Au procès du 13-Novembre, «le sentiment d'échec» de l'ex-patron de la DGSE

«Nous savions qu’un ordre avait été donné de frapper la France. Nous savions que des opérationnels avaient été sélectionnés, s’entraînaient dans ce but. Nous connaissions plusieurs des acteurs, pourtant nous n’avons pas pu empêcher ce drame». (Photo, AFP)
«Nous savions qu’un ordre avait été donné de frapper la France. Nous savions que des opérationnels avaient été sélectionnés, s’entraînaient dans ce but. Nous connaissions plusieurs des acteurs, pourtant nous n’avons pas pu empêcher ce drame». (Photo, AFP)
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Publié le Mercredi 17 novembre 2021

Au procès du 13-Novembre, «le sentiment d'échec» de l'ex-patron de la DGSE

  • Bernard Bajolet a reconnu qu'Abdelhamid Abaaoud, le chef opérationnel des commandos du 13-Novembre, était «dans les radars» des services de renseignement depuis 2013
  • L'ancien patron de la DGSE explique que son service manquait de moyens et évoque le contexte

PARIS : Au procès des attentats du 13 novembre 2015, l'ancien patron des renseignements extérieurs Bernard Bajolet a fait part mardi de son "sentiment d'échec" pour avoir été incapable d'empêcher les attaques qui ont provoqué la mort de 130 personnes.

"Nous savions qu’un ordre avait été donné de frapper la France. Nous savions que des opérationnels avaient été sélectionnés, s’entraînaient dans ce but. Nous connaissions plusieurs des acteurs, pourtant nous n’avons pas pu empêcher ce drame", s'est excusé l'ancien chef de la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE) entre 2013 et 2017.

"On peut mettre en avant que nous avons continué à déjouer des attentats avant et après le 13-Novembre, mais ceci ne peut réduire la douleur des familles et le sentiment d'échec qui est le mien", a reconnu l'ex-coordonnateur national du renseignement et de la lutte contre le terrorisme entre 2008 et 2011.

Âgé de 72 ans, M. Bajolet a notamment reconnu qu'Abdelhamid Abaaoud, le chef opérationnel des commandos du 13-Novembre (tué dans un assaut policier à Saint-Denis cinq jours après les attentats), était "dans les radars" des services de renseignement depuis 2013. "Mais pour nous il était un djihadiste parmi d’autres", se justifie-t-il.

C'est seulement après mars 2014, quand les services français découvrent une vidéo où l'on voit Abaaoud "traîner des cadavres" que le combattant de l’État islamique devient "un djihadiste d'intérêt" à suivre "particulièrement". Mais, admet M. Bajolet, ce n'est que le 16 novembre 2015, trois jours après les attentats, que la DGSE parviendra enfin à savoir où Abaaoud se terre.

L'ancien patron de la DGSE explique que son service manquait de moyens et évoque le contexte. En 2015, il y avait 12 000 djihadistes étrangers dans l’État islamique dont de nombreux francophones. "Cela revenait à trouver une aiguille dans une botte de foin".

Après les attentats, la DGSE s'aperçoit qu'elle connaissait "six ou sept" des dix membres des commandos qui ont frappé Paris et le Stade de France.

La cour demande comment un djihadiste comme Samy Amimour (membre du commando du Bataclan), qui était placé sous contrôle judiciaire quand il a fui en Syrie, a pu faire l'aller-retour entre la France et la Syrie?  

"Ces personnes font l'objet d'un suivi mais nos moyens techniques, humains, ceux de la police des frontières, ne sont pas hélas infaillibles. Nous ne pouvons pas garantir que certains individus ne passeront pas entre les mailles. De plus, la France n'est pas un État policier", explique M. Bajolet.

"Ce qui s'est produit, on l'anticipait depuis des années. On le redoutait, c'était notre hantise, un attentat de masse contre des civils. L'ampleur et sa brutalité ne nous ont pas surpris. Il s'est produit ce qu'hélas nous redoutions", dit M. Bajolet, avant de quitter la barre.

L'audition de l'ex-patron de la DGSI (sécurité intérieure) Patrick Calvar, prévue mardi, a été repoussée à une date ultérieure.


