Omicron fait planer le spectre d'une nouvelle paralysie mondiale

“Face a l’inconnu, mieux vaut prendre des précautions drastiques", semble être l’adage de nombreux pays dans le monde. (Photo, AP)
“Face a l’inconnu, mieux vaut prendre des précautions drastiques", semble être l’adage de nombreux pays dans le monde. (Photo, AP)
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Omicron fait planer le spectre d'une nouvelle paralysie mondiale

  • La dangerosité de ce nouveau variant réside en sa particularité à se propager très rapidement, encore plus vite que le variant Delta
  • Pour le moment, aucun cas de décès lié au nouveau variant n’a été relevé dans le monde

CASABLANCA : Fermetures des frontières, intensification des restrictions sanitaires, alertes de l’OMS. Le refrain est désormais connu, un nouveau variant de la Covid-19 est apparu. 
L’histoire se répète, puisque le variant Omicron est né juste avant la période des fêtes, tout comme le variant Delta en 2020, ceci au grand dam des populations et des gouvernements mondiaux.

La dangerosité de ce nouveau variant réside en sa particularité à se propager très rapidement, encore plus vite que le variant Delta. A titre d’exemple, en Afrique du Sud, où il a été séquencé pour la première fois la semaine dernière, on s’attend à ce que le nouveau variant fasse 10 000 cas par jour en fin de semaine.


L’Afrique «punie»

L'Afrique du Sud ayant déjà constaté ces dernières semaines une rapide hausse des contaminations: près de 2 800 nouveaux cas ont été enregistrés dimanche, contre seulement 500 la semaine précédente et 275 auparavant. Près des trois quarts des cas signalés récemment sont dus au variant Omicron.

Comme à l'apparition de chaque nouveau variant de la Covid-19, les conséquences sont désastreuses. Première victime collatérale de l’Omicron, l’Afrique australe. Dès l’annonce faite par l’Afrique du Sud de l’apparition du nouveau variant, la sentence mondiale est tombée tel un couperet : de nombreux pays ont imposé des restrictions de voyages avec l’Afrique du Sud et de nombreux pays d’Afrique australe.

L'Afrique du Sud a regretté dès samedi la fermeture des frontières à ses concitoyens et voyageurs, arguant que la détection du nouveau variant Omicron, grâce à l'excellence des équipes scientifiques du pays, ne devrait pas se traduire par une telle "punition".

Les Etats-Unis, par la voix de d’Antony Blinken, ont félicité l'Afrique du Sud pour sa "transparence" avec le reste du monde dès la découverte du variant Omicron.
"Le secrétaire d'Etat Blinken a félicité les scientifiques sud-africains pour l'identification rapide du variant Omicron", indique le département d'Etat dans un communiqué, à la suite d’un appel téléphonique entre Blinken et son homologue sud-africain Naledi Pandor.

Maigre consolation pour l’Afrique du Sud, qui a demandé, dimanche à la "levée immédiate et urgente". Le président Cyril Ramaphosa s'est dit "profondément déçu" par ces fermetures de frontières "complètement injustifiées" et qui représentent une forme de "discrimination à l'égard de notre pays" et des pays voisins affectés par les mêmes mesures, lors d'une allocution télévisée. 
 

Maroc: des vols spéciaux pour rapatrier en France les personnes bloquées

Des vols spéciaux sont organisés pour rapatrier en France les personnes bloquées au Maroc après la fermeture dimanche soir des frontières aériennes en raison de la propagation rapide du nouveau variant Omicron du Covid-19, a-t-on appris lundi de source diplomatique française.

"Des vols spéciaux sont mis en place pour les personnes n'ayant pas pu rentrer en France. Ils sont soumis à "autorisation" des autorités marocaines, a indiqué dans un tweet l'ambassadrice de France, Hélène Le Gal, qui invite les personnes concernées à se rapprocher des compagnies Air France et Transavia.   

Ces vols spéciaux sont opérationnels uniquement au départ du Maroc vers la France, a précisé une source diplomatique française.  

