Le photographe qui relate l’Histoire des Émirats arabes unis avec un appareil photo

Ramesh Shukla au Etihad Museum de Dubaï pose avec l'appareil photo Rolleicord. (Photo AN/Mohamed Fawzy)
Ramesh Shukla au Etihad Museum de Dubaï pose avec l'appareil photo Rolleicord. (Photo AN/Mohamed Fawzy)
(Photo de Ramesh Shukla) Le photographe qui relate l'Histoire des Émirats arabes unis avec un appareil photo.
(Photo de Ramesh Shukla) Le photographe qui relate l'Histoire des Émirats arabes unis avec un appareil photo.
(Photo de Ramesh Shukla) Le photographe qui relate l'Histoire des Émirats arabes unis avec un appareil photo.
(Photo de Ramesh Shukla) Le photographe qui relate l'Histoire des Émirats arabes unis avec un appareil photo.
(Photo de Ramesh Shukla) Le photographe qui relate l'Histoire des Émirats arabes unis avec un appareil photo.
(Photo de Ramesh Shukla) Le photographe qui relate l'Histoire des Émirats arabes unis avec un appareil photo.
(Photo de Ramesh Shukla) Le photographe qui relate l'Histoire des Émirats arabes unis avec un appareil photo.
(Photo de Ramesh Shukla) Le photographe qui relate l'Histoire des Émirats arabes unis avec un appareil photo.
(Photo de Ramesh Shukla) Le photographe qui relate l'Histoire des Émirats arabes unis avec un appareil photo.
(Photo de Ramesh Shukla) Le photographe qui relate l'Histoire des Émirats arabes unis avec un appareil photo.
(Photo de Ramesh Shukla) Le photographe qui relate l'Histoire des Émirats arabes unis avec un appareil photo.
(Photo de Ramesh Shukla) Le photographe qui relate l'Histoire des Émirats arabes unis avec un appareil photo.
(Photo de Ramesh Shukla) Le photographe qui relate l'Histoire des Émirats arabes unis avec un appareil photo.
(Photo de Ramesh Shukla) Le photographe qui relate l'Histoire des Émirats arabes unis avec un appareil photo.
Ramesh Shukla avec son appareil photo Rolleicord vintage. (Photo AN/Mohamed Fawzy)
Ramesh Shukla avec son appareil photo Rolleicord vintage. (Photo AN/Mohamed Fawzy)
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Publié le Jeudi 02 décembre 2021

Le photographe qui relate l’Histoire des Émirats arabes unis avec un appareil photo

  • La Fête nationale des Émirats arabes unis, célébrée le 2 décembre de chaque année, marque l'unification des émirats en une fédération
  • Ramesh Shukla a documenté l'évolution des Émirats arabes unis, de communautés de cheikhs disparates à une nation ambitieuse et moderne

DUBAΪ: Le photographe Ramesh Shukla a vécu aux Émirats Arabes Unis (EAU) pendant près de cinq décennies. Il est arrivé de son Inde natale au moment où les anciens États de la Trêve approchaient de l'indépendance de la Grande-Bretagne et se lançaient dans une remarquable aventure de construction nationale.

Désormais âgé de 84 ans, il a été le témoin direct de l'évolution des EAU, passant d'un ensemble de communautés de cheikhs du désert et de villages de pêcheurs disparates à un centre d'affaires mondial synonyme de dynamisme entrepreneurial, de villes cosmopolites et d'horizons incroyables.

C'est une transformation dont il a soigneusement documenté l'Histoire avec son appareil photo au fil des décennies.

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Cheikh Zayed signe une photo du jeune Ramesh Shukla. Photo fournie.

Son attachement au pays a commencé par accident après un voyage en bateau plutôt inconfortable depuis Mumbai en 1965. À l'époque, Ramesh Shukla travaillait pour le journal Times of India, mais l’appel du large était trop important pour y résister.

