Le pape François au chevet des migrants de Lesbos

Le pape François écoute avant de rencontrer des réfugiés au Centre d'accueil et d'identification (RIC) de Mytilène sur l'île de Lesbos le 5 décembre 2021. Andreas SOLARO / AFP
Le pape François écoute avant de rencontrer des réfugiés au Centre d'accueil et d'identification (RIC) de Mytilène sur l'île de Lesbos le 5 décembre 2021. Andreas SOLARO / AFP
Cette photographie prise par les médias du Vatican et publiée le 5 décembre 2021 montre le pape François serrant la main de la présidente grecque Katerina Sakellaropoulou alors qu'ils arrivent pour rencontrer des réfugiés au Centre d'accueil et d'identification (RIC) de Mytilène sur l'île de Lesbos. (VATICAN/AFP)
Cette photographie prise par les médias du Vatican et publiée le 5 décembre 2021 montre le pape François serrant la main de la présidente grecque Katerina Sakellaropoulou alors qu'ils arrivent pour rencontrer des réfugiés au Centre d'accueil et d'identification (RIC) de Mytilène sur l'île de Lesbos. (VATICAN/AFP)
Le pape François arrive à la rencontre des réfugiés au Centre d'accueil et d'identification (RIC) de Mytilène sur l'île de Lesbos le 5 décembre 2021. (Andreas Solaro/AFP)
Le pape François arrive à la rencontre des réfugiés au Centre d'accueil et d'identification (RIC) de Mytilène sur l'île de Lesbos le 5 décembre 2021. (Andreas Solaro/AFP)
Le pape François prononce un discours lors d'une réunion avec des réfugiés au Centre d'accueil et d'identification (RIC) de Mytilène sur l'île de Lesbos le 5 décembre 2021. Le pape François a commencé une visite au camp de migrants sur l'île grecque de Lesbos pour mettre en lumière les réfugiés et appellent à leur intégration en Europe face au sentiment anti-migrant. (Andreas Solaro/AFP)
Le pape François prononce un discours lors d'une réunion avec des réfugiés au Centre d'accueil et d'identification (RIC) de Mytilène sur l'île de Lesbos le 5 décembre 2021. Le pape François a commencé une visite au camp de migrants sur l'île grecque de Lesbos pour mettre en lumière les réfugiés et appellent à leur intégration en Europe face au sentiment anti-migrant. (Andreas Solaro/AFP)
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Publié le Dimanche 05 décembre 2021

Le pape François au chevet des migrants de Lesbos

  • Une quarantaine de demandeurs d'asile doivent assister à l'Angelus et au discours que prononcera le pape, en présence de la présidente grecque Katerina Sakellaropoulou
  • La possibilité que certains demandeurs d'asile de Mavrovouni puissent accompagner le pontife en Italie n'a pas été exclue

Ile de LESBOS, Grèce : Le pape François est arrivé dimanche matin sur l'emblématique île grecque de Lesbos, où il s'était déjà rendu au pic de la crise migratoire, pour y plaider en faveur d'une meilleure intégration des migrants dans une Europe qui, selon lui, peine à montrer sa solidarité.

Le deuxième jour de son déplacement en Grèce est marqué par une visite éclair du camp de Mavrovouni, qui abrite encore près de 2.200 demandeurs d'asile, dans des conditions ardues.

"On souffre ici, il fait froid, il n'y a pas de chauffage", rapporte Angèle, une demandeuse d'asile congolaise emmitouflée sous un bonnet et une écharpe de laine, qui espère le "soutien" du pape.

Près de 900 policiers ont été déployés sur l'île grecque et les contrôles sont draconiens pour entrer dans le camp.

Une quarantaine de demandeurs d'asile, en majorité catholiques originaires du Cameroun et de République démocratique du Congo (RDC), doivent assister à l'Angelus et au discours que prononcera le pape sous une tente, en présence de la présidente grecque Katerina Sakellaropoulou, du vice-président de la Commission européenne Margaritis Schinas et du ministre grec des Migrations Notis Mitarachi.

Christian Tango, un Congolais de 31 ans, doit s'adresser au pape. Il "espère que le pape portera la voix" des migrants "dans le monde entier et en particulier auprès des pays européens qui doivent accueillir avec plus d'humanité les réfugiés", a-t-il dit à l'AFP samedi.

