Les magasins américains désemparés face à une vague de razzias à l'approche des fêtes

La marque de luxe française avait été victime quelques jours plus tôt d'une autre attaque éclair près de Chicago, quand une quinzaine de personnes avaient volé pour plus de 100 000 dollars de sacs et de vêtements. (Photo/AFP)
La marque de luxe française avait été victime quelques jours plus tôt d'une autre attaque éclair près de Chicago, quand une quinzaine de personnes avaient volé pour plus de 100 000 dollars de sacs et de vêtements. (Photo/AFP)
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Publié le Jeudi 25 novembre 2021

Les magasins américains désemparés face à une vague de razzias à l'approche des fêtes

  • Samedi, environ 80 personnes masquées se sont attaquées à un grand magasin Nordstrom dans un centre commercial à Walnut Creek, près de San Francisco, emportant leur butin dans 25 voitures qui les attendaient
  • La veille, une quarantaine de voleurs avaient fait une razzia dans un magasin Louis Vuitton de San Francisco

WASHINGTON : Ils apparaissent comme une nuée de criquets, dévalisent un magasin en quelques minutes et s'échappent en voitures: les enseignes de luxe sont désemparées face à une vague de vols éclair perpétrés à l'approche des fêtes de fin d'année aux Etats-Unis.

Samedi, environ 80 personnes masquées se sont attaquées à un grand magasin Nordstrom dans un centre commercial à Walnut Creek, près de San Francisco, emportant leur butin dans 25 voitures qui les attendaient.

La veille, une quarantaine de voleurs avaient fait une razzia dans un magasin Louis Vuitton de San Francisco.

La marque de luxe française avait été victime quelques jours plus tôt d'une autre attaque éclair près de Chicago, quand une quinzaine de personnes avaient volé pour plus de 100 000 dollars de sacs et de vêtements.

C'était le troisième assaut contre l'enseigne en un mois dans la région.

Face à ces raids, les magasins du pays redoublent de précaution en renforçant leurs services de sécurité, mais l'effet de surprise est difficile à parer.

Et les voleurs n'hésitent pas à recourir à la violence. A Oakland, des bandes prenant pour cible des magasins de cannabis ont ouvert le feu sur la police.

"Le niveau de vol à l'étalage organisé que nous constatons est juste inacceptable", a dénoncé mardi le gouverneur démocrate de Californie, Gavin Newsom.

"Les magasins et les clients devraient se sentir en sécurité en faisant leurs achats pour les fêtes", a-t-il dit.

Ces vols se produisent à une période clé pour les commerçants américains: vendredi, au lendemain de Thanksgiving, le "Black Friday" lancera la saison des achats de Noël.

Gavin Newsom a ordonné à une unité de la police autoroutière de l'Etat, spécialisée dans le crime organisé, de collaborer avec les forces de l'ordre locale pour résoudre ces affaires.

Au moment de cette annonce, un gang d'une quarantaine de voleurs dévalisait une bijouterie à Hayward, près de San Francisco.

Plus au nord, à Oakland, c'est un magasin de vêtements qui était vidé en un éclair. Les images de surveillance montrent une trentaine de voleurs, masqués et cagoulés, entrer dans l'échoppe pour en ressortir avec des chaussures, des vêtements ou des casquettes. L'opération a duré moins d'une minute.

« Terrorisme domestique »

Ces "vols en flash mob", ou vols éclair, ne sont pas nouveaux aux Etats-Unis, mais ils se sont accélérés ces derniers mois et visent sans distinction pharmacies, petits magasins et enseignes de luxe.

Et le nombre de voleurs ainsi que la rapidité de leurs razzias provoquent l'incrédulité.

"Je ne qualifierais même pas ça de crime organisé, c'est du terrorisme domestique", s'est indignée Rachel Michelin, la présidente de l'Association des commerçants de Californie, sur la chaîne locale Fox40.

