Biden reprend les rênes après un intermède historique pour Kamala Harris

Le président américain Joe Biden marche sur la pelouse sud à la Maison Blanche le 19 novembre 2021 à Washington, DC. (AFP)
Le président américain Joe Biden marche sur la pelouse sud à la Maison Blanche le 19 novembre 2021 à Washington, DC. (AFP)
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Publié le Vendredi 19 novembre 2021

Biden reprend les rênes après un intermède historique pour Kamala Harris

  • Il avait transféré ses prérogatives à la vice-présidente Kamala Harris à 15H10 GMT (10H10 heure de Washington), dans les conditions prévues par la Constitution américaine
  • L'ancienne porte-parole de Donald Trump, Stephanie Grisham, sous-entendait dans un récent livre que le milliardaire républicain avait également subi une coloscopie pendant son mandat, mais qu'il avait gardé l'intervention secrète

WASHINGTON: Joe Biden a repris vendredi ses fonctions présidentielles, qu'il avait transférées le temps d'un examen médical à Kamala Harris, devenue brièvement la première femme à exercer le pouvoir présidentiel aux Etats-Unis.

"Mon bilan de santé s'est très bien passé", a-t-il lancé à la presse en quittant vers 14h05 locale (19h05 GMT) l'hôpital Walter Reed, en bordure de Washington.

Arrivant un peu plus tard à la Maison Blanche le président, souriant, a dit: "Je me sens bien."

Joe Biden, qui fêtera ses 79 ans samedi, a subi une coloscopie "de routine" sous anesthésie.

Il avait transféré ses prérogatives à la vice-présidente Kamala Harris à 15H10 GMT (10H10 heure de Washington), dans les conditions prévues par la Constitution américaine. Puis repris les rênes "à environ 11H35 ce matin (16H35 GMT)", selon la Maison Blanche.

Soit un intermède historique, d'une heure et vingt-cinq minutes, pendant lequel une femme a été à la tête de la première puissance mondiale.

Vendredi, le programme du président prévoyait qu'il gracie deux dindes pour Thanksgiving conformément à la tradition, avant de partir en week-end. 

L'actualité promettait d'être dominée par un vote du Congrès sur un grand projet de dépenses sociales avant que ne tombe, à 06h00 du matin, un communiqué laconique de la porte-parole de la Maison Blanche.

- "Routine" -

"Plus tard dans la matinée le président ira au Walter Reed Medical Center pour son bilan de santé annuel de routine", écrivait Jen Psaki.

Un peu plus tard, la Maison Blanche précisait que le président allait "subir une coloscopie de routine" dans cet hôpital tout proche de Washington.

Cet examen, destiné à repérer des anomalies du côlon, s'inscrit dans le cadre du premier bilan de santé du président.

Un résumé détaillé de cette visite médicale sera publié dans l'après-midi, heure de Washington, a précisé l'exécutif américain.

La Maison Blanche a aussi rappelé que ce transfert de pouvoir avait déjà eu lieu "lorsque le président George W. Bush a subi la même intervention en 2002 et 2007".

L'ancienne porte-parole de Donald Trump, Stephanie Grisham, sous-entendait dans un récent livre que le milliardaire républicain avait également subi une coloscopie pendant son mandat, mais qu'il avait gardé l'intervention secrète.

Joe Biden s'est appuyé plus précisément sur le 25ème amendement de la Constitution américaine. Ce texte prévoit que lorsque le président n'est pas "apte" à exercer ses fonctions, il transfère ses "pouvoirs et charges" au vice-président, qui les exerce jusqu'à ce que le locataire de la Maison Blanche signale qu'il est à nouveau en mesure de les assumer.

- Transparence -

M. Biden, qui ne fume pas et ne boit pas, est entièrement vacciné contre le Covid-19, et a reçu sa troisième dose fin septembre. 

Plus vieux président de l'histoire des Etats-Unis, il a fait savoir publiquement qu'il comptait se représenter en 2024.

Son âge alimente toutefois les spéculations sur le fait qu'il pourrait renoncer.

Cet examen médical était très attendu par la presse américaine.

Joe Biden a promis la plus grande transparence sur son état de santé, alors que certains partisans de Donald Trump ne perdent aucune occasion de s'interroger publiquement, de manière plus ou moins détournée, sur sa santé physique et sa lucidité.

Le démocrate avait été déclaré "en bonne santé" et "vigoureux" par son médecin fin 2019, au moment où il était candidat à la primaire de son parti.

Il a connu toutefois une alerte de santé grave en 1988. Transporté en urgence à l'hôpital après une rupture d'anévrisme, un prêtre avait été appelé pour lui donner les derniers sacrements.

Si Joe Biden ne se représentait pas, Kamala Harris, 57 ans, serait considérée comme une candidate naturelle du camp démocrate, même si jusqu'ici, la plupart des observateurs dressent un bilan mitigé de son mandat de vice-présidente. 