Rabat a décidé le 25 novembre, avant l'apparition du variant Omicron, de suspendre les vols réguliers à destination et en provenance de France en raison de la recrudescence de l'épidémie de Covid-19 dans l'Hexagone.

Cette décision est effective depuis dimanche à minuit et "jusqu'à nouvel ordre".

Le Maroc a également suspendu le transport maritime de passagers avec la France depuis dimanche soir.

Il est toutefois possible que quelques ferries puissent assurer des liaisons "s'il y a une demande" et avec l'agrément des autorités marocaines, a ajouté la source diplomatique.   

Cette suspension ne s'applique pas à la circulation de véhicules utilitaires destinés au transport de marchandises et de messagerie.

Ces annonces surviennent "afin de préserver les acquis du Maroc dans la lutte contre la pandémie et protéger la santé des citoyens", selon le Comité interministériel de suivi de la pandémie.

La France est de loin le premier partenaire économique du Maroc. Les liens culturels et humains sont également étroits: plus de 1,3 million de Marocains vivent en France et près de 80 000 Français résident au Maroc.

En outre, Rabat a annoncé dimanche que tous les vols directs de passagers à destination du Maroc étaient suspendus pour deux semaines à compter de ce lundi à 23H59 (22H59 GMT).

Une évaluation de la situation "sera entreprise régulièrement afin d'ajuster, au besoin, les mesures nécessaires", selon le Comité interministériel de suivi.

Comme pour la France, des vols de rapatriement seront programmés, au cas par cas, par les ambassades étrangères en coordination avec Rabat.

Le Maroc -- pays où le tourisme est un secteur économique clé -- a interdit l'accès de son territoire aux ressortissants des pays d'Afrique australe après l'identification du variant Omicron en Afrique du Sud.

La situation épidémiologique s'est améliorée au Maroc et a permis la levée début novembre du couvre-feu nocturne en vigueur depuis des mois.

«Risque très élevé» pour l’OMS

Le nouveau variant Omicron du coronavirus présente "un risque très élevé" au niveau mondial, a prévenu lundi l'Organisation mondiale de la santé, et le G7 réunit en urgence ses ministres de la Santé à Londres sur la question.

La liste des pays où Omicron est détecté ne cesse de s'allonger, notamment en Europe, après des premiers cas repérés en Afrique australe courant novembre, poussant de nombreux Etats à suspendre les voyages vers cette région et instaurer des restrictions préventives.

L'organisation, qui craint "de futurs pics de Covid-19", avait dès vendredi classé le variant "préoccupant", les données préliminaires suggérant qu'il présente "un risque accru de réinfection", ce qui prendra "plusieurs semaines" à vérifier. 

Au-delà de l'Afrique australe, des cas liés à la nouvelle souche ont été détectés à travers les pays du G7, du Canada à l'Italie, en passant par l'Allemagne et le Royaume-Uni, où six nouveaux cas ont encore été confirmés lundi en Ecosse.

Une situation qui conduit les ministres de la Santé de la France, des Etats-Unis, du Canada, d'Allemagne, d'Italie, du Japon et du Royaume-Uni à se retrouver lundi à Londres "pour discuter de l'évolution de la situation sur Omicron", lors d'une "réunion d'urgence", a annoncé Londres, à la tête de la présidence tournante du G7.

En France, où huit cas suspects sont signalés mais non confirmés, la détection du variant Omicron est "très probablement une question d'heures", d'après le ministre de la Santé Olivier Véran.
 

Emmanuel et Brigitte Macron ont reçu leur rappel de vaccin anti-Covid

Emmanuel et Brigitte Macron ont reçu ce week-end leur rappel vaccinal contre le Covid-19, et se sont en même temps fait vacciner contre la grippe.

"Rappel vaccinal" et "vaccin contre la grippe" sont tous deux cochés en vert dans un tweet diffusé lundi matin par le président français.

"Brigitte Macron a reçu ce week-end une dose de rappel du vaccin contre le Covid-19. Elle a également été vaccinée contre la grippe", a indiqué son entourage.

