Interdiction du diesel: le secteur du transport prépare sa mue écologique

«La position française en matière de ZFE est une des plus dures pour les véhicules industriels». (Photo, AFP)
«La position française en matière de ZFE est une des plus dures pour les véhicules industriels». (Photo, AFP)
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Publié le Samedi 20 novembre 2021

Interdiction du diesel: le secteur du transport prépare sa mue écologique

  • L'adaptation concerne notamment les constructeurs de poids-lourds et véhicules utilitaires implantés autour de Lyon, comme Volvo Truck à Chaponnay ou Renault à Vénissieux
  • En 2020, la proportion des poids-lourds électriques représentait seulement 0,1% du parc, selon un rapport du Sénat. Mais Renault prévoit que ses ventes de poids lourds seront à 10% électriques en 2025

CHASSIEU : Comment se préparer à l’interdiction du diesel prévue dès 2026 à Lyon dans le cadre de l'instauration d'une Zone à Faible émission (ZFE)? La question a polarisé le salon de la logistique Solutrans prévu jusqu'à samedi au parc d'exposition Eurexpo, à Chassieu en banlieue de Lyon.

Les entreprises du secteur industriel lyonnais doivent en effet repenser toute la chaîne de transport afin de répondre aux nouvelles contraintes imposées par la majorité écologiste après son élection à la métropole de Lyon. Localement plus de 100 000 poids-lourds sont directement concernés.

"La position française en matière de ZFE est une des plus dures pour les véhicules industriels", a souligné Béatrice Plat du cabinet BIPE BDO venue présenter l'étude "Vision'Air" en collaboration avec la Fédération française de carrosserie.

L'adaptation concerne notamment les constructeurs de poids-lourds et véhicules utilitaires implantés autour de Lyon, comme Volvo Truck à Chaponnay ou Renault à Vénissieux.

Explosion de l'électrique

Le groupe Renault a, par exemple, développé un camion électrique de 13 tonnes, en partenariat avec le transporteur Delanchy, pour livrer des produits frais aux Halles Paul Bocuse, au centre de Lyon. 

En 2020, la proportion des poids-lourds électriques représentait seulement 0,1% du parc, selon un rapport du Sénat. Mais Renault prévoit que ses ventes de poids lourds seront à 10% électriques en 2025.

Le marché des véhicules utilitaires électriques est déjà, lui, en pleine expansion avec des ventes en hausse de 23% en 2019 selon l'Association nationale pour le développement de la mobilité électrique. Une tendance qui s'est poursuivie entre octobre 2020 et octobre 2021 avec une augmentation des ventes de 9% .

Certains acteurs logistiques comme Afitruck, installé à Lyon, conseillent leurs clients sur le "verdissement" de leurs flottes. 

Mais pour passer à l'électrique, "ces entreprises dépendent de l’installation des bornes de recharge qui est encore insuffisante sur le territoire", explique Jéremy Frédéric, directeur des opérations d’Afitruck, un des 1.000 exposants de Solutrans. 

Dans l'agglomération lyonnaise, plus de 900 points de recharge électriques publics devraient être fonctionnels à la fin de l'année 2021, selon la Métropole de Lyon. Le déploiement est encore en cours mais certains ont déjà pu faire évoluer leur flotte de poids-lourds, comme BFT Transport et location.

Dans cette entreprise de transport de containers implantée au port Edouard Herriot, en bord de ZFE, l'augmentation du nombre de camions à énergie propre "a été facilitée par la mise en place de la station multi-énergie propre par la Compagnie nationale du Rhône", précise Marilyne Folleas, dirigeante de l’entreprise.

Partenariats locaux

En collaboration avec des partenaires locaux comme Velo'v ou Blue Line Logistics, BFT a d'ailleurs créé la plateforme Lium (Logistique intra urbaine multimodale), pour proposer à toutes les entreprises locales des solutions de transport.

Voitures électriques, vélo triporteur, mais aussi bateau, BFT mise sur les spécificités du territoire lyonnais. "A Lyon, on a un port dans la ville et une ville baignée par deux fleuves, donc si ces solutions ne marchent pas là, ça ne marchera nulle part", estime Marilyne Folleas.

Lium lancera sa phase test auprès des entreprises partenaires dès 2022 et augmentera les volumes de marchandise en 2023 "pour être prêt dès 2026", assure la dirigeante de BFT.

