En grève de la faim, l'ex président géorgien Saakachvili est dans un état critique

Mikheïl Saakachvili reçu à l'Elysée en 2008, par le président français de l'époque Nicolas Sarkozy. (Photo, AFP)
Mikheïl Saakachvili reçu à l'Elysée en 2008, par le président français de l'époque Nicolas Sarkozy. (Photo, AFP)
La semaine dernière encore, les sympathisants de l'ancien président ont manifesté devant la Cour de justice à Tbilissi pour réclamer la libération de Mikheïl Saakachvili. (Photo, AFP)
La semaine dernière encore, les sympathisants de l'ancien président ont manifesté devant la Cour de justice à Tbilissi pour réclamer la libération de Mikheïl Saakachvili. (Photo, AFP)
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Publié le Jeudi 18 novembre 2021

En grève de la faim, l'ex président géorgien Saakachvili est dans un état critique

  • L'ancien président refuse de s'alimenter depuis 48 jours pour protester contre son incarcération peu après son retour d'exil d'Ukraine
  • Président pro-occidental de 2004 à 2013, Mikheïl Saakachvili est maintenant considéré comme le chef de l'opposition

TBILISSI : L'ex-président géorgien Mikheïl Saakachvili, incarcéré depuis son retour d'exil début octobre et en grève de la faim depuis plusieurs semaines, est dans un état critique et ne reçoit pas les soins appropriés, ont affirmé des médecins mercredi soir.

"L'état de santé actuel du patient est considéré comme critique", a indiqué dans un communiqué le groupe de médecins constitué par le défenseur des droits géorgien, ajoutant que l'hôpital pénitentiaire où est soigné l'ancien président ne peut pas répondre à ses besoins médicaux.

Les médecins ont demandé le transfert immédiat de M. Saakachvili dans une unité de soins intensifs d'un établissement hospitalier civil mieux équipé.

La semaine dernière, M. Saakachvili, qui refuse de s'alimenter depuis 48 jours pour protester contre son incarcération le 1er octobre, peu après son retour d'exil d'Ukraine, a été transféré dans un hôpital pénitentiaire en raison de la détérioration de son état de santé.

Mais en dépit des avertissements des médecins qui ont jugé que sa vie était en danger, le gouvernement géorgien a refusé jusqu'à présent son transfert de l'hôpital-prison où il se trouve dans un établissement civil.

Mardi, le ministre géorgien de la Justice, Rati Bregadze, a affirmé que l'établissement où M. Saakachvili se trouve désormais "possède tous les équipements nécessaires pour contrôler l'état de santé du prisonnier".

"A aucun moment Saakachvili n'a été privé de l'assistance médicale dont il avait besoin", a-t-il déclaré.

L'ancien dirigeant, âgé de 53 ans, avait déclaré avoir été maltraité par ses gardiens en prison et affirmé craindre pour sa vie.

Des organisations de défense des droits de l'homme ont condamné le traitement réservé à M. Saakachvili, estimant qu'il s'agissait d'une vengeance à caractère politique.

Plusieurs députés de l'opposition ont également observé une grève de la faim, demandant des soins médicaux appropriés pour M. Saakachvili, une exigence également formulée par les Etats-Unis et la Cour européenne des droits de l'homme (CEDH).

Saisie selon une procédure d'urgence, la CEDH a demandé le 10 novembre au gouvernement géorgien qu'il "assure la sécurité en prison" de l'ex-chef de l'Etat, qu'il lui administre "les soins médicaux appropriés" et qu'il la renseigne "sur son état de santé". La CEDH a également appelé M. Saakachvili à mettre fin à sa grève de la faim.

Le 11 novembre, M. Saakachvili a annoncé qu'il accepterait de mettre fin à sa grève de la faim s'il était transféré vers une "clinique high-tech" civile.

Le 9 novembre, des dizaines de milliers de personnes avaient manifesté à Tbilissi pour demander la libération de l'ancien chef d'Etat et l'organisation d'élections anticipées.

L'arrestation de M. Saakachvili a exacerbé une crise politique consécutive aux élections législatives en 2020, remportées de justesse par le parti du Rêve géorgien actuellement au pouvoir, et que l'opposition a considéré comme frauduleuses.

Président pro-occidental de 2004 à 2013 et maintenant considéré comme le chef de l'opposition, M. Saakachvili était retourné le 1er octobre en Géorgie après un exil de huit ans. Immédiatement arrêté, il a été emprisonné en application d'une condamnation pour "abus de pouvoir", qu'il juge purement politique.