Iran : l'UE désigne les Gardiens de la Révolution comme organisation terroriste

Des membres du Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) défilent à Téhéran en 2019. (Via AFP/Fichier)
Des membres du Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) défilent à Téhéran en 2019. (Via AFP/Fichier)
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  • Les 27 ministres des Affaires étrangères de l’UE ont classé les Gardiens de la Révolution iraniens comme organisation terroriste suite à la répression sanglante des manifestations en Iran
  • L’UE a également sanctionné 21 responsables iraniens, avec interdiction d’entrée sur le territoire et gel de leurs avoirs

BRUXELLES: Les ministres des Affaires étrangères des 27 pays de l'Union européenne sont tombés d'accord jeudi pour désigner les Gardiens de la révolution comme une "organisation terroriste", après la répression sanglante des manifestations en Iran, a annoncé la cheffe de la diplomatie de l'UE Kaja Kallas.

"+Terroriste+, c'est bien ainsi que l'on qualifie un régime qui réprime les manifestations de son propre peuple dans le sang", a aussitôt réagi la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen.

"Tout régime qui tue des milliers de ses propres citoyens travaille à sa propre perte", a assuré de son côté Mme Kallas, en marge d'une réunion ministérielle à Bruxelles.

Ces derniers ont donné leur feu vert à l'inscription des Gardiens iraniens dans la liste de l'UE recensant les organisations terroristes. Les Européens rejoignent ainsi d'autres pays comme les Etats-Unis, le Canada ou l'Australie.

La France avait annoncé dès mercredi être prête à soutenir cette décision, en réponse à la répression "la plus violente" de l'histoire récente iranienne.

Les Européens ont aussi décidé jeudi de sanctionner plusieurs responsables iraniens, dont le ministre de l'Intérieur, le chef de la police et plusieurs dirigeants des Gardiens de la révolution. La liste de ces responsables iraniens a été publiée jeudi au Journal officiel de l'UE.

Au total, quelque 21 entités et individus sont ciblés par ces sanctions, qui prévoient une interdiction d'entrer dans l'UE et le gel de leurs avoirs sur le territoire des Vingt-Sept.


Trump dit qu'il "semble" que le Hamas va se désarmer

Les membres de l'administration du président américain Donald Trump applaudissent lors d'une réunion du cabinet à la Maison Blanche à Washington, D.C., États-Unis, le 29 janvier 2026. (Reuters)
Les membres de l'administration du président américain Donald Trump applaudissent lors d'une réunion du cabinet à la Maison Blanche à Washington, D.C., États-Unis, le 29 janvier 2026. (Reuters)
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  • Donald Trump affirme que le Hamas « semble » prêt à se désarmer, une étape clé de son plan pour mettre fin à la guerre à Gaza
  • La deuxième phase de la trêve prévoit le désarmement du Hamas, un retrait progressif israélien et le déploiement d’une force internationale

WASHINGTON : Donald Trump a dit jeudi qu'il "semblait" que le mouvement palestinien Hamas allait "se désarmer", ce qui est l'une des étapes cruciales prévues dans son plan de règlement du conflit à Gaza.

"Beaucoup de gens disent qu'ils ne se désarmeront jamais. Il semble qu'ils vont se désarmer", a déclaré le président américain pendant un conseil des ministres à la Maison Blanche.

Il a également relevé que le Hamas "nous a aidé avec les corps, leur rapatriement et sa famille est très reconnaissante", faisant référence au rapatriement des restes du dernier otage israélien du 7-Octobre, Ran Gvili, à qui Israël a rendu hommage mercredi lors de funérailles nationales.

Pour sa part, l'émissaire spécial Steve Witkoff s'est félicité que "nous ayons chassé les terroristes de là-bas et ils vont se démilitariser".

"Ils le feront parce qu'ils n'ont pas le choix. Ils vont abandonner. Ils vont abandonner les AK-47", a-t-il ajouté.

La veille, le Hamas s'était dit prêt à un "transfert complet de la gouvernance" de la bande de Gaza aussi vite que possible.

Aux termes du plan du président américain pour mettre fin à la guerre de Gaza, un Comité national pour l'administration de Gaza (NCAG) doit administrer provisoirement le territoire palestinien sous la houlette du "Conseil de paix" présidé par M. Trump lui-même.

La deuxième phase de la trêve entrée en vigueur le 10 octobre dernier prévoit entre autres le désarmement du Hamas, le retrait progressif de l'armée israélienne, qui contrôle encore plus de la moitié du territoire, et le déploiement d'une force internationale de stabilisation.