Emportant son bien le plus cher, un appareil photo Rolleicord et autant de rouleaux de film qu'il pouvait transporter, le jeune homme, alors dans la vingtaine, s'est lancé dans ce qui allait changer sa vie.

«C'est mon appareil photo», déclare Ramesh Shukla à Arab News au musée Etihad de Dubaï plus d'un demi-siècle plus tard, avec son Rolleicord désormais vintage.

«Quand j'avais 15 ans, mon père m'a demandé: “Quel cadeau d'anniversaire veux-tu?” J’ai répondu: “Papa, s'il te plaît, offre-moi un appareil photo.”»

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(Photo de Ramesh Shukla)

Peu de temps après le départ de son navire, le Dwarka, de Bombay, Ramesh Shukla souffre d’un horrible mal de mer qui freine son désir de découvrir le monde.

Épuisé par le balancement incessant des vagues, il débarque à Charjah, l'un des États de la Trêve qui à l'époque, constituaient collectivement un protectorat informel de l’Empire britannique.

Il y trouve un logement chez un habitant, qui incite le jeune visiteur à se rendre à l'hippodrome de Charjah pour assister à un grand événement de l'époque, une course de chameaux. Désireux de s’immerger dans les images et les sons authentiques de l'Arabie, Ramesh Shukla suit, appareil photo en main.

Accroupi sur le sol le long de l’hippodrome, il repère un groupe d'hommes qui allait fonder les EAU. Parmi eux, le cheikh Zayed ben Sultan al-Nahyane, qui deviendra bientôt le premier président du nouveau pays, fonction qu'il occupe jusqu'à sa mort le 2 novembre 2004.

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Ramesh Shukla avec son appareil photo Rolleicord vintage. (Photo AN/Mohamed Fawzy)

Ramesh Shukla fait douze photographies de cheikh Zayed regardant les courses et revient le lendemain pour lui présenter l'un de ses portraits. Le souverain d'Abu Dhabi, désormais communément appelé le «père de la nation», est tellement impressionné qu'il signe le cliché et offre son stylo à Ramesh Shukla.

«C'est là que la première connexion a lieu», déclare à Arab News le fils de Ramesh Shukla, Neel, son directeur artistique. «C'était la première fois qu'il rencontrait son altesse. Cheikh Zayed lui dit alors: “Ne quittez pas cette région. Restez.”»

Déterminé à rester, Ramesh Shukla fait venir sa femme et leur fils pour vivre avec lui dans son pays d'adoption, pendant ses années de formation.

«J'étais avec lui tout le temps», raconte Neel. «Avant de prendre une photo, il me prenait pour modèle pour s'assurer que la lumière était bonne, puis il prenait la photo.»

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(Photo de Ramesh Shukla)

Entièrement autodidacte, Ramesh Shukla développe un style de photographie caractéristique, capturant des scènes de la vie quotidienne sur film noir et blanc, soulignant la simplicité de la vie nomade dans le pays avant l'unification et le boom pétrolier.

Les sujets de ses premiers travaux tournent autour des Bédouins travailleurs, des troupeaux de chameaux, des bateaux traditionnels abras sur la crique de Dubaï et la tour de l'horloge de Deira, photographiée d'en haut. Il a également documenté les débuts du premier aéroport commercial de Dubaï et du premier musée de la ville.

«C'était la vie aux EAU; il n'y avait rien. Il n'y avait ni lumière ni eau dans ma maison», raconte Ramesh Shukla, soulignant le contraste entre les équipements limités disponibles à l'époque et les infrastructures avancées du pays aujourd'hui. Même l'eau dont il avait besoin pour développer ses photos devait être puisée à côté.

Bien que son style de vie soit modeste, Ramesh Shukla noue de solides relations avec les dirigeants des EAU, ce qui lui vaut le titre informel de «photographe royal». Son accès privilégié aux cours royales fait que ses photographies sont très recherchées, en particulier par les médias indiens.

