Entre Orient et Occident: cinq choses à savoir sur la Grèce

A Athènes, berceau de la civilisation occidentale, le pape François commence samedi une visite de deux jours et demi en Grèce, principale porte d'entrée en Europe pendant la crise migratoire, dont la forte identité orthodoxe reste gravée dans la Constitution. (Photo, AFP)
A Athènes, berceau de la civilisation occidentale, le pape François commence samedi une visite de deux jours et demi en Grèce, principale porte d'entrée en Europe pendant la crise migratoire, dont la forte identité orthodoxe reste gravée dans la Constitution. (Photo, AFP)
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Publié le Samedi 04 décembre 2021

Entre Orient et Occident: cinq choses à savoir sur la Grèce

  • Symbole du pays, l'Acropole d'Athènes incarne l'apogée de l'ère classique de l'antiquité grecque avec ses grands philosophes
  • Le schisme de 1054 et le sac de Constantinople lors de la quatrième croisade en 1204 entérinent la rupture entre les Eglises de Rome et de l'Orient

ATHENES: A Athènes, berceau de la civilisation occidentale, le pape François commence samedi une visite de deux jours et demi en Grèce, principale porte d'entrée en Europe pendant la crise migratoire, dont la forte identité orthodoxe reste gravée dans la Constitution. 

Vingt ans après la première visite d'un pape dans la capitale grecque, le souverain pontife tentera de renforcer les liens avec les chrétiens orthodoxes et retournera sur l'île grecque de Lesbos, où il avait proclamé en 2016: "Nous sommes tous des migrants".

Voici cinq choses à savoir sur la Grèce, entre Orient et Occident:

L'antiquité et l'empire byzantin

Symbole du pays, l'Acropole d'Athènes incarne l'apogée de l'ère classique de l'antiquité grecque avec ses grands philosophes dont l'influence résonne encore aujourd'hui. 

Province orientale de l'empire romain, la Grèce accueillit l'apôtre Paul à Athènes, à Corinthe et dans le nord du pays. Après la création de l'Eglise orthodoxe orientale à Constantinople, le grec médiéval devint une langue dominante dans la capitale de l'empire byzantin, partie intégrante du patrimoine grec. 

Le schisme de 1054 et le sac de Constantinople lors de la quatrième croisade en 1204 entérinent la rupture entre les Eglises de Rome et de l'Orient, nourrissant un esprit antipapiste jusqu'à nos jours. 

Un millénaire plus tard, en 2001, la première visite d'un pape sur le sol grec a ouvert une brèche au rapprochement des deux Eglises, Jean Paul II ayant demandé "pardon" pour les péchés des catholiques envers les orthodoxes.

L'Etat grec moderne

La Grèce a fêté cette année le bicentenaire de la guerre de l'indépendance de 1821 contre l'occupation ottomane, qui a conduit à la création de l'Etat grec, neuf ans plus tard, avec l'aide de l'Europe. 

L'Occident restera depuis un soutien politique et économique pour ce petit pays d'importance géopolitique au sud-est de la Méditerranée, aux frontières extérieures de l'Union européenne.

La Grèce adhère officiellement à la Communauté économique européenne en 1981.

L'empreinte orthodoxe

L'Eglise orthodoxe d'Orient est "la religion dominante", stipule la Constitution, qui confère un rôle primordial à l'Eglise, non séparée de l'Etat. 

Dans un pays à 86% orthodoxe, la minorité catholique d'1,2% ne compte que 60 000 Grecs et 250 000 fidèles issus des migrations.

L'archevêque de l'Eglise autocéphale de Grèce, Mgr Hiéronyme II, prêche l'ouverture de l'institution mais se heurte souvent à l'aile dure du clergé, qui rappelle le poids de l'histoire et revendique leurs privilèges: salaires des popes payés par l'Etat, avantages fiscaux, contrôle de l'immense fortune ecclésiastique.

La crise financière

Frappée par la crise de la dette en 2010, la Grèce a vécu sous une stricte austérité pendant huit ans, provoquant une hausse du chômage qui a culminé à 25% en 2012 et s'élève toujours à près de 13%.

La reprise, ces dernières années, au prix d'un lourd endettement après les prêts internationaux successifs, est surtout due à l'industrie du tourisme qui reste le moteur de l'économie même pendant la pandémie.

L'Egée, traversée périlleuse

Les îles grecques du nord de la mer Egée, face à la Turquie, restent depuis 2015 un passage privilégié pour des centaines milliers de réfugiés qui risquent leur vie sur des canots de fortune pour rejoindre l'Europe. 

Plus de 1 780 personnes s'y sont noyées ou sont portées disparues depuis 2014, en majorité lors de la crise migratoire de 2015, selon l'Organisation internationale pour les migrations (OIM). 