"C’est une bénédiction cette venue. Le pape est notre chef spirituel et il peut influencer les gens pour qu’ils voient différemment les réfugiés", a déclaré dimanche la Congolaise Rosette Leo, en attendant l'arrivée du souverain pontife dans le camp, prévue vers 08H30 GMT (10H30 locales).

- «Nous sommes des humains, pas des prisonniers»

Son compatriote Orphée Madouda, qui va assister à la prière, se réjouit: "C’est la première fois que je vais rencontrer le pape, je ne pense pas que j’aurais l’occasion de le revoir dans ma vie".

"Nous sommes des humains, nous les réfugiés", s'insurge-t-il auprès de l'AFP, "il faut nous traiter comme des humains et pas comme des prisonniers".

Certains espèrent repartir avec le souverain pontife à Rome.

François avait ramené douze Syriens avec lui en 2016. Et cinquante migrants seront transférés de Chypre, où il vient de passer deux jours.

La possibilité que certains demandeurs d'asile de Mavrovouni puissent l'accompagner en Italie n'a pas été exclue.

En plein vent, le camp de tentes a été érigé à la hâte il y a un an, sur un ancien champ de tir de l'armée de l'île égéenne, lorsque la structure de Moria, alors la plus grande d'Europe, a été détruite par les flammes.

Quand l'île de Lesbos était la principale porte d'entrée de dizaines de milliers de migrants en Europe, François avait visité Moria en avril 2016 et avait symboliquement lancé: "Nous sommes tous des migrants".

Leitmotiv de son pontificat, la cause des réfugiés reste cette fois encore la pierre angulaire du 35e voyage du pape.

Jorge Bergoglio, lui-même issu d'une famille de migrants italiens installés en Argentine, n'a de cesse de prôner l'accueil des milliers de "frères et soeurs", sans distinguer la religion, ni le statut de réfugié ou d'exilé économique.

Samedi, François a qualifié les migrants de "protagonistes d'une terrible odyssée moderne", dans un discours devant les dirigeants grecs.

Le pontife argentin de 84 ans a aussi regretté que "l'Europe persiste à tergiverser" face aux arrivées de migrants "parfois bloquée" et "déchirée par les égoïsmes nationalistes", "au lieu d'être un moteur de solidarité".

Il s'exprimait à Athènes, où c'était la première visite d'un pape en 20 ans.

- Fils barbelés et rayons X -

Le pape trouvera à Lesbos une situation différente de 2016 mais une quarantaine d'ONG n'en ont pas moins exhorté François à intervenir pour que cessent les refoulements présumés d'exilés vers la Turquie, qu'Athènes dément.

Dans une lettre au pape, elles ont également dénoncé la mise en place en Grèce de camps "fermés et à accès contrôlé," financés en partie par des fonds européens.

Entourés de fils barbelés et fermés par des portails à rayons X, trois de ces camps ont déjà ouvert sur les îles de Samos, Léros et Kos, ceux de Lesbos et Chios étant prévus l'an prochain.

La visite du pontife à Lesbos, plus courte qu'en 2016, sera suivie dimanche à Athènes par une messe devant quelque 2.500 fidèles dans une immense salle de concert.


Witkoff et Kushner au Pakistan dans l’incertitude autour de pourparlers avec l’Iran

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  • Des négociations indirectes entre les États-Unis et l’Iran pourraient reprendre à Islamabad via des médiateurs pakistanais, malgré des désaccords sur la tenue de discussions directes
  • Sur le terrain, la situation reste fragile : trêve précaire au Liban, violences persistantes et blocage stratégique du détroit d’Ormuz qui continue d’impacter l’économie mondiale

ISLAMABAD: Une possible reprise des pourparlers entre les Etats-Unis et l'Iran pour mettre fin à la guerre se profile samedi, avec l'envoi de négociateurs des deux camps à Islamabad, sans garantie de discussions directes, deux semaines après l'échec d'une précédente tentative.

Parallèlement, la trêve au Liban, autre théâtre du conflit, semble toujours aussi précaire.

Déclenchée par une attaque des Etats-Unis et d'Israël contre l'Iran le 28 février, la guerre au Moyen-Orient a fait des milliers de morts, essentiellement en Iran et au Liban, et ébranlé l'économie mondiale.

Islamabad, la capitale du Pakistan, attend depuis des jours une reprise des pourparlers américano-iraniens, entamés il y a deux semaines et interrompus au bout d'une quinzaine d'heures, même si le cessez-le feu a été unilatéralement prolongé sine die depuis par les Etats-Unis.

Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, est arrivé vendredi soir à Islamabad, pour des entretiens avec de hauts responsables pakistanais.

Mais "aucune rencontre n'est prévue entre l'Iran et les Etats-Unis", a affirmé sur X le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï, précisant que les positions de son pays seraient transmises à la partie américaine vie les médiateurs pakistanais.

Les émissaires du président américain Donald Trump, Steve Witkoff et Jared Kushner, se rendront samedi au Pakistan en vue de pourparlers "avec des représentants de la délégation iranienne", a pourtant déclaré auparavant la porte-parole de la Maison Blanche, Karoline Leavitt, assurant que cette rencontre était une demande de Téhéran.

Le vice-président JD Vance, qui conduisait la délégation américaine il y a deux semaines, ne devrait pas cette fois être du voyage mais pourrait les rejoindre ultérieurement en cas de progrès, a précisé Mme Leavitt.

Après le Pakistan, M. Araghchi doit poursuivre une tournée régionale qui le mènera à Oman et en Russie.

- "Vitale pour le monde" -

Pendant ce temps, le trafic maritime reste à l'arrêt dans le détroit d'Ormuz, par où transitait avant le conflit 20% du pétrole et du gaz naturel liquéfié (GNL) mondiaux, et qui est désormais soumis à un double blocus iranien et américain.

Les marchés mondiaux ont accueilli avec un enthousiasme très mesuré la perspective de nouvelles négociations entre Washington et Téhéran. Le baril de WTI américain a reculé de 1,51% à 94,40 dollars et le Brent, référence internationale, a modéré sa hausse, clôturant à 105,33 dollars (+0,25%).

Sur le front libanais, le cessez-le-feu, dont une prolongation de trois semaines a été annoncée jeudi soir par Donald Trump après des discussions entre représentants israéliens et libanais à Washington, est déjà mis à rude épreuve.

Le ministère libanais de la Santé a fait état de six tués et deux blessés vendredi par des frappes israéliennes dans le sud du pays.

L'armée israélienne a affirmé que ses soldats avaient tué six membres du Hezbollah lors d'une escarmouche, après avoir déclaré que le mouvement chiite pro-iranien avait abattu l'un de ses drones.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a accusé le Hezbollah de tenter de "saboter" le "processus pour parvenir à une paix historique entre Israël et le Liban".

Le mouvement chiite, qui a entraîné le Liban dans la guerre en rouvrant les hostilités avec Israël le 2 mars, a pour sa part appelé l'Etat libanais à "se retirer des négociations directes avec Israël" et estimé que la prolongation de la trêve n'avait "pas de sens" au vu des "actes d'hostilité" persistants d'Israël.

- "Nous rentrons chez nous" -

L'armée israélienne a par ailleurs émis vendredi un appel à évacuer un village du sud du Liban, le premier de ce type depuis l'annonce de la prolongation du cessez-le-feu. L'agence de presse officielle libanaise ANI a ensuite fait état d'une frappe israélienne sur Deir Aames.

Une négociation directe avec Israël "signifierait une reconnaissance de l'ennemi", explique à l'AFP Ahmad Choumari, 74 ans, qui après avoir hésité, a décidé de quitter la ville de Saïda où il s'était mis à l'abri et de regagner son village, à la faveur de la prolongation de la trêve.

"Nous rentrons chez nous", dit-il, entouré de sacs et de matelas, exprimant l'espoir "que le cessez-le-feu deviendra permanent".

Par ailleurs, la Finul, la force de l'ONU, a annoncé vendredi la mort d'un de ses Casques bleus indonésien blessé le 29 mars dans le sud.


L'OMS salue les résultats de sa campagne de «grand rattrapage» de vaccination des enfants

L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a fait état vendredi d'avancées dans sa campagne de "grand rattrapage" des vaccinations des enfants, une initiative lancée il y a deux ans après le ralentissement enregistré lors de la pandémie de Covid-19. (AFP)
L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a fait état vendredi d'avancées dans sa campagne de "grand rattrapage" des vaccinations des enfants, une initiative lancée il y a deux ans après le ralentissement enregistré lors de la pandémie de Covid-19. (AFP)
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  • La pandémie de Covid-19 avait fortement fragilisé les systèmes de santé et perturbé les campagnes de vaccination, avec pour conséquence un regain des maladies contagieuses comme la rougeole et la poliomyélite
  • Aussi en 2023, l'OMS, avec l'Unicef et Gavi, organisme international qui aide les pays pauvres à introduire des vaccins, avait lancé une campagne de "grand rattrapage" des vaccinations des enfants

GENEVE: L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a fait état vendredi d'avancées dans sa campagne de "grand rattrapage" des vaccinations des enfants, une initiative lancée il y a deux ans après le ralentissement enregistré lors de la pandémie de Covid-19.

