Ajout de «iel» dans Le Robert: pour Brigitte Macron, «il y a deux pronoms, il et elle»

«La langue est si belle. Et deux pronoms, c'est bien», a affirmé Brigitte Macron. (Photo, AFP)
«La langue est si belle. Et deux pronoms, c'est bien», a affirmé Brigitte Macron. (Photo, AFP)
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Publié le Vendredi 19 novembre 2021

Ajout de «iel» dans Le Robert: pour Brigitte Macron, «il y a deux pronoms, il et elle»

  • «On ne doit pas triturer la langue française quelles que soient les causes», a estimé pour sa part Jean-Michel Blanquer
  • Les éditions Le Robert avaient défendu mercredi l'ajout de ce mot, permettant d'éviter une distinction de genre, à la version en ligne de leur dictionnaire

PARIS : Brigitte Macron a désapprouvé implicitement jeudi l'ajout du pronom non genré "iel" dans la version en ligne du prestigieux dictionnaire français Le Robert, après des critiques du ministre de l'Éducation nationale Jean-Michel Blanquer.

"Il y a deux pronoms, il et elle", a déclaré l'épouse du président Emmanuel Macron, interrogée par des journalistes sur ce sujet, à l'issue d'une visite avec Jean-Michel Blanquer dans un collège du XVe arrondissement de Paris à l'occasion de la Journée nationale de lutte contre le harcèlement scolaire.

"La langue est si belle. Et deux pronoms, c'est bien", a-t-elle ajouté.

"On ne doit pas triturer la langue française quelles que soient les causes", a estimé pour sa part Jean-Michel Blanquer, après avoir assisté avec Mme Macron à des formations et temps d'échanges avec des collégiens sur le harcèlement.

"Le féminisme est une grande cause, mais ce n'est pas une cause qui justifie de triturer la langue française, par exemple", a-t-il ajouté. "Il est très bon de féminiser les noms de professions, ce n'est pas quelque chose de difficile à faire et on le fait".

"En revanche, le point médian (utilisé dans l'écriture inclusive, ndlr), les choses qui sont des modifications inopinées de la langue française, ça n'est bon à aucun titre, y compris pour le sujet essentiel de mon point de vue qui est l'apprentissage des savoirs fondamentaux de la part de nos élèves", a-t-il jugé.

Jean-Michel Blanquer s'était déjà exprimé sur ce sujet mardi, apportant son soutien au député LREM François Jolivet, qui avait dénoncé l'entrée de ce mot dans le dictionnaire et avait écrit à ce sujet à l'Académie française, gardienne officielle de la langue française. M. Jolivet avait estimé sur Twitter que les auteurs du Petit Robert étaient "les militants d'une cause qui n'a rien de français: le wokisme".

"Je soutiens évidemment la protestation de @FJolivet36 vis-à-vis du #PetitRobert. L'écriture inclusive n'est pas l'avenir de la langue française", avait affirmé sur Twitter M. Blanquer.

Les éditions Le Robert avaient défendu mercredi l'ajout de ce mot, permettant d'éviter une distinction de genre, à la version en ligne de leur dictionnaire. 

Dans un communiqué publié sur le site internet du Robert, son directeur général, Charles Bimbenet, s'était défendu de tout militantisme, rappelant que "la mission du Robert est d'observer l'évolution d'une langue française en mouvement, diverse, et d’en rendre compte".


A l'Assemblée, Borne appelle à «bâtir ensemble» des compromis, met en garde contre «le désordre»

La Première ministre française Elisabeth Borne s'adresse aux députés lors de sa déclaration politique générale pour lancer la session législative à l'Assemblée nationale à Paris, le 6 juillet 2022. (Photo, AFP)
La Première ministre française Elisabeth Borne s'adresse aux députés lors de sa déclaration politique générale pour lancer la session législative à l'Assemblée nationale à Paris, le 6 juillet 2022. (Photo, AFP)
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  • «Nous mesurons tous l’ampleur de la tâche: les Français à protéger, la République à défendre, notre pays à rassembler, la planète à préserver», a énuméré Mme Borne
  • L'Etat a l'intention de renationaliser à 100% l'énergéticien EDF, a-elle- annoncé

PARIS: La Première ministre Élisabeth Borne a appelé mercredi les oppositions à « bâtir ensemble » des « compromis » pour répondre aux défis économiques ou climatiques, mettant en garde contre « le désordre et l'instabilité » lors de sa déclaration de politique générale à l'Assemblée nationale. 

