Premier feu vert des députés à une meilleure protection des lanceurs d'alerte

Des députés français demandent l'asile en France pour le fondateur de WikiLeaks (Capture d’écran, AFP).
Des députés français demandent l'asile en France pour le fondateur de WikiLeaks (Capture d’écran, AFP).
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Publié le Jeudi 18 novembre 2021

Premier feu vert des députés à une meilleure protection des lanceurs d'alerte

  • «Il est indispensable de protéger David contre Goliath», a lancé le rapporteur centriste Sylvain Waserman
  • Travaillée avec le ministère de la Justice, le Conseil d'Etat et les associations, la proposition de loi prévoit de mieux définir leur statut et orienter leurs démarches

PARIS: "Protéger David contre Goliath": les députés français ont donné mercredi un premier feu vert unanime à un texte apportant un soutien accru aux lanceurs d'alerte en France.

La proposition de loi "visant à améliorer la protection des lanceurs d'alerte" a été adoptée en première lecture par 52 voix pour et aucune contre. Le texte doit désormais aller au Sénat, chambre haute du Parlement français.

"Il est indispensable de protéger David contre Goliath", a lancé le rapporteur Sylvain Waserman (centre). Face aux "intérêts puissants", il faut leur "garantir la protection de la loi et le traitement de leur alerte", a-t-il ajouté.

"Discriminés, licenciés" voire "poursuivis en justice", les lanceurs d'alerte "vivent parfois des drames humains", a souligné au nom du gouvernement la secrétaire d'Etat à la Jeunesse, Sarah El Haïry.

Mais la future loi doit aussi permettre d'écarter les démarches simplement "malveillantes, vagues ou mal calibrées", et ne pas "encourager les règlements de compte", a-t-elle ajouté.

Travaillée avec le ministère de la Justice, le Conseil d'Etat et les associations, la proposition de loi prévoit de mieux définir leur statut et orienter leurs démarches, mieux les protéger ainsi que ceux qui les assistent, et faciliter leur soutien financier et psychologique, entre autres.

«Référence européenne»

A la veille de la présidence française de l'Union européenne (au 1er janvier), le texte ambitionne d'être une "référence au niveau européen", en allant plus loin qu'une directive de l'UE de 2019 qu'elle retranscrit.

Du scandale du Mediator dans l'industrie pharmaceutique aux "Luxleaks" ou "Swissleaks" sur le monde de la finance, des affaires retentissantes ont à de multiples reprises mis en lumière le combat difficile des lanceurs d'alertes.

Le sujet s'est encore invité mardi à l'Assemblée nationale, avec l'appui annoncé d'une quarantaine de députés de tous bords au fondateur de WikiLeaks Julian Assange, menacé d'être extradé de Grande-Bretagne vers les Etats-Unis.

La semaine dernière, députés et sénateurs avaient auditionné l'Américaine Frances Haugen, ex-informaticienne de Facebook venue décrire les dérives du géant du numérique.

Le texte définit le lanceur d'alerte comme "une personne physique qui signale ou divulgue, sans contrepartie financière directe et de bonne foi, des informations portant sur un crime, un délit, une menace ou un préjudice pour l’intérêt général", ou une violation d'un engagement international de la France.

Il prévoit certaines exceptions, comme les faits et informations couverts par le secret de la défense nationale, celui des délibérations judiciaires ou le secret médical.

Procédures «bâillon»

Le texte propose de préciser et diversifier les canaux internes à l'entreprise ou administration, ou externes à la disposition des lanceurs d'alerte pour valider leur démarche.

Le Conseil d'Etat devra établir une liste des "autorités externes compétentes" pour recueillir et traiter les démarches de ces personnes.

La proposition de loi corrige en cela la loi dire "Sapin II", jugée imparfaite car privilégiant le signalement interne auprès de l'employeur, une modalité qui peut être dissuasive ou contreproductive.

Le Défenseur des droits aurait un rôle accru pour assister et orienter le lanceur d'alerte.

La justice disposerait également d'outils supplémentaires pour faciliter la défense des droits des lanceurs d'alerte. 

Les "facilitateurs", qui accompagnent le lanceur d'alerte, seraient eux aussi mieux reconnus et protégés.

La proposition de loi prévoit également des sanctions à l'encontre de ceux qui divulgueraient contre son gré l'identité d'un lanceur d'alerte. Idem pour ceux qui chercheraient à étouffer son action sous des procédures abusives (procédures "bâillons") ou lui faire subir des représailles.

Malgré le consensus sur les dispositions de la proposition de loi, la gauche a cherché à en renforcer plusieurs aspects.