Le Premier ministre Irakli Garibachvili a fait scandale en déclarant que M. Saakachvili "avait le droit de se suicider" et que le gouvernement avait été obligé de l'arrêter parce qu'il avait refusé de renoncer à la politique.


Des frappes en Iran sont toujours une option pour Trump, selon la Maison Blanche

Donald Trump envisage des frappes aériennes en Iran pour mettre fin à la répression des manifestations qui secouent la République islamique depuis le 28 décembre, a affirmé lundi la Maison Blanche, ajoutant toutefois qu'une voie diplomatique restait ouverte. (AFP)
Donald Trump envisage des frappes aériennes en Iran pour mettre fin à la répression des manifestations qui secouent la République islamique depuis le 28 décembre, a affirmé lundi la Maison Blanche, ajoutant toutefois qu'une voie diplomatique restait ouverte. (AFP)
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  • La répression des manifestations en Iran a fait plus de 600 morts depuis le début de la contestation selon une ONG
  • "Une chose dans laquelle le président Trump excelle est de garder toutes les options sur la table. Et les frappes aériennes sont l'une des très nombreuses options qui s'offrent au commandant en chef"

WASHNIGTON: Donald Trump envisage des frappes aériennes en Iran pour mettre fin à la répression des manifestations qui secouent la République islamique depuis le 28 décembre, a affirmé lundi la Maison Blanche, ajoutant toutefois qu'une voie diplomatique restait ouverte.

La répression des manifestations en Iran a fait plus de 600 morts depuis le début de la contestation selon une ONG, la République islamique faisant face à l'un de ses plus importants mouvements de contestation depuis sa proclamation en 1979.

"Une chose dans laquelle le président Trump excelle est de garder toutes les options sur la table. Et les frappes aériennes sont l'une des très nombreuses options qui s'offrent au commandant en chef", a affirmé à la presse la porte-parole de la Maison Blanche, Karoline Leavitt.

Toutefois, elle a assuré que "la diplomatie (était) toujours la première option pour le président".

Selon elle, une voie diplomatique reste ouverte avec l'Iran, le pouvoir adoptant un "ton très différent" lors de discussions privées avec l'émissaire américain, Steve Witkoff.

"Ce que vous entendez de la part du régime iranien est très différent des messages que l'administration (américaine) reçoit en privé, et je pense que le président veut examiner ces messages", a-t-elle ajouté.

Donald Trump "ne souhaite pas voir des gens se faire tuer dans les rues de Téhéran, et malheureusement, c'est ce à quoi nous assistons actuellement", a également assuré Karoline Leavitt.

Le ministère iranien des Affaires étrangères a lui déclaré lundi qu'un canal de communication était "ouvert" entre l'Iran et Steve Witkoff, malgré l'absence de relations diplomatiques entre les deux pays ennemis.

Le pouvoir cherche à présent à reprendre la main en faisant descendre dans les rues des milliers de ses partisans, après avoir imposé une coupure totale d'internet depuis le 8 janvier.

Le président américain avait annoncé dimanche qu'une réunion avec des responsables iraniens était "en cours de préparation", sans toutefois écarter l'option militaire. "Nous pourrions devoir agir avant une rencontre", avait-il avancé, en ajoutant que l'armée américaine étudiait des "options très fortes".

 


Partez maintenant! le message des États-Unis à leurs ressortissants en Iran

Cette image, prise le 6 janvier 2026 à partir d'images UGC publiées le même jour sur les réseaux sociaux, montre les forces de sécurité iraniennes utilisant des gaz lacrymogènes pour disperser les manifestants au bazar de Téhéran. (Fichier/AFP)
Cette image, prise le 6 janvier 2026 à partir d'images UGC publiées le même jour sur les réseaux sociaux, montre les forces de sécurité iraniennes utilisant des gaz lacrymogènes pour disperser les manifestants au bazar de Téhéran. (Fichier/AFP)
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  • L'Iran ne reconnaissant pas la double nationalité et traitant les citoyens américains et iraniens ayant une double nationalité uniquement comme des ressortissants iraniens, le fait de montrer des liens avec les États-Unis pourrait conduire à la détention
  • Il a été conseillé aux citoyens américains de quitter le pays par voie terrestre, notamment via l'Arménie ou la Turquie, s'ils peuvent le faire en toute sécurité

DUBAI: L'aide à l'alerte qui montre des liens avec les États-Unis peut conduire à la détention.
Les États-Unis ont demandé à leurs ressortissants en Iran de quitter le pays immédiatement, dans un contexte d'escalade des troubles.

