L1: après le fiasco d'OL-OM, huis clos à Lyon et mobilisation du gouvernement

L'arrêt définitif de cette affiche de la 14e journée de L1 après seulement 4 minutes de jeu (0-0), en raison d'un jet de bouteille d'eau ayant atteint le capitaine marseillais Dimitri Payet à la tête, a ajouté un chapitre à la série noire. (AFP)
L'arrêt définitif de cette affiche de la 14e journée de L1 après seulement 4 minutes de jeu (0-0), en raison d'un jet de bouteille d'eau ayant atteint le capitaine marseillais Dimitri Payet à la tête, a ajouté un chapitre à la série noire. (AFP)
Short Url
Publié le Mardi 23 novembre 2021

L1: après le fiasco d'OL-OM, huis clos à Lyon et mobilisation du gouvernement

  • Le dossier ayant été mis en instruction, Lyon recevra donc Reims le 1er décembre sans aucun supporter en tribune, en attendant d'être fixé sur son sort le 8 décembre
  • Darmanin et Maracineanu se réuniront avec les instances du football français pour déterminer «les moyens d'y mettre fin pour le reste de la saison»

PARIS: Huis clos en attendant une sanction peut-être plus lourde, reprise en main du dossier par le gouvernement: l'heure est à la mobilisation pour le football français après les incidents du match Lyon-Marseille dimanche, énième épisode de débordements en tribunes cette saison en Ligue 1.


L'arrêt définitif de cette affiche de la 14e journée de L1 après seulement 4 minutes de jeu (0-0), en raison d'un jet de bouteille d'eau ayant atteint le capitaine marseillais Dimitri Payet à la tête, a ajouté un chapitre à la série noire.


La commission de discipline de la Ligue de football professionnel (LFP), réunie en urgence lundi à la mi-journée, a sanctionné l'Olympique lyonnais du huis clos total de son stade à titre conservatoire "au regard du grave incident intervenu".


Le dossier ayant été mis en instruction, Lyon recevra donc Reims le 1er décembre sans aucun supporter en tribune, en attendant d'être fixé sur son sort le 8 décembre. 


"Je n'imagine pas que l'on ne rejoue pas le match", a lancé le président lyonnais Jean-Michel Aulas à plusieurs médias dont l'AFP, estimant que demander un retrait de point contre Lyon est d'une "mauvaise foi évidente".


Pour autant, la sanction pourrait être lourde: la commission de discipline, qui doit se prononcer à la fois sur la responsabilité de Lyon dans cet incident et sur le sort du match, a déjà durement sévi cette saison après de précédents débordements lors de Nice-Marseille, Lens-Lille ou encore Marseille-PSG.


Mardi (09h30), le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin et la ministre déléguée aux Sports Roxana Maracineanu se réuniront avec les instances du football français (LFP, fédération, arbitres et clubs) pour évoquer les incidents et déterminer "les moyens d'y mettre fin pour le reste de la saison".


Plusieurs réunions techniques se sont déjà déroulées entre cabinets ministériels. Cela avait abouti à un courrier du gouvernement adressé fin octobre à la LFP, pour lutter contre l'insécurité dans les stades. 

Payet porte plainte 


Sur quatre personnes interpellées dimanche, deux hommes se trouvaient toujours en garde à vue lundi matin à Lyon, dont un homme de 32 ans - l'auteur présumé du jet de bouteille sur Payet.


Lundi, le milieu offensif marseillais était absent de l'entraînement et l'OM a fait savoir que le joueur portait plainte "dans le cadre de l'enquête de la procureure de Lyon".


De son côté, l'OL "entend pouvoir radier à vie l'individu si la Ligue et la justice donnent les moyens au club de le faire", a soutenu, dans un communiqué publié lundi à la mi-journée, le club rhodanien, disant "souhaiter que les sanctions pénales et administratives soient exemplaires". 


En août dernier, de graves débordements lors de Nice-OM, qui avaient déjà commencé par des jets de bouteilles visant Payet, avaient été sanctionnés d'un retrait d'un point (plus un avec sursis) et trois matches à huis clos pour Nice.


