L'ex-sénateur Bob Dole, figure de la politique américaine, est mort à 98 ans

Dans cette photo d'archives prise le 25 février 1996, le sénateur américain Bob Dole, candidat à la présidence républicaine, prend la parole à Columbus, en Géorgie. (Photo, AFP)
Dans cette photo d'archives prise le 25 février 1996, le sénateur américain Bob Dole, candidat à la présidence républicaine, prend la parole à Columbus, en Géorgie. (Photo, AFP)
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Publié le Lundi 06 décembre 2021

L'ex-sénateur Bob Dole, figure de la politique américaine, est mort à 98 ans

Dans cette photo d'archives prise le 25 février 1996, le sénateur américain Bob Dole, candidat à la présidence républicaine, prend la parole à Columbus, en Géorgie. (Photo, AFP)
  • Trois fois candidat à la candidature républicaine pour la Maison Blanche, Bob Dole sera écarté par Ronald Reagan en 1980, puis par George Bush père en 1988, avant de l'emporter en 1996
  • Il entre au Congrès en 1961, d'abord comme représentant, puis comme sénateur du Kansas

WASHINGTON : L'ex-sénateur républicain Bob Dole, une figure de la politique américaine et candidat malheureux à la Maison Blanche, est mort dimanche matin dans son sommeil à l'âge de 98 ans, la nouvelle déclenchant un afflux d'hommages à ce "héros de guerre" ayant incarné les valeurs de l'Amérique profonde.

Ancien combattant de la Deuxième guerre mondiale, trois fois candidat à l'investiture républicaine, il s'était finalement lancé dans la course à la présidence en 1996, mais fut battu par Bill Clinton.

Peu après l'annonce de sa mort par la fondation de sa femme Elizabeth Dole, l'actuel président Joe Biden a salué un "homme d'Etat américain comme il y en a peu dans notre histoire", "un héros de guerre", mais aussi "un ami" ayant "un sens de l'honneur et de l'intégrité infaillible". Il a ordonné de mettre tous les drapeaux fédéraux en berne jusqu'à jeudi.

"L'Amérique a perdu l'un de ses héros, notre famille a perdu son roc", a déclaré la famille Dole dans un communiqué.

En février, l'ancien sénateur avait annoncé être atteint d'un cancer avancé des poumons.

Le monde politique a abondamment rendu hommage à un homme qui, selon l'ancien secrétaire d'Etat Mike Pompeo, "croyait à la singularité de l'Amérique de tout son coeur".

"Tous ceux qui voyaient Bob Dole en action admiraient forcément son caractère et son profond patriotisme", a estimé le chef des Républicains au Sénat, Mitch McConnell.

Pour l'ex-président Donald Trump, M. Dole était "un héros de guerre américain et un vrai patriote", qui "a servi le grand Etat du Kansas avec honneur et rendu le parti républicain plus fort". 

De l'autre côté du spectre politique, Barack Obama a évoqué sur Twitter "un héros de guerre, un leader politique, et un homme d'Etat" dont la génération plaçait "le pays au-dessus du parti".

Le sénateur Bernie Sanders, une figure de la gauche, a salué un homme ayant "servi son pays avec courage sur le champ de bataille et avec dignité au Sénat".

La présidente démocrate de la Chambre des Représentants, Nancy Pelosi, a ordonné la mise en berne des drapeaux du Capitole en l'honneur de cet "homme de parole" qui "personnifiait le courage et l'excellence dans la fonction publique".

«Pas peur de diriger»

Bob Dole, écarté par Ronald Reagan en 1980 dans la bataille pour la candidature républicaine, puis par George Bush père en 1988, persiste et l'emporte enfin en 1996.

Face au jeune Clinton, Bob Dole incarnait les préceptes de l'Amérique rurale d'avant les années 1960 : famille, religion, patriotisme, intégrité, pudeur, travail et respect de la parole donnée. 

Le sortant Bill Clinton s'imposera facilement face à cet homme de 73 ans qui semblait dépassé à l'ère de la politique télévisée.

Pendant la campagne, le Républicain, qui disait avoir "subi des épreuves" et n'avoir "pas peur de diriger", avait notamment reproché au démocrate d'avoir offensé l'armée en voulant ouvrir ses portes aux homosexuels.

Vingt ans auparavant, Bob Dole avait déjà perdu l'élection présidentielle de 1976, cette fois en tant que candidat à la vice-présidence, aux côtés de Gerald Ford.

Né le 22 juillet 1923, Robert Joseph Dole a grandi à Russell, une petite ville du Kansas (centre).

Rentré médaillé mais grièvement blessé de la Deuxième guerre mondiale, il subit opération sur opération pendant trois ans. Au prix d'une ténacité exceptionnelle, il réapprend à marcher et retrouve la maîtrise de son corps, à l'exception du bras droit.

Les habitants de Russell se cotisent pour payer ses opérations, comme ils se rallient autour du jeune avocat qu'il est devenu et qui entre en politique en 1952.

Il est élu au Congrès en 1961, d'abord en tant que Représentant, puis que sénateur du Kansas, entamant une carrière parlementaire de 35 ans.

