisant  Glasgow, il favorise désormais les liaisons grâce à la construction de ponts. 


Selon une récente étude de l'université calédonienne de Glasgow, ce renouveau a "diminué de 3% le taux de mortalité annuel pour les personnes vivant à moins de 500 mètres du canal".   


Hormis la Finnieston Crane, grue géante désaffectée sur les berges de la Clyde qui surplombe le centre des expositions où se tient la COP26, Glasgow ne garde guère de souvenirs de son passé industriel.


Pour M. Gibbs, cela fait partie "d'un effort délibéré dans les années 1980 et 1990 (...) d'essayer de changer l'image" industrielle de la ville, souvent associée aux grèves et conflits sociaux.

Suspense à la COP26 sur les questions de financement des plus pauvres

GLASGOW : Les négociations à la COP26 butaient toujours samedi sur l'épineuse question de l'aide financière aux pays pauvres alors que le présidence britannique espère arracher dans la journée un accord pour freiner le réchauffement de la planète.


Après un sommet accueillant plus de 120 chefs d'Etat, des annonces en tout genre sur les forêts ou le méthane, et deux semaines de négociations serrées sur de nombreux sujets explosifs, la conférence sur le climat de Glasgow joue les prolongations. Au moins une journée de plus pour tenter de "garder vivant" l'objectif le plus ambitieux de l'accord de Paris, celui de limiter le réchauffement à 1,5°C par rapport à l'ère pré-industrielle.


Vendredi soir, après la fin théorique de la conférence, la présidence britannique a donné rendez-vous à 08H00 (locales et GMT), après une nouvelle nuit de consultations, pour une troisième version du texte de la déclaration finale, espérant que le marteau pourrait tomber dans la journée de samedi. Mais à l'heure dite, aucun nouveau document n'avait été rendu public.


La deuxième version du texte publiée vendredi matin avait suscité des critiques de toutes parts.


Au coeur des tensions, l'enveloppe financière pour aider les pays les plus pauvres -- les moins responsables du changement climatique mais en première ligne face à ses impacts-- à réduire leurs émissions et à se préparer à affronter les conséquences dévastatrices du dérèglement climatique.


Les pays en développement ont notamment mis sur la table une proposition pour créer un mécanisme spécifique de prise en compte des "pertes et préjudices", c'est-à-dire les dommages déjà causés par les impacts ravageurs des tempêtes, sécheresses et canicules qui se multiplient.


Et c'est précisément cette question qui bloque selon plusieurs observateurs.


"C'est le moment de suspense" de la conférence, a ainsi déclaré à l'AFP Alden Meyer, du think tank E3G. "Ceux qui sont sur la ligne de front ne sont pas ceux qui ont causé le problème et il est de notre responsabilité éthique de les aider face à un problème qu'ils n'ont pas causé". 


La proposition d'un dispositif spécifique "a été mise sur la table par la totalité du monde en développement", grands pays émergents compris, a rappelé à l'AFP le représentant guinéen Amadou Sebory Touré, chef du groupe de négociation G77+Chine (plus de 100 pays en développement et émergents).


Un canal de financement spécifique est nécessaire "pour répondre à nos besoins et aux pertes et préjudices infligés à nos populations et nos économies par le changement climatique" a-t-il insisté.


Vendredi, le Premier ministre britannique Boris Johnson avait lancé à l'adresse des pays riches: "il faut mettre l'argent sur la table pour aider les pays en développement à faire les changements nécessaires  (...) C'est ce qui doit se passer dans les heures qui viennent".

Responsabilités
Mais selon plusieurs observateurs les pays riches, et notamment les Etats-Unis, font barrage à cette proposition. "Les Etats-Unis et l'UE bloquent cette proposition (...) Les pays riches bloquent le financement pour les pertes et préjudices à chaque étape depuis un certain temps", dénonçait vendredi Gabriela Bucher, de l'ONG Oxfam. 


L'UE a, selon des sources proches des négociations, une position plus ouverte, mais hésite sur l'idée d'un mécanisme spécifique.


Les discussions sont compliquées par la méfiance des pays pauvres, puisque les pays riches n'ont toujours pas tenu leur promesse faite en 2009 de porter à partir de 2020 leur aide climat au Sud à 100 milliards par an. 


