Présidentielle: Pécresse au défi de la synthèse à droite

La campagne pour l'investiture avait largement tourné autour des thèmes d'insécurité et d'immigration, avec côté Valérie Pécresse des propositions fermes: durcissement du regroupement familial, différenciation géographique des peines. (Photo, AFP)
La campagne pour l'investiture avait largement tourné autour des thèmes d'insécurité et d'immigration, avec côté Valérie Pécresse des propositions fermes: durcissement du regroupement familial, différenciation géographique des peines. (Photo, AFP)
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Publié le Dimanche 05 décembre 2021

Présidentielle: Pécresse au défi de la synthèse à droite

  • «Je veux faire se lever un espoir et je reprendrai mon tour de France pour aller vous rencontrer et vous convaincre», a assuré samedi Valérie
  • La candidate LR doit, si elle veut l'emporter, ramener à elle les électeurs tentés par la macronie, alors que l'ex-LR Edouard Philippe, toujours populaire dans l'électorat de droite, a lancé à l'automne son mouvement Horizons

PARIS : A peine désignée candidate de LR à la présidentielle, Valérie Pécresse entame une nouvelle campagne, avec pour défi de réussir la synthèse entre droite sociale et droite dure pour pouvoir l'emporter en avril 2022.

Première étape: lundi la candidate LR se rendra à Saint-Martin-Vésubie (Alpes-Maritimes), dans le village de son concurrent Eric Ciotti qu'elle a battu au deuxième tour - une façon d'illustrer le "rassemblement" tant vanté à droite.

"Je veux faire se lever un espoir et je reprendrai mon tour de France pour aller vous rencontrer et vous convaincre", a assuré samedi Valérie Pécresse, en promettant qu'elle ne serait pas "une présidente du zigzag et de la godille politique".

La pique vise Emmanuel Macron, que l'ancienne ministre au Budget a régulièrement accusé durant sa campagne d'avoir "cramé la caisse" et de "dire à chacun ce qu'il a envie d'entendre".

Car la candidate LR doit, si elle veut l'emporter, ramener à elle les électeurs tentés par la macronie, alors que l'ex-LR Edouard Philippe, toujours populaire dans l'électorat de droite, a lancé à l'automne son mouvement Horizons.

Dans sa majorité en Ile-de-France, elle avait su attirer des représentants centristes du Modem ou d'Agir: porteuse d'une ligne d'"ordre" sur la sécurité et libérale sur l'économie, elle s'est plusieurs fois targuée d'être "au barycentre" de la droite et donc capable de la rassembler.

C'est "la plus macroniste" des prétendants à droite, a ironisé samedi Marine Le Pen, reprenant un reproche récurrent - et dont la candidate LR se défend.

"Elle ne parle pas que d’immigration et de sécurité, mais aussi de croissance forte dans le respect de l'environnement, d'éducation...", assure la présidente de la fédération LR de Paris Agnès Evren selon qui "Valérie Pécresse est la seule à pouvoir faire la synthèse de la droite sociale à la droite forte".

«Repli»

Cette droite forte est présente chez LR, comme l'ont rappelé les 39% d'Eric Ciotti, qui a mené campagne avec des propositions de "rupture", très musclées, "pour que la France reste la France".

Premier à parler samedi, après l'annonce des résultats, il a averti: "ce sont les valeurs d’autorité, d’identité et de liberté que les Français ont plébiscitées" dans ce congrès.

Et "je veux être dans cette campagne le garant de ces attentes et de cet engagement", a-t-il ajouté.

Car la menace Eric Zemmour guette: quelques heures après les résultats, le nouveau candidat à l'extrême droite a appelé comme Marine Le Pen les électeurs d'Eric Ciotti à le rejoindre.

"Ciotti doit avoir sa place" dans la campagne, estime le député pécressiste Robin Reda, selon qui "les électeurs ont envoyé un message très clair: la droite ne pourra pas gagner si elle abdique sur ses valeurs d'autorité, la volonté de protéger les Français et défendre la culture française".

La campagne pour l'investiture avait largement tourné autour des thèmes d'insécurité et d'immigration, avec côté Valérie Pécresse des propositions fermes: durcissement du regroupement familial, différenciation géographique des peines...