Le rappel vaccinal contre le Covid - une troisième dose, ou une deuxième pour les personnes ayant contracté le Covid par le passé - a été ouvert samedi à tous les majeurs ayant reçu leur dernière injection il y a cinq mois.

Emmanuel Macron avait attrapé le Covid en décembre 2020, avec des symptômes de fatigue, maux de tête et toux sèche avait-il alors décrit, et avait été pour cela isolé pendant sept jours. Il avait ensuite reçu une première dose de vaccin fin mai.

Alors qu'une cinquième vague de l'épidémie touche la France, Emmanuel Macron a également exhorté lundi les Français à se faire vacciner et effectuer leurs rappels.

"Nous avons tenu ensemble, continuons à rester unis, solidaires et responsables. Pour vous, pour ceux que vous aimez, pour nos soignants, prenez rendez-vous sur santé.fr", leur a-t-il demandé dans un second tweet.

Si dangereux que ça ?

“Face a l’inconnu, mieux vaut prendre des précautions drastiques", semble être l’adage de nombreux pays dans le monde. Si quelques heures après l’annonce de la découverte du nouveau variant, de nombreux gouvernements ont restreint leurs entrées, la dangerosité du variant Omicron, elle, est encore mal évaluée.

Ce qui est certain pour l’instant, c’est la capacité du virus à se propager très rapidement. Le variant Omicron du Covid-19 présente en effet beaucoup plus de mutations que le variant Delta selon une première image de ce nouveau variant initialement détecté en Afrique du Sud, réalisée et publiée par le prestigieux hôpital Bambino Gesù de Rome.

L'équipe de recherche du Bambino Gesù s'est concentrée dans son étude sur la recherche des mutations au niveau de "la structure tridimensionnelle de la protéine spike", a précisé Claudia Alteri, professeure de microbiologie clinique à l'université d'Etat de Milan et chercheuse à l'hôpital Bambino Gesù de Rome. 

Cette protéine, qui est la partie du virus "étudiée avec le plus d'attention", est "responsable de la reconnaissance du récepteur humain et de l'entrée du virus à l'intérieur des cellules". "C'est sur la spike qu'agissent les anticorps monoclonaux et bien sûr les vaccins", souligne-t-elle.

"Cela ne signifie pas automatiquement que ces variations sont plus dangereuses, simplement que le virus s'est encore adapté à l'espèce humaine en générant un autre variant", précisent les chercheurs. 

Par ailleurs, un médecin sud-africain, qui a traité une trentaine de patients Covid contaminés par le nouveau variant Omicron, dit n'avoir constaté pour l'instant que des symptômes légers sur les patients contaminés. 

Pour le moment, aucun cas de décès lié au nouveau variant n’a été relevé dans le monde.
 

Le gouvernement allemand critique l'affluence à un match de Bundesliga

"Difficile à comprendre": le gouvernement allemand a critiqué l'affluence de 50 000 supporters à Cologne pour le derby rhénan face à Mönchengladbach, en pleine quatrième vague de Covid-19.

"Il est très difficile de comprendre que 50 000 personnes se réunissent dans un stade de football", a dénoncé lors d'une conférence de presse régulière le porte-parole du gouvernement d'Angela Merkel, Steffen Seibert.

"On peut s'étonner de ces images quand (...) les marchés de Noël sont fermés dans d'autres régions", a ajouté M. Seibert.

Quelque 50 000 personnes ont assisté samedi au derby de Rhénanie du nord-Westphalie entre le FC Cologne et Mönchengladbach, remporté 4 à 1 par l'équipe recevante. 

Cette forte affluence de supporters, souvent sans masque et peu soucieux du respect des gestes barrières, a suscité de nombreuses critiques en Allemagne.

Le système fédéral allemand confère aux 16 régions une importante autonomie dans l'organisation des évènements publics. Un autre match de Bundesliga opposant Leipzig au Bayer Leverkusen s'est, lui, joué à huis clos.

"Cette inégalité entre les différents Länder lorsqu'il s'agit de grands événements, et pas seulement sportifs, est extrêmement insatisfaisante", a dénoncé Steve Alter, porte-parole du ministère de l'Intérieur, lors de la même conférence de presse.