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Ramesh Shukla avec sa photo emblématique des pères fondateurs des Émirats arabes unis. (Photo AN/Mohamed Fawzy)

Une grande partie de la collection de Ramesh Shukla a été préservée pour la postérité grâce à sa femme, Tarulatta, qui a soigneusement archivé les négatifs de son mari, les protégeant de l'humidité et de la poussière, dans leur modeste maison de Deira, qui se composait d'une chambre noire, d'une cuisine et d'une chambre à coucher. Les archives offrent un témoignage fascinant des cinquante ans de parcours des EAU en tant que nation.

«Il a continué à documenter l’Histoire», déclare Neel. «Nous sommes très soucieux de la collection. Nous ne la commercialisons pas, c'est de l'Histoire. C'est pourquoi il est très aimé, parce qu'il préserve le sacré à ses côtés.»

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(Photo de Ramesh Shukla)

La carte de visite de Ramesh Shukla comporte une impression miniature d'une photographie dont il est particulièrement fier. Le 2 décembre 1971, il assiste à la cérémonie historique au cours de laquelle les dirigeants de Dubaï, d’Abu Dhabi, de Charjah, d’Ajman, de Fujaïrah et d’Oumm al-Qaïwaïn se réunissent pour marquer leur indépendance de la Grande-Bretagne et la création de leur propre pays unifié. Ras al-Khaimah rejoindra l’union le mois suivant.

C'est à ce moment que Ramesh Shukla saisit ce qui allait devenir une photo emblématique des cheikhs se tenant sous le drapeau national de leur nouveau pays. Le mât du drapeau se dresse encore à ce jour dans le quartier de Jumeirah à Dubaï.

«Il y avait beaucoup de bonheur», déclare Ramesh Shukla, se souvenant du jour, il y a un demi-siècle, où il a pris la photo sous le même mât de drapeau. «Les EAU sont nés avec une seule famille.»

Union House, où a été signé l'accord qui a permis la création des EAU, se trouve à proximité. Ramesh Shukla était là, bien sûr, pour capturer devant la caméra le moment historique où cheikh Zayed appose sa signature sur le document. Sa photo des cheikhs rassemblés est devenue le logo de l’«esprit de l’Union», qui a été largement utilisé lors de la quarante-cinquième Fête nationale des EAU, il y a cinq ans.

De nombreuses photos de Ramesh Shukla sont affichées dans les stations le long de la ligne de métro de Dubaï. Plus récemment, sa photo de cheikh Zayed signant l'accord syndical a figuré dans les passeports de l'Expo 2020 Dubaï.

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Ramesh Shukla avec son fils et directeur artistique, Neel Shukla. (Photo AN/Mohamed Fawzy)

En reconnaissance de sa contribution remarquable à l'Histoire nationale des EAU, le photographe a été parmi les premiers membres de la communauté créative de Dubaï à recevoir le très convoité Golden Visa, qui accorde aux détenteurs des droits de résidence à long terme sans avoir besoin d'un parrain national, et la propriété à 100 % de leurs propres entreprises.

Ramesh Shukla a certainement mené une vie riche, documentant l’Histoire d'une nation depuis sa création, notamment son patrimoine naturel et culturel, ses moments les plus importants et les plus dignes, et même la vie de ses chefs d'État.

Pourtant, il ne croit pas à la retraite malgré un travail si dur pendant de nombreuses années.

«La vie commence après 100 ans», conclut-il.