Dans son discours samedi, la candidate LR a assuré que "la droite républicaine est de retour". Elle a aussi promis "un projet de franche rupture", en évoquant "la colère d'un peuple" qui se sent "impuissant face à la violence et à la montée du séparatisme islamiste" et "menacé dans ses valeurs" par "une immigration incontrôlée".

"Valérie a porté un projet de droite qui s'assume, qui ne s'excuse pas. Elle doit continuer à le porter sans l'affadir", selon le patron des sénateurs LR Bruno Retailleau.

Mais pour le maire de Saint-Etienne Gaël Perdriau, qui avait menacé de quitter LR en cas de victoire d'Eric Ciotti, "Valérie Pécresse doit porter un message d'espoir pour toute la France(...) en refusant tout risque de repli identitaire".

L'équation pourrait s'avérer complexe. "Il faut qu’on tienne notre ligne de fermeté car il y a une attente dans notre électorat, mais sans jamais tomber dans le piège des extrêmes", résume le patron des députés LR Damien Abad, convaincu que Valérie Pécressse "saura trouver ce bon équilibre".


G7 : Appel « à un arrêt immédiat » des attaques contre les civils en Iran et au Moyen-Orient

Les ministres des Affaires étrangères du G7 posent pour une photo de groupe à l’Abbaye des Vaux-de-Cernay, près de Paris, le 27 mars 2026. (AFP)
Les ministres des Affaires étrangères du G7 posent pour une photo de groupe à l’Abbaye des Vaux-de-Cernay, près de Paris, le 27 mars 2026. (AFP)
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  • Le G7 appelle à l’arrêt immédiat des attaques contre les civils et les infrastructures en Iran et au Moyen-Orient, et insiste sur la coordination de l’aide humanitaire
  • Les ministres réaffirment la liberté de navigation dans le détroit d’Ormuz et appellent à des partenariats pour atténuer les chocs économiques mondiaux

DUBAÏ : Les ministres des Affaires étrangères des pays du G7 – Allemagne, Canada, États-Unis, France, Italie, Japon, Royaume-Uni – ainsi que la haute représentante de l’Union européenne, se sont réunis sous présidence française à l’Abbaye des Vaux-de-Cernay, en France, les 26 et 27 mars 2026. La rencontre a porté sur la situation en Iran et dans l’ensemble du Moyen-Orient.

Dans une déclaration conjointe, les responsables ont insisté sur la nécessité de limiter les conséquences du conflit pour les populations civiles, les partenaires régionaux et les infrastructures critiques, tout en coordonnant les efforts d’aide humanitaire.

« Nous appelons à un arrêt immédiat des attaques contre les populations et les infrastructures civiles. Rien ne justifie de prendre pour cible des civils de manière délibérée lors de conflits armés ni de mener des attaques contre des installations diplomatiques », soulignent-ils.

Les ministres ont également évoqué l’importance de partenariats diversifiés pour atténuer les chocs économiques mondiaux, notamment les perturbations des chaînes d’approvisionnement, qui ont des répercussions directes sur (leurs) concitoyens, dans les secteurs économique, énergétique, commercial et des engrais.

Enfin, le G7 a réaffirmé la nécessité de garantir « de manière permanente la liberté de navigation gratuite et sûre » dans le détroit d’Ormuz, conformément à la résolution 2817 du Conseil de sécurité des Nations Unies et au droit de la mer.


Villepin retourne dans l'arène, avec 2027 dans le viseur

Dominique de Villepin a déjà la panoplie du candidat. Un parti, La France humaniste, lancé en juin 2025. Une présence médiatique. Un livre politique, sorti l'an dernier. (AFP)
Dominique de Villepin a déjà la panoplie du candidat. Un parti, La France humaniste, lancé en juin 2025. Une présence médiatique. Un livre politique, sorti l'an dernier. (AFP)
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  • L'homme politique de 72 ans, figure de la présidence de Jacques Chirac, prépare plus ou moins discrètement son grand retour
  • Il se montre en tout cas très généreux en indices. En janvier, il clame ainsi, après avoir multiplié les allusions, sa volonté d'être "présent" dans "le grand combat" de 2027

PARIS: Quand se lancera-t-il? L'ancien Premier ministre Dominique de Villepin entretient un suspense savamment construit, bien que mince, sur sa candidature à l'élection présidentielle, et remet vendredi un pied dans l'arène avec une conférence sur "l'état de la France".