Pour le dernier kilomètre, ultime étape de transport de l’entrepôt au magasin, la demande de vélos cargos professionnels et familiaux à assistance électrique a explosé en 2020 avec une hausse de 354% pour atteindre 11 000 unités produites, selon l'Union Sport & Cycle.

L’entreprise lyonnaise Kleuster a lancé en partenariat avec le spécialiste de véhicules frigorifiques Lamberet un modèle à assistance électrique. "Aujourd’hui plus d’une centaine de nos vélos sont en circulation sur le territoire national, on espère en avoir 400 de plus l'année prochaine", détaille Julien Depéry, son responsable commercial. 

Bien que son périmètre exact ne soit pas encore défini, la nouvelle ZFE de la région lyonnaise autorisera seulement le passage des véhicules dotés de vignettes Crit'Air 0 et Crit'Air 1. Les véhicules Crit'Air 5, les plus polluants, seront proscrits dès 2022.


Budget: Lecornu dégaine un ultime 49.3, l'épilogue approche

Le Premier ministre français Sébastien Lecornu quitte le palais présidentiel de l'Élysée à Paris après la réunion hebdomadaire du Conseil des ministres, le 28 janvier 2026. (AFP)
Le Premier ministre français Sébastien Lecornu quitte le palais présidentiel de l'Élysée à Paris après la réunion hebdomadaire du Conseil des ministres, le 28 janvier 2026. (AFP)
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  • Le Premier ministre Sébastien Lecornu va recourir pour la troisième fois à l’article 49.3 pour faire adopter définitivement le budget 2026, malgré de nouvelles motions de censure attendues lundi
  • Le texte vise un déficit ramené à 5 % du PIB en 2026 et prévoit plusieurs concessions sociales, mais continue de susciter une forte opposition à gauche et à l’extrême droite

PARIS: La ligne d'arrivée du marathon budgétaire est proche: le Premier ministre Sébastien Lecornu va activer vendredi matin pour la troisième fois l'article 49 alinéa 3 de la Constitution à l'Assemblée nationale, ultime étape avant l'adoption définitive du budget de l'Etat, attendue lundi.

Après quatre mois de très denses discussions au Parlement, le projet de loi de finances pour 2026 va pouvoir aboutir.

Examiné à partir de 9H00 à l'Assemblée nationale en lecture définitive, le projet de budget ne sera pas discuté très longtemps: le chef du gouvernement est attendu au Palais Bourbon pour activer d'emblée un nouveau 49.3 sur le texte.

En engageant ainsi la responsabilité du gouvernement, Sébastien Lecornu devrait s'exposer à nouveau à deux motions de censure, issues de la gauche hors-PS et du Rassemblement national.

Celles-ci seront soumises aux députés "probablement lundi après-midi", ont indiqué des sources gouvernementales et parlementaires à l'AFP. Et sauf immense surprise, elles seront rejetées comme les deux précédentes grâce à la clémence des Républicains et surtout du Parti socialiste. Le gouvernement dispose en effet d'un matelas relativement confortable d'une vingtaine de voix d'avance.

Le rejet des motions vaudra alors adoption définitive du budget de l'Etat, qui devra tout de même passer le filtre du Conseil constitutionnel avant d'être promulgué. Sa mise en place mettra fin au régime fragile de la loi spéciale, votée fin décembre faute d'accord parlementaire pour assurer la continuité de l'Etat.

S'il est certes "imparfait", ce budget "est un texte utile pour les Français, car il nous permet de sortir du climat d'incertitude qui s'est installé depuis quelques mois", a salué jeudi la ministre des Comptes publics Amélie de Montchalin.

Elle s'exprimait devant les sénateurs, très mécontents de la copie finale. Ces derniers, qui devaient être saisis du texte avant son retour à l'Assemblée selon les règles de procédure parlementaire, n'ont pas souhaité retarder l'échéance, préférant le rejeter d'emblée sans rouvrir la discussion.

Si certains parlementaires, tout comme l'agence de notation Moody's, en doutent, le texte entend ramener le déficit à 5% du PIB en 2026, contre 5,4% en 2025.

Il prévoit diverses concessions en direction notamment du PS, comme les repas à un euro pour les étudiants ou la hausse de la prime d'activité pour les salariés modestes.

