Détruite par les talibans, une fresque bouddhiste afghane « clonée » au Japon

Des chercheurs japonais ont reproduit à l'identique une fresque bouddhiste détruite en 2001 par les talibans en Afghanistan, en utilisant un mélange de techniques traditionnelles et numériques. (Photo/AFP)
Des chercheurs japonais ont reproduit à l'identique une fresque bouddhiste détruite en 2001 par les talibans en Afghanistan, en utilisant un mélange de techniques traditionnelles et numériques. (Photo/AFP)
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Publié le Mercredi 17 novembre 2021

Détruite par les talibans, une fresque bouddhiste afghane « clonée » au Japon

  • La peinture originale sur le plafond d'une grotte près des célèbres statues représentait un Bodhisattva bleu, un disciple de Bouddha qui retarde son accession au nirvana pour aider les êtres humains
  • Une équipe d'artistes a ensuite achevé la copie en appliquant une peinture traditionnelle d'un bleu profond, la couleur lapis-lazuli, similaire à celle de la fresque d'origine

TOKYO : Des chercheurs japonais ont reproduit à l'identique une fresque bouddhiste détruite en 2001 par les talibans en Afghanistan, en utilisant un mélange de techniques traditionnelles et numériques, espérant ainsi préserver et transmettre "l'esprit" de cette oeuvre aux générations futures.

Il ne reste plus un seul fragment de la peinture rupestre du VIIe siècle qui avait été pulvérisée à l'explosif en même temps que les deux Bouddhas géants et d'autres objets archéologiques dans la vallée afghane de Bamiyan, un crime contre le patrimoine mondial qui avait suscité un tollé.

Mais une réplique fidèle, fruit de trois années de travail à la pointe de la technologie, a été exposée dans un musée de Tokyo en septembre-octobre, quelques semaines à peine après la reprise du pouvoir par les talibans en Afghanistan.

La peinture originale sur le plafond d'une grotte près des célèbres statues représentait un Bodhisattva bleu, un disciple de Bouddha qui retarde son accession au nirvana pour aider les êtres humains.

Longue de six mètres et haute de trois mètres, sa copie en taille réelle a été qualifiée de "super clone" par l'équipe de reproduction de l'Université des Arts de Tokyo.

"Nous avons réussi à recréer une représentation très précise en trois dimensions", de la texture à la peinture utilisée, explique à l'AFP Takashi Inoue, co-directeur de l'équipe et professeur spécialisé dans le patrimoine culturel eurasien.

« Toute destruction est vaine »

Le Japon est un important donateur à l'Afghanistan et participe depuis longtemps à la préservation du patrimoine archéologique de la vallée de Bamiyan, un carrefour d'anciennes civilisations situé dans le centre de l'Afghanistan et considéré comme l'un des berceaux du bouddhisme japonais.

L'équipe de M. Inoue a traité numériquement une centaine de photos de la fresque originale prises par des archéologues japonais avant sa destruction, afin de créer un modèle informatique de sa surface. Puis ces données ont été introduites dans une machine qui a gravé la forme exacte dans un bloc de polystyrène.

Une équipe d'artistes a ensuite achevé la copie en appliquant une peinture traditionnelle d'un bleu profond, la couleur lapis-lazuli, similaire à celle de la fresque d'origine.

Par ce procédé, "nous avons aujourd'hui les capacités de redonner forme aux œuvres et d'en transmettre l'esprit aux nouvelles générations", estime M. Inoue. "Toute destruction est vaine, préservons ensemble le patrimoine de l'humanité", lance-t-il.

Pour Kosaku Maeda, historien japonais spécialiste des vestiges de Bamiyan et co-directeur de l'équipe de reproduction de la fresque, les images "extrêmement choquantes" des Bouddhas de Bamiyan disparaissant dans des nuages de poussière restent gravées dans les mémoires.

Avec le retour au pouvoir des talibans, "je craignais qu'un tel acte soit à nouveau infligé aux vestiges", déclare ce spécialiste de 88 ans qui s'est rendu dans la vallée de Bamiyan à de nombreuses reprises depuis plus d'un demi-siècle.