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com

 


Mondial-2026: l'Egypte renverse la Nouvelle-Zélande (3-1) et entrevoit les 16es

Apathique jusque-là, l'Egypte a abordé la seconde période avec d'autres intentions et c'est Mostafa Zico, lui aussi de la tête, qui a égalisé (58e), avant de permettre à Salah de marquer son troisième but dans un Mondial (deux en 2018) d'un plat du pied délicieux à la "Salah". (AFP)
Apathique jusque-là, l'Egypte a abordé la seconde période avec d'autres intentions et c'est Mostafa Zico, lui aussi de la tête, qui a égalisé (58e), avant de permettre à Salah de marquer son troisième but dans un Mondial (deux en 2018) d'un plat du pied délicieux à la "Salah". (AFP)
  • Profitant du nul entre la Belgique et l'Iran (0-0) plus tôt à Los Angeles, les Egyptiens prennent seuls la tête du groupe G avec deux points de mieux que leurs rivaux précités
  • Un nul contre les Iraniens vendredi à Seattle leur suffira pour valider leur ticket pour le tour suivant. Ce qui serait une première en quatre participations pour le septuple champion d'Afrique

VANCOUVER: L'Egypte, pourtant menée durant une heure, a réussi à renverser la situation, pour finalement remporter sa toute première victoire en Coupe du monde, aux dépens de la Nouvelle-Zélande (3-1), et ainsi entrevoir les 16e de finale, dimanche à Vancouver.

Profitant du nul entre la Belgique et l'Iran (0-0) plus tôt à Los Angeles, les Egyptiens prennent seuls la tête du groupe G avec deux points de mieux que leurs rivaux précités.

Un nul contre les Iraniens vendredi à Seattle leur suffira pour valider leur ticket pour le tour suivant. Ce qui serait une première en quatre participations pour le septuple champion d'Afrique.

Voilà donc l'Egypte en ballottage bien favorable, mais l'histoire avait commencé à s'écrire autrement face à des Néo-Zélandais bien mieux entrés dans le match, grâce à l'ouverture du score de leur défenseur Finn Surman, auteur d'un coup de tête puissant (15e).

Apathique jusque-là, l'Egypte a abordé la seconde période avec d'autres intentions et c'est Mostafa Zico, lui aussi de la tête, qui a égalisé (58e), avant de permettre à Salah de marquer son troisième but dans un Mondial (deux en 2018) d'un plat du pied délicieux à la "Salah".

Et un homonyme célèbre suivant un autre, Trezeguet s'est chargé de donner de la largesse au résultat (82e) mérité pour son équipe, qui a su réagir dos au mur.

"Dans les années à venir, on se souviendra que cela a été l'un des grands moments de l'histoire. On avait l'impression de jouer (chez nous) en Égypte", a déclaré Salah après le match. "C'est une superbe victoire et l'ambiance était géniale."

Les All Whites eux n'ont pas réussi à garder leur avantage plus d'une heure, mais ils conservent tout de même l'espoir de se qualifier. Il leur faudra pour cela battre la Belgique sur cette même pelouse de la BC Place vendredi. Ce qui serait un sacré exploit, mais pas impossible au regard des doutes qui traversent les Diables Rouges dans ce tournoi.


L'art numérique se fait une place sur le marché de l'art à la foire de Bâle

En plein débat sur l'intelligence artificielle (IA), les organisateurs de cet événement phare pour le marché de l'art contemporain, qui referme ses portes dimanche soir, ont voulu mettre en lumière ce segment qui cherche encore sa place sur le marché après l'éclatement en 2022 de la bulle des NFT ("Non-fungible tokens", des objets numériques uniques à collectionner, NDLR). (AFP)
En plein débat sur l'intelligence artificielle (IA), les organisateurs de cet événement phare pour le marché de l'art contemporain, qui referme ses portes dimanche soir, ont voulu mettre en lumière ce segment qui cherche encore sa place sur le marché après l'éclatement en 2022 de la bulle des NFT ("Non-fungible tokens", des objets numériques uniques à collectionner, NDLR). (AFP)
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  • Dès le premier jour de la foire, un triptyque sur écrans LED de l'artiste irlandais John Gerrard, présenté dans cette exposition, s'est vendu pour un demi-million de dollars
  • En 2021, un NFT de l'artiste américain Beeple s'était arraché à 69,3 millions de dollars au sommet de la bulle, mais les prix s'étaient effondrés l'année suivante

BALE: Entre une toile de Picasso et une sculpture de Niki de Saint Phalle, les organisateurs de la foire de Bâle, en Suisse, ont mis un coup de projecteur sur l'art numérique pour détailler comment les artistes s'emparent des outils technologiques.