Mais il continue de susciter l'hostilité de l'extrême droite et d'une grande partie de la gauche (Insoumis, écologistes, communistes), qui ont déposé à chaque occasion des motions de censure.

Il s'agira de la troisième utilisation du 49.3 par Sébastien Lecornu, qui s'était engagé à y renoncer au début de l'automne, à la demande du PS. Les deux premiers ont été activés lors de la "nouvelle lecture" du texte, l'un sur la partie "recettes", l'autre sur la partie "dépenses".


Le dernier vendeur de journaux à la criée de Paris fait "chevalier" par Macron

Le président français Emmanuel Macron (à gauche), remet la médaille de Chevalier de l'Ordre national du Mérite à Ali Akbar, qui vend des journaux dans les rues de Saint-Germain-des-Prés, dans la capitale française, depuis 50 ans, à l'Élysée, à Paris, le 28 janvier 2026. (AFP)
Le président français Emmanuel Macron (à gauche), remet la médaille de Chevalier de l'Ordre national du Mérite à Ali Akbar, qui vend des journaux dans les rues de Saint-Germain-des-Prés, dans la capitale française, depuis 50 ans, à l'Élysée, à Paris, le 28 janvier 2026. (AFP)
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  • Emmanuel Macron a décoré Ali Akbar, dernier vendeur de journaux à la criée de Paris, chevalier de l'Ordre national du mérite, saluant son parcours exemplaire d’intégration et sa contribution culturelle au VIe arrondissement
  • À plus de 70 ans, Ali Akbar continue de vendre des journaux et de partager son humour satirique dans les rues de Saint-Germain-des-Prés, symbole vivant de la tradition de la presse à la criée

PARIS: Le président français Emmanuel Macron a décoré mercredi des insignes de chevalier de l'Ordre national du mérite Ali Akbar, dernier vendeur de journaux à la criée de Paris, un "magnifique exemple" d'intégration "qui rend notre pays plus fort et plus fier".

"Très ému", ce Pakistanais âgé de plus de 70 ans, arrivé en France quand il n'en avait que vingt, a expliqué avoir déjà en tête la fausse manchette de journal qu'il criera dans les prochains jours, lui qui aime clamer des titres parodiques: "ça y est, je suis chevalier! J'ai réussi!".

"Vous êtes l'accent du VIe arrondissement, la voix de la presse française", lui a dit le chef de l'État dans la salle des fêtes de l'Élysée, saluant cette figure incontournable du quartier de Saint-Germain-des-Prés, où a longtemps vibré le Tout-Paris littéraire.

Il a souligné qu'après avoir affronté "la pauvreté, le travail imposé, les violences" dans son pays de naissance, "le sol français" lui avait donné "l'espoir d'une vie meilleure".

"C'est un magnifique exemple dans un moment où nous entendons si souvent les vents mauvais (...) il y a aussi beaucoup d'histoires comme Ali qui s'écrivent, de femmes et d'hommes qui ont fui la misère pour choisir un pays de liberté et qui y ont construit une vie qui rend notre pays plus fort et plus fier", a insisté le président.

- "Irrévérence tricolore" -

Dès ses débuts de crieur dans les années 1970, grâce à une rencontre avec le cofondateur des journaux satiriques Hara-Kiri et Charlie Hebdo, Ali Akbar a jeté son dévolu sur le quartier de Sciences Po.

Là, il raconte avoir croisé de nombreux étudiants devenus depuis ministres ou députés. Voire président de la République, à l'instar d'Emmanuel Macron.

Svelte, le visage fin, avec ses journaux sous le bras - essentiellement Le Monde aujourd'hui -, il sillonne encore ces rues de la rive gauche de la capitale en déclamant des manchettes humoristiques. Une manière de parodier les événements politiques avec le sourire.

Le français est "devenu votre langue", "vous apprenez à jouer avec, faisant vôtre, par là, une forme d'irrévérence tricolore", lui a glissé le chef de l'État.

"Vous avez porté, si je puis dire, le monde à bout de bras et la France dans votre cœur", lui a-t-il encore affirmé, dans un clin d'œil au quotidien du soir.

Il y a cinquante ans, Paris comptait une quarantaine de vendeurs de journaux à la criée, postés à des endroits stratégiques comme les bouches de métro. Lui s'était démarqué en choisissant de déambuler puis, dans les années 1980, en commençant à inventer des titres parodiques... et racoleurs.