L'OM est également sous la menace d'un retrait d'un point, la commission de discipline lui ayant infligé un sursis après des dégradations commises par des supporters marseillais au stade Raymond-Kopa d'Angers en septembre.


Spirale 


Mais malgré les déclarations d'intention, reste à déterminer les mesures possibles pour enrayer cette spirale d'incidents, néfastes pour l'image de la L1 à l'heure où elle essaie mieux se vendre à l'international, forte de la présence des superstars du Paris SG Lionel Messi, Neymar ou Kylian Mbappé.


"Je suis choqué et furieux", a réagi le président de la LFP Vincent Labrune dans un entretien diffusé sur le site internet de L'Equipe. "Il est urgent de lancer une grande concertation nationale concernant la violence dans les stades. Cette gangrène va nous tuer."


La ministre déléguée aux Sports Roxana Maracineanu, de longue date favorable à des sanctions individuelles visant spécifiquement les fauteurs de trouble, a souhaité lundi une modification des règlements pour que l'arbitre d'un match ait "les coudées franches". 


"Il faut qu'il sache ce qu'il peut faire ou pas. Ce n'est pas marqué noir sur blanc" qu'il doit arrêter un match après un jet de projectile, a-t-elle regretté.


Karl Olive, maire de Poissy et membre du Conseil d'administration de la LFP, en a même appelé au président Emmanuel Macron, dont il est proche.


"Si on ne tape pas du poing sur la table, on ne s'en sortira pas", a-t-il dit au micro de BFMTV. "J'espère bien que le président de la République lui-même va siffler la fin de la partie."


Tournée de Barrot dans le Golfe: fermeté et solidarité de la France avec ses partenaires régionaux

Le ministre français de l'Europe et des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot (à droite), accueille le ministre des Affaires étrangères de l'Arabie saoudite, le prince Faisal bin Farhan Al Saud, avant une réunion ministérielle consacrée à la mise en œuvre du plan de paix au Moyen-Orient, au Quai d'Orsay à Paris, le 9 octobre 2025. (AFP)
Le ministre français de l'Europe et des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot (à droite), accueille le ministre des Affaires étrangères de l'Arabie saoudite, le prince Faisal bin Farhan Al Saud, avant une réunion ministérielle consacrée à la mise en œuvre du plan de paix au Moyen-Orient, au Quai d'Orsay à Paris, le 9 octobre 2025. (AFP)
Short Url
  • La tournée du ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, dans le Golfe, menée dans un contexte de fortes tensions après les frappes iraniennes, s’inscrit dans une double logique de fermeté et de diplomatie
  • Répondant aux questions d’Arab News en français à son retour à Paris, Barrot a souligné que sa tournée visait à réaffirmer la solidarité de la France avec ses partenaires régionaux, tout en mettant en avant sa crédibilité sécuritaire

PARIS: La tournée du ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, dans le Golfe, menée dans un contexte de fortes tensions après les frappes iraniennes, s’inscrit dans une double logique de fermeté et de diplomatie.

Répondant aux questions d’Arab News en français à son retour à Paris, Barrot a souligné que sa tournée visait à réaffirmer la solidarité de la France avec ses partenaires régionaux, tout en mettant en avant sa crédibilité sécuritaire, illustrée par des actions concrètes de défense.

Dans le même temps, la France continue de plaider pour une désescalade et une solution politique durable, fondée sur la reprise du dialogue avec l’Iran et la stabilisation de l’ensemble du Moyen-Orient.

De la sécurité du Golfe à la situation critique du Liban, en passant par les tensions israélo-iraniennes et la question palestinienne, la tournée de Barrot souligne la volonté française de maintenir un rôle d’équilibre, entre engagement stratégique et recherche constante d’une issue diplomatique aux crises régionales.

--

La tournée dans le Golfe que vous avez effectuée à Riyad, Mascate et Abou Dabi intervient après les bombardements iraniens qui ont visé la région. Quel message avez-vous porté aux quatre pays qu’englobe cette tournée ?

J’ai porté un message de solidarité auprès des pays du Golfe, qui ont tous été visés par des frappes iraniennes injustifiables, que la France a condamnées avec la plus grande fermeté.

