La Banque mondiale envisage une aide humanitaire pour l'Afghanistan

La population afghane est confrontée à une grave crise économique, à des pénuries alimentaires et à une pauvreté croissante trois mois après le retour des talibans (Photo, AFP).
La population afghane est confrontée à une grave crise économique, à des pénuries alimentaires et à une pauvreté croissante trois mois après le retour des talibans (Photo, AFP).
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Publié le Mardi 30 novembre 2021

La Banque mondiale envisage une aide humanitaire pour l'Afghanistan

  • Fin août, la Banque mondiale avait annoncé la suspension des aides au pays tout en disant explorer «les moyens de rester engagés pour (...) continuer à soutenir le peuple afghan»
  • L'une des difficultés est la manière d'acheminer les fonds en Afghanistan sans exposer les institutions financières aux sanctions américaines

WASHINGTON: La Banque mondiale, qui a suspendu fin août ses aides à Kaboul après le retour au pouvoir des talibans, envisage désormais d'apporter une aide humanitaire à l'Afghanistan en redirigeant des financements émanant du fonds d'affectation spéciale pour la reconstruction du pays, a indiqué lundi à l'AFP une source proche du dossier.

La direction de l'institution "va discuter demain (mardi) avec le conseil d'administration des options possibles pour rediriger des financements du Fonds d'affectation spéciale pour la reconstruction de l'Afghanistan (ARTF) afin de soutenir les efforts humanitaires via les Nations unies et les autres agences humanitaires", a indiqué cette source, ajoutant que la question des capacités logistiques serait également évoquée.

Elle a toutefois précisé que la réunion du conseil d'administration de mardi serait "informelle" et qu'il n'y aurait "donc pas de décision ni d'annonce". 

"Les décisions seront prises par tous les donateurs de l'ARTF lors des discussions de suivi", a-t-elle également indiqué.

L'ARTF est un fonds d'affectation spéciale multi-donateurs qui coordonne l'aide internationale pour améliorer la vie de millions d'Afghans. 

La Banque mondiale administre l'ARTF au nom des partenaires donateurs.

Selon le site internet de cet organisme, 34 donateurs ont à ce jour contribué au fonds. 

Jusqu'à la prise de pouvoir des talibans, l'ARTF était "la plus grande source de financement pour le développement de l'Afghanistan, finançant jusqu'à 30% du budget de l'Afghanistan et soutenant les fonctions essentielles du gouvernement", est-il indiqué. 

Depuis 2002, l'ARTF a fourni un soutien par le biais de programmes nationaux, permettant par exemple une réduction de la mortalité infantile et une meilleure scolarisation des enfants.

Fin août, la Banque mondiale avait annoncé la suspension des aides au pays tout en disant explorer "les moyens de rester engagés pour (...) continuer à soutenir le peuple afghan".

La population afghane est confrontée à une grave crise économique, à des pénuries alimentaires et à une pauvreté croissante trois mois après le retour des talibans.

L'une des difficultés est la manière d'acheminer les fonds en Afghanistan sans exposer les institutions financières aux sanctions américaines.


Plus de 100 millions de personnes déracinées dans le monde

Filippo Grandi, le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR), accompagné d'autres représentants d'ONG nationales et internationales, s'entretient avec des femmes vivant au camp de déplacés internes de Bogo lors d'une visite sur le terrain, à Maroua, le 28 avril 2022 (Photo, AFP).
Filippo Grandi, le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR), accompagné d'autres représentants d'ONG nationales et internationales, s'entretient avec des femmes vivant au camp de déplacés internes de Bogo lors d'une visite sur le terrain, à Maroua, le 28 avril 2022 (Photo, AFP).
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  • Fin 2021, le nombre de personnes déracinées dans le monde avait atteint 90 millions
  • L'Europe n'avait pas connu un flot aussi rapide de réfugiés depuis la fin de la Deuxième guerre mondiale

GENEVES: L'invasion de l'Ukraine par la Russie a poussé pour la première fois le nombre de personnes déracinées dans le monde au-dessus de la barre des 100 millions, ont averti lundi les Nations Unies.

"Le nombre de personnes contraintes de fuir les conflits, la violence, les violations des droits humains et les persécutions a franchi la barre vertigineuse des 100 millions pour la première fois, sous l'effet de la guerre en Ukraine et d'autres conflits meurtriers", écrit le Haut commissariat aux réfugiés dans un communiqué.

"Le chiffre de 100 millions est saisissant, source d’inquiétude et donne à réfléchir. C'est un chiffre qui n'aurait jamais dû être atteint", a déclaré le Haut Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés, Filippo Grandi.

