Au «Coronahotel» d'Amsterdam, le libre-arbitre néerlandais face au variant Omicron

La maire d'Amsterdam Femke Halsema arrive pour le Conseil de sécurité à Utrecht le 29 novembre 2021. (Photo, AFP)
La maire d'Amsterdam Femke Halsema arrive pour le Conseil de sécurité à Utrecht le 29 novembre 2021. (Photo, AFP)
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Publié le Mardi 30 novembre 2021

Au «Coronahotel» d'Amsterdam, le libre-arbitre néerlandais face au variant Omicron

  • Vendredi, quelque 600 passagers venant de Johannesburg et du Cap ont atterri à l’aéroport d’Amsterdam-Schiphol
  • Soixante-et-un d'entre eux étaient reconnus positifs à la Covid-19

BADHOEVEDORP : Alors que le monde se barricade contre le variant Omicron, les Pays-Bas, pariant sur la responsabilité de chacun, n'ont pas interdit aux cas suspects arrivés d'Afrique du Sud de quitter l'hôtel d'Amsterdam où ils ont été placés en quarantaine. Deux d'entre eux ont même décidé de s'enfuir.

À Badhoevedorp, dans la grande banlieue de la capitale néerlandaise, rien ne permet de deviner l'enjeu derrière les portes de l’hôtel Ramada, un rectangle de béton que Dicky, un chauffeur de taxi, surnomme désormais "le Coronahotel".

Vendredi, quelque 600 passagers venant de Johannesburg et du Cap ont atterri à l’aéroport d’Amsterdam-Schiphol, quelques heures à peine après que l’Afrique du Sud eut communiqué sur l’émergence d’un nouveau variant du coronavirus, jugé "préoccupant" par l'Organisation mondiale de la santé.

Tandis qu’un isolement était prononcé de fait contre l’Afrique australe, où Omicron a été identifié pour la première fois, nombre de pays interdisant les vols depuis et vers les pays de la zone, les Pays-Bas décidaient de tester dans l’urgence ces voyageurs.

Soixante-et-un d'entre eux étaient reconnus positifs à la Covid-19, la plupart étant placés en quarantaine dans l'hôtel de Badhoevedorp. Au moins quatorze passagers sont porteurs d'Omicron, ont précisé lundi les autorités sanitaires.

Dans un contexte d'inquiétude généralisée autour de la pandémie, et alors que les Pays-Bas connaissent eux-mêmes une flambée de la Covid-19, la petite bourgade cossue ne semble toutefois nullement affectée. Aucune présence policière n'est visible devant l'hôtel.

«Pas peur»

"Moi je n'ai pas peur du Covid", résume Anja, une comptable de 63 ans peu impressionnée par Omicron, bien qu'ayant perdu le goût et l'odorat pendant "huit à dix mois" l'an passé du fait du coronavirus.

Comme elle, son patron Adam, 37 ans, confesse être un "récalcitrant" de la piqûre, bien qu'il ait poussé sa mère à se faire vacciner. Il trouve pourtant "ridicules" les évènements ayant troublé Badhoevedorp dimanche soir.

Parmi les personnes placées en quarantaine, une Espagnole et un Portugais - initialement présentés par la police comme un Espagnol et une Portugaise -, ont en effet pris la poudre d'escampette, et ont été arrêtés après avoir embarqué dans un avion en partance pour l'Espagne, explique Robert van Kapel, porte-parole de la police des frontières à Schiphol.

Le couple, dont un membre seulement est positif au coronavirus, sans qu'on sache s'il est infecté par le nouveau variant - l'autre ayant choisi de l'accompagner en quarantaine - se trouve désormais en isolement "dans un hôpital", indique Petra Faber, une porte-parole de la municipalité de Haarlemmermeer, dont fait partie Badhoevedorp.

"Le ministère de la Justice enquête pour savoir si ce qu'ils ont fait constitue un crime ou non."