Tout en accusant la Turquie voisine d'"instrumentaliser" la question migratoire, le gouvernement conservateur grec a durci sa politique en matière d'asile et d'intégration.

D'après le Haut-Commissariat aux Réfugiés (HCR), en 2021, 3 653 personnes sont arrivées sur les îles grecques. Une diminution spectaculaire de plus de 90%, selon le ministère grec des Migrations.

Mais les ONG, le HCR et plusieurs médias y voient le résultat de refoulements illégaux, qui consistent à empêcher les nouveaux arrivants de déposer une demande d'asile et à les renvoyer de force vers les eaux territoriales turques.

Athènes a toujours catégoriquement démenti ces refoulements présumés.


Possible réintégration de la Russie aux JO-2024: Kiev menace d'un boycott, d'autres pays opposés

Le CIO a rappelé mercredi que c'est la fédération internationale de chaque sport concerné aux JO qui a «seule autorité» en la matière (Photo, AFP).
Le CIO a rappelé mercredi que c'est la fédération internationale de chaque sport concerné aux JO qui a «seule autorité» en la matière (Photo, AFP).
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  • Le Comité international olympique avait indiqué mercredi que les moyens d'autoriser les sportifs russes et bélarusses devaient être «davantage explorés»
  • «Aucun athlète ne devrait être interdit de compétition sur la seule base de son passeport», a estimé le Comité

PARIS: Kiev a menacé jeudi de boycotter les Jeux olympiques de 2024 à Paris si le Comité international olympique (CIO) décidait de permettre aux athlètes russes et bélarusses, bannis de la plupart des compétitions internationales sous leurs bannières depuis l'invasion russe de l'Ukraine, d'y participer.

"Une telle situation est inacceptable pour notre Etat", a réagi le ministre ukrainien des Sports Vadym Goutzeït.

"Notre position reste inchangée: tant que la guerre continue en Ukraine, les athlètes russes et bélarusses ne devraient pas participer aux compétitions internationales", a-t-il dit sur Facebook.

"Si nous ne sommes pas entendus, je n'exclus pas la possibilité que nous boycottions et refusions de participer aux Jeux olympiques" 2024, a-t-il affirmé, alors que le président ukrainien Volodymyr Zelensky est fermement opposé à toute tentative de réintégrer Moscou et Minsk.

Le CIO avait indiqué mercredi que les moyens d'autoriser les sportifs russes et bélarusses devaient être "davantage explorés".

"Aucun athlète ne devrait être interdit de compétition sur la seule base de son passeport", a estimé le Comité, s'attirant les foudres de l'Ukraine et d'autres pays européens.

Le Conseil olympique d'Asie (COA) a de son côté proposé jeudi d'intégrer ces athlètes à ses compétitions régionales comme les Jeux asiatiques en exprimant son soutien à la position du CIO.

La proposition du COA pourrait notamment permettre aux athlètes bannis de participer à ses épreuves régionales de qualifications, dont certaines ont déjà commencé, pour les JO-2024.

Michelle Donelan, La ministre britannique de la Culture également chargée des Sports, a de son côté estimé que l'initiative du CIO était "très éloignée des réalités de la guerre".


Le Canada nomme sa première conseillère chargée de la lutte contre l’islamophobie

Des personnes manifestent à Québec le 5 février 2017, une semaine après l'assaut du 29 janvier contre le Centre culturel islamique (Photo, AFP).
Des personnes manifestent à Québec le 5 février 2017, une semaine après l'assaut du 29 janvier contre le Centre culturel islamique (Photo, AFP).
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  • La nomination d’Amira Elghawaby «est une étape importante dans notre combat contre l’islamophobie et la haine sous toutes ses formes», a déclaré Justin Trudeau
  • «L’islamophobie est un phénomène que de nombreux musulmans ne connaissent que trop bien. Nous devons changer cela», a-t-il ajouté

MONTRÉAL: Le Canada a nommé jeudi sa toute première conseillère chargée de la lutte contre l'islamophobie, dans un pays marqué par une série d'attaques visant des communautés musulmanes ces dernières années.

La nomination d’Amira Elghawaby, une activiste et journaliste reconnue, "est une étape importante dans notre combat contre l’islamophobie et la haine sous toutes ses formes", a déclaré le Premier ministre Justin Trudeau dans un communiqué.

"L’islamophobie est un phénomène que de nombreux musulmans ne connaissent que trop bien. Nous devons changer cela", a-t-il ajouté.

Mme Elghawaby jouera le rôle de "porte-parole, conseillère, experte et représentante" auprès du gouvernement dans l'élaboration de politiques reflétant la réalité des communautés musulmanes, précise un communiqué.