Le Sud accuse aussi les pays développés de vouloir leur imposer de faire plus pour réduire leurs émissions de gaz à effet de serre alors qu'ils ne sont pas responsables du changement climatique.


Pour tenter de limiter le réchauffement, le texte provisoire de la présidence britannique appelle les Etats membres à relever leurs engagements de réduction d'émissions plus régulièrement que prévu dans l'accord de Paris, et ce dès 2022. Même si la possibilité d'aménagements pour "circonstances nationales particulières" a été ajoutée par rapport à la première version, provoquant des critiques des ONG sur la réelle ambition des pays à limiter la hausse des températures.


Malgré les nouveaux engagements à l'échéance 2030 annoncés juste avant et depuis le début de la COP, le monde se dirige toujours vers un réchauffement "catastrophique" de 2,7°C, selon l'ONU. Alors qu'un réchauffement de 1,1°C environ provoque déjà aujourd'hui une multiplication des catastrophes.


Autre question sensible au coeur des négociations, les énergies fossiles, principales responsables du réchauffement de la planète.


Alors que l'accord de Paris ne les mentionnait pas, le dernier projet de déclaration prévoit l'inclusion --adoucie par rapport à la première version-- de la sortie de leur financement. Sans satisfaire personne.


Les négociations entre l'Iran et les Etats-Unis vont démarrer en Suisse

Le vice-président américain JD Vance est arrivé en Suisse dimanche, atterrissant à la base aérienne d’Emmen à 5 h 59 (03 h 59 GMT), selon son porte-parole. (AFP)
Le vice-président américain JD Vance est arrivé en Suisse dimanche, atterrissant à la base aérienne d’Emmen à 5 h 59 (03 h 59 GMT), selon son porte-parole. (AFP)
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  • Les négociations américano-iraniennes s’ouvrent en Suisse dans un contexte tendu, marqué par la poursuite des violences au Liban et des divergences sur l’application du protocole d’accord, notamment sur le nucléaire et un cessez-le-feu
  • L’escalade régionale s’intensifie avec la fermeture annoncée du détroit d’Ormuz par l’Iran, tandis que les États-Unis appellent à la retenue et poursuivent les discussions diplomatiques

BURGENSTOCK: Les discussions entre les Etats-Unis et l'Iran pour trouver une paix durable au Moyen-Orient doivent débuter dimanche matin dans un hôtel de luxe des Alpes suisses, quatre jours après la signature d'un protocole d'accord, déjà malmené, pour mettre fin aux hostilités.

Ces pourparlers, centrés sur le programme nucléaire iranien, sont prévus pour une durée renouvelable de 60 jours. Avant même qu'ils ne commencent, les écueils se sont accumulés, avec la poursuite des combats au Liban malgré une clause de l'accord-cadre prévoyant la fin des hostilités sur tous les fronts, et l'annonce par Téhéran d'une nouvelle fermeture du détroit d'Ormuz en représailles.

Sur le front libanais, des frappes israéliennes ont fait au moins 30 morts samedi dans l'est et le sud du Liban, avant une accalmie constatée par un correspondant de l'AFP en fin de journée, lorsque l'armée israélienne a reçu l'ordre de cesser les affrontements avec le Hezbollah pro-iranien.

Les pourparlers débuteront dans le courant de la matinée, a annoncé la diplomatie suisse, précisant que la délégation américaine, dirigée par le vice-président américain JD Vance, et la délégation iranienne, menée par le président du Parlement iranien Mohammad Bagher Ghalibaf, étaient arrivées à l'hôtel de luxe de Bürgenstock, surplombant le lac de Lucerne, site des discussions. Les pays médiateurs, le Pakistan et le Qatar, sont également sur place.

Arrivée samedi soir, la délégation iranienne compte aussi, selon la télévision d'Etat iranienne, le chef de la diplomatie Abbas Araghchi et le gouverneur de la Banque centrale Abdolnaser Hemmati.

Les discussions devraient durer "quelques jours", a affirmé JD Vance à la presse samedi soir, ajoutant qu'il ne pourrait rester en Suisse "qu'un jour ou deux".

"J'espère qu'on va faire des progrès sur la question nucléaire et sur la question du cessez-le-feu au Liban. Ce sont les deux points principaux sur lesquels je pense que nous allons nous concentrer", a-t-il déclaré.