Pour Jeffrey Ian Ross, professeur de criminologie à l'Université de Baltimore, rien n'indique que le vol à l'étalage connaisse une hausse importante dans l'ensemble du pays.

Mais la médiatisation des razzias et la diffusion des images sur les réseaux sociaux a pu inspirer d'autres groupes. "C'est osé, les images sont fortes".

Les forces de l'ordre, déjà débordées par l'augmentation des meurtres et autres crimes violents, "ne peut pas suivre" face au volume de marchandises volées et au nombre de personnes qui les revendent, selon Jeffrey Ian Ross.

Parmi les nombreuses zones d'ombre de ce phénomène figurent notamment les possibles liens entre ces vols organisés dans la région de San Francisco, ou la façon dont les auteurs de ces razzias communiquent et se coordonnent.

Sur les quelque 80 participants au raid de Walnut Creek, seules trois ont pour l'instant été arrêtés.

Neuf autres ont été inculpés mardi pour plusieurs vols, notamment celui du magasin Vuitton à San Francisco.

Rachel Michelin réclame des lois plus sévères pour ce type de vol organisé, estimant que les voleurs semblent se coordonner via les réseaux sociaux. "On va devoir avoir une discussion franche au sujet des lois en vigueur qui, apparemment, ne fonctionnent pas", a-t-elle dit.


Maroc: la Banque centrale relève son taux directeur pour freiner l'inflation

Un homme tient des billets de dirham marocain, le 23 janvier 2018 à Casablanca. (Photo, AFP)
Un homme tient des billets de dirham marocain, le 23 janvier 2018 à Casablanca. (Photo, AFP)
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  • Elle survient dans un contexte de poussée inflationniste alimentée par la flambée des prix des matières premières au niveau mondial
  • Sur l'ensemble de l'année 2022, l'institution monétaire table sur une inflation de 6,3% (contre 1,4% en 2021). Elle reviendrait à 2,4% en 2023

RABAT: La Banque centrale du Maroc (BAM) a relevé mardi son taux directeur de 50 points de base, à 2%, afin de juguler une "forte accélération de l’inflation", selon un communiqué de l'institution.

Cette hausse, attendue, a été décidée pour "assurer les conditions d’un retour rapide à des niveaux en ligne avec l’objectif de stabilité des prix", précise le communiqué de la banque centrale publié à l'issue de la réunion trimestrielle de son conseil.

Elle survient dans un contexte de poussée inflationniste alimentée par la flambée des prix des matières premières au niveau mondial.

Ainsi l'indice des prix à la consommation a progressé de 8% en août sur un an, "tiré essentiellement par le renchérissement des produits alimentaires et des carburants", selon la BAM.

"Aujourd'hui, les prix brûlent les caddies des consommateurs et leurs portefeuilles. L'inflation est cruelle pour les revenus modestes", a averti lundi le quotidien L'Economiste dans son éditorial, affirmant que "la sortie de crise sera difficile".

Sur l'ensemble de l'année 2022, l'institution monétaire table sur une inflation de 6,3% (contre 1,4% en 2021). Elle reviendrait à 2,4% en 2023.

La croissance de l'activité économique accusera quant à elle un "net ralentissement" à 0,8% en 2022 (+7,9% en 2021), poussé par "un recul de 14,7% de la valeur ajoutée agricole et une décélération du rythme des activités non agricoles", ajoute la BAM qui prévoit une reprise de 3,6% en 2023 (à condition d'une bonne récolte céréalière).

Cette situation reste "marquée profondément par les séquelles de la pandémie (de Covid-19) et les implications de la guerre en Ukraine" mais également par "les répercussions d’une sécheresse particulièrement sévère", souligne son communiqué.

L'économie du pays maghrébin reste largement tributaire du secteur agricole et de la pêche qui représentait encore près de 12% du PIB en 2020.


Le plongeon de la livre, signe d'un retour au désordre économique des années 1980?