L'homme politique de 72 ans, figure de la présidence de Jacques Chirac, prépare plus ou moins discrètement son grand retour.

Il se montre en tout cas très généreux en indices. En janvier, il clame ainsi, après avoir multiplié les allusions, sa volonté d'être "présent" dans "le grand combat" de 2027.

Dominique de Villepin a déjà la panoplie du candidat. Un parti, La France humaniste, lancé en juin 2025. Une présence médiatique. Un livre politique, sorti l'an dernier.

Une bonne cote de popularité aussi, même si, pour l'instant, elle ne se convertit pas en intentions de vote.

Pour changer cela, Dominique de Villepin veut accélérer le mouvement.

Première étape: une conférence à l'université parisienne de La Sorbonne vendredi à 20H, centrée sur la politique nationale. Ces derniers mois, il avait surtout commenté les questions internationales.

"Le but est de poser un constat sur l'état de la France" et du même coup "les jalons d'une ligne politique", dit son entourage à l'AFP. "C'est la pré-campagne présidentielle qui s'ouvre", ajoute-t-on.

Pour la vraie campagne, patience. Son entourage affirme que l'annonce de candidature pourrait arriver "dès avril comme en décembre".

Questionné sur LCP en janvier concernant son calendrier, Dominique de Villepin répond qu'il faut attendre que les Français soient "dans le temps de la présidentielle". Les élections municipales étant passées, la route est dégagée.

Dostoïevski 

Dominique de Villepin joue sa propre temporalité, volontiers à contre-courant.

Sur les réseaux sociaux, où les formats courts et survoltés règnent, ce passionné de poésie publie des vidéos dans lesquelles il analyse en détail les écrivains Fiodor Dostoïevski, Léon Tolstoï ou Albert Camus - mais aussi l'Evangile selon Saint Jean.

Héraut d'un droit international piétiné, l'énarque au verbe flamboyant signe des messages fleuves disséquant l'actualité du monde, Iran, Gaza ou Venezuela.

Il s'exprime sur ces sujets avec sa légitimité de diplomate de carrière devenu ministre des Affaires étrangères sous Jacques Chirac de 2002 à 2004. Et surtout, en tant que visage du "non" français à la guerre en Irak en 2003, son heure de gloire.

Sa position d'observateur, hors du jeu, lui permet pour l'instant de commenter ce qui lui plaît sans trop se mouiller.

Un retour réussi signerait une revanche de taille pour Dominique de Villepin, effacé par l'accession à l'Elysée de son rival Nicolas Sarkozy en 2007 puis la brumeuse affaire Cleastream, dans laquelle il a finalement été relaxé.

Sa tentative présidentielle, en 2012, s'était arrêtée dans la douleur quand il avait échoué à rassembler les parrainages d'élus locaux nécessaires pour candidater. Il dit en avoir tiré les leçons.

A droite, à gauche 

Mais qui constituerait son électorat? Si sa carrière politique s'est faite à droite, ses récentes prises de position tranchent avec cet héritage.

Il s'élève contre le "désastre humanitaire" à Gaza, critique l'impopulaire réforme des retraites, insiste sur le besoin de justice sociale et veut réinventer le monde du travail.

En février, le coordinateur de La France insoumise Manuel Bompard l'a jugé "plus à gauche" que le Parti socialiste quand il a dénoncé la "diabolisation" de LFI dans l'affaire du meurtre de Quentin Deranque.

Dominique de Villepin, acclamé à la Fête de l'Humanité en 2024, chasse même sur les terres des Ecologistes en plaidant pour "mettre fin à l'exploitation aveugle des ressources".

Son créneau un peu à part lui vaut d'être isolé.

Il ne semble pas chercher à se faire des amis dans son ancienne famille politique, dont il dénonce "la course à l'échalote avec l'extrême droite" et la "tentation identitaire".

