Guadeloupe: à Sainte-Rose, coupée du monde, rues désertes et pénuries

Cette photographie prise le 25 novembre 2021 montre des véhicules incendiés à Sainte-Rose, sur l'île antillaise française de Guadeloupe à la suite de jours d'émeutes contre les mesures de Covid-19. (Photo, AFP)
Cette photographie prise le 25 novembre 2021 montre des véhicules incendiés à Sainte-Rose, sur l'île antillaise française de Guadeloupe à la suite de jours d'émeutes contre les mesures de Covid-19. (Photo, AFP)
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Publié le Vendredi 26 novembre 2021

Guadeloupe: à Sainte-Rose, coupée du monde, rues désertes et pénuries

  • «Il y a trop de difficultés, tu rentres avec un caddie dans un supermarché, tu t’en sors pour… c’est infernal ça»
  • Les poubelles n'ont pas été ramassées, les magasins sont aux trois-quarts fermés. La place Tricolore, habituel centre névralgique garni de nombreux stands de vendeurs, est vide

SAINTE - ROSE, FRANCE : La voie maritime est le seul accès à la ville de Sainte-Rose, coupée du reste de la Guadeloupe par des barrages hermétiques depuis une semaine et le début de la contestation contre l'obligation vaccinale. Le bourg est quasiment désert et certaines denrées alimentaires commencent à manquer dans les rayons. 


D'habitude si animé, avec ses cabanes qui proposent des excursions aux touristes et ses étales de poissons fraîchement pêchés, le port principal de Sainte-Rose, au nord de l'île de Grande Terre, somnole.


Une poignée de pêcheurs disposent encore de suffisamment de carburant pour poursuivre leur activité. 


Mais la plupart sont au chômage technique, comme Joël, 56 ans, qui "ne travaille plus depuis une semaine".


Comme tous les habitants interrogés par l'AFP, il soutient néanmoins le mouvement, né d'une opposition à l'obligation vaccinale pour les soignants et pompiers avant d'embrasser d'autres revendications, essentiellement sociales.


"Il y a trop de difficultés, tu rentres avec un caddie dans un supermarché, tu t’en sors pour… c’est infernal ça" lance Joël, pointant du doigt le coût de la vie.


L'accès à Sainte-Rose en provenance de Pointe-à-Pitre est bloqué par le barrage du pont de La Boucan, sous bonne garde.

(Photo, AFP)


"Même les ambulances ne passent pas alors vous imaginez... (Une ambulance) amène les malades d’un côté (du barrage) et une autre ambulance attend de l’autre côté" explique Joël.


En aval de la ville, d'autres barricades empêchent l'accès depuis Deshaies, d'où viennent en temps normal touristes et Guadeloupéens.


Et au sein même de Sainte-Rose, de nombreux autres barrages infranchissables empêchent la circulation entre quartiers, les "sections" selon la division administrative guadeloupéenne.


Le bourg a donc des allures de ville morte, avec ses rues désertes, sa route principale parsemée ici et là de carcasses de voitures brûlées, débris et barrages (non gardés) que franchissent avec difficulté et précautions les automobilistes.


Les poubelles n'ont pas été ramassées, les magasins sont aux trois-quarts fermés. La place Tricolore, habituel centre névralgique garni de nombreux stands de vendeurs, est vide.

(Photo, AFP)


Shirley, 53 ans, est l'une des rares à avoir dressé ses produits (miel, épices, boissons, riz, chapeaux...) sur une table devant sa camionnette.


Elle n'a eu "aucun client" de toute la matinée et pliera bagages en début d'après-midi.


Une cinquantaine de mètres plus loin, dans le supermarché, les rayons proposant des produits frais sont vides à 90%. Plus de lait, d'eau, de céréales, de pâtes ou de nourriture pour animaux domestiques non plus.