La devise britannique avait repris des couleurs en 1985 après une action concertée des gouvernements aux Etats-Unis, en France, en Allemagne, au Royaume-Uni et au Japon (Photo, AFP).
La devise britannique avait repris des couleurs en 1985 après une action concertée des gouvernements aux Etats-Unis, en France, en Allemagne, au Royaume-Uni et au Japon (Photo, AFP).
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  • La livre est certes considérée comme un baromètre de l'économie britannique, mais sa chute récente est, comme en 1985, en grande partie due à la vigueur du dollar
  • Pour l'instant, les dirigeants politiques ne semblent pas envisager de mesures similaires, note George Saravelos, de Deutsche Bank

LONDRES: Le déclin de la livre, tombée lundi à un record de faiblesse historique face au dollar, témoigne-t-il d'un Royaume-Uni aussi mal en point que dans les années 1970 ou 1980, quand la devise britannique avait touché ses précédents planchers?

Si le contexte économique actuel connaît des similitudes avec ces années-là, quand le Royaume-Uni était surnommé "l'homme malade de l'Europe", les maux d'aujourd'hui sont différents, et la situation outre-Manche n'est pas isolée.

Pendant les années 70, période de choc énergétique comme aujourd'hui, le gouvernement travailliste avait choisi de soutenir l'économie à coup de dépenses publiques, ce qui avait fait chuter la livre, flamber l'inflation, et entraîné une détérioration des finances publiques. Londres avait dû faire appel au Fonds monétaire international.

Aujourd'hui aussi, l'inflation s'envole à près de 10% - encore loin du pic de plus de 20% de 1975 -, les taux d'emprunt grimpent, la récession plane et les comptes publics se détériorent depuis la pandémie de Covid-19 et avec le programme d'aides massives aux factures d'énergie lancé par le nouveau gouvernement conservateur de Liz Truss.

Ce qui a toutefois pris de court les marchés, c'est la combinaison d'un soutien coûteux et de baisses d'impôts tous azimuts, annoncée vendredi par le chancelier de l'Echiquier (ministre des Finances) Kwasi Kwarteng.

Un cocktail jugé téméraire et risqué, d'autant que son financement reste flou, et qui a eu un effet révulsif sur les marchés. La livre a plongé, les taux d'emprunt ont flambé.

«Réformes bien moindres»

En outre, pendant les années 80, la politique d'austérité administrée en traitement de choc par la Première ministre conservatrice Margaret Thatcher et ses importantes baisses d'impôts s'était accompagnée de réduction drastique des dépenses publiques et de déréglementation.

Or, si les baisses d'impôts annoncées par le gouvernement Truss "sont d'une ampleur similaire" à celles des premières années Thatcher, "les réformes sont bien moindres", souligne Paul Dales, spécialiste du Royaume-Uni pour Capital Economics.

"Comparé à la privatisation, la réduction du pouvoir des syndicats et l'acceptation du marché unique dans les années 1980, les zones d'investissement prioritaires et des amendements aux critères de bénéfices sociaux pèsent peu", détaille M. Dales. Même si le Trésor a laissé entendre que d'autres réformes structurelles seraient annoncées lors d'une nouvelle déclaration budgétaire en novembre.

Au prix d'années de vaches maigres, entre choc de la concurrence de l'entrée dans la Communauté économique européenne (CEE) en 1973 puis les réformes de l'ère Thatcher, "le marché britannique était devenu beaucoup plus compétitif" et l'économie était repartie, fait valoir Jane Foley, de Rabobank, interrogée par l'AFP.

Au contraire, "le Brexit, la récession (qui s'annonce, ndlr) et une inflation très élevée laissent actuellement un goût amer en bouche pour les investisseurs", conclut Mme Foley.

Le plafond des factures énergétiques aura toutefois un effet calmant sur l'inflation à court terme. En outre, contrairement aux années 70, le chômage est au plus bas et le Royaume-Uni manque même de bras, conséquence de la pandémie et du Brexit.