En plein débat sur l'intelligence artificielle (IA), les organisateurs de cet événement phare pour le marché de l'art contemporain, qui referme ses portes dimanche soir, ont voulu mettre en lumière ce segment qui cherche encore sa place sur le marché après l'éclatement en 2022 de la bulle des NFT ("Non-fungible tokens", des objets numériques uniques à collectionner, NDLR).

Dans une section à part appelée Zero 10, la foire expose 16 oeuvres qui donnent un aperçu de la palette d'outils à la disposition des artistes, en présentant l'art numérique "dans son acceptation large", précise l'artiste américain Trevor Paglen, 51 ans, co-responsable de cette exposition.

"L'idée que les artistes utilisent les technologies n'est pas si nouvelle", a-t-il déclaré à l'AFP, expliquant que l'art numérique ne se résumait pas aux NFT. Il a voulu montrer que dès les "les années 1950", les artistes cherchaient déjà à produire "des images générées par ordinateur".

L'exposition présente notamment une installation de l'artiste allemande Hito Steyerl, intitulée "Green screen", couverte d'un côté de plantes dont les signaux bioélectriques sont utilisés pour produire, de l'autre côté, des images de fleurs pixelisées.

Le Français William Mapan, 38 ans, qui se définit comme "codeur et peintre" y présente lui une série de toiles intitulées "paysages plausibles". Pendant deux ans, cet artiste parisien a développé un algorithme qui génère des milliers de compositions abstraites. Et lorsque l'une de ces images aléatoires en noir et blanc lui rappelle une photo ou un souvenir, il reprend ses pinceaux et la reproduit sur la toile en y ajoutant ses couleurs, a-t-il expliqué à l'AFP.

Segment émergent 

L'artiste ouzbek Aziza Kadyri, 31 ans, présente de son côté des étoffes ornées de fines broderies produites en se jouant des erreurs de l'intelligence artificielle. Pour concevoir les motifs, elle commence par soumettre à une IA des broderies Suzani, la broderie traditionnelle d'Asie centrale, en sachant parfaitement que cette IA va les interpréter de travers, passer à côté de leur signification et finalement lui proposer un dessin complètement à côté de la plaque qu'elle s'amuse ensuite à reproduire sur étoffe en utilisant les techniques traditionnelles de la broderie ouzbèke.

Selon un rapport réalisé pour la foire par UBS et le cabinet Arts Economics, l'art numérique ne représentait que 0,4% des ventes sur le marché de l'art en 2025, contre 59% pour la peinture et 15% pour la sculpture. Le rapport note cependant un intérêt grandissant de la part des riches collectionneurs.

Dès le premier jour de la foire, un triptyque sur écrans LED de l'artiste irlandais John Gerrard, présenté dans cette exposition, s'est vendu pour un demi-million de dollars.

Le souvenir de la bulle des NFT est toutefois encore très frais dans les mémoires. En 2021, un NFT de l'artiste américain Beeple s'était arraché à 69,3 millions de dollars au sommet de la bulle, mais les prix s'étaient effondrés l'année suivante.

Les choses sont différentes quand "la démarche aboutit sur une oeuvre tangible", a indiqué à l'AFP Hans Laenen, expert en art chez Axa XL, pour ces nouvelles formes d'art numérique qui ont "beaucoup plus de chances de rester".

"L'art numérique est un domaines de création qui évolue très vite", et "finira par trouver sa place", estime lui aussi Nicolas Kaddeche, qui exerce chez l'assureur Hiscox, même s'il faut "rester prudent", selon lui.

"Cela reste un segment émergent et encore très spéculatif", prévient-il.