"Avec les techniques actuelles de reconstitution, toute destruction est vide de sens" car "nous pouvons recréer les œuvres presque à l'infini et c'est notre message" aux talibans, déclare aussi M. Maeda.

Economie afghane en berne

Le nouveau régime islamiste a insisté sur sa volonté de protéger le patrimoine archéologique d'Afghanistan, contrairement à ses actes lors de son précédent passage au pouvoir de 1996 à 2001.

Lors d'une visite à Bamiyan début octobre, des journalistes de l'AFP ont vu des talibans monter la garde près des cavités qui abritaient les deux Bouddhas géants dans la paroi d'une falaise.

Avec l'économie afghane qui s'effondre, les talibans se sont rendus compte que la protection du patrimoine, "ça donne du travail et des revenus réguliers", a déclaré le mois dernier à l'AFP Philippe Marquis, directeur de la délégation archéologique française en Afghanistan.

Un centre culturel soutenu par l'Unesco est en cours de construction à Bamiyan, bien que son inauguration prévue cette année ait été retardée par la prise de pouvoir des talibans.

M. Maeda rêve de construire parallèlement un "musée de la paix" dans la vallée et, si possible, d'y exposer la copie de la fresque.

"Une nation reste vivante lorsque sa culture reste vivante", souligne-t-il en citant le message inscrit sur une banderole à l'entrée du Musée national de Kaboul.


Les Etats-Unis et le Venezuela annoncent un accord pétrolier "historique"

Donald Trump lors d’une rencontre avec Volodymyr Zelensky et des dirigeants européens à la Maison-Blanche, le 18 août 2025, et Delcy Rodriguez au palais présidentiel de Miraflores à Caracas, le 4 mars 2026. Caracas a confirmé le 28 août 2026 la signature d’un accord pétrolier majeur avec les États-Unis portant sur 65 milliards de barils de réserves prouvées. (AFP)
Donald Trump lors d’une rencontre avec Volodymyr Zelensky et des dirigeants européens à la Maison-Blanche, le 18 août 2025, et Delcy Rodriguez au palais présidentiel de Miraflores à Caracas, le 4 mars 2026. Caracas a confirmé le 28 août 2026 la signature d’un accord pétrolier majeur avec les États-Unis portant sur 65 milliards de barils de réserves prouvées. (AFP)
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  • Washington et Caracas annoncent un accord pétrolier présenté comme historique, portant sur 17 champs vénézuéliens, avec 65 milliards de barils de potentiel et plus de 100 milliards de dollars d’investissements
  • L’accord vise à relancer la production pétrolière du Venezuela et à réduire les prix de l’énergie aux États-Unis, mais des incertitudes persistent sur les investissements, la sécurité et la stabilité politique

WASHINGTON: Washington et Caracas ont annoncé vendredi avoir conclu un accord pétrolier "historique", qui verra les Etats-Unis prendre le contrôle majoritaire de plus de 65 milliards de barils des réserves du Venezuela.

Dans un message publié sur Truth Social, le président américain Donald Trump l'a qualifié de "plus grand accord pétrolier de l'histoire mondiale" qui doublerait, selon lui, les réserves pétrolières des Etats-Unis.

Il précise que l'accord a été établi "en étroite collaboration avec la présidente par intérim du Venezuela, Delcy Rodriguez" et "au travers d'un partenariat avec des entreprises privées".

Caracas a confirmé avoir signé un accord pétrolier "historique" avec les Etats-Unis, Mme Rodriguez remerciant "chaleureusement" Donald Trump dans un communiqué publié sur les réseaux sociaux.

Selon elle, l'accord prévoit "de développer 17 champs stratégiques, avec un potentiel avéré de 65 milliards de barils de pétrole, un investissement de plus de 100 milliards de dollars et plus de 209 milliards de dollars de recettes fiscales pour l'État" vénézuélien.