Pour le Dominique de Villepin version 2026, l'avenir est plutôt vers l'électorat centriste ou de gauche modérée. Mais son profil d'homme fortuné, nourri par ses activités de consultant, et son CV de chiraquien pourraient en irriter une partie.

Sur ce marché, il ne manque aussi pas de concurrents. Rien qu'au centre, deux autres anciens Premiers ministres, Edouard Philippe et Gabriel Attal, se disputent déjà la lumière. A plus d'un an de l'échéance, d'autres encore peuvent éclore.

 

 


Hommage national à Lionel Jospin aux Invalides

Un "grand destin français", une "certaine idée de la gauche": Emmanuel Macron rend un hommage national jeudi à l'ancien Premier ministre socialiste Lionel Jospin, décédé dimanche, symbole la "gauche plurielle" au gouvernement de 1997 à 2002. (AFP)
Un "grand destin français", une "certaine idée de la gauche": Emmanuel Macron rend un hommage national jeudi à l'ancien Premier ministre socialiste Lionel Jospin, décédé dimanche, symbole la "gauche plurielle" au gouvernement de 1997 à 2002. (AFP)
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  • La cérémonie se déroulera à 11H00 aux Invalides, dans la cour Sud du Dôme et non dans la cour d'honneur pavée, comme le veut la tradition, en raison de travaux, en présence du Premier ministre Sébastien Lecornu
  • De nombreuses personnalités de gauche sont également attendues dont l'ancien président François Hollande, qui était très proche de Lionel Jospin, le premier secrétaire du Parti socialiste Olivier Faure et les anciens Premiers ministres PS

PARIS: Un "grand destin français", une "certaine idée de la gauche": Emmanuel Macron rend un hommage national jeudi à l'ancien Premier ministre socialiste Lionel Jospin, décédé dimanche, symbole la "gauche plurielle" au gouvernement de 1997 à 2002.

La cérémonie se déroulera à 11H00 aux Invalides, dans la cour Sud du Dôme et non dans la cour d'honneur pavée, comme le veut la tradition, en raison de travaux, en présence du Premier ministre Sébastien Lecornu, des membres du gouvernement, des présidents des deux Chambres et ceux des commissions et groupes parlementaires.

De nombreuses personnalités de gauche sont également attendues dont l'ancien président François Hollande, qui était très proche de Lionel Jospin, le premier secrétaire du Parti socialiste Olivier Faure et les anciens Premiers ministres PS Laurent Fabius, Édith Cresson ou encore Jean-Marc Ayrault et Manuel Valls.

Mais sans Jean-Luc Mélenchon, qui s'est plaint jeudi de ne pas avoir été invité, ce que démentent l'Élysée et les proches de l'ancien Premier ministre. L'ancien ministre de l'Enseignement professionnel (2000-2002) a ensuite assuré avoir été invité par sms jeudi "matin", un délai trop court pour "être présent à Paris".

Le cercueil fera son entrée à 11H05 dans la cour, sur une marche funèbre, au pas du tambour. Suivront l'éloge funèbre du chef de l'État, la sonnerie "Aux Morts", une minute de silence et la Marseillaise. La garde républicaine doit interpréter la chanson de Jacques Prévert et Vladimir Kosma, "Les Feuilles mortes", que Lionel Jospin avait lui-même interprétée dans une émission télévisée en 1984.

"Le souvenir d'un homme droit, construit, au service des autres (...) un homme comme il y en a peu aujourd'hui", a déclaré aux journalistes Dominique Strauss-Kahn, son ancien ministre des Finances en arrivant aux Invalides.

Les obsèques de Lionel Jospin, décédé à l'âge de 88 ans, se dérouleront à 14H30 au cimetière parisien du Montparnasse.

Plusieurs milliers de personnes sont attendues pour cet hommage plus personnel ouvert au public, durant lequel François Hollande, à la tête du PS quand Lionel Jospin était à Matignon, Martine Aubry, son emblématique ministre du Travail, Daniel Vaillant, ex-ministre de l'Intérieur ou encore Pierre Moscovici, à l'époque chargé des Affaires européennes, prendront la parole.

A cette occasion, le PS invite chaque militant à apporter une rose et des cahiers d'hommage seront ouverts dans l'ensemble des fédérations.