"Réduire les contacts doit s'appliquer peu à peu à nous tous", a souligné M. Seibert, prévenant que "les plus hautes incidences ne resteraient pas dans le sud et l'est" du pays, les zones les plus touchées par cette nouvelle vague d'infections.

Le taux d'incidence sur 7 jours a atteint lundi un niveau record en Allemagne de 452,4.

 

La bourse panique

Dès l’annonce de la découverte du variant Omicron, l’effet sur l'économie a été instantané en Europe : les indices européens ont subi leurs pires séances depuis plus d'un an: Paris a chuté de 4,75%, Londres de 3,64%, Francfort de 4,15% et Madrid de 4,96%.

Pour Paris c'est même la pire séance depuis le 18 mars 2020, au moment de l'instauration du premier confinement en France. A Londres, un tel repli n'avait pas été enregistré depuis juin 2020.

A New York, le Dow Jones a connu sa plus forte chute de l'année, et abandonné 2,53%, tandis que le Nasdaq a cédé 2,23% et le S&P 500 2,27%.

Le repli a aussi touché les Bourses asiatiques et les cours du pétrole, fortement dépendants des anticipations de l'activité économique, qui ont perdu plus de 10%. 

Les pays européens, qui font déjà face à une cinquième vague de contaminations de Covid-19, commencent d'ores et déjà à prendre des mesures face à l'apparition d'un nouveau variant, détecté en Afrique du Sud. 

Et l'Union européenne a recommandé vendredi aux Etats membres de suspendre les vols en provenance et à destination de l'Afrique australe, tandis qu'un cas a été identifié en Belgique, le premier en Europe.

Les investisseurs se sont tournés vers le marché obligataire, traditionnel refuge en période d'incertitudes, provoquant une nette baisse des rendements. L'emprunt souverain américain à 10 ans est tombé à 1,48%, contre 1,64% à la clôture de mercredi (le marché était fermé jeudi). 

Les monnaies refuges, comme le yen japonais ou le franc suisse, et l'or étaient également recherchés par les investisseurs soucieux de prendre un minimum de risques. 

Cependant, dès lundi matin, la tendance semblait s’inverser : les prix du pétrole remontaient fortement à l'orée d'une semaine qui s'annonce mouvementée entre évaluation de la demande, négociations sur le nucléaire iranien et réunion de l'Opep+, après leur lourde chute de vendredi dûe à la détection d'un nouveau variant, Omicron.

Vers 10H25 GMT (11H25 à Paris), le baril de Brent pour livraison en janvier bondissait de 4,13% à 75,72 dollars, et à New York, le WTI pour le même mois gagnait 4,67% à 71,33 dollars.

Les deux références du brut ont perdu vendredi plus de 10% en l'espace d'une seule séance, une première depuis les débuts de la pandémie, en avril 2020.

"Le pétrole brut reprend du poil de la bête lundi après le choc" provoqué par l'annonce de la détection d'un nouveau variant de Covid-19 en Afrique du Sud, constate Avtar Sandu, analyste de Phillip Futures.

Mais les inquiétudes autour de ce nouveau variant, "qui pourrait faire dérailler la reprise économique et les plans de certaines banques centrales", sont loin d'être dissipées, ajoute-t-il.

 

(Avec AFP)


Les principaux points de l'accord Iran-Etats-Unis

Les Etats-Unis commenceront "immédiatement" à lever leur blocus des ports iraniens qu'ils avaient mis en place le 13 avril, et y mettront complètement fin dans un délai de 30 jours. (AFP)
Les Etats-Unis commenceront "immédiatement" à lever leur blocus des ports iraniens qu'ils avaient mis en place le 13 avril, et y mettront complètement fin dans un délai de 30 jours. (AFP)
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  • Les Etats-Unis, l'Iran et leurs alliés respectifs "déclarent la cessation immédiate et permanente des opérations militaires sur tous les fronts, y compris au Liban"
  • Ils s'engagent "à ne pas initier de guerre ou d'opération militaire l'un contre l'autre et à s'abstenir de la menace ou de l'usage de la force l'un contre l'autre, tout en garantissant l'intégrité territoriale et la souveraineté du Liban"