"Pour le peuple vénézuélien, cet accord (...) soutiendra des milliers d'emplois bien rémunérés et favorisera la reconstruction de l'économie vénézuélienne", a également déclaré le chef de la diplomatie américaine Marco Rubio sur X, confirmant "près de 100 milliards de dollars d'investissements privés" dans le pays.

Le Venezuela dispose des plus grandes réserves prouvées de pétrole au monde, avec plus de 303 milliards de barils. Mais sa production reste limitée.

En parallèle, les stocks stratégiques américains ("strategic petroleum reserve", ou SPR) sont à leur plus bas niveau depuis novembre 1982, selon les données de l'Agence américaine d'information sur l'énergie (EIA).

Washington s'est engagé à libérer progressivement 172 millions de barils sur les 415 millions qui composaient la SPR fin février pour pallier les perturbations d'approvisionnement et la hausse des cours du brut liées à la guerre en cours au Moyen-Orient.

Selon Donald Trump, "cette transaction historique" entre les Etats-Unis et le Venezuela permettra "de réduire considérablement le prix de l'essence pour tous les Américains, et ce pendant de nombreuses années".

Le président américain assure par ailleurs que cet accord "ne coûtera rien aux contribuables américains".

 

- Mainmise américaine -

 

Depuis le raid militaire américain qui a permis début janvier la capture de Nicolas Maduro, Donald Trump veut relancer l'exploitation des ressources pétrolières et gazières vénézuéliennes sous son propre patronage.

Le gouvernement américain essaye de pousser les entreprises américaines à s'engager dans le pays, suscitant toutefois des réactions mitigées face aux lourds investissements nécessaires pour remettre en état les infrastructures pétrolières du pays et y extraire de l'or noir.

Une réticence suscitée aussi par les expropriations menées par le régime vénézuélien dans le passé. Le géant américain ExxonMobil l'a notamment été à deux reprises.

"Le principal problème au Venezuela concernait la sûreté et la sécurité", a commenté auprès de l'AFP John Kilduff, analyste d'Again Capital.

Selon lui, les Etats-Unis pourraient chercher avec cet accord à "créer une sorte de zone d'État où les entreprises américaines peuvent s'implanter, exercer leurs activités sans subir de répercussions, et (...) éliminer le risque politique qui accompagne habituellement les investissements au Venezuela".

Pour Jorge R. Pinon, chercheur à l'Energy Institute de l'Université du Texas à Austin, de nombreuses "zones d'ombre" subsistent toutefois, notamment le risque qu'un futur gouvernement vénézuélien change brutalement "les règles du jeu", remettant en cause tout accord actuel.

"Ce sont des projets qui mettront très certainement de nombreuses années avant de voir le jour et de porter leurs fruits", estime par ailleurs l'expert pétrolier Oswaldo Felizzola.

Pour Elias Ferrer, fondateur du Think tank Orinoco Research, cette annonce relève d'"un jeu de récits autour d'accords qui étaient déjà en cours de négociation", l'achat par les Etats-Unis de brut vénézuélien étant dans tous les cas "garanti".

D'après l'expert, Donald Trump présente ces arrangements comme une victoire politique, en les inscrivant dans le contexte plus large du conflit au Moyen-Orient et de la flambée des prix de l'énergie.


Washington prévoit d'envoyer un nouveau porte-avions au Moyen-Orient dans les prochaines semaines 

Les Etats-Unis préparent le déploiement d'un nouveau porte-avions vers le Moyen-Orient "dans les prochaines semaines" pour y relayer un autre bâtiment déjà sur place, selon une information de l'Institut naval américain. (AFP)
Les Etats-Unis préparent le déploiement d'un nouveau porte-avions vers le Moyen-Orient "dans les prochaines semaines" pour y relayer un autre bâtiment déjà sur place, selon une information de l'Institut naval américain. (AFP)
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  • L'organisation a précisé mercredi que le Theodore Roosevelt et son escorte quitteront leur port d'attache de San Diego, en Californie, "dans les prochaines semaines" afin de "relayer le George Washington" arrivé dans la région depuis une semaine
  • Ce dernier avait lui-même remplacé le porte-avions Abraham Lincoln, dont la mission de très longue durée - plus de huit mois en mer sans escale - a fait émerger des critiques sur les conditions de vie à bord et la santé mentale de l'équipage

WASHINGTON: Les Etats-Unis préparent le déploiement d'un nouveau porte-avions vers le Moyen-Orient "dans les prochaines semaines" pour y relayer un autre bâtiment déjà sur place, selon une information de l'Institut naval américain.