La nouvelle saison de l’IMA démarre, par un événement dédié au mariage dans le Maghreb

La présidente de l'IMA, Anne-Claire Legendre, a dévoilé le contenu de la saison 2026/2027, conçu « sous le signe de la jeunesse », selon ses termes. (Photo Arlette Khouri)
La présidente de l'IMA, Anne-Claire Legendre, a dévoilé le contenu de la saison 2026/2027, conçu « sous le signe de la jeunesse », selon ses termes. (Photo Arlette Khouri)
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  • Au-delà de cette parade spectaculaire, la saison 2026/2027 de l’Institut du monde arabe s’inscrit dans une ambition plus large qui est de faire de l’institution un lieu pleinement ouvert, vivant, et tourné vers les nouvelles générations
  • Sous l’impulsion de Legendre, cette programmation entend conjuguer héritage et création contemporaine, transmission et innovation, dans un dialogue constant entre les cultures

PARIS: Le 4 juillet prochain, les rues de Paris, ou du moins celles reliant l’Institut du monde arabe (IMA) au Grand Palais, deux bâtiments emblématiques de la capitale française, vibreront au rythme du Maghreb.

Des voitures de mariage décorées selon les traditions des différents pays du Maghreb sillonneront les rues reliant les deux institutions ainsi que celles de plusieurs communes périphériques, avec à la clé des cérémonies de henné, de la musique orientale et des concerts de youyous.

C’est l’innovation la plus originale et la plus cocasse de la saison 2026-2027 de l’IMA, dont la présidente, Anne-Claire Legendre, a dévoilé le contenu, conçu « sous le signe de la jeunesse », selon ses termes.

Un événement festif

Il s’agit d’un événement festif, reflet des joies de la vie réelle, imaginé par Mohamed Bourouissa, plasticien algérien qui s’est inspiré des rituels du mariage pour concevoir une création mêlant mémoire, musique et célébration collective.

Au-delà de cette parade spectaculaire, la saison 2026-2027 de l’Institut du monde arabe s’inscrit dans une ambition plus large : faire de l’institution un lieu pleinement ouvert, vivant et tourné vers les nouvelles générations.

Sous l’impulsion d’Anne-Claire Legendre, cette programmation entend conjuguer héritage et création contemporaine, transmission et innovation, dans un dialogue constant entre les cultures.

Dès l’été, l’IMA investira son vaste parvis, conçu par Jean Nouvel, en le transformant en un espace de convivialité accessible à tous, avec du mobilier urbain, une offre de restauration légère et des espaces de détente invitant les visiteurs à s’approprier ce lieu comme un véritable espace de rencontre.

Ce dispositif s’accompagnera d’une programmation estivale riche, notamment à l’occasion de la Fête de la musique, revisitée à travers une création poétique et musicale inspirée de l’écrivain libanais Gibran Khalil Gibran.

L’été sera également rythmé par une offre renforcée de médiation culturelle, ouverte dès le plus jeune âge. Des ateliers de calligraphie, des contes, des carnets de voyage ou encore des stages linguistiques viendront compléter cette volonté d’ancrer l’IMA dans une dynamique familiale.

La promenade du « Paris arabe historique », organisée chaque semaine, prolongera cette immersion en dehors des murs de l’institution.

Mais au cœur de la saison, un premier grand axe intitulé « Héritage et circulation » mettra en lumière les continuités culturelles entre passé et présent.

Trois expositions majeures

Trois expositions majeures structureront cette réflexion. La première, consacrée aux rituels du mariage en Algérie, au Maroc et en Tunisie, prolongera la parade inaugurale en explorant les traditions et leur réinterprétation par des artistes contemporains.

Des costumes, des objets et des témoignages constitueront le socle d’une programmation de débats et de rencontres autour des réalités sociales du mariage.

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L'exposition sur les rituels du mariage en Algérie, au Maroc et en Tunisie, prolongera la parade inaugurale en explorant les traditions et leur réinterprétation par des artistes contemporains. (Photo Arlette Khouri)

Une seconde exposition immersive plongera les visiteurs dans les splendeurs de l’Alhambra. À travers objets, reconstitutions et dispositifs sensoriels, elle offrira une exploration des arts nasrides, de la calligraphie aux jeux d’eau en passant par les motifs géométriques.