« Nous mesurons tous l’ampleur de la tâche: les Français à protéger, la République à défendre, notre pays à rassembler, la planète à préserver », a énuméré Mme Borne en ouverture d'un discours de 01H25, régulièrement interrompu sur les bancs de la gauche, qui avait peu auparavant déposé une motion de censure en signe de « défiance ». 

Tout en défendant le bilan social ou économique du premier quinquennat Macron, la Première ministre a assuré avoir entendu « le message » des électeurs qui ont privé le camp présidentiel d'une majorité absolue lors des législatives. « Par le résultat des urnes, ils nous demandent d'agir et d’agir autrement. Par leur message, ils nous demandent de prendre collectivement nos responsabilités », a détaillé Mme Borne, dont c'était le grand baptême de feu à l'Assemblée, avant le Sénat à 21H00. 

Énumérant les défis qui se posent au pays (guerre en Ukraine, prix de l'énergie ou « urgence écologique ») et appelant à reprendre le « chemin de l'équilibre » des finances publiques, Mme Borne a exhorté les députés à dépasser les clivages et à redonner « un sens et une vertu au mot compromis ». 

« Nous ne sommes peut-être pas d’accord sur toutes les solutions. Mais nous avons toutes et tous conscience de l'urgence et de la nécessité d’agir », a-t-elle dit. « Les Français nous demandent de nous parler plus, de nous parler mieux, et de construire ensemble », a-t-elle insisté. 

La Première ministre a ainsi mis en garde contre tout blocage des institutions. « Face à de tels défis, le désordre et l'instabilité ne sont pas des options », a-t-elle mis en garde, déplorant que la vie politique ait été « trop longtemps (...) faite que de blocs qui s'affrontent ». 

Rejetant tout statut de « femme providentielle », Mme Borne a assuré, souvent avec le sourire, ne pas être une « femme de grandes phrases et de petits mots », qui ont, selon elle, nourri « les postures, la défiance et la crise de notre démocratie ». Parsemant son allocution de références à ses prédécesseurs à Matignon, Mme Borne a aussi invoqué sous de vifs applaudissements la mémoire de grandes figures féminines à qui »la République a ouvert la voie ». 

Sur le fond, la Première ministre a assuré que le projet de loi pour le pouvoir d'achat, qui sera présenté jeudi en Conseil des ministres, comporterait des mesures « concrètes, rapides, efficaces » contre l'inflation et  pour aider « les plus vulnérables ». 


Les comptes des Hôpitaux de Paris encore dans le rouge en 2022

Un patient est allongé sur un lit dans un couloir de l'hôpital René-Dubos de Pontoise, dans le nord-ouest de Paris, le 1er juillet 2022. (Photo, AFP)
Un patient est allongé sur un lit dans un couloir de l'hôpital René-Dubos de Pontoise, dans le nord-ouest de Paris, le 1er juillet 2022. (Photo, AFP)
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  • Les chiffres ne sont pas bons: le déficit est attendu à 228 millions d'euros cette année, contre 184 millions prévus en décembre
  • Une perte d'activité et des surcoûts a priori couverts par la «garantie de financement» des hôpitaux, que le gouvernement vient de prolonger jusqu'à la fin de l'année

PARIS: L'Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP) prévoit un déficit supérieur à 200 millions d'euros en 2022, pour la troisième année consécutive, à cause notamment de l'inflation et du Covid, selon le budget prévisionnel présenté en interne et consulté mercredi par l'AFP. 

Nicolas Revel aurait pu espérer meilleur cadeau d'accueil. Le nouveau directeur général des Hôpitaux de Paris, nommé lundi en Conseil des ministres, a passé en revue mardi les nouvelles prévisions budgétaires de l'institution devant la commission médicale d'établissement, sorte de parlement des médecins de l'AP-HP. 

Les chiffres ne sont pas bons: le déficit est attendu à 228 millions d'euros cette année, contre 184 millions prévus en décembre. 

Une nette « dégradation » essentiellement due à l'inflation qui fait flamber les prix des sous-traitants et autres « services extérieurs ». L'addition est déjà estimée à 58 millions d'euros fin mai, assez pour souligner « le besoin d'accompagnement financier » par la Sécurité sociale et le ministère de la Santé. 

L'AP-HP souffre aussi d'un « début d'année très marqué par la Covid », qui a de nouveau entraîné « des déprogrammations massives » au premier trimestre, ainsi qu'une « consommation importante d'intérim et d'heures supplémentaires », de l'ordre de 70 millions en seulement trois mois. 