L'organisation a précisé mercredi que le Theodore Roosevelt et son escorte quitteront leur port d'attache de San Diego, en Californie, "dans les prochaines semaines" afin de "relayer le George Washington" arrivé dans la région depuis une semaine.

Ce dernier avait lui-même remplacé le porte-avions Abraham Lincoln, dont la mission de très longue durée - plus de huit mois en mer sans escale - a fait émerger des critiques sur les conditions de vie à bord et la santé mentale de l'équipage.

Selon un haut responsable de la marine américaine cité par l'Institut naval américain, le déploiement du Theodore Roosevelt durera "plus de sept mois". "Leur commandement leur fait tabler sur huit mois", a-t-il encore déclaré.

Contacté par l'AFP, le Pentagone n'a pas fait de commentaire dans l'immédiat.

Le porte-avions Abraham Lincoln et ses quelque 5.000 marins s'apprêtent enfin à toucher terre, en Thaïlande, a indiqué la marine thaïlandaise à l'AFP jeudi. Cette escale est attendue du 2 au 6 septembre, selon des médias locaux.

Le bâtiment avait quitté San Diego le 21 novembre 2025 pour une mission en mer de Chine méridionale et avait été redirigé vers le Moyen-Orient avant que les Etats-Unis et Israël lancent leur offensive conjointe contre l'Iran le 28 février.


Emmanuel Macron rencontrera Andy Burnham à Londres la semaine prochaine

Le président français Emmanuel Macron attend l’arrivée du prince héritier d’Arabie saoudite pour une rencontre au palais de l’Élysée à Paris, le 24 août 2026. (AFP)
Le président français Emmanuel Macron attend l’arrivée du prince héritier d’Arabie saoudite pour une rencontre au palais de l’Élysée à Paris, le 24 août 2026. (AFP)
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  • Emmanuel Macron se rendra à Londres la semaine prochaine et sera reçu à Downing Street par le Premier ministre britannique Andy Burnham
  • Cette visite intervient avant l’exposition de la tapisserie de Bayeux au British Museum et dans un contexte de rapprochement entre Londres et l’UE sur l’Ukraine

LONDRES: Emmanuel Macron se rendra à Londres la semaine prochaine pour une visite au cours de laquelle le président français sera reçu à Downing Street par le nouveau Premier ministre britannique Andy Burnham, a indiqué jeudi à l'AFP une source gouvernementale britannique.

Cette visite intervient à quelques jours de l'ouverture de l'exposition exceptionnelle de la tapisserie de Bayeux, prêtée au British Museum à Londres, projet dans lequel Emmanuel Macron s'est beaucoup investi.

Le président français est le deuxième dirigeant étranger, et le premier d'un pays de l'Union européenne (UE), à être reçu par le chef du gouvernement travailliste depuis son accession au pouvoir le 20 juillet, après son homologue ukrainien Volodymyr Zelensky fin juillet.

MM. Macron et Burnham ont co-présidé cette semaine, avec le chancelier allemand Friedrich Merz, une réunion de la coalition des volontaires pour l'Ukraine.

Le chef de l'Etat français y a participé en visioconférence, tandis que le Premier ministre britannique s'est rendu à Kiev, pour son premier déplacement à l'étranger.

A cette occasion, il a notamment rencontré le président du Conseil européen, Antonio Costa, à qui il a affirmé que le Royaume-Uni devait faire preuve de "plus d'audace" pour se rapprocher de l'UE, selon un compte-rendu de leur entretien publié par Downing Street.