Il perçoit 1.000 euros de retraite par mois mais continue à travailler de 15H00 à 22H00. À l'heure du tout numérique, il écoule en moyenne une trentaine de journaux par jour, contre 150 à 200 à ses débuts.

Et maintenant? "Je vais rester, je vais continuer à vendre les journaux", confie Ali Akbar, et "amuser les gens avec mes blagues".


Macron reçoit mercredi les dirigeants du Danemark et du Groenland

A la suite de plusieurs semaines d'escalade, Donald Trump a reculé sur le Groenland, après avoir menacé de s'emparer de ce territoire et d'imposer des droits de douane accrus aux pays européens, dont la France, l'Allemagne ou le Royaume-Uni, qui s'y opposent et ont participé mi-janvier à une mission militaire de reconnaissance sur le territoire autonome danois. (AFP)
A la suite de plusieurs semaines d'escalade, Donald Trump a reculé sur le Groenland, après avoir menacé de s'emparer de ce territoire et d'imposer des droits de douane accrus aux pays européens, dont la France, l'Allemagne ou le Royaume-Uni, qui s'y opposent et ont participé mi-janvier à une mission militaire de reconnaissance sur le territoire autonome danois. (AFP)
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  • Des discussions à Davos entre Donald Trump et le secrétaire général de l'Otan, Mark Rutte, ont permis, selon le président américain, de déboucher sur un "cadre d'accord" sur le Groenland sans que les détails en soient révélés
  • En juin dernier, Emmanuel Macron s'était rendu à Nuuk, la capitale du Groenland, où l'ouverture d'un consulat français est prévue le 6 février

PARIS: Emmanuel Macron recevra mercredi midi la Première ministre du Danemark, Mette Frederiksen, et le Premier ministre du Groenland, Jens Frederik Nielsen, a annoncé l'Élysée mardi.

A l'occasion de ce "déjeuner de travail", le chef de l'État "réaffirmera la solidarité européenne et le soutien de la France à l'égard du Danemark et du Groenland, de leur souveraineté et de leur intégrité territoriale".

Selon l'Élysée, les trois dirigeants échangeront "sur les enjeux de sécurité dans l'Arctique et sur le développement économique et social du Groenland que la France et l'Union européenne sont prêtes à accompagner".

Selon un communiqué du bureau de presse de la Première ministre danoise, les deux dirigeants se rendront ensuite pour un débat à Sciences-Po animé par Giuliano da Empoli, auteur du best-seller "Le Mage du Kremlin"

Dans un contexte diplomatique de tensions, du fait de la menace russe et des ambitions américaines pour le Groenland, Mette Frederiksen - qui a participé à un sommet sur la coopération énergétique et sécuritaire en Mer du Nord lundi à Hambourg - et Jens Frederik Nielsen seront à Berlin ce mardi avant de se rendre mercredi à Paris.

A la suite de plusieurs semaines d'escalade, Donald Trump a reculé sur le Groenland, après avoir menacé de s'emparer de ce territoire et d'imposer des droits de douane accrus aux pays européens, dont la France, l'Allemagne ou le Royaume-Uni, qui s'y opposent et ont participé mi-janvier à une mission militaire de reconnaissance sur le territoire autonome danois.

Des discussions à Davos entre Donald Trump et le secrétaire général de l'Otan, Mark Rutte, ont permis, selon le président américain, de déboucher sur un "cadre d'accord" sur le Groenland sans que les détails en soient révélés.

Mme Frederiksen, qui a rencontré mardi à Berlin le chancelier allemand Friedrich Merz, a ensuite souligné sur la télévision allemande ARD que si le Danemark voulait une coopération militaire "accrue" avec les Américains, sa "souveraineté" était une "ligne rouge".

"Le Groenland a répété à plusieurs reprises qu'il ne voulait pas faire partie des États-Unis", a-t-elle déclaré, selon la traduction allemande, appelant les alliés transatlantiques à se concentrer sur "la défense de l'Europe contre la Russie".

Comme M. Merz, qui a de nouveau assuré le Danemark et le Groenland de la "solidarité" de l'Allemagne, selon une communication de ses services, la France se veut en pointe de la solidarité européenne avec Copenhague.

En juin dernier, Emmanuel Macron s'était rendu à Nuuk, la capitale du Groenland, où l'ouverture d'un consulat français est prévue le 6 février.