"J'ai hâte de rencontrer les élus, les décideurs et les leaders communautaires de tout le pays afin d'amplifier la voix des musulmans canadiens", a déclaré sur Twitter celle qui dirige les communications de la Fondation canadienne des relations raciales.

"Aujourd'hui, nous marquons un moment historique pour les musulmans au Canada", a réagi dans un communiqué le Conseil national des musulmans canadiens (CNMC).

"Il y a des changements urgents à réaliser, qu'il s'agisse d'améliorer la supervision de nos agences de sécurité nationale ou d'empêcher nos organisations communautaires de faire l'objet de contrôles injustes", a souligné Stephen Brown, PDG du CNMC.

Dans une série de tweets, Amira Elghawaby a également rappelé le nom des membres de communautés musulmanes tués lors d'actes islamophobes ces dernières années.

En juin 2021, quatre membres d'une famille musulmane ont été tués lorsqu'un homme les a renversés avec son camion à London, en Ontario. Quatre ans plus tôt, six musulmans avaient péri et cinq avaient été blessés dans une attaque contre une mosquée de Québec.

Cette nomination fait suite aux recommandations formulées lors d'un sommet national sur l'islamophobie organisée par le gouvernement fédéral en juin 2021 en réponse à ces attaques.


Mystérieuse explosion au Nigeria: Le bilan le monte à 40 morts

'insécurité sera l'un des enjeux majeurs de l'élection présidentielle prévue fin février au Nigeria (Photo, AFP).
'insécurité sera l'un des enjeux majeurs de l'élection présidentielle prévue fin février au Nigeria (Photo, AFP).
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  • Un groupe représentant des éleveurs avait affirmé mercredi que l'explosion venait d'une frappe de l'armée nigériane
  • Dans le passé, il y a eu des frappes accidentelles de l'armée sur des civils dans le nord du pays où les militaires combattent des djihadistes

LAFIA: Le bilan de la mystérieuse explosion de bombe qui a frappé mercredi un groupe d'éleveurs dans le centre du Nigeria est monté à 40 morts, contre 27 précédemment, a annoncé jeudi le gouvernement local.

"Nous avons maintenant autour de 40 personnes qui ont été tuées" par cette explosion survenue à Rukubi, à la frontière entre les Etats de Nasarawa et Benue, dans une région en proie à des violences communautaires, a déclaré le gouverneur de Nasarawa, Abdullahi Sule.

Un groupe représentant des éleveurs avait affirmé mercredi que l'explosion venait d'une frappe de l'armée nigériane.

"Il y a eu un peu plus tôt une rumeur que l'aviation a mené ce bombardement, mais nous savons maintenant qu'il n'y a eu aucun survol de l'aviation" au-dessus de cette région, avait déclaré un peu plus tôt M. Sule à la chaîne de télévision Arise News.

"C'est un drone qui a survolé la zone et lâché la bombe", a-t-il affirmé, sans dire qui le commandait.

Le porte-parole de l'armée de l'Air nigériane n'a pas répondu aux sollicitations de l'AFP sur le sujet.

"C'était une frappe aérienne. Elle a tué 27 personnes" du groupe, avait déclaré mercredi Lawal Dano, membre de l'association des éleveurs de bétails du Nigeria, Miyetti Allah.

"Nous savons tous que seuls les militaires possèdent des avions pour effectuer des frappes aériennes, et nous appelons à une enquête approfondie et à des sanctions nécessaires pour ceux qui sont derrière cela", avait-il ajouté.

Dans le passé, il y a eu des frappes accidentelles de l'armée sur des civils dans le nord du pays où les militaires combattent des djihadistes et des bandes criminelles.

Les différends entre éleveurs de bétail et agriculteurs concernant les droits fonciers, de pâturage et d'eau sont courants dans les régions du centre et du nord-ouest du Nigeria.

La semaine dernière, neuf personnes ont ainsi été tuées par des hommes armés à proximité d'un camp de personnes déplacées, selon les autorités de l'Etat de Benue.

Les tensions, dont les racines remontent à plus d'un siècle, sont provoquées par les sécheresses, la croissance démographique, l'expansion de l'agriculture sédentaire et la mauvaise gouvernance.

Ces dernières années, ces conflits ont parfois pris une dimension ethnique et religieuse, les éleveurs peuls étant musulmans et les agriculteurs majoritairement chrétiens.

L'insécurité sera l'un des enjeux majeurs de l'élection présidentielle prévue fin février au Nigeria. Comme le veut la Constitution, le chef de l'Etat Muhammadu Buhari, ancien général élu en 2015 puis réélu en 2019, ne se représente pas.