L'émissaire Steve Witkoff et le gendre du président Donald Trump, Jared Kushner, se trouvent également en Suisse, selon JD Vance.

Les pourparlers sont censés mener à un accord final pour mettre un terme au conflit au Moyen-Orient, déclenché par des frappes israélo-américaines sur l'Iran le 28 février. Les hostilités ont causé des milliers de morts, surtout en Iran et au Liban, et ébranlé l'économie mondiale.

- Protocole "en danger" -

Le porte-parole de la diplomatie iranienne, Esmaïl Baghaï, a toutefois prévenu samedi les Etats-Unis que le protocole d'accord serait "en danger" si ses clauses n'étaient pas appliquées rapidement, en référence à la situation au Liban.

Le conseiller militaire du guide suprême iranien, Mohsen Rezaei, a lui appelé à la prudence face à tout "optimisme", affirmant sur X que "l'ennemi a montré qu'il ne tenait pas ses promesses".

Le Hezbollah a entraîné le Liban dans la guerre au Moyen-Orient par des tirs de roquettes sur Israël pour venger la mort du guide suprême iranien, tué au début de la guerre.

Depuis, les opérations israéliennes au Liban ont fait 4.057 morts, selon le dernier bilan, samedi, du ministère libanais de la Santé.

L'armée israélienne a annoncé pour sa part qu'un de ses soldats avait été tué samedi dans le sud du Liban, portant à 36 le nombre de ses pertes depuis le début du conflit. Elle a précisé samedi que ses troupes ne mèneraient "pas de frappes proactives", mais qu'elles opéreraient "de manière défensive" au sein de la bande territoriale du sud du Liban occupée par Israël.

Avant son départ pour la Suisse, le vice-président américain a assuré que la situation "s'améliore" au Liban.

"Le gros problème, c'est que vous allez avoir quelqu'un qui va commencer à tirer et ensuite quelqu'un va répondre, et donc vous avez en quelque sorte ce problème de l'oeuf et de la poule où il faut réussir à arrêter les tirs suffisamment longtemps pour que le cessez-le-feu tienne, c'est ce qu'on essaie de faire", a-t-il dit.

- Ormuz fermé -

Après les nouveaux affrontements au Liban, le commandement central de l'armée iranienne a annoncé que "le détroit d'Ormuz serait fermé au trafic maritime", une "première mesure en réponse à la violation des engagements par l'ennemi". Il a menacé "d'autres mesures" si nécessaire "pour contraindre l'ennemi à respecter ses obligations".

La réouverture du détroit a constitué l'un des points clés du protocole d'accord américano-iranien. L'Iran avait verrouillé au début de la guerre cette voie maritime stratégique par laquelle transitaient auparavant quelque 20% des hydrocarbures mondiaux, provoquant une flambée des cours du pétrole.

Après l'annonce par l'Iran de sa nouvelle fermeture, le commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom) a indiqué que ses forces demeuraient "vigilantes". Selon lui, 55 navires marchands ont franchi le détroit de manière sûre samedi.

Téhéran a également évoqué la possible mise en place de "frais" de service maritime pour les navires voulant y transiter. Le président américain Donald Trump a lui aussi menacé d'appliquer un péage dans le détroit en cas d'échec des discussions avec l'Iran.


Iran: le négociateur en chef conditionne toute discussion avec les Etats-Unis aux «lignes rouges» fixées par Téhéran

L'Iran et les Etats-Unis ont signé cette semaine un protocole d'accord pour mettre fin à plus de trois mois de guerre au Moyen-Orient. (AFP)
L'Iran et les Etats-Unis ont signé cette semaine un protocole d'accord pour mettre fin à plus de trois mois de guerre au Moyen-Orient. (AFP)
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  • "Si l'ennemi se montre excessif" dans ses demandes, "nous avons prouvé que nous sommes prêts à riposter et que nous n'hésiterons pas à infliger une réponse cinglante", a ajouté celui qui est aussi le président du Parlement
  • L'Iran et les Etats-Unis ont signé cette semaine un protocole d'accord pour mettre fin à plus de trois mois de guerre au Moyen-Orient

TEHERAN: Le chef de l'équipe de négociation iranienne, Mohammad Bagher Ghalibaf, a insisté vendredi sur le nécessaire respect des "lignes rouges" de l'Iran lors des futurs pourparlers avec les Etats-Unis.