La socialiste Cécile Untermaier a plaidé pour qu'un "fonds financier" spécial soit créé pour soutenir ces personnes. Sans aller jusque là, le texte a été amendé pour garantir une aide renforcée.

Le député Ugo Bernalicis (extrême gauche) a cherché en vain à élargir le texte aux lanceurs d'alerte à l'étranger, invoquant notamment le cas Assange.


France: 12 ans de réclusion pour une docteure partie en Syrie avec ses trois enfants

Les forces de sécurité montent la garde près d'une entrée de la Cour d'assises de Paris, le13 mai 2025. (AFP)
Les forces de sécurité montent la garde près d'une entrée de la Cour d'assises de Paris, le13 mai 2025. (AFP)
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  • La cour d'assises spéciale de Paris a estimé dans son verdict que Camille F., qui comparaissait détenue, et son mari Sylvain M., décédé au printemps 2015, avaient "choisi sciemment d'amener leurs enfants dans une zone de guerre"
  • La peine n'a pas été assortie d'une période de sûreté, la cour relevant qu'il n'y avait "pas d'éléments de dangerosité" chez Camille F., incarcérée depuis trois ans

PARIS: Une docteure en épidémiologie de 45 ans a été condamnée mercredi à Paris à 12 ans de réclusion criminelle pour avoir rejoint avec ses trois enfants fin 2013 la Syrie où son mari combattait pour le groupe Etat islamique (EI).

La cour d'assises spéciale de Paris a estimé dans son verdict que Camille F., qui comparaissait détenue, et son mari Sylvain M., décédé au printemps 2015, avaient "choisi sciemment d'amener leurs enfants dans une zone de guerre".

La peine n'a pas été assortie d'une période de sûreté, la cour relevant qu'il n'y avait "pas d'éléments de dangerosité" chez Camille F., incarcérée depuis trois ans. La cour a par ailleurs assorti la peine de prison d'un suivi socio-judiciaire pendant cinq ans.

Son mari Sylvain M. était poursuivi des mêmes crime et délit connexe. Présumé mort et jugé par défaut, il a été condamné à la peine maximale de 20 ans de réclusion, conformément aux réquisitions du ministère public.

Pour Camille F., l'avocate générale avait requis 15 ans de réclusion criminelle, assortis d'une période de sûreté des deux tiers et d'un suivi socio-judiciaire.

"C'est une peine lourde, j'en conviens", a souligné le président en s'adressant à l'accusée, ajoutant que la cour ne "doutait pas" de sa réinsertion.

Camille F., 45 ans, avait quitté la France avec son mari et leurs trois enfants en 2011 pour s'installer dans un pays musulman, la Jordanie, alors qu'elle occupait un poste d'ingénieur à l'institut de radioprotection et sureté nucléaire.

Ils étaient mariés depuis 2005. Lui s'était converti à l'islam pour rapidement se radicaliser. Camille F. avait eu un cheminement personnel plus long dans sa conversion puis sa pratique de la religion musulmane.

Installés ensuite en Egypte, Sylvain M. était parti combattre en Syrie à l'été 2013 et Camille F, alors enceinte de leur quatrième enfant, l'avait rejoint avec les trois enfants, âgés de 10, 7 et 2 ans.

Après le décès de Sylvain M. au combat, Camille F. s'était remariée avec un haut fonctionnaire syrien, avec qui elle a eu son cinquième enfant. La docteure est restée en Syrie, sous les bombardements.

Elle a été rapatriée en France en octobre 2022, son second mari étant décédé en février 2019.


Erdogan met en garde contre toute menace visant Chypre-Nord après un accord entre la France et Chypre

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a mis en garde mercredi contre toute menace visant la République turque de Chypre-Nord (RTCN) après la signature lundi d'un accord entre la France et Chypre encadrant la présence de troupes françaises sur le territoire chypriote. (AFP)
Le président turc Recep Tayyip Erdogan a mis en garde mercredi contre toute menace visant la République turque de Chypre-Nord (RTCN) après la signature lundi d'un accord entre la France et Chypre encadrant la présence de troupes françaises sur le territoire chypriote. (AFP)
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  • "Je veux qu'il soit bien clair que notre réponse sera très nette, et très ferme si l'on porte atteinte aux droits (...) de la Turquie et des Chypriotes turcs en Méditerranée orientale"
  • Le président turc Recep Tayyip Erdogan a mis en garde mercredi contre toute menace visant la République turque de Chypre-Nord (RTCN)

ISTANBUL: Le président turc Recep Tayyip Erdogan a mis en garde mercredi contre toute menace visant la République turque de Chypre-Nord (RTCN) après la signature lundi d'un accord entre la France et Chypre encadrant la présence de troupes françaises sur le territoire chypriote.