Ethiopie: combats entre armée fédérale et forces tigréennes, vols supendus vers le Tigré

Des combats, selon des sources concordantes, ont opposé ces derniers jours les troupes fédérales à des forces tigréennes et les vols à destination du Tigré ont été suspendus, une première très inquiétante depuis la fin d'une guerre sanglante en 2022 dans cette région du nord de l'Ethiopie. (AFP)
Des combats, selon des sources concordantes, ont opposé ces derniers jours les troupes fédérales à des forces tigréennes et les vols à destination du Tigré ont été suspendus, une première très inquiétante depuis la fin d'une guerre sanglante en 2022 dans cette région du nord de l'Ethiopie. (AFP)
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  • De premiers affrontements directs entre armée fédérale et forces tigréennes avaient eu lieu en novembre 2025 dans la région voisine de l'Afar
  • Des tirs d'armes lourdes et des frappes de drones avaient notamment été dénoncés

ADDIS ABEBA: Des combats, selon des sources concordantes, ont opposé ces derniers jours les troupes fédérales à des forces tigréennes et les vols à destination du Tigré ont été suspendus, une première très inquiétante depuis la fin d'une guerre sanglante en 2022 dans cette région du nord de l'Ethiopie.

De premiers affrontements directs entre armée fédérale et forces tigréennes avaient eu lieu en novembre 2025 dans la région voisine de l'Afar. Des tirs d'armes lourdes et des frappes de drones avaient notamment été dénoncés.

Ces tensions font planer le risque d'une reprise d'un conflit après la sanglante guerre qui a opposé entre novembre 2020 et novembre 2022 l'armée éthiopienne aux forces du Front de libération du peuple du Tigré (TPLF).

Au moins 600.000 personnes étaient mortes, selon l'Union africaine, des estimations que plusieurs experts pensent sous-estimées.

Ces derniers jours, des combats se sont tenus à Tsemlet (ouest du Tigré), une zone revendiquée par des forces de la région voisine de l'Amhara, ont déclaré à l'AFP, sous couvert d'anonymat, des sources diplomatique et sécuritaire en poste en Ethiopie.

"Raisons opérationnelles" 

A Tsemlet, face aux forces tigréennes, "ce sont les ENDF (armée éthiopienne, NDLR) avec des milices amharas", a déclaré la source diplomatique, sous couvert d'anonymat. Des affrontements se sont tenus "ces derniers jours", mais "aujourd'hui on ne sait pas encore" s'il se poursuivent, a-t-elle ajouté, sans plus de détails.

Les combats ont été confirmés par une source locale au Tigré, qui a également requis l'anonymat.

"La situation semble dégénérer", a corroboré la source sécuritaire, se montrant "dubitative sur la capacité des TDF (l'armée tigréenne, NDLR), à récupérer par la force Tselemt".

Le porte-parole de l'armée fédérale et des membres du TPLF n'ont pour l'heure pas donné suite aux sollicitations de l'AFP.

Les liaisons aériennes vers le Tigré d'Ethiopian Airlines, compagnie publique et seule à desservir cette région, ont été suspendues, ont également affirmé les sources diplomatique et sécuritaire.

Les vols, tout comme les services de télécommunications et bancaires, avaient été complètement suspendus durant la guerre, avant de reprendre à la suite de l'accord de paix conclu à Pretoria fin 2022. Leur suspension est une première depuis l'accord de paix.

Selon deux responsables d'Ethiopian Airlines, qui ont requis l'anonymat, les vols ont été interrompus pour "raisons opérationnelles", sans donner plus de détails.

L'un d'eux a toutefois déclaré "suspecter" que l'arrêt pour l'instant temporaire du trafic soit lié "aux tensions politiques" entre les autorités fédérales et l'administration au Tigré.

"Escalade militaire" 

Selon un journaliste à Mekele, joint au téléphone par l'AFP et qui a lui aussi requis l'anonymat, une "anxiété croissante" se ressent dans cette ville, capitale du Tigré.

Depuis plusieurs mois, la situation est tendue dans le nord de l'Ethiopie. Des forces amhara et érythréennes sont toujours présentes dans la région, en violation de l'accord de paix de Pretoria - auquel elles n'ont pas participé - qui prévoyait leur retrait.

Début 2025, le chef de l'administration intérimaire au Tigré, institution mise en place par Addis Abeba, avait été contraint de fuir Mekele, la capitale régionale, en raison de divisions croissantes au sein du TPLF.

Ce parti qui a dominé l'Ethiopie pendant presque trois décennies avant de se retrouver marginalisé après l'arrivée au pouvoir en 2018 du Premier ministre Abiy Ahmed et d'être aujourd'hui radié, est accusé par les autorités fédérales de s'être rapproché de l'Erythrée voisine.

Les relations entre les deux voisins de la Corne de l'Afrique, qui s'étaient réchauffées durant la guerre du Tigré, lorsque les troupes érythréennes avaient appuyé les forces fédérales éthiopiennes, sont de nouveau acrimonieuses, nourries de discours belliqueux, faisant planer le risque d'un nouveau conflit.

Pour Kjetil Tronvoll, professeur à Oslo New University College et spécialiste de la zone, cette confrontation entre forces fédérales et tigréennes "n'est pas surprenante". "Le risque d'une escalade militaire est grave, et il est possible que des forces non éthiopiennes viennent appuyer les forces tigréennes", a-t-il confié à l'AFP.