Entraide et philosophie

La situation est similaire dans le quartier "complètement bloqué" depuis une semaine d'Emmanuelle, jointe par téléphone et qui habite depuis 22 ans en Guadeloupe.


"La seule supérette encore accessible est totalement dévalisée: il n'y a plus de riz, de pâtes, d'eau ni d'œufs depuis deux jours" raconte-t-elle.


Si elle en "conteste la méthode de dresser des barrages" et la violences, Emmanuelle soutient aussi "certaines revendications comme (la lutte contre) la vie chère, (pour) l'emploi jeunes".


"On n'écoute pas cette jeunesse qui ne se voit pas d'avenir" ajoute-t-elle.


Certains commerçants se font ravitailler par la mer "mais les petits n'ont pas les moyens" dit Joël.


Rodrigue possède l'un de ces bateaux qui font la navette avec Grande Terre. Il dit avoir arrêté les excursions pour touristes afin de "transporter des marchandises, ravitailler des boulangeries, transporter les locaux ou touristes qui veulent rejoindre l'aéroport".

(Photo, AFP)


Face aux pénuries, les habitants font preuve de "philosophie" et de solidarité, selon Patrice, qui travaille à Sainte-Rose.


"On a cette chance et malchance: nous sommes un peuple habitué à vivre des catastrophes, car il peut y avoir demain un cyclone, un tremblement de terre, l'éruption (du volcan) de la Soufrière. On a toujours cette épée de Damoclès au-dessus de la tête, on est capable d'affronter les difficultés" développe-t-il.


"Il y a toujours eu de l'entraide: si quelqu'un a un arbre fruitier, il va donner le surplus à ses voisins, un autre des légumes. On est une île, il y a l'esprit insulaire" développe Patrice. 


Lui est actuellement hébergé par son ex-compagne, bien qu'ils soient séparés, puisque qu'il ne peut rejoindre Sainte-Rose depuis Sainte-Anne, où il habite.  


Refus d'obtempérer à Marseille: un policier blessé, quatre interpellations

Un policier a été gravement blessé dans la nuit de lundi à mardi à Marseille après avoir été percuté lors d'un refus d'obtempérer par un véhicule dont les quatre occupants ont été interpellés, a-t-on appris de sources policières. (AFP)
Un policier a été gravement blessé dans la nuit de lundi à mardi à Marseille après avoir été percuté lors d'un refus d'obtempérer par un véhicule dont les quatre occupants ont été interpellés, a-t-on appris de sources policières. (AFP)
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  • Le policier a été "violemment percuté" alors qu’il "tentait d’intercepter, à l’aide du système Diva (barrage au sol) un véhicule en fuite", a confirmé sur X le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez
  • Les quatre occupants du véhicule, - le chauffeur et trois passagers - ont été interpellés et placés en garde à vue, a-t-il précisé

MARSEILLE: Un policier a été gravement blessé dans la nuit de lundi à mardi à Marseille après avoir été percuté lors d'un refus d'obtempérer par un véhicule dont les quatre occupants ont été interpellés, a-t-on appris de sources policières.

Le policier a été "violemment percuté" alors qu’il "tentait d’intercepter, à l’aide du système Diva (barrage au sol) un véhicule en fuite", a confirmé sur X le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez. "Projeté sur une vingtaine de mètres", il est "sérieusement blessé" mais "ses jours ne sont plus en danger", a ajouté le ministre, qui dénonce "un acte criminel très grave".

Les quatre occupants du véhicule, - le chauffeur et trois passagers - ont été interpellés et placés en garde à vue, a-t-il précisé.

Selon deux sources policières, le véhicule était volé, et le conducteur n'avait pas de permis de conduire.

Selon un rapport du service statistique du ministère de l'Intérieur (SSMSI), les refus de contrôle routier ont nettement augmenté en 2025, une hausse de 9% par rapport à l'année précédente alimentée notamment par les refus d'obtempérer qui constituent la majeure partie des délits (28.100 refus d'obtempérer pour 2025).