Enfin, une troisième exposition, en partenariat avec l’Alliance internationale pour la protection du patrimoine, rappellera l’urgence de préserver les sites culturels menacés, de Mossoul à Alep, en passant par Beyrouth.

Dans cette même logique de transmission, l’IMA valorisera sa riche photothèque, forte de plus de 86 000 clichés, dont une sélection consacrée à la Palestine. Cette initiative s’inscrit dans un effort plus large de numérisation et d’accessibilité du patrimoine.

Parallèlement, la saison fera la part belle aux « nouvelles scènes » du monde arabe. Littérature, poésie, musique, cinéma, design et mode seront réunis dans une programmation foisonnante.

Une semaine dédiée à la langue arabe, en décembre, mettra à l’honneur auteurs, traducteurs et éditeurs, tandis que le Prix de la littérature arabe gagnera en visibilité, notamment auprès des lycéens.

La poésie occupera une place centrale, avec des rencontres régulières et un événement inédit, « Poésie sous les étoiles », parrainé par le grand poète Adonis, qui mettra en lumière une nouvelle génération de poétesses.

Côté musique, l’IMA poursuivra son exploration des traditions arabo-andalouses sous la houlette de l’ancien ambassadeur François Gouyette, tout en lançant un nouveau festival, « Arab Touch », consacré aux expressions contemporaines, du rap à l’électro.

Le cinéma constituera également un pilier de cette saison, avec des avant-premières régulières et de nouveaux partenariats, notamment autour de l’adaptation d’œuvres littéraires.

Le spectacle vivant ne sera pas en reste, avec le retour du festival « L’IMA fait son festival » et une programmation mêlant théâtre, danse et humour.

Les figures marquantes seront également à l’honneur avec l’inauguration de la bibliothèque Leila Shahid, ancienne ambassadrice de la Palestine, ainsi qu’une soirée dédiée au musicien Ziad Rahbani, avec la participation de Toufic Farroukh, son ami de longue date et musicien lui aussi.

Dans le domaine des industries créatives, l’IMA renforcera sa présence lors des grands rendez-vous parisiens. Prix du design, prix de la mode et lancement d’un prix d’art contemporain du monde arabe témoigneront de cette volonté de soutenir les talents émergents et de créer des passerelles professionnelles.

La langue arabe

Troisième pilier de la saison, la « Fabrique des savoirs » proposera un éclairage sur les grandes questions historiques et contemporaines. Les Journées de l’histoire seront consacrées aux sciences arabes, tandis que des débats aborderont les enjeux géopolitiques et sociétaux actuels.

Mais c’est l’attention portée à la jeunesse qui constitue la véritable nouveauté de cette saison. Pour la première fois, une exposition entièrement dédiée aux enfants permettra de découvrir le monde arabe de manière ludique et pédagogique.

Des projets participatifs, notamment avec le dramaturge et ancien directeur du Théâtre de la Colline, Wajdi Mouawad, offriront aux jeunes un espace d’expression et de réflexion.

Cette ouverture se veut également sociale et territoriale. L’IMA multipliera les actions en direction des publics éloignés, notamment à travers des programmes d’art-thérapie ou des dispositifs adaptés aux personnes en situation de handicap.

Enfin, la question de la langue arabe occupe une place stratégique dans cette programmation. L’IMA ambitionne de contribuer à son enseignement à l’échelle nationale en proposant des formations certifiées et en accompagnant les bibliothèques dans le développement de fonds en langue arabe.

Plus que jamais, affirme Anne-Claire Legendre, l’Institut entend être « ce lieu singulier où les récits se croisent sans se confondre » et où la culture « fait ce qu’elle sait faire le mieux : maintenir vivant ce qui nous relie », en dépit des vents contraires.