La France a démontré qu’elle était un partenaire fiable et prévisible : nous avons, en légitime défense, abattu des drones dès les premières heures du conflit pour défendre l’espace aérien de nos alliés. La sécurité de nos partenaires régionaux est une priorité absolue. Ils savent pouvoir compter sur nous.

La France prône la désescalade, mais a-t-elle les moyens d’influencer les acteurs majeurs du conflit ?

Nous portons le même message depuis le début du conflit : la prolongation indéfinie des opérations militaires sans objectif précis comporte le risque d’un engrenage qui entraînerait la région dans une longue période d’instabilité, dont l’issue serait très incertaine et porterait atteinte aux pays de la région, aux intérêts européens et à l’économie mondiale.

Notre priorité est donc la désescalade et la recherche d’un règlement politique durable : c’est ce à quoi la France, aux côtés de ses partenaires, appelle. Il faut pérenniser le cessez-le-feu et faire en sorte que les négociations entre les États-Unis et l’Iran reprennent. Une paix durable dans la région n’est possible qu’à travers une solution politique pérenne au défi iranien, garantissant que l’Iran ne se dote jamais de l’arme nucléaire et répondant aux menaces posées par son programme balistique et ses activités de déstabilisation.

Entre Washington et Téhéran, la voix de la France est-elle encore audible ?

Nous ne sommes pas belligérants et ne souhaitons pas le devenir. Mais recul ne signifie pas inaction. Notre crédibilité repose sur la constance de nos positions, que nous défendons sans relâche auprès des différentes parties et qui sont validées par les évolutions en cours.

La France est l’un des rares pays à maintenir des contacts réguliers avec l’Iran et à ne pas avoir fermé son ambassade à Téhéran pendant la guerre. 

Jean-Noël Barrot

Nous échangeons régulièrement avec nos alliés américains à propos de cette guerre. Le président de la République échange régulièrement avec le président Trump au sujet de la crise iranienne. La menace à la sécurité internationale que fait peser l’Iran exige une réponse collective, comme cela a été le cas avec le JCPOA en 2015.

La France est l’un des rares pays à maintenir des contacts réguliers avec l’Iran et à ne pas avoir fermé son ambassade à Téhéran pendant la guerre. Le président de la République a échangé à de nombreuses reprises avec le président iranien et je m’entretiens très régulièrement avec mon homologue.

Considérez-vous cette tournée comme un succès diplomatique ?

Cette tournée a permis à la France de renforcer sa coordination avec ses partenaires régionaux, qui doivent être des acteurs centraux de la nouvelle architecture de sécurité régionale. Nous partageons des intérêts de sécurité avec nos partenaires du Golfe ; ce travail diplomatique est donc indispensable pour rapprocher nos positions et bâtir une paix durable dans la région. L’enjeu était aussi d’approfondir nos partenariats bilatéraux, dont la crise a montré à quel point ils sont essentiels pour notre sécurité et notre prospérité communes.


Le porte-avions français passe le canal de Suez, en route vers la région du Golfe

Le canal de Suez, photo d'illustration. (AFP)
Le canal de Suez, photo d'illustration. (AFP)
Short Url
  • Cette potentielle mission de sécurisation, qui ne pourrait être déclenchée qu'une fois que les hostilités auront cessé, se veut "neutre" et "bien distincte des belligérants" avait affirmé mi-avril le président français
  • Les "plus de 40 pays" qui y participent ont entamé une planification militaire à Londres, selon le ministère des Armées

PARIS: Le porte-avions français Charles-De-Gaulle et son escorte franchissent, mercredi, le canal de Suez pour se prépositionner dans la région du Golfe en cas de déclenchement d'une mission, promue par Londres et Paris, pour rétablir la navigation dans le détroit d'Ormuz, a annoncé le ministère des Armées.

"Le porte-avions Charles-De-Gaulle et ses escorteurs franchissent le canal de Suez mercredi 6 mai 2026, en route vers le sud de la mer Rouge", affirme le ministère dans un communiqué.

Cette décision vise "à réduire les délais de mise en œuvre de cette initiative dès que les circonstances le permettront", ajoute-il.

Le président français Emmanuel Macron et le Premier ministre britannique Keir Starmer sont à l'origine d'une initiative pour sécuriser la navigation dans le détroit, bloqué depuis le début du conflit opposant l'Iran aux Etats-Unis et à Israël le 28 février.