TEHERAN: Voici les principaux points du protocole d'accord signé entre les Etats-Unis et l'Iran pour mettre fin à la guerre au Moyen-orient, dont le contenu a été rendu public par Washington et Téhéran:

Cessation permanente des hostilités 

Les Etats-Unis, l'Iran et leurs alliés respectifs "déclarent la cessation immédiate et permanente des opérations militaires sur tous les fronts, y compris au Liban".

Ils s'engagent "à ne pas initier de guerre ou d'opération militaire l'un contre l'autre et à s'abstenir de la menace ou de l'usage de la force l'un contre l'autre, tout en garantissant l'intégrité territoriale et la souveraineté du Liban".

Accord final sous 60 jours 

L'Iran et les Etats-Unis "s'engagent à négocier et à conclure l'accord final dans un délai maximum de 60 jours, extensible d'un commun accord".

Levée du blocus naval américain 

Les Etats-Unis commenceront "immédiatement" à lever leur blocus des ports iraniens qu'ils avaient mis en place le 13 avril, et y mettront complètement fin dans un délai de 30 jours.

Les Etats-Unis s'engagent en outre "à retirer leurs forces des abords de la République islamique d'Iran dans les 30 jours suivant l'accord final".

Réouverture du détroit d'Ormuz 

L'Iran s'engage à "assurer la sécurité du passage des navires commerciaux, sans frais pendant 60 jours uniquement, du golfe Persique vers la mer d'Oman, et inversement. Le trafic des navires commerciaux commencera immédiatement" et sera pleinement rétabli dans un délai de 30 jours, une fois le détroit d'Ormuz déminé.

Plan de 300 milliards de dollars pour l'Iran 

Les Etats-Unis et leurs partenaires régionaux élaboreront un plan "d'un montant d'au moins 300 milliards de dollars, destiné à la reconstruction et au développement économique" de l'Iran.

Levée des sanctions 

Les Etats-Unis "s'engagent à mettre fin à tous les types de sanctions" unilatérales et internationales contre l'Iran, selon un calendrier qui sera convenu dans l'accord final.

En attendant, les Etats-Unis "s'engagent à rendre pleinement disponibles et utilisables les fonds et avoirs de la République islamique d'Iran gelés ou soumis à des restrictions dès la mise en œuvre du présent protocole d'accord".

De façon immédiate et jusqu'à la levée des sanctions, le département du Trésor américain délivrera "des dérogations pour l'exportation de pétrole brut iranien, de produits pétroliers et dérivés, ainsi que pour tous les services associés, y compris les transactions bancaires, les assurances, le transport, etc".

Nucléaire 

L'Iran réaffirme qu'il "ne se procurera ni ne développera d'armes nucléaires".

Le sort de l'uranium enrichi accumulé par l'Iran sera réglé "selon un mécanisme qui sera convenu mutuellement (...) la méthodologie a minima consistant en une méthode de dilution sur place sous la supervision de l'AIEA" (Agence internationale de l'énergie atomique).

En attendant cet accord final, l'Iran "maintiendra le statu quo actuel de son programme nucléaire", et les Etats-Unis "n'imposeront aucune nouvelle sanction et ne déploieront pas de forces supplémentaires dans la région".

Signature 

Selon le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, dont la médiation a été cruciale, l'accord a été signé électroniquement et à distance jeudi, heure d'Islamabad, par les présidents iranien Massoud Pezeshkian et américain Donald Trump.

Une cérémonie de signature est confirmée vendredi en Suisse "pour commémorer cet événement marquant et donner le coup d'envoi des discussions techniques".

Résolution de l'ONU 

L'accord final sera entériné par une résolution contraignante du Conseil de sécurité de l'ONU.