"Cela doit servir de signal d'alarme pour nous permettre de résoudre et de prévenir les conflits destructeurs, de mettre fin aux persécutions et de lutter contre les causes profondes qui contraignent des personnes innocentes à fuir leur foyer", a-t-il mis en garde.

La situation était déjà grave, comme le révèlent les statistiques du HCR. Fin 2021, le nombre de personnes déracinées dans le monde avait atteint 90 millions, en raison de nouvelles vagues de violence ou de conflits prolongés dans des pays tels que l'Éthiopie, le Burkina Faso, le Myanmar, le Nigéria, l'Afghanistan et la République démocratique du Congo. 

Puis le 24 février, le président russe Vladimir Poutine a ordonné l’invasion de l'Ukraine voisine, jetant de nouveaux millions de personnes sur les routes pour fuir les combats et rejoindre des régions moins exposées ou un autre pays.

Phénomène d'ampleur 

L'Europe n'avait pas connu un flot aussi rapide de réfugiés depuis la fin de la Deuxième guerre mondiale. Presque 6,5 millions d'Ukrainiens ont quitté le pays, essentiellement des femmes et des enfants, les hommes en âge de se battre devant rester au pays. Et l'ONU estime qu'ils pourraient être 8,3 millions d'ici la fin de l'année.

En Ukraine même, on estime que quelque 8 millions de personnes sont des déplacés internes.

Avant l'invasion russe, l'Ukraine comptait 37 millions de personnes dans les régions sous le contrôle de son gouvernement. Ce chiffre exclut la Crimée (Sud), annexée en 2014 par la Russie, et les régions de l'est contrôlées par des séparatistes prorusses.

Ces 100 millions de déracinés représentent plus de 1% de la population mondiale, et seulement 13 pays dans le monde ont une population supérieure à ce nombre, rappelle le HCR, pour donner une meilleur idée de l'ampleur du phénomène.

"La réponse de la communauté internationale envers les personnes fuyant la guerre en Ukraine a été extrêmement positive", s'est réjoui Filippo Grandi.

"Cet élan de compassion est bien réel et une mobilisation similaire est nécessaire à l'égard de toutes les autres crises dans le monde", a-t-il souligné.

«Le monde s'écroule»

Mais l'élan de générosité et une mobilisation d'aide publique pour l'Ukraine contraste fortement avec l'accueil beaucoup plus mitigé réservés aux réfugiés d'autres théâtres de guerre comme l'Afghanistan ou la Syrie.

Aussi, le patron du HCR rappelle t-il que "l'aide humanitaire n'est qu'un palliatif, pas un remède". "Pour inverser la tendance, les seules réponses sont la paix et la stabilité, afin que des personnes innocentes ne soient plus contraintes de choisir entre le danger immédiat du conflit et une fuite et un exil difficiles", martèle t-il.

Vendredi, il avait critiqué la vingtaine de pays qui, plus de deux ans après le début de la pandémie de Covid-19, continuent de fermer leur frontière aux demandeurs d'asile au nom de la sécurité sanitaire. Il les soupçonne d'en faire un prétexte pour ne pas les rouvrir.

Un rapport de deux ONG, publié le 19 mai, a comptabilisé presque 60 millions de personnes déplacées interne dans le monde l'année dernière, dont beaucoup à cause de catastrophes naturelles.

La situation dans le monde "n'a jamais été aussi mauvaise", a observé le secrétaire général du Conseil norvégien pour les réfugiés (NRC), Jan Egeland.


L'homme fort du Burkina rend hommage à l'armée sur le lieu d'une attaque djihadiste

Le lieutenant-colonel Paul-Henri Sandaogo Damiba, président du Burkina Faso, arrive à sa cérémonie d'investiture en tant que président de la transition, à Ouagadougou, le 2 mars 2022 (Photo, AFP).
Le lieutenant-colonel Paul-Henri Sandaogo Damiba, président du Burkina Faso, arrive à sa cérémonie d'investiture en tant que président de la transition, à Ouagadougou, le 2 mars 2022 (Photo, AFP).
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  • Cinq militaires ont été tués et 10 autres blessés au cours des combats
  • Il a réitéré son appel aux combattants qui le désirent à déposer les armes et dialoguer avec le pouvoir

OUAGADOUGOU: Le président de la transition au Burkina Faso, le lieutenant-colonel Paul-Henri Sandaogo Damiba, s'est rendu dimanche sur le lieu d'une attaque de djihadistes présumés contre des militaires dans le nord du pays, au cours de laquelle cinq d'entre eux ont été tués.

Samedi, le détachement militaire de Bourzanga, localité de la province du Bam située dans la région du Centre-Nord, "a vigoureusement riposté à une attaque de sa base" par des "terroristes venus en très grand nombre et lourdement équipés", selon l'armée.