La pandémie de Covid-19 avait fortement fragilisé les systèmes de santé et perturbé les campagnes de vaccination, avec pour conséquence un regain des maladies contagieuses comme la rougeole et la poliomyélite.

Aussi en 2023, l'OMS, avec l'Unicef et Gavi, organisme international qui aide les pays pauvres à introduire des vaccins, avait lancé une campagne de "grand rattrapage" des vaccinations des enfants.

Cette initiative a pris fin le 31 mars.

Les données finales sont encore en cours de compilation, mais "l'initiative mondiale semble être en bonne voie pour atteindre son objectif qui est de toucher au moins 21 millions d'enfants non vaccinés ou insuffisamment vaccinés", ont indiqué les trois organisations dans un communiqué.

De 2023 à 2025, ce programme a permis de vacciner environ 18,3 millions d’enfants âgés de 1 à 5 ans dans 36 pays, grâce à plus de 100 millions de doses de vaccins essentiels.

Parmi ces enfants, environ 12,3 millions n'avaient jamais été vaccinés et 15 millions n'étaient pas vaccinés contre la rougeole.

Le programme a permis d'administrer 23 millions de doses de vaccin antipoliomyélitique inactivé (VPI) à des enfants insuffisamment ou non vaccinés.

"En protégeant les enfants qui n'ont pas pu se faire vacciner en raison des perturbations des services de santé causées par le Covid-19, le programme Grand Rattrapage a contribué à inverser l'une des principales conséquences négatives de la pandémie", a déclaré le directeur général de l'OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, cité dans le communiqué.

Ce "plus vaste effort international jamais entrepris pour vacciner les enfants non vaccinés avec des vaccins essentiels, montre ce qu'il est possible d'accomplir lorsque les gouvernements, les partenaires et les communautés unissent leurs efforts pour protéger les plus vulnérables", a indiqué pour sa part la directrice générale de Gavi, Sania Nishtar, également citée dans le communiqué.

Lors d'un point de presse, le directeur du département Vaccination à l'Unicef, Ephrem Lemango, a appelé à poursuivre les efforts de vaccination de routine, au-delà de l'initiative.

"Le principal enjeu est de mettre en place des systèmes de vaccination capables d'atteindre et de protéger chaque enfant à temps, avant qu'il n'atteigne l'âge limite pour la vaccination. Actuellement, chaque année, 14,3 millions d'enfants ne reçoivent aucun vaccin dans le cadre des programmes de vaccination de routine", a-t-il relevé.

Kate O'Brien, directrice du département vaccins de l'OMS, a elle appelé à lutter contre le scepticisme vis-à-vis de la vaccination, indiquant être très préoccupée par "la politisation croissante des vaccins et de la santé".


Trump dit ne pas vouloir utiliser l'arme nucléaire contre l'Iran

Donald Trump a dit jeudi ne pas avoir l'intention d'utiliser l'arme nucléaire contre l'Iran, pendant un échange avec la presse dans le Bureau ovale. (AFP)
Donald Trump a dit jeudi ne pas avoir l'intention d'utiliser l'arme nucléaire contre l'Iran, pendant un échange avec la presse dans le Bureau ovale. (AFP)
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  • "Non, je ne l'utiliserais pas. Il ne devrait jamais être possible pour quiconque d'utiliser l'arme nucléaire"
  • "Nous n'en avons pas besoin. Pourquoi poser une question aussi stupide?"

WASHINGTON: Donald Trump a dit jeudi ne pas avoir l'intention d'utiliser l'arme nucléaire contre l'Iran, pendant un échange avec la presse dans le Bureau ovale.

"Non, je ne l'utiliserais pas. Il ne devrait jamais être possible pour quiconque d'utiliser l'arme nucléaire", a dit le président américain, à qui une journaliste a demandé s'il envisageait de recourir à la bombe atomique.

"Nous n'en avons pas besoin. Pourquoi poser une question aussi stupide? Pourquoi utiliserais-je l'arme nucléaire alors que nous les avons complètement anéantis, de manière très conventionnelle?" a-t-il déclaré.