Les présidents américain et iranien signent à distance le protocole d'accord

Les présidents américain et iranien ont chacun signé à distance mercredi soir le protocole d'accord dans lequel Téhéran s'engage à diluer son uranium enrichi dans le cadre de futures négociations, en échange de la levée des sanctions de Washington. (AFP)
Les présidents américain et iranien ont chacun signé à distance mercredi soir le protocole d'accord dans lequel Téhéran s'engage à diluer son uranium enrichi dans le cadre de futures négociations, en échange de la levée des sanctions de Washington. (AFP)
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  • Le protocole d'accord, qui inclut le front libanais, a été signé par Donald Trump, en visite en France
  • "Je viens de le signer", a-t-il dit à la presse en quittant le château de Versailles. Un responsable de la Maison Blanche a par la suite publié une vidéo sur X où l'on voit le républicain signer l'accord aux côtés d'Emmanuel Macron

WASHINGTON: Les présidents américain et iranien ont chacun signé à distance mercredi soir le protocole d'accord dans lequel Téhéran s'engage à diluer son uranium enrichi dans le cadre de futures négociations, en échange de la levée des sanctions de Washington.

Washington et Téhéran sont convenus cette semaine d'un accord pour mettre fin au conflit déclenché le 28 février par les Etats-Unis et Israël contre la République islamique, qui a fait des milliers de morts, principalement en Iran et au Liban.

Le protocole d'accord, qui inclut le front libanais, a été signé par Donald Trump, en visite en France.

"Je viens de le signer", a-t-il dit à la presse en quittant le château de Versailles. Un responsable de la Maison Blanche a par la suite publié une vidéo sur X où l'on voit le républicain signer l'accord aux côtés d'Emmanuel Macron, le pouce levé et sourire aux lèvres.

Le texte a été signé par le président iranien Massoud Pezeshkian et son homologue américain, a déclaré de son côté le porte-parole du ministère des Affaires étrangères iranien, Esmaïl Baghaï.

Réouverture d'Ormuz 

Cela signifie que le détroit d'Ormuz sera "instantanément" rouvert et que le blocus américain des ports iraniens prendra fin "immédiatement", a affirmé le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif.

Il a par ailleurs confirmé qu'une cérémonie aura lieu vendredi en Suisse pour "commémorer cet événement marquant et donner le coup d'envoi des discussions techniques".

Une signature formelle par le vice-président américain JD Vance et le président du Parlement iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf, était initialement prévue en Suisse à la fin de la semaine.

"Cet accord acte l'échec des Etats-Unis" face à l'Iran, a déclaré mercredi soir M. Ghalibaf à la télévision d'Etat.

Le secrétaire général du Hezbollah chiite libanais pro-Téhéran, Naïm Kassem, a lui qualifié cet accord de "grande victoire" pour l'Iran, qu'il a remercié d'avoir insisté pour y inclure le front libanais.

Dans un message télévisé, il a appelé à "tirer profit" de cet accord pour "expulser Israël" du Liban. Le Liban a été entraîné dans le conflit lorsque le Hezbollah a tiré le 2 mars des roquettes contre Israël en soutien à l'Iran.

Le chef du Hezbollah a également appelé le gouvernement libanais à arrêter les négociations directes avec Israël, engagées depuis avril sous l'égide de Washington. Le président libanais Joseph Aoun avait auparavant assuré que le processus était "indépendant" de l'accord américano-iranien.

Période de négociations de deux mois 

Le texte du protocole d'accord, lu mercredi par un haut responsable américain à des journalistes, prévoit que les Etats-Unis suspendent, dès sa signature, leurs sanctions sur la vente de pétrole iranien. Ils s'engagent également à lever l'ensemble de leurs sanctions contre Téhéran en cas de conclusion d'un accord définitif, au terme d'une période de négociations de 60 jours.

Au cours de ces deux mois, les deux pays discuteront d'un mécanisme permettant de traiter les stocks iraniens "en recourant, au minimum, à une méthode de dilution sur place sous la supervision de l'AIEA (Agence internationale de l'énergie atomique)", a souligné ce responsable, voulant y voir une "victoire majeure" pour Washington.