Macron dans un lycée en Lozère mardi pour la rentrée scolaire

Le président français Emmanuel Macron signe une banderole réalisée par des élèves d’une école locale à son départ, après avoir présidé le Conseil des ministres hebdomadaire, dans la ville de Montluçon, dans le centre de la France, le 22 avril 2026. (AFP)
Le président français Emmanuel Macron signe une banderole réalisée par des élèves d’une école locale à son départ, après avoir présidé le Conseil des ministres hebdomadaire, dans la ville de Montluçon, dans le centre de la France, le 22 avril 2026. (AFP)
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  • Emmanuel Macron se rendra mardi au lycée Chaptal de Mende pour échanger sur la généralisation de l’interdiction des téléphones portables dans les lycées dès la rentrée
  • Il visitera ensuite la faculté d’éducation de l’université de Montpellier à Mende pour présenter la réforme de la formation des enseignants, destinée notamment à renforcer le recrutement

PARIS : Emmanuel Macron se rendra au lycée Chaptal de Mende (Lozère) mardi, où il échangera avec élèves et enseignants sur l'interdiction du téléphone portable dans les lycées, pour la dernière rentrée scolaire de son double quinquennat, a annoncé vendredi l'Elysée.

"Dans la suite de son engagement pour renforcer la protection des mineurs face aux expositions permanentes aux écrans, le chef de l'Etat échangera avec les élèves et les enseignants sur la généralisation de l'interdiction des téléphones portables au lycée, dans la continuité de ce qui est mis en place au collège depuis 2018", a précisé la présidence.

Déjà en vigueur de la maternelle au collège, l'interdiction du téléphone portable sera étendue aux lycées dès la rentrée par la loi visant à protéger les mineurs des réseaux sociaux.

Emmanuel Macron a promulgué ce texte mardi alors que le Conseil constitutionnel a censuré sa mesure phare interdisant l'accès aux réseaux sociaux aux moins de 15 ans.

Il se rendra ensuite à la faculté d'éducation de l'université de Montpellier sur le site de Mende à l'occasion de la mise en œuvre de la réforme de la formation initiale des enseignants, "grand engagement du second quinquennat" selon l'Elysée.

Pour répondre à la crise du recrutement, le ministère de l'Education nationale a réformé le système de concours afin notamment d'élargir le vivier de candidats.

Le concours a été avancé cette année à la fin de la licence (bac+3). Jusqu'à l'an dernier, les aspirants professeurs, dans le premier degré (écoles maternelles et primaires) comme dans le second degré (collèges et lycées) ne pouvaient passer le concours qu'après un master (bac+5).

Le manque d'enseignants, avec un nombre conséquent de postes non pourvus depuis plusieurs années, est une problématique de longue date dans l'Education nationale. En 2025, plus de 2.600 postes étaient restés vacants, selon des données compilées par l'AFP.

Cette réforme "permet de préparer plus tôt et plus progressivement les futurs enseignants à leur métier, grâce à des programmes rénovés, une formation renforcée et mieux répartie sur le territoire", estime la présidence.

"Elle doit renforcer durablement l'attractivité du métier et élargir le vivier de candidats qui seront rémunérés pendants leurs années de master", ajoute-t-elle.

Le chef de l’Etat échangera avec des étudiants se préparant au professorat des écoles, dont notamment les premiers lauréats du nouveau concours.


Mélenchon aux patrons: "si vous n'augmentez pas les salaires, la France va tomber en récession"

Jean-Luc Mélenchon participe à un débat réunissant sept candidats à la présidentielle de 2027, lors de La REF 2026 du Medef, sur le court Philippe-Chatrier à Roland-Garros, à Paris, le 27 août 2026. (AFP)
Jean-Luc Mélenchon participe à un débat réunissant sept candidats à la présidentielle de 2027, lors de La REF 2026 du Medef, sur le court Philippe-Chatrier à Roland-Garros, à Paris, le 27 août 2026. (AFP)
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  • Jean-Luc Mélenchon appelle les chefs d’entreprise à augmenter les salaires pour éviter une récession en France
  • Lors du débat du Medef, les principaux candidats ont exposé leurs visions économiques, de la réduction de la bureaucratie à la relance sociale et écologique

PARIS: Jean-Luc Mélenchon a exhorté jeudi les chefs d'entreprise à "augmenter les salaires" pour éviter à la France de "tomber en récession", en ouverture du premier débat entre les principaux candidats à la présidentielle, organisé par le Medef.

"Je vous mets en alerte: le budget Lecornu, plus l'inflation alimentaire, si vous n'augmentez pas les salaires, la France va tomber en récession", a lancé le candidat de La France insoumise lors de ce débat à Roland-Garros, diffusé par LCI.

Les sept candidats les mieux placés dans les sondages se sont exprimés à tour de rôle sur le court central.

Actuelle favorite selon les intentions de vote à moins de huit mois du premier tour du 18 avril, Marine Le Pen a estimé qu'il y avait "un consensus général sur la gravité de la situation" économique du pays.