"Comme nous l'avons démontré tout au long des négociations précédentes, nous restons fermes dans le respect des conditions et des lignes rouges fixées, et dans la défense des intérêts de la nation iranienne", a déclaré l'influent M. Ghalibaf, cité par l'agence Irna.

"Si l'ennemi se montre excessif" dans ses demandes, "nous avons prouvé que nous sommes prêts à riposter et que nous n'hésiterons pas à infliger une réponse cinglante", a ajouté celui qui est aussi le président du Parlement.

L'Iran et les Etats-Unis ont signé cette semaine un protocole d'accord pour mettre fin à plus de trois mois de guerre au Moyen-Orient.

Le président iranien Massoud Pezeshkian, qui a paraphé l'accord à distance avec son homologue américain Donald Trump, a publié une déclaration similaire, réaffirmant que les intérêts nationaux demeuraient la "ligne rouge" de son pays, sans plus de précisions.

Cette signature doit ouvrir la voie à des négociations plus poussées et techniques, d'une durée reconductible de 60 jours, centrées sur le programme nucléaire iranien en vue d'un accord définitif.

Mais de premiers pourparlers, prévus vendredi en Suisse, ont été annulés.

Les propos de M. Ghalibaf font suite à un communiqué du guide suprême iranien, Mojtaba Khamenei, faisant part de ses réserves pour le protocole d'accord qu'il a finalement autorisé.

Il prévoit notamment la fin de la guerre sur tous les fronts, y compris au Liban. Mais des frappes israéliennes dans la nuit de jeudi à vendredi dans le sud du Liban ont fait 18 morts et 33 blessés, selon les autorités libanaises, Israël déplorant de son côté la perte de quatre soldats.

L'accord a par ailleurs permis la levée du blocus naval américain imposé depuis deux mois aux ports iraniens et la réouverture par Téhéran du détroit d'Ormuz, voie maritime cruciale pour les hydrocarbures.

En Iran, le texte suscite l'opposition de certains conservateurs, hostiles à des concessions, notamment sur le contrôle du stratégique détroit.

"Les Américains ne respectent aucun engagement, ils n'ont jamais été loyaux envers aucun accord et ils ne le seront jamais", a ainsi déclaré Hossein Shariatmadari, rédacteur en chef du journal ultraconservateur Kayhan, lors d'une interview jeudi accordée à la télévision d'Etat.

"Le détroit d'Ormuz est le moyen d'obtenir des compensations" lors des négociations, a-t-il estimé.


Vance lance un avertissement aux critiques de Trump en Israël

JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington. (AFP)
JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington. (AFP)
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  • "Si j'étais au gouvernement israélien, peut-être que je n'attaquerais pas le seul allié puissant qui me reste sur la planète" a-t-il averti
  • "Le problème d'Israël ce n'est pas Donald Trump, et ceux qui en Israël pensent que le président des Etats-Unis est leur plus gros problème doivent ouvrir les yeux et prendre conscience de la réalité", a conclu le vice-président

WASHINGTON: JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington.

"Ce que je veux dire, et cela me dérange, c'est qu'il y a des gens dans le gouvernement de Bibi (le surnom du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, ndlr) qui se sont exprimés pour attaquer l'accord et qui d'une certaine manière ont attaqué le président des Etats-Unis très personnellement", a dit le vice-président américain pendant une conférence de presse.

"Mon message pour eux est double. D'abord, Donald J. Trump est le seul chef d'Etat dans le monde entier qui est compréhensif envers Israël aujourd'hui, et il se trouve être le chef d'Etat de la première puissance mondiale", a poursuivi JD Vance.

"Si j'étais au gouvernement israélien, peut-être que je n'attaquerais pas le seul allié puissant qui me reste sur la planète" a-t-il averti.

"Le second message que je voudrais lancer à certains de ces ministres qui attaquent le président des Etats-Unis - Bibi, et c'est tout à son honneur, n'a pas pris cette voie - c'est que ces trois derniers mois, deux tiers des armes défensives qui ont protégé votre pays ont été fabriquées par des mains américaines et payées par les contribuables américains", a ajouté JD Vance.

"Le problème d'Israël ce n'est pas Donald Trump, et ceux qui en Israël pensent que le président des Etats-Unis est leur plus gros problème doivent ouvrir les yeux et prendre conscience de la réalité", a conclu le vice-président.