«Fou»

"Nous avons été traités comme des chiens", s'est plainte l'Espagnole, Carolina Pimenta, qui se présente comme une chercheuse biomédicale. Elle et son compagnon étaient tous deux négatifs juste avant le vol, affirme-t-elle. "Il ne me viendrait pas à l'esprit de faire quelque chose qui mettrait en danger la santé des autres", s'est-elle justifiée sur une télévision locale.

Le couple, malgré sa contagiosité présumée, n'était il est vrai pas obligé de rester dans l'hôtel. Sur les 61 contaminés, une cinquantaine effectue bien sa quarantaine sur place, observe Mme Farber. Les autres ont été autorisés à rentrer chez eux, à condition de ne pas prendre les transports publics et de ne mettre personne d'autre en danger.

"Nous espérions que les gens seraient raisonnables", explique la porte-parole a posteriori. "Il n'est pas illégal de sortir de chez soi quand on a été testé positif au Covid, mais monter dans un avion quand on sait qu'on l'est, c'est une autre question."

Aux Pays-Bas, où le libre-arbitre est une religion, toutes les mesures liées aux maladies infectieuses, "dont les quarantaines, se font généralement sur une base volontaire", note Harm Groustra, le porte-parole de GGD, l'une des autorités sanitaires néerlandaises.

"Ici, les gens pensent généralement qu'il est bon de suivre les règles que le gouvernement a décidées pour eux", poursuit-il.

Ce que le couple hispano-portugais a tenté de faire est donc "fou", remarque M. Groustra. "Ils ont mis en danger tous les gens autour d'eux et notre système de santé en général".

L'AFP n'a pas réussi à savoir dans quelle ville le couple se rendait, ni si l'Espagne a été avertie du risque pour les autres passagers.


Des missiles Patriot redéployés en Crète face aux menaces iraniennes

Une policière grecque monte la garde devant un lance-missiles Patriot déployé près du site olympique de slalom en canoë-kayak, lors d'une opération baptisée « Clean up-Locked down » à Athènes, le 29 juillet 2004. Cette opération se poursuivra sur l'ensemble des sites olympiques à seulement 15 jours du début des Jeux olympiques d'été d'Athènes. PHOTO AFP / FAYEZ NURELDINE (Photo de Fayez Nureldine / AFP)
Une policière grecque monte la garde devant un lance-missiles Patriot déployé près du site olympique de slalom en canoë-kayak, lors d'une opération baptisée « Clean up-Locked down » à Athènes, le 29 juillet 2004. Cette opération se poursuivra sur l'ensemble des sites olympiques à seulement 15 jours du début des Jeux olympiques d'été d'Athènes. PHOTO AFP / FAYEZ NURELDINE (Photo de Fayez Nureldine / AFP)
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  • Ce redéploiement a débuté dimanche matin avec le départ du groupe du port de Karpathos par barge, ont annoncé plusieurs médias grecs, images à l'appui, montrant les batteries de missiles, montés sur camion, sur le port et attendant d'embarquer
  • Ces batteries de Patriot seront transportées vers la Crète, sur le site militaire de Souda qui abrite la plus grande base militaire américaine et de l'Otan en Méditerranée orientale

ATHENES: Une batterie de missiles Patriot était en cours de transfert lundi de l'île de Karpathos, à l'extrême est de la Grèce, jusqu'en Crète, en raison de menaces iraniennes visant des bases américaines en Europe, a rapporté la presse grecque.

Ce redéploiement a débuté dimanche matin avec le départ du groupe du port de Karpathos par barge, ont annoncé plusieurs médias grecs, images à l'appui, montrant les batteries de missiles, montés sur camion, sur le port et attendant d'embarquer.

Ces batteries de Patriot seront transportées vers la Crète, sur le site militaire de Souda qui abrite la plus grande base militaire américaine et de l'Otan en Méditerranée orientale.