La France décerne à l’ambassadeur saoudien Fahad Al-Ruwaily la Légion d’honneur

La République française a décerné à Son Excellence Fahad Al-Ruwaily, ambassadeur du Royaume d’Arabie saoudite en France et en Principauté de Monaco, les insignes de Commandeur de la Légion d’honneur, l’une des plus hautes distinctions françaises. (Photo X @Arabiesaoudite en France)
La République française a décerné à Son Excellence Fahad Al-Ruwaily, ambassadeur du Royaume d’Arabie saoudite en France et en Principauté de Monaco, les insignes de Commandeur de la Légion d’honneur, l’une des plus hautes distinctions françaises. (Photo X @Arabiesaoudite en France)
La République française a décerné à Son Excellence Fahad Al-Ruwaily, ambassadeur du Royaume d’Arabie saoudite en France et en Principauté de Monaco, les insignes de Commandeur de la Légion d’honneur, l’une des plus hautes distinctions françaises. (Photo X @Arabiesaoudite en France)
La République française a décerné à Son Excellence Fahad Al-Ruwaily, ambassadeur du Royaume d’Arabie saoudite en France et en Principauté de Monaco, les insignes de Commandeur de la Légion d’honneur, l’une des plus hautes distinctions françaises. (Photo X @Arabiesaoudite en France)
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  • Cette reconnaissance intervient alors que les deux pays poursuivent le développement de leur partenariat stratégique, marqué par un dialogue politique soutenu et une coopération croissante
  • Cette distinction récompense les efforts déployés par l’ambassadeur Al-Ruwaily pour renforcer les relations d’amitié et approfondir la coopération entre la France et l’Arabie saoudite dans divers domaines d’intérêt commun

PARIS:  La République française a décerné à Son Excellence Fahad Al-Ruwaily, ambassadeur du Royaume d’Arabie saoudite en France et en Principauté de Monaco, les insignes de Commandeur de la Légion d’honneur, l’une des plus hautes distinctions françaises.

Cette distinction récompense les efforts déployés par l’ambassadeur Al-Ruwaily pour renforcer les relations d’amitié et approfondir la coopération entre la France et l’Arabie saoudite dans divers domaines d’intérêt commun.

Cette reconnaissance intervient alors que les deux pays poursuivent le développement de leur partenariat stratégique, marqué par un dialogue politique soutenu et une coopération croissante dans les secteurs économique, culturel et diplomatique.


La France proche d'interdire les réseaux sociaux aux moins de 15 ans, première en Europe

Vue générale de l’hémicycle lors d’une séance de questions au gouvernement à l’Assemblée nationale, la chambre basse du Parlement français, à Paris, le 27 janvier 2026. (AFP)
Vue générale de l’hémicycle lors d’une séance de questions au gouvernement à l’Assemblée nationale, la chambre basse du Parlement français, à Paris, le 27 janvier 2026. (AFP)
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  • Le Parlement français devrait adopter définitivement une loi interdisant l’accès aux réseaux sociaux aux moins de 15 ans, avec une entrée en vigueur dès le 1er septembre pour les nouveaux comptes
  • Les plateformes devront vérifier l’âge des utilisateurs, malgré des critiques sur les modalités d’application

PARIS: Le Parlement français devrait définitivement adopter mardi un texte interdisant les réseaux sociaux aux moins de 15 ans, une première en Europe, que le président Emmanuel Macron veut voir mise en oeuvre dès la rentrée en septembre afin de protéger la santé des plus jeunes.

La proposition de loi sera soumise au vote du Sénat - la chambre haute - dans l'après-midi, puis à l'Assemblée nationale - la chambre basse - en fin de journée, étapes qu'elle devrait sauf surprise passer sans encombre.

