Débuts sans fanfare pour la nouvelle Bourse de Pékin

L'extérieur de la nouvelle bourse de Pékin (Capture d’écran, AFP).
L'extérieur de la nouvelle bourse de Pékin (Capture d’écran, AFP).
Short Url
Publié le Mardi 16 novembre 2021

Débuts sans fanfare pour la nouvelle Bourse de Pékin

  • Les firmes chinoises ont longtemps courtisé les investisseurs internationaux à Wall Street pour financer leur développement
  • La Bourse de Pékin se présente comme une solution pour le financement d'entreprises innovantes mais dont la petite taille pouvait être jusqu'à présent un frein

PEKIN: Un lancement sans fanfare: la Chine a inauguré lundi à Pékin une nouvelle Bourse, destinée aux PME innovantes, dans un contexte de rivalité avec Washington qui pousse le géant asiatique à lever des fonds à domicile plutôt qu'aux Etats-Unis.

La Chine comptait déjà trois grandes places boursières: à Shanghai (est) sa capitale économique, dans la métropole technologique de Shenzhen (sud) et dans son territoire semi-autonome de Hong Kong.

Les firmes chinoises ont longtemps courtisé les investisseurs internationaux à Wall Street pour financer leur développement.

En 2014, le géant du e-commerce Alibaba y avait réalisé la plus grosse introduction en Bourse de tous les temps, en levant 25 milliards de dollars.

Mais au moment où la guerre commerciale sino-américaine s'intensifiait sous la présidence de Donald Trump (2017-2021), le pouvoir communiste a pressé ses champions nationaux à se coter sur des places financières en Chine.

Ces dernières années, Hong Kong est ainsi devenue une place attrayante pour les entreprises technologiques chinoises, au point pour certaines (dont Alibaba) d'y établir une seconde cotation. 

Mais les PME éprouvent souvent des difficultés pour lever des fonds auprès des banques, en particulier dans le contexte actuel de ralentissement économique.

La Bourse de Pékin se présente comme une solution pour le financement d'entreprises innovantes mais dont la petite taille pouvait être jusqu'à présent un frein pour attirer des capitaux. 

«Réduire la dépendance»

Lundi, au premier jour de cotation, les actions de plus de 80 entreprises ont commencé à s'échanger sur cette place. 

"La Bourse de Pékin doit permettre aux entreprises technologiques chinoises de lever des fonds plus facilement, au moment où elles font face à davantage de contraintes réglementaires aux Etats-Unis", relève pour l'AFP l'analyste Rajiv Biswas, du cabinet IHS Markit.

L'an dernier, l'ex-administration Trump avait interdit aux Américains d'investir dans des entreprises chinoises considérées comme fournissant ou soutenant l'armée chinoise. 

Depuis son arrivée cette année à la Maison Blanche, Joe Biden n'a pas levé ces mesures.

La Bourse de Pékin vise également à "réduire la dépendance" des PME vis-à-vis des banques pour leurs prêts, au moment où le régime cherche à réduire le surendettement de son système financier, souligne M. Biswas.

"Une entreprise sans apport en capitaux restera toujours une PME", remarque un entrepreneur, Liang Yuankai.

"Pour grossir, elle a besoin d'un soutien" financier comme celui de la Bourse de Pékin, qui est "une excellente opportunité pour décoller", se réjouit M. Liang.

L'ouverture de cette nouvelle place financière s'est faite dans une relative discrétion. Les médias officiels ont fait l'impasse sur le direct et la presse étrangère n'a pas été conviée.

En quête de crédibilité

Les cours à la Bourse de Pékin ne peuvent fluctuer au quotidien de plus ou moins 30%. 

Résultat: les cotations de dix sociétés dont les actions avaient bondi lundi de 60% dans les premiers échanges ont été suspendues, d'après les médias d'Etat. 

La plupart des compagnies cotées à la nouvelle Bourse le sont déjà sur le NEEQ, une plateforme boursière d'échanges de gré à gré et destinée aux PME. 

Lancée en 2012, elle permet à ces entreprises de lever des fonds avant d'être cotées sur une grande Bourse.

La Chine a déjà lancé ces dernières années de nouvelles places boursières locales afin d'améliorer le financement des PME, notamment en 2019 avec le "STAR Market", un "Nasdaq chinois" consacré aux valeurs technologiques.

Mais la Bourse pékinoise permet en théorie de traiter plus rapidement les demandes d'introduction.

Toutefois, le succès de la place boursière sur le long terme "reste à voir", estime Hong Hao, analyste au sein du cabinet Bocom International.