Cinq militaires ont été tués et 10 autres blessés au cours des combats, selon l'état-major, qui a fait également état de 35 "terroristes abattus".

L'armée burkinabè a reçu le soutien aérien de la force française Barkhane, selon les armées française et burkinabè. 

"Nous sommes venus ce matin (dimanche) après l'attaque qui a eu lieu hier pour témoigner, au nom du gouvernement et de l'ensemble du pays, la satisfaction et la reconnaissance envers l'ensemble du personnel de défense", a déclaré dimanche le lieutenant-colonel Damiba sur les lieux de l'attaque après une tournée dans l'ouest du pays, selon des images fournies par la présidence. 

"Au-delà de la victoire d'aujourd'hui, il faudra toujours garder en chacun de vous de l'engagement et de la détermination", a-t-il ajouté en s'adressant aux soldats présents, soulignant qu'il y a "une dynamique de reprise des actions violentes contre l'ensemble des forces qui séjournent dans les zones opérationnelles".

Selon lui, "ce qui s'est passé hier à Bourzanga montre que l'ennemi n'est nullement supérieur à nous. L'ennemi a certainement des ressources humaines, matérielles, des appuis, mais ils ne peuvent pas être supérieur à un pays qui se met ensemble", a-t-il dit.

Il a réitéré son appel aux combattants qui le désirent à déposer les armes et dialoguer avec le pouvoir.

Le lieutenant Assoumani Beogo, chef du détachement militaire attaqué à Bourzanga, a jugé "très réconfortant de voir le président ici pour nous encourager".

Le Burkina Faso, en particulier le Nord et l'Est, est la cible d'attaques djihadistes depuis 2015 perpétrées par des mouvements affiliés à Al-Qaïda et à l'Etat islamique qui ont fait plus de 2.000 morts et 1,8 million de déplacés.

M. Damiba, qui a renversé fin janvier le président élu Roch Marc Christian Kaboré, accusé d'être inefficace face à la violence djihadiste, a fait de la question sécuritaire sa "priorité".

Après une relative accalmie lors de sa prise de pouvoir, M. Damiba fait depuis face à une recrudescence d'attaques de djihadistes présumés qui ont fait près de 200 morts, civils et militaires.


Australie: le travailliste Anthony Albanese investi Premier ministre

Le chef du parti travailliste australien Anthony Albanese s'exprime lors d'une rencontre avec la candidate travailliste de Reid, Sally Sitou et ses partisans après avoir remporté les élections générales à la bibliothèque et au pavillon de Marrickville à Sydney, le 22 mai 2022 (Photo, AFP).
Le chef du parti travailliste australien Anthony Albanese s'exprime lors d'une rencontre avec la candidate travailliste de Reid, Sally Sitou et ses partisans après avoir remporté les élections générales à la bibliothèque et au pavillon de Marrickville à Sydney, le 22 mai 2022 (Photo, AFP).
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  • Anthony Albanese a promis de transformer l'Australie en «superpuissance» des énergies renouvelables
  • Le nouveau Premier ministre, âgé de 59 ans, a prêté serment lors d'une brève cérémonie

CANBERRA: Le travailliste Anthony Albanese a prêté serment lundi pour être le nouveau Premier ministre de l'Australie, quelques heures avant d'embarquer pour le Japon où il participera à un sommet international.

L'ex-chef de l'opposition de centre-gauche, qui affirme que Canberra est prêt à s'engager dans la lutte contre le changement climatique, participera à un sommet du Quad (Etats-Unis, Inde, Japon, Australie) mardi à Tokyo.

Le nouveau Premier ministre, âgé de 59 ans, a prêté serment lors d'une brève cérémonie.

Parmi les autres membres de son équipe qui ont pris leurs fonctions figurent la ministre des Affaires étrangères Penny Wong, qui rejoindra M. Albanese au sommet du Quad, le ministre du Budget Jim Chalmers et celle des Finances Katy Gallagher.

Anthony Albanese veut profiter de son premier déplacement officiel à l'étranger pour "faire savoir au monde qu'il y a un changement de gouvernement".

"Il y aura quelques changements dans la politique, en particulier en ce qui concerne le changement climatique et notre engagement envers le monde sur ces questions", avait-il ajouté dimanche dans son discours de victoire.

M. Albanese a aussi promis de transformer l'Australie en "superpuissance" des énergies renouvelables.

Mais il est jusqu'à présent resté sourd aux appels pour en finir avec le charbon, qui reste un des moteurs de l'économie du pays et compte de nombreux partisans chez les travaillistes.

Au cours du mandat de son prédécesseur Scott Morrison, l'Australie a connu des catastrophes aux proportions bibliques: incendies, inondations record et pandémie de Covid-19.