L'entrée en vigueur est ensuite prévue rapidement: dès le 1er septembre pour les nouveaux comptes. Pour les comptes existants, l'interdiction s'appliquerait "à l'expiration d'un délai de quatre mois", soit le 1er janvier 2027.

Durant ce délai, "on ira fermer les comptes des moins de 15 ans qui existaient déjà", avait expliqué le mois dernier le président de la République, qui s'est personnellement engagé sur cette réforme, une mesure phare de la fin de son mandat.

Le texte prévoit aussi l'interdiction du téléphone portable au lycée, comme c'est déjà le cas dans les écoles et les collèges. Des exceptions pourront être prévues par le règlement intérieur de l'établissement.

Récemment, les alertes se sont multipliées quant aux effets néfastes des réseaux sociaux sur les enfants et adolescents, qui captent leur attention et peuvent les exposer à des contenus problématiques.

La France est très regardée par d'autres pays européens réfléchissant à des législations similaires.

Le texte ne prévoit aucune sanction pour les enfants ou parents. Concrètement, il reviendra aux plateformes de mettre en place un dispositif de vérification d'âge, voire plusieurs simultanément pour laisser le choix aux utilisateurs.

"Les grandes plateformes sont à mon sens largement prêtes", a déclaré à l'AFP la députée rapporteure du texte, Laure Miller, du camp gouvernemental.

La Commission européenne a également présenté en avril une application paneuropéenne de vérification d'âge, et des solutions privées sont aussi développées.

Mais le député socialiste Arthur Delaporte a fustigé auprès de l'AFP un "grand flou sur les mécanismes de vérification d'âge", pour un texte qui entrera en vigueur "à la hâte, avec des risques d'effets de bord, de contournement".

Son groupe saisira "probablement" le Conseil constitutionnel, a-t-il ajouté, regrettant que les réseaux concernés ne soient pas davantage distingués.

- Fin de l'anonymat -

La France insoumise (gauche radicale) votera contre le texte, a annoncé le député Louis Boyard critiquant "une loi de fin d'anonymat sur internet".

Les sénateurs, qui avaient initialement privilégié un système de "liste noire" ciblant certains réseaux sociaux - finalement abandonné face aux craintes de non-conformité avec le droit européen - redoutent également une censure du Conseil constitutionnel.

"C'est un risque", estime la sénatrice centriste Catherine Morin-Desailly, rapporteure à la chambre haute, rappelant que le Conseil d'Etat a mis en garde sur la préservation de la "liberté d'expression" des jeunes.

Mais, depuis, un avis de l'Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) a clairement alerté sur le danger des réseaux sociaux pour la santé mentale des adolescents, pointe Laure Miller, ce qui permettra d'argumenter sur "la proportionnalité de la mesure".

La proposition de loi prévoit quelques exceptions à l'interdiction pour les "encyclopédies en ligne" ou les "projets numériques à vocation éducative".

Concernant YouTube et WhatsApp, très utilisés, Mme Miller précise que ces plateformes devront mettre en place une vérification d'âge pour la partie assimilée à un réseau social (chaînes de partage, commentaires...). La visualisation simple de vidéos, ou la messagerie interpersonnelle, ne seraient pas concernées par l'interdiction selon elle.

Tout au long de l'examen au Parlement, les débats ont notamment porté sur la formulation précise à adopter, avec un impératif: que le texte soit conforme au droit européen, sous peine de ne pas pouvoir être appliqué.

Dans un avis rendu il y a deux semaines, la Commission européenne a aiguillé les parlementaires français, qui se sont finalement accordés sur un texte suivant ses recommandations.

Elle a par ailleurs elle-même annoncé la semaine dernière son intention d'instaurer un accès "progressif et gradué" des mineurs aux réseaux sociaux.

Un comité d'experts a recommandé une interdiction aux moins de 13 ans, mais les pays de l'UE seraient libres d'instaurer une interdiction plus tardive.

Pour Mme Miller, la loi française serait ainsi "en concordance" avec une future législation européenne.