Une perte d'activité et des surcoûts a priori couverts par la « garantie de financement » des hôpitaux, que le gouvernement vient de prolonger jusqu'à la fin de l'année. 

Pour limiter les pertes cette année, « des plans d'action de court terme » ont été lancés depuis plusieurs mois, sans réduction des effectifs. Au contraire, 800 recrutements sont déjà « actés pour l'été » et plus de 1 200 autres « prévus et planifiés sur le second semestre » afin de rouvrir des lits et d'augmenter les recettes.  

Trop peu à ce stade pour redresser la barre après les déficits record enregistrés en 2020 (-246 millions) et 2021 (-230 millions). Faute d'amélioration, la dette des Hôpitaux de Paris devrait dépasser 3,4 milliards d'euros en fin d'année, contre 2,5 milliards fin 2019, juste avant la crise sanitaire de Covid-19. 


La moto du suspect d'un double homicide en France retrouvée en Espagne

La femme, âgée de 32 ans, a été retrouvée lundi en fin d'après-midi gisant dans une rue de Pouyastruc par des voisins qui ont alerté les gendarmes. Arrivés sur place, ceux-ci ont en outre découvert un homme de 55 ans, décédé dans sa maison, quelques mètres plus loin, selon le procureur. (Photo, AFP)
La femme, âgée de 32 ans, a été retrouvée lundi en fin d'après-midi gisant dans une rue de Pouyastruc par des voisins qui ont alerté les gendarmes. Arrivés sur place, ceux-ci ont en outre découvert un homme de 55 ans, décédé dans sa maison, quelques mètres plus loin, selon le procureur. (Photo, AFP)
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  • Cette moto, qui a permis au suspect de s'enfuir et de passer la frontière, a été localisée dans la région espagnole frontalière de l'Aragon
  • Le parquet de Tarbes a annoncé la tenue d'une point presse mercredi à 16H00

MADRID: La moto du suspect du meurtre de deux enseignants dans le département français des Hautes-Pyrénées (sud-ouest) a été retrouvée dans le nord est de l'Espagne où la police a lancé une chasse à l'homme, a-t-on appris mercredi de source proche de l'enquête. 

Cette moto, qui a permis au suspect de s'enfuir et de passer la frontière, a été localisée dans la région espagnole frontalière de l'Aragon, a indiqué cette source, sans vouloir donner plus de détails. 

Un important dispositif de recherche a été mis en place depuis mardi matin autour de Jaca, une petite ville espagnole située à 200 km environ des lieux du crime, pour mettre la main sur cet homme, dont l'identité n'a pas été confirmée par les autorités françaises et espagnoles. 

Cette opération « continue aujourd'hui. Le dispositif de recherche est encore en cours, il ne s’est pas arrêté » pendant la nuit, a déclaré une porte-parole de la Garde civile, qui a refusé de donner plus de détails sur le nombre d'agents déployés ou sur l'ampleur du périmètre de recherches. 

Un homme et une femme, tous deux enseignants dans un collège de la ville de Tarbes, ont été tués lundi par balles dans le village de Pouyastruc par un suspect qui est « en fuite », avait dit mardi le procureur de Tarbes, Pierre Aurignac, sans donner de précisions sur son identité ou ses motivations. 

Le parquet de Tarbes a annoncé la tenue d'une point presse mercredi à 16H00. 

Selon une source proche de l'enquête en France, une rivalité amoureuse serait à l'origine de ce double meurtre. 

Le suspect serait le compagnon de l'enseignante et le père de ses deux enfants. La famille vivait dans la petite commune de Barbazan-Dessus et le couple était en instance de séparation. 

La femme, âgée de 32 ans, a été retrouvée lundi en fin d'après-midi gisant dans une rue de Pouyastruc par des voisins qui ont alerté les gendarmes. Arrivés sur place, ceux-ci ont en outre découvert un homme de 55 ans, décédé dans sa maison, quelques mètres plus loin, selon le procureur. 

Les deux victimes, Gabriel Fourmigué et Aurélie Pardon, étaient respectivement professeurs d'éducation physique et de français. 

Lui, originaire du Gers, était connu pour ses exploits sportifs. Il avait remporté le championnat du monde junior de bobsleigh, avant de représenter la France aux Jeux olympiques d'hiver d'Albertville en 1992 et à ceux de Lillehammer, en Norvège, en 1994. 

L'enquête a été confiée côté français à la brigade de recherche de Tarbes et à la section de recherche de Toulouse. 

Les autopsies des victimes seront pratiquées dans les prochains jours à l'Institut médico-légal de Toulouse.