Cette potentielle mission de sécurisation, qui ne pourrait être déclenchée qu'une fois que les hostilités auront cessé, se veut "neutre" et "bien distincte des belligérants" avait affirmé mi-avril le président français.

Les "plus de 40 pays" qui y participent ont entamé une planification militaire à Londres, selon le ministère des Armées.

"Le mouvement du groupe aéronaval est distinct des opérations militaires initiées dans la région et complète le dispositif sécuritaire", a réaffirmé mercredi le ministère.

Sa présence à proximité du Golfe va permettre "d'évaluer l'environnement opérationnel régional par anticipation du déclenchement de l’initiative" et "d'offrir des options supplémentaires de sortie de crise pour renforcer la sécurité de la région", selon lui.

Le groupe aéronaval français doit également permettre d'"intégrer les moyens des pays qui veulent inscrire leur action dans un dispositif défensif et adapté, respectueux de la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer", ajoute-t-il.

Le porte-avions, qui embarque une vingtaine d'avions de combat Rafale et est escorté de plusieurs frégates, a appareillé fin janvier de Toulon pour un déploiement dans l'Atlantique Nord.

Il a été redirigé le 3 mars vers la Méditerranée orientale, où il se trouvait depuis, pour défendre les intérêts français et les pays alliés frappés par la riposte iranienne aux attaques israélo-américaines.

Le blocage du détroit d'Ormuz a continué malgré un cessez-le-feu entré en vigueur le 8 avril. Washington a en retour imposé un blocus des ports iraniens puis lancé lundi l'opération Project Freedom ("Projet Liberté") pour permettre à des centaines de bateaux coincés dans le Golfe de franchir le détroit. Cette opération a été suspendue mercredi.


CMA CGM confirme qu'un de ses porte-conteneurs a été touché dans le détroit d'Ormuz

 Le porte-conteneurs "San Antonio" battant pavillon maltais et appartenant à l'armateur français CMA CGM a fait "l'objet d'une attaque" mardi dans le détroit d'Ormuz, a confirmé mercredi matin CMA CGM. (AFP)
Le porte-conteneurs "San Antonio" battant pavillon maltais et appartenant à l'armateur français CMA CGM a fait "l'objet d'une attaque" mardi dans le détroit d'Ormuz, a confirmé mercredi matin CMA CGM. (AFP)
Short Url
  • L'agence de sécurité maritime britannique UKTMO avait rapporté qu'un cargo avait été touché mardi vers 18H30 GMT par un "projectile d'origine inconnue" dans le détroit d'Ormuz, sans l'identifier
  • L'armateur précise qu'il suit la situation de près et qu'il reste pleinement mobilisé aux côtés de l'équipage

PARIS: Le porte-conteneurs "San Antonio" battant pavillon maltais et appartenant à l'armateur français CMA CGM a fait "l'objet d'une attaque" mardi dans le détroit d'Ormuz, a confirmé mercredi matin CMA CGM.

L'attaque a fait des "blessés parmi les membres d'équipage" qui ont été "évacués et soignés", et a occasionné des "dommages" au navire, a ajouté CMA CGM dans un bref communiqué à l'AFP.

L'agence de sécurité maritime britannique UKTMO avait rapporté qu'un cargo avait été touché mardi vers 18H30 GMT par un "projectile d'origine inconnue" dans le détroit d'Ormuz, sans l'identifier.

L'armateur précise qu'il suit la situation de près et qu'il reste pleinement mobilisé aux côtés de l'équipage.

L'attaque a eu lieu au lendemain du "projet Liberté" lancé par Donald Trump pour escorter les navires bloqués dans le Golfe afin de les aider à quitter le détroit d'Ormuz.

Mais l'opération d'escorte a été arrêtée dès mardi au bout d'un jour seulement par le même Donald Trump, dans le but de parvenir à un accord avec l'Iran pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient.

Le président américain a déclaré sur sa plateforme Truth Social que "de grands progrès" avaient été réalisés dans les négociations, et que le "Projet liberté" serait suspendu "pendant une courte période" pour voir si un accord pouvait "être finalisé et signé".