"Moi j'appelle à l'union de l'ensemble des acteurs, à l'union des salariés et des entrepreneurs pour opérer le redressement, j'oserai même, même en présence de Monsieur Attal, la renaissance de la France", a dit la candidate du Rassemblement national.

Gabriel Attal, candidat du parti présidentiel Renaissance, conteste en justice l'utilisation de ce terme par la quadruple candidate à l'Elysée dans son slogan de campagne.

Ce dernier, qui se dispute avec Edouard Philippe la place de candidat du bloc central, a lui épinglé dans son introduction les insoumis, invitant Jean-Luc Mélenchon à "présenter des excuses pour les propos de (l'eurodéputée) Manon Aubry qui a qualifié les entrepreneurs français de nuisibles et de parasites".

Son concurrent Edouard Philippe, candidat du parti Horizons, souvent accusé de promettre du "sang et des larmes", s'est dit "convaincu qu'on ne gagne pas une élection, mais surtout qu'on ne sort pas un pays de l'ornière en se contentant de dire ce qui ne va pas et en disant que ça va être dur".

Il s'en est pris, lui aussi, à la proposition des insoumis d'annuler une partie de la dette publique française, car selon lui, "brûler la dette" mettra la France en "interdit bancaire".

"Moi je ne veux pas pour mon pays, la France, d'un destin de parc d'attractions pour tycoons américains, oligarques russes, dignitaires du Parti communiste chinois ou émirs du Golfe", a martelé pour sa part le social-démocrate Raphaël Glucksmann, proposant son "nouveau contrat patriotique".

A droite, Bruno Retailleau, candidat du parti Les Républicains, a promis de s'attaquer à "l'État bureaucratique", "vorace", "paperasse", qualifié de "premier problème", et qui "asphyxie les forces vives" selon lui.

L'écologiste Marine Tondelier a assuré les patrons que, comme eux, "les Ecologistes aussi veulent la liberté", car "l'écologie est la condition de la liberté".


Un soldat de la Légion étrangère française enlevé en Colombie

Le président colombien Abelardo de la Espriella prononce un discours lors de la cérémonie de passation de commandement à l'École militaire José María Córdova, à Bogota, le 26 août 2026. (AFP)
Le président colombien Abelardo de la Espriella prononce un discours lors de la cérémonie de passation de commandement à l'École militaire José María Córdova, à Bogota, le 26 août 2026. (AFP)
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  • Les rebelles l'ont enlevé après avoir réalisé qu'il appartenait à la Légion étrangère française, d'après la même source
  • José Olger Melo Charry, caporal engagé dans l'armée française depuis quatre ans, était en permission dans son pays d'origine, a déclaré jeudi le colonel Mauricio Osorio à la radio colombienne Blu Radio

BOGOTA: Un soldat franco-colombien de la Légion étrangère française a été enlevé début août dans une région de Colombie contrôlée par la guérilla, a annoncé l'armée jeudi.

José Olger Melo Charry a été pris en otage le 6 août alors qu'il circulait sur une route du département de Nariño, dans le sud-ouest du pays, selon un rapport de l'armée consulté par l'AFP.

Les responsables présumés de cet enlèvement sont des dissidents de la guérilla des Farc, aujourd'hui dissoute, qui avaient refusé de signer l'accord de paix de 2016 avec le gouvernement, indique le document.

Les rebelles l'ont enlevé après avoir réalisé qu'il appartenait à la Légion étrangère française, d'après la même source.

José Olger Melo Charry, caporal engagé dans l'armée française depuis quatre ans, était en permission dans son pays d'origine, a déclaré jeudi le colonel Mauricio Osorio à la radio colombienne Blu Radio.

Le groupe accusé de cet enlèvement est dirigé par un homme connu sous le nom d'Ivan Mordisco, le guérillero le plus recherché de Colombie.

Les groupes armés du pays, principalement impliqués dans le trafic de drogue et l'exploitation minière illégale, ont recours aux enlèvements pour extorquer de l'argent ou faire pression sur les autorités.

Le président Abelardo de la Espriella, tenant de la droite dure, affiche depuis son arrivée au pouvoir début août une politique de lutte sans merci contre les guérillas et les narcotrafiquants, avec le soutien des Etats-Unis.

Son prédécesseur de gauche, Gustavo Petro, lui-même ancien membre d'une autre guérilla dissoute, avait échoué dans la plupart de ses tentatives de conclure la paix, et de nombreux experts soulignent que les groupes armés se sont renforcés durant sa présidence.