"Quittez l'Iran maintenant", a déclaré l'ambassade virtuelle de Téhéran, gérée par le département d'État, dans une alerte de sécurité diffusée lundi, invitant les Américains à planifier leur départ sans l'aide du gouvernement américain.

L'alerte fait état d'une escalade des manifestations, d'un risque de violence, d'arrestations, de perturbations de l'Internet et d'un renforcement des mesures de sécurité.

L'Iran ne reconnaissant pas la double nationalité et traitant les citoyens américains et iraniens ayant une double nationalité uniquement comme des ressortissants iraniens, le fait de montrer des liens avec les États-Unis pourrait conduire à la détention.

Il a été conseillé aux citoyens américains de quitter le pays par voie terrestre, notamment via l'Arménie ou la Turquie, s'ils peuvent le faire en toute sécurité. Ceux qui ne sont pas en mesure de partir ont été invités à rester dans des lieux sûrs, à éviter les manifestations, à faire profil bas et à s'assurer un accès à la nourriture, à l'eau et aux médicaments.

Les États-Unis n'ont pas de relations diplomatiques ou consulaires avec l'Iran. L'ambassade de Suisse à Téhéran joue le rôle de puissance protectrice des États-Unis en cas d'urgence.


Léon XIV a reçu l'opposante vénézuélienne Maria Corina Machado

Le pape Léon XIV a reçu lundi en audience privée la cheffe de l'opposition vénézuélienne et prix Nobel de la paix 2025, Maria Corina Machado, indique un bref communiqué du Vatican. (AFP)
Le pape Léon XIV a reçu lundi en audience privée la cheffe de l'opposition vénézuélienne et prix Nobel de la paix 2025, Maria Corina Machado, indique un bref communiqué du Vatican. (AFP)
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  • Le Saint-Siège a maintenu un délicat équilibre diplomatique avec le Venezuela ces deniers mois, soutenant la protection des droits humains tout en privilégiant une approche prudente et discrète
  • En décembre, les autorités vénézuéliennes avaient confisqué le passeport du cardinal Baltazar Porras Cardozo, archevêque émérite de Caracas, illustrant la pression croissante sur l'Eglise dans le pays d'Amérique latine

CITE DU VATICAN: Le pape Léon XIV a reçu lundi en audience privée la cheffe de l'opposition vénézuélienne et prix Nobel de la paix 2025, Maria Corina Machado, indique un bref communiqué du Vatican.

Cette audience - qui n'avait pas été annoncée - intervient peu avant le déplacement de l'opposante vénézuélienne à Washington cette semaine, où elle doit rencontrer le président américain Donald Trump.

Ce dernier avait estimé après la capture de Nicolas Maduro par les Américains que Maria Corina Machado, qui avait quitté clandestinement le Venezuela en décembre, n'était pas qualifiée pour prendre les commandes du pays.

Sollicité par l'AFP, le Vatican n'a fourni aucun détail sur la rencontre, le nom de l'opposante vénézuélienne se trouvant simplement sur la liste des personnes reçues par le pape dans la matinée.

Le Saint-Siège a maintenu un délicat équilibre diplomatique avec le Venezuela ces deniers mois, soutenant la protection des droits humains tout en privilégiant une approche prudente et discrète.

En décembre, les autorités vénézuéliennes avaient confisqué le passeport du cardinal Baltazar Porras Cardozo, archevêque émérite de Caracas, illustrant la pression croissante sur l'Eglise dans le pays d'Amérique latine.

Cette rencontre intervient moins d'une semaine après un entretien téléphonique entre le chef de la diplomatie américaine Marco Rubio et le cardinal Pietro Parolin, secrétaire d'État du Saint-Siège, lors duquel ils ont évoqué la situation au Venezuela selon la Maison Blanche.

Vendredi, lors d'un discours devant le corps diplomatique, le pape américain avait de nouveau appelé "à respecter la volonté du peuple vénézuélien et à s'engager en faveur de la protection des droits humains et civils de chacun".

Il a également fait part de sa "vive inquiétude" quant à "l'aggravation des tensions dans la mer des Caraïbes et le long des côtes américaines du Pacifique".