"Il faut que les entreprises cotées soient crédibles pour susciter suffisamment d'intérêt", souligne-t-il.


Engie revoit à la hausse ses perspectives 2026 grâce à l’électrification et les infrastructures

Prise le 26 avril 2023, l'image montre le logo du groupe énergétique français Engie lors de l'assemblée générale du groupe à Paris. (AFP)
Prise le 26 avril 2023, l'image montre le logo du groupe énergétique français Engie lors de l'assemblée générale du groupe à Paris. (AFP)
Short Url
  • Engie relève ses objectifs 2026, porté par l’électrification, les renouvelables et l’acquisition de UK Power Networks
  • Le groupe affiche un bénéfice net semestriel en hausse de 13,7 % à 3,3 milliards d’euros

PARIS: Engie a revu à la hausse ses perspectives pour l’année 2026 après un premier semestre au cours duquel l'énergéticien a été porté par l’accélération de l’électrification et l’acquisition du distributeur britannique d’électricité UK Power Networks.

"Partout où nous opérons, l'électrification s'accélère, les besoins en infrastructure, en flexibilité, en solution bas carbone continuent de croître", a déclaré Catherine MacGregor, la directrice générale lors d’une conférence téléphonique vendredi. "Et tous les métiers d'Engie sont au coeur de ces transformations".

"Qu'il s'agisse des renouvelables, des batteries, des réseaux électriques, des infrastructures locales ou encore des offres dédiées aux +data centers+, nous accélérons nos investissements dans les activités qui répondent justement aux évolutions structurelles du système énergétique", a-t-elle ajouté.

Sur les six premiers mois de l'année, le bénéfice net a progressé de 13,7% à 3,3 milliards d’euros. Le chiffre d’affaires en revanche a reculé de 3,6% à 36,7 milliards d’euros.

Le groupe a bénéficié de sa dynamique opérationnelle lors de ces six mois et estime que son plan de performance en cours a contribué pour 304 millions d’euros à l'amélioration des résultats.

Il a également été porté par l’activité gaz soutenue par des conditions de marché favorables.

Côté perspectives, Engie a revu à la hausse son objectif de résultat net récurrent pour 2026 à un niveau compris entre 4,9 et 5,5 milliards d’euros (contre une fourchette de 4,6 à 5,2 milliards d’euros annoncée précédemment). Au premier semestre, cet indicateur qui exclut les activités exceptionnelles, s'est établi à 3 milliards d'euros.

L’Ebit (résultat opérationnel ajusté) hors nucléaire est quant à lui attendu dans une fourchette indicative de 9,2 à 10,2 milliards d’euros (contre 8,7 à 9,7 milliards d’euros auparavant).

"Nos activités de génération et nos infrastructures gazières jouent un rôle déterminant dans la sécurité du système et la maîtrise de son coût", a souligné Catherine MacGregor.

"C'est bien la cohérence stratégique associée à la solidité de nos modèles intégrés et à notre capacité d'exécution qui nous permet d'aborder la suite de l'année avec confiance et de relever notre +guidance+", a-t-elle conclu.


Saint-Gobain: bénéfice et ventes en recul au premier semestre mais des signes de croissance retrouvés

Le spécialiste des matériaux de construction Saint-Gobain a dévoilé jeudi un bénéfice net en baisse de 13% au premier semestre à 1,4 milliard d'euros, pénalisé par les conditions climatiques du premier trimestre, mais retrouve des signes de croissance. (AFP)
Le spécialiste des matériaux de construction Saint-Gobain a dévoilé jeudi un bénéfice net en baisse de 13% au premier semestre à 1,4 milliard d'euros, pénalisé par les conditions climatiques du premier trimestre, mais retrouve des signes de croissance. (AFP)
Short Url
  • Sur le semestre, le chiffre d'affaires est en repli de 1,1% à 23,6 milliards d'euros mais les ventes se sont améliorées dans la plupart des zones géographiques, à l'exception des Amériques, selon un communiqué du groupe français
  • En Europe du Nord, le chiffre d'affaires est en hausse de 0,2% sur le semestre. Sur la zone Europe du Sud, Moyen-Orient et Afrique, la croissance est de 2,1% et +2% en Asie-Pacifique

PARIS: Le spécialiste des matériaux de construction Saint-Gobain a dévoilé jeudi un bénéfice net en baisse de 13% au premier semestre à 1,4 milliard d'euros, pénalisé par les conditions climatiques du premier trimestre, mais retrouve des signes de croissance.

Sur le semestre, le chiffre d'affaires est en repli de 1,1% à 23,6 milliards d'euros mais les ventes se sont améliorées dans la plupart des zones géographiques, à l'exception des Amériques, selon un communiqué du groupe français.