"Je veux qu'il soit bien clair que notre réponse sera très nette, et très ferme si l'on porte atteinte aux droits (...) de la Turquie et des Chypriotes turcs en Méditerranée orientale", a déclaré le chef de l'Etat turc devant les député de son parti au parlement turc.

 

 


Avant le G7, Macron organise une visioconférence jeudi incluant la Chine sur la "coopération" économique

Un passant marche devant un bâtiment dont les fenêtres ont été recouvertes de panneaux en bois installés pour protéger la façade avant les manifestations contre le sommet du G7 d’Évian, à Genève, le 4 juin 2026. (AFP)
Un passant marche devant un bâtiment dont les fenêtres ont été recouvertes de panneaux en bois installés pour protéger la façade avant les manifestations contre le sommet du G7 d’Évian, à Genève, le 4 juin 2026. (AFP)
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  • Emmanuel Macron organise une visioconférence réunissant le G7, la Chine et plusieurs pays émergents pour promouvoir une coopération économique mondiale et réduire les déséquilibres commerciaux
  • Cette initiative vise à préparer le sommet du G7 à Évian et à apaiser les tensions économiques entre l’Europe, la Chine et les États-Unis

PARIS: Emmanuel Macron va organiser jeudi, quatre jours avant le sommet du G7, une visioconférence entre les membres de ce forum de puissances industrialisées, la Chine et plusieurs autres pays émergents, afin de renforcer la "coopération" entre les grandes économies mondiales, a annoncé mardi l'Elysée.

Cette conférence, baptisée "sommet de convergence mondiale pour la croissance", "signale une disponibilité nouvelle de la Chine, des Etats-Unis et de l'Europe de s'engager dans une démarche économique coordonnée", a déclaré la présidence française dans un communiqué.

Elle réunira des représentants du G7 (Allemagne, Canada, Etats-Unis, France, Italie, Japon, Royaume-Uni) mais aussi de la Chine et du Fonds monétaire international (FMI). Les pays déjà invités au sommet du G7, programmé du 15 au 17 juin à Evian, dans le centre-est de la France, participeront également à la visioconférence de jeudi (Brésil, Corée du Sud, Inde, Kenya et Egypte).

"Ce sommet vise à initier une coopération entre les économies systémiques et émergentes pour apaiser les tensions et créer les conditions d’une croissance équilibrée, durable et partagée", a expliqué l'Elysée, rappelant que "la résorption des déséquilibres macroéconomiques mondiaux est une priorité" du président français, Emmanuel Macron, pour le G7.

La France veut notamment "restaurer une industrie forte en Europe" et "équilibrer le commerce avec la Chine ainsi que les Etats-Unis".

- "Double problème" -

La lutte contre les déséquilibres est "dans l'intérêt aussi des pays les plus fragiles", estime la présidence française, qui voit dans ce rendez-vous "une contribution au G20" prévu en décembre aux Etats-Unis.

La Chine est membre du G20 mais pas du G7, à l'inverse des Etats-Unis et des plus grandes économies européennes qui appartiennent aux deux clubs.

Le chef de l'Etat français a proposé dès décembre une approche "coopérative" pour ce chantier, tout en laissant planer la menace de "droits de douane" européens "sur les produits chinois" si Pékin ne joue pas le jeu.

En janvier, il avait estimé que l'Europe avait, sur le commerce, "un double problème, l'agressivité chinoise et les tarifs américains", et "c'est un gros problème d'avoir les deux en même temps".

Mercredi, en autre préambule au sommet d'Evian, Emmanuel Macron va recevoir à l'Elysée "des représentants de la société civile, des partenaires sociaux, du monde économique, des fondations, des think tanks et de la jeunesse".

Leurs échanges "porteront sur les enjeux de développement et de partenariats internationaux, la sécurisation des chaînes de valeur pour les approvisionnements critiques, le numérique et l'intelligence artificielle, ainsi que sur la protection de l'État de droit, des libertés fondamentales, de l'espace civique et la place de la jeunesse dans nos démocraties", selon un autre communiqué.

Emmanuel Macron doit ensuite rencontrer le Premier ministre canadien, Mark Carney, vendredi soir à Paris, puis le chef du gouvernement indien, Narendra Modi, dimanche à Nice pour un événement autour de la tech.

Il accueillera ses homologues du G7 lundi soir à Evian, ville thermale des Alpes françaises sur les rives du lac Léman, pour un sommet de trois jours.