Selon la même source, l'Iran devra permettre de son côté, dans un délai de 30 jours, le plein rétablissement de la circulation maritime dans le stratégique détroit d'Ormuz, dont le blocage persistant pèse sur l'économie mondiale.

Les Etats-Unis s'engagent par ailleurs, en cas d'accord définitif, à faciliter "avec leurs partenaires régionaux", notamment du Golfe, le déblocage d'un fonds de 300 milliards de dollars pour la reconstruction et le développement économique de l'Iran, sans que cela implique une quelconque participation financière américaine.

L'Iran a publié mercredi le texte de l'accord, via l'agence de presse gouvernementale Irna.

Les pays membres du G7, réunis en France pour un sommet, ont salué dans une déclaration commune "une opportunité historique d'empêcher l'Iran d'acquérir toute arme nucléaire et de s'attaquer aux menaces liées à ses activités régionales et balistiques".

La Chine a de son côté estimé "essentiel" que "toutes les parties" appliquent scrupuleusement cet accord et évitent les "ingérences" extérieures, lors d'un entretien téléphonique de son ministre des Affaires étrangères, Wang Yi, avec son homologue iranien, Abbas Araghchi, selon Pékin.

Le chef de la diplomatie chinoise, dont le pays est largement dépendant des importations de pétrole du Golfe, a insisté sur la nécessité que la navigation dans le détroit d'Ormuz soit "correctement gérée, en répondant avec prudence aux vives préoccupations de la communauté internationale".

Les cours du pétrole ont terminé en légère progression mercredi, les opérateurs se montrant prudents quant à la signature du protocole d'accord, le Brent, référence mondiale du brut, progressant de 0,75 %, à 79,55 dollars le baril.


Le G7 «uni» pour faire monter la pression sur la Russie et revenir à la stabilité au Moyen-Orient

Les dirigeants du G7, Donald Trump en tête, ont affiché leur volonté mardi lors d'un sommet à Evian d'intensifier la pression sur la Russie via des sanctions pour arrêter la guerre en Ukraine.  Les Sept - Allemagne, Canada, Etats-Unis, France, Italie, Japon et Royaume-Uni - ont également discuté avec des pays du Moyen-Orient des moyens d'accompagner la réouverture du détroit d'Ormuz et du retour de la stabilité au Liban après l'accord entre Téhéran et Washington. (AFP)
Les dirigeants du G7, Donald Trump en tête, ont affiché leur volonté mardi lors d'un sommet à Evian d'intensifier la pression sur la Russie via des sanctions pour arrêter la guerre en Ukraine. Les Sept - Allemagne, Canada, Etats-Unis, France, Italie, Japon et Royaume-Uni - ont également discuté avec des pays du Moyen-Orient des moyens d'accompagner la réouverture du détroit d'Ormuz et du retour de la stabilité au Liban après l'accord entre Téhéran et Washington. (AFP)
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  • Donald Trump, qui était totalement absorbé par le conflit en Iran ces dernières semaines, a aussi promis de "tout faire" pour aider à mettre fin à la guerre en Ukraine
  • Les négociations de paix sous médiation américaine sont totalement enlisées depuis le début du conflit au Moyen-Orient le 28 février

EVIAN: Les dirigeants du G7, Donald Trump en tête, ont affiché leur volonté mardi lors d'un sommet à Evian d'intensifier la pression sur la Russie via des sanctions pour arrêter la guerre en Ukraine.

Les Sept - Allemagne, Canada, Etats-Unis, France, Italie, Japon et Royaume-Uni - ont également discuté avec des pays du Moyen-Orient des moyens d'accompagner la réouverture du détroit d'Ormuz et du retour de la stabilité au Liban après l'accord entre Téhéran et Washington.

L'annonce la plus attendue est venue du président américain, qui a dit vouloir rétablir certaines sanctions pesant sur le pétrole russe, un temps suspendues pour contrer la flambée des cours du brut occasionnée par le conflit contre l'Iran.