Toujours selon la presse, ce redéploiement fait suite à des informations selon lesquelles l'Iran envisagerait des attaques contre des cibles militaires américaines en Europe si le président Donald Trump intensifiait le conflit dans le détroit d'Ormuz.

Le ministère de la Défense grec n'a pas communiqué sur le sujet.

Selon un article du Financial Times (FT) publié la semaine dernière, citant des sources au sein du régime iranien, l'Iran ne se contentera plus de limiter sa riposte au Moyen-Orient et envisage de frapper des cibles américaines en Europe en cas de nouvelle escalade militaire américaine.

Selon ces deux sources, les forces iraniennes ont évalué la possibilité de frapper des installations américaines dans les Balkans et autour de la Méditerranée. Sont notamment évoquées la Bulgarie, où la base aérienne de Bezmer a autorisé son usage pour le ravitaillement d'appareils américains, entre juillet et octobre 2026, et Chypre, où une base britannique avait déjà été visée par un drone en mars.

La Grèce compte de plusieurs bases américaines, à Alexandroupoli – dans le nord du pays – et en Crète, à Souda.

Depuis la publication du FT, le ministère de la Défense nationale et l'état-major "étaient en état d'alerte", selon le quotidien de référence I Kathimerini.

Ce journal explique que la décision de déployer une batterie de Patriot en Crète a été fortement influencée par l'évaluation des capacités de l'arsenal iranien qui, selon les informations transmises à Athènes par les alliés, dispose encore d'un nombre suffisant de missiles balistiques d'une portée supérieure à 2 000 kilomètres, susceptibles de cibler des bases et des infrastructures en Europe du Sud-Est.

Les missiles Patriot avaient été transférés sur l'île de Karpathos,  au voisinage de la Turquie, en mars.

En mars dernier, après une attaque de drones menée par le Hezbollah libanais contre la base anglaise d'Akrotiri à Chypre, la Grèce avait envoyé des F-16 et une frégate équipée d'un système de neutralisation de drones dans l'île.

Une autre batterie de Patriot grecque est par ailleurs déployée en Arabie Saoudite depuis septembre 2021, qui est déjà entrée en action à plusieurs reprises contre des missiles et drones iraniens visant le royaume.


Trump publie une carte du détroit d'Ormuz en "territoire américain"

Le président américain Donald Trump a déclaré mardi qu’aucune négociation entre les États-Unis et l’Iran n’était en cours ni prévue, mais que le détroit d’Ormuz était ouvert. (Archives/Reuters)
Le président américain Donald Trump a déclaré mardi qu’aucune négociation entre les États-Unis et l’Iran n’était en cours ni prévue, mais que le détroit d’Ormuz était ouvert. (Archives/Reuters)
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  • Donald Trump a relancé l’idée controversée de faire du détroit d’Ormuz un « territoire américain », en publiant une carte sur Truth Social
  • Cette déclaration intervient alors que les négociations entre Washington et Téhéran sont dans l’impasse et que la réouverture de ce passage stratégique reste conditionnée à des exigences jugées incompatibles

WASHINGTON: Donald Trump a publié mardi sur son réseau Truth Social une carte montrant le détroit d'Ormuz et le décrivant comme un "nouveau territoire américain", reprenant ainsi une idée déjà exprimée ces derniers jours.

Le président avait pour la première fois parlé de "territoire américain" à propos de cette artère commerciale stratégique la semaine dernière, pendant un meeting et sur un ton qui laissait penser à une plaisanterie.

Le républicain est revenu à la charge lundi pendant un échange avec des journalistes dans le Bureau Ovale, en estimant que ce serait une "très bonne idée".

Ce n'est pas la première fois que Donald Trump, confronté à un obstacle de politique étrangère, lance ainsi une suggestion surprenante ou menaçante d'annexion d'un territoire étranger.