"Après un premier trimestre marqué par l'impact de conditions climatiques défavorables dans l'hémisphère nord, le chiffre d'affaires à données comparables renoue avec la croissance au deuxième trimestre dans toutes les régions, y compris en volumes: en Europe grâce au marché de la construction neuve, en Amérique avec une normalisation des conditions climatiques en Amérique du Nord, et en Asie-Pacifique qui poursuit sa forte croissance", décrypte Saint-Gobain, qui emploie plus de 162.000 personnes dans 81 pays.

En Europe du Nord, le chiffre d'affaires est en hausse de 0,2% sur le semestre. Sur la zone Europe du Sud, Moyen-Orient et Afrique, la croissance est de 2,1% et +2% en Asie-Pacifique.

C'est la zone Amériques qui tire le chiffre d'affaires vers le bas avec -7,2% sur le semestre. En ne prenant en compte que le deuxième trimestre, les ventes sont restées stables (+0,4%).

En 2025, la zone représentait plus du quart du chiffre d'affaires global de Saint-Gobain.

L'Ebitda (excédent brut d'exploitation), un indicateur de rentabilité, atteint 3,6 milliards d'euros "affecté par l'effet de change", mais "bénéficiant du retour à la croissance au deuxième trimestre", explique Saint-Gobain.

L'entreprise a confirmé ses perspectives de croissance, malgré "un environnement macroéconomique contrasté et géopolitiquement incertain", selon Benoît Bazin, PDG du groupe, lors d'un point presse.

Saint-Gobain anticipe une croissance de ses ventes au deuxième semestre 2026 dans toutes les zones, "contrastées par pays" en Europe, "dans un contexte incertain" dans les Amériques et "tirée par l'Inde et l'Asie du sud-est" pour la zone Asie-Pacifique.


Veolia renforce sa performance opérationnelle et relève ses objectifs pour 2026

Laboratoire et contrôle des déchets réceptionnés site Veolia Courrières. (Photo by Mathieu Dréan / Veolia)
Laboratoire et contrôle des déchets réceptionnés site Veolia Courrières. (Photo by Mathieu Dréan / Veolia)
Short Url
  • Veolia confirme une dynamique de croissance solide, avec des résultats financiers en hausse et une meilleure performance opérationnelle
  • Le groupe relève ses ambitions 2026, soutenu par ses activités internationales et ses marchés d’avenir

DUBAI: Veolia a signé un premier semestre 2026 solide, porté par une amélioration de sa rentabilité et une croissance de ses principaux indicateurs financiers. Fort de ces résultats, le groupe relève ses objectifs pour l'ensemble de l'année et confirme la trajectoire de son plan stratégique GreenUp.

Le chiffre d'affaires atteint 22,2 milliards d'euros, en hausse de 1,5 %, tandis que l'EBITDA progresse de 5 % pour s'établir à 3,55 milliards d'euros. La marge d'EBITDA s'améliore de 70 points de base, reflet des efforts continus du groupe en matière d'efficacité opérationnelle. Le résultat net courant part du groupe s'élève à 837 millions d'euros, en progression de 10,4 %, dépassant le rythme de croissance initialement attendu.

Cette performance repose sur la bonne tenue des activités Eau et Énergie, sur une croissance soutenue à l'international, notamment dans les Amériques et en Asie, ainsi que sur des gains d'efficacité de 195 millions d'euros réalisés au premier semestre. Veolia continue de bénéficier d'une forte demande pour ses services liés à la gestion de l'eau, de l'énergie et des déchets, tout en maintenant une discipline stricte sur ses coûts et ses investissements.

Le groupe poursuit également sa transformation avec la finalisation de l'acquisition de Clean Earth, qui renforce sa position sur le marché américain du traitement des déchets dangereux. Cette opération s'inscrit dans la stratégie de développement international de Veolia et devrait contribuer à sa croissance à partir de 2027.

Parallèlement, Veolia accélère son développement sur les marchés liés aux centres de données, à la microélectronique et aux solutions numériques. Le groupe vise un milliard d'euros de chiffre d'affaires annuel sur ces activités d'ici 2030 et entend accroître le rôle de l'intelligence artificielle dans l'amélioration de son efficacité opérationnelle.

Au vu de ces performances, Veolia relève son objectif de croissance du résultat net courant pour 2026 à un minimum de 8 %, contre une prévision précédente plus prudente, et confirme l'ensemble des ambitions de son plan GreenUp. Ces résultats illustrent la capacité du groupe à conjuguer croissance, amélioration de la rentabilité et investissements dans ses relais de développement.