"Nous serons bientôt en mesure" de les réintroduire, a-t-il assuré, alors que le trafic dans le détroit, par lequel transite un cinquième des exportations mondiales d'hydrocarbures, reprend timidement. Ces exportations constituent la principale source de financement de l'effort de guerre russe depuis l'invasion de l'Ukraine en 2022.

Donald Trump, qui était totalement absorbé par le conflit en Iran ces dernières semaines, a aussi promis de "tout faire" pour aider à mettre fin à la guerre en Ukraine.

Les négociations de paix sous médiation américaine sont totalement enlisées depuis le début du conflit au Moyen-Orient le 28 février.

Autant de déclarations accueillies avec soulagement par ses pairs, alors que le président américain  s'est souvent montré plus à l'écoute du Russe Vladimir Poutine que de l'Ukrainien Volodymyr Zelensky, qu'il avait accueilli avec une rudesse sans pareille en février 2025 dans le Bureau Ovale.

Zelensky félicité 

Les dirigeants du G7 sont "unis", "ils font le constat qu'il y a une dynamique sur le terrain" en faveur de l'Ukraine et sont d'accord pour "augmenter la pression" sur la Russie et livrer plus de moyens de défense antiaérienne à Kiev, avait esquissé auparavant une source diplomatique française.

Signe de sa bonne disposition, Donald Trump a aussi rencontré une vingtaine de minutes en aparté le président ukrainien et devait le revoir dans l'après-midi. Leur dernière rencontre remontait au 28 décembre aux Etats-Unis.

Le président américain l'a félicité pour la "performance" de l'armée ukrainienne sur le terrain et il a reconnu que la "dynamique" était ukrainienne, selon un participant.

"C'est formidable que tout le monde comprenne que la Russie ne va pas gagner et que nous devons faire pression sur Poutine pour qu'il mette un terme à cette guerre", s'est félicité le président ukrainien, qu'Emmanuel Macron a invité à rester jusqu'à la fin du sommet mercredi.

Multipliant les marques d'attention, le président français est allé à sa rencontre à son arrivée à l'hôtel Royal, sur les bords du Lac Léman, où se tenait cette année la grand-messe de ce club de grandes puissances industrialisées.

"Déminage" 

Le président américain, lui, aura les honneurs du château de Versailles mercredi pour un dîner. "Et Versailles, c'est pas du plaqué or, c'est du lourd", s'est-il réjoui.

Le Premier ministre britannique Keir Starmer a annoncé que le Royaume-Uni allait fournir de l'uranium enrichi à l'Ukraine pour ses centrales nucléaires et imposer de nouvelles sanctions à la Russie.

Le chef du gouvernement canadien a fait de même avec des sanctions visant la flotte fantôme de pétroliers au service de la Russie, ses revenus énergétiques, son industrie de défense et les acteurs de la désinformation.

Et Friedrich Merz a offert un maillot de football allemand floqué à son nom au président américain, deux jours après son anniversaire.

Les dirigeants du G7 et leurs homologues d'Egypte, du Qatar et des Emirats arabes unis se sont ensuite félicités lors d'un déjeuner de l'accord irano-américain, un "très beau deal" selon une source diplomatique.

Ils ont insisté sur la "nécessité d'avoir de la visibilité sur la menace iranienne", de diversifier les routes d'approvisionnement en hydrocarbures pour réduire la dépendance au détroit d'Ormuz, cartes à l'appui, et d'un "effort multinational pour soutenir l'armée libanaise".

Les Etats-Unis nous "demandent de mettre des capacités de déminage" à disposition dans le détroit d'Ormuz, a indiqué une source européenne, précisant que des bateaux français et allemands étaient notamment mobilisés à cette fin.

Donald Trump s'était pourtant montré assez peu intéressé la veille par la mission maritime internationale mise en place par Paris et Londres pour garantir le retour à la liberté de circulation dans la région, une fois la paix revenue.

Mercredi, au dernier jour du sommet, le G7 recevra plusieurs "leaders de la tech mondiale" pour un déjeuner où il sera question de régulation, ou encore d'interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ou 16 ans. Des débats qui s'annoncent tendus avec Donald Trump.