Depuis son retour au pouvoir, il a menacé de faire du Canada le "51e" Etat américain, de s'emparer du Groenland et même évoqué une prise de contrôle de la bande de Gaza, sans passer à l'acte.

Sa suggestion concernant Ormuz intervient alors qu'une issue pacifique au conflit entre l'Iran et les Etats-Unis semble plus lointaine que jamais.

Il y a soixante jours, les deux belligérants avaient signé à grand bruit un protocole d'accord censé déboucher sur un règlement durable, mais qui n'a rien donné.

Washington et Téhéran posent des conditions a priori irréconciliables à la réouverture du détroit, passage névralgique pour le commerce mondial de pétrole.


Iran: le détroit d'Ormuz restera fermé tant que Washington n'aura pas satisfait les exigences de Téhéran

Le négociateur en chef iranien, Mohammad Bagher Qalibaf, a déclaré mardi que le stratégique détroit d’Ormuz ne sera pas rouvert tant que les États-Unis n’auront pas répondu aux exigences de Téhéran. (AFP)
Le négociateur en chef iranien, Mohammad Bagher Qalibaf, a déclaré mardi que le stratégique détroit d’Ormuz ne sera pas rouvert tant que les États-Unis n’auront pas répondu aux exigences de Téhéran. (AFP)
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  • Téhéran maintient la fermeture du détroit jusqu’au respect des engagements américains
  • Les négociations avancent, mais la méfiance et les tensions restent fortes

TEHERAN: Le détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique au coeur du conflit entre l'Iran et les Etats-Unis, restera fermé tant que Washington n'aura pas rempli ses engagements prévus par le protocole d'accord de juin, a annoncé mardi le négociateur en chef iranien Mohammad Bagher Ghalibaf.

Le détroit d'Ormuz "ne sera pas ouvert tant que les engagements américains stipulés dans le protocole d'accord (...) ne seront pas mis en oeuvre", a déclaré M. Ghalibaf, également chef du Parlement, dans un discours diffusé à la télévision d'Etat.

Il a cité parmi ces conditions "la levée du blocus naval (américain), le déblocage des avoirs (iraniens) gelés, la levée de l'embargo pétrolier" contre Téhéran, ainsi que "la fin des opérations militaires sur tous les fronts".

Après l'attaque américano-israélienne contre l'Iran le 28 février, Téhéran a riposté par des frappes sur les pays voisins alliés de Washington et verrouillé le détroit, voie de transit majeur des hydrocarbures, faisant s'envoler les cours du pétrole.

Les Etats-Unis ont imposé de leur côté un blocus aux ports iraniens.

Un cessez-le-feu a été conclu en avril suivi d'un protocole d'accord en juin en vue de négociations de paix, qui a ensuite volé en éclats après avoir brièvement permis une réouverture du détroit.

Si les hostilités ont récemment baissé en intensité, les efforts diplomatiques menés par les médiateurs marquent le pas.

L'émissaire américain et gendre de Donald Trump, Jared Kushner, a toutefois qualifié lundi de "très positives et animées" les tractations dans le but de conclure un accord entre l'Iran et les Etats-Unis.

S'il a admis sur Fox News qu'il n'y avait pas "beaucoup de confiance" entre les deux parties, il a précisé qu'elles "s'impliquaient très sérieusement".

"Le président Trump va se montrer très patient, il n'aime pas se précipiter pour conclure un accord. Il conclura le bon accord quand celui-ci sera prêt", a-t-il ajouté.

Dans le même temps, l'Iran et Oman mènent depuis plusieurs semaines des discussions pour trouver un accord sur le passage des navires dans le détroit d'Ormuz, situé entre leurs côtes, dont Téhéran revendique le contrôle.

"Si Oman se met en travers de notre chemin, on va leur bombarder la gueule", a déclaré lundi l'imprévisible  président américain, interrogé sur ces discussions par le journaliste de Fox News Trey Yingst.