De plus, la situation britannique n'est pas totalement isolée. Les autres pays européens font aussi face à une crise énergétique, avec des finances publiques détériorées et des taux d'intérêt qui montent en flèche.

Le Brexit complique la donne pour le Royaume-Uni, mais "l'Italie vient d'élire quelqu'un qui a des racines politiques revendiquées dans le fascisme, et l'Allemagne risque des pannes d'électricité cet hiver et une récession sévère", alors "il y a beaucoup de compétition aujourd'hui pour le titre d'+homme malade de l'Europe+", remarque Jonathan Portes, économiste à King's College, interrogé par l'AFP.

La livre est certes considérée comme un baromètre de l'économie britannique, mais sa chute récente est, comme en 1985, en grande partie due à la vigueur du dollar, monnaie refuge par excellence en période de turbulences comme actuellement, et qui écrase les autres devises, notamment l'euro.

La devise britannique avait repris des couleurs en 1985 après une action concertée des gouvernements aux Etats-Unis, en France, en Allemagne, au Royaume-Uni et au Japon, qui avaient signé les accords du Plaza pour déprécier le dollar.

Pour l'instant, les dirigeants politiques ne semblent pas envisager de mesures similaires, note George Saravelos, de Deutsche Bank.


Sonatrach et Engie sont en passe de signer «des contrats de moyen et long termes»

L’Algérie est le premier pays exportateur de gaz naturel en Afrique et le septième à l’échelle mondiale. Photo fournie
L’Algérie est le premier pays exportateur de gaz naturel en Afrique et le septième à l’échelle mondiale. Photo fournie
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  • Selon la direction du groupe Engie, les discussions s’inscrivent dans la continuité du contrat signé en juillet dernier
  • Des experts évoquent des contrats d’investissement dans la récupération du gaz de torchage qui s’effectue via l’utilisation des technologies de pointe

PARIS: Après la visite du président français, Emmanuel Macron, en Algérie, à la fin du mois d’août dernier, le groupe algérien Sonatrach, spécialisé dans la production d’hydrocarbures, et la société française Engie ont entamé des discussions qui portaient sur l’établissement de contrats relatifs à l’approvisionnement en gaz.

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L’Algérie est le premier pays exportateur de gaz naturel en Afrique et le septième à l’échelle mondiale. Photo fournie.

«Nous ne parlons pas de l’hiver prochain. Les discussions en cours avec la Sonatrach portent sur des contrats de moyen et long terme», avait précisé Claire Waysand, directrice générale adjointe d’Engie, lors de la Rencontre des entrepreneurs de France (LaREF), organisée par le Medef, le patronat français.

Selon la direction du groupe, les discussions s’inscrivent dans la continuité du contrat signé en juillet, dont l’aboutissement – avec la signature d’un nouvel accord – devrait intervenir dans plusieurs semaines. D’après la radio française Europe 1, les discussions en cours concernent entre autres l’augmentation, de l’ordre de 50%, des importations françaises en matière de gaz naturel ou de gaz liquéfié (GNL) à partir de l’Algérie.

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Le ministre algérien de l'Énergie et des Mines Mohamed Arkab reçoit Catherine MacGregor, directrice générale du groupe français Engie. Photo fournie.

En juillet dernier, le groupe énergétique algérien a annoncé qu’il avait conclu un accord afin d’augmenter la fourniture de gaz au distributeur d’énergie Engie. «Avec cet accord, les deux parties sont convenues de définir le prix de vente contractuel applicable sur une période trois ans – courant jusqu’en 2024 – afin de prendre en compte les conditions du marché.» La compagnie algérienne va «renforcer sa part dans le portefeuille d’approvisionnement d’Engie, ce qui permettra aux deux groupes de poursuivre leur diversification et de contribuer à la sécurité énergétique des clients européens», lit-on sur le document publié par Sonatrach.