Au Sénat, cet homme élancé et toujours bronzé, au regard noir perçant, se fait connaître pour sa maîtrise de la négociation et de l'art du compromis, mais aussi pour son humour.

"Il a obtenu à la fois des victoires conservatrices et de grandes avancées réunissant les deux partis", a déclaré dimanche Mitch McConnell, le qualifiant de "leader constant et maître en matière législative".

À la retraite, Bob Dole a continué à s'attaquer aux Démocrates, combattant notamment le projet de réforme de l'assurance maladie de Barack Obama.

Sa femme Elizabeth Dole a elle-même fait une brillante carrière politique : secrétaire aux Transports, secrétaire au Travail et sénatrice de Caroline du Nord.


Iran: le négociateur en chef conditionne toute discussion avec les Etats-Unis aux «lignes rouges» fixées par Téhéran

L'Iran et les Etats-Unis ont signé cette semaine un protocole d'accord pour mettre fin à plus de trois mois de guerre au Moyen-Orient. (AFP)
L'Iran et les Etats-Unis ont signé cette semaine un protocole d'accord pour mettre fin à plus de trois mois de guerre au Moyen-Orient. (AFP)
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  • "Si l'ennemi se montre excessif" dans ses demandes, "nous avons prouvé que nous sommes prêts à riposter et que nous n'hésiterons pas à infliger une réponse cinglante", a ajouté celui qui est aussi le président du Parlement
  • L'Iran et les Etats-Unis ont signé cette semaine un protocole d'accord pour mettre fin à plus de trois mois de guerre au Moyen-Orient

TEHERAN: Le chef de l'équipe de négociation iranienne, Mohammad Bagher Ghalibaf, a insisté vendredi sur le nécessaire respect des "lignes rouges" de l'Iran lors des futurs pourparlers avec les Etats-Unis.

"Comme nous l'avons démontré tout au long des négociations précédentes, nous restons fermes dans le respect des conditions et des lignes rouges fixées, et dans la défense des intérêts de la nation iranienne", a déclaré l'influent M. Ghalibaf, cité par l'agence Irna.

"Si l'ennemi se montre excessif" dans ses demandes, "nous avons prouvé que nous sommes prêts à riposter et que nous n'hésiterons pas à infliger une réponse cinglante", a ajouté celui qui est aussi le président du Parlement.

L'Iran et les Etats-Unis ont signé cette semaine un protocole d'accord pour mettre fin à plus de trois mois de guerre au Moyen-Orient.

Le président iranien Massoud Pezeshkian, qui a paraphé l'accord à distance avec son homologue américain Donald Trump, a publié une déclaration similaire, réaffirmant que les intérêts nationaux demeuraient la "ligne rouge" de son pays, sans plus de précisions.

Cette signature doit ouvrir la voie à des négociations plus poussées et techniques, d'une durée reconductible de 60 jours, centrées sur le programme nucléaire iranien en vue d'un accord définitif.

Mais de premiers pourparlers, prévus vendredi en Suisse, ont été annulés.

Les propos de M. Ghalibaf font suite à un communiqué du guide suprême iranien, Mojtaba Khamenei, faisant part de ses réserves pour le protocole d'accord qu'il a finalement autorisé.

Il prévoit notamment la fin de la guerre sur tous les fronts, y compris au Liban. Mais des frappes israéliennes dans la nuit de jeudi à vendredi dans le sud du Liban ont fait 18 morts et 33 blessés, selon les autorités libanaises, Israël déplorant de son côté la perte de quatre soldats.

L'accord a par ailleurs permis la levée du blocus naval américain imposé depuis deux mois aux ports iraniens et la réouverture par Téhéran du détroit d'Ormuz, voie maritime cruciale pour les hydrocarbures.

En Iran, le texte suscite l'opposition de certains conservateurs, hostiles à des concessions, notamment sur le contrôle du stratégique détroit.

"Les Américains ne respectent aucun engagement, ils n'ont jamais été loyaux envers aucun accord et ils ne le seront jamais", a ainsi déclaré Hossein Shariatmadari, rédacteur en chef du journal ultraconservateur Kayhan, lors d'une interview jeudi accordée à la télévision d'Etat.

"Le détroit d'Ormuz est le moyen d'obtenir des compensations" lors des négociations, a-t-il estimé.


Vance lance un avertissement aux critiques de Trump en Israël

JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington. (AFP)
JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington. (AFP)
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  • "Si j'étais au gouvernement israélien, peut-être que je n'attaquerais pas le seul allié puissant qui me reste sur la planète" a-t-il averti
  • "Le problème d'Israël ce n'est pas Donald Trump, et ceux qui en Israël pensent que le président des Etats-Unis est leur plus gros problème doivent ouvrir les yeux et prendre conscience de la réalité", a conclu le vice-président

WASHINGTON: JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington.

"Ce que je veux dire, et cela me dérange, c'est qu'il y a des gens dans le gouvernement de Bibi (le surnom du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, ndlr) qui se sont exprimés pour attaquer l'accord et qui d'une certaine manière ont attaqué le président des Etats-Unis très personnellement", a dit le vice-président américain pendant une conférence de presse.

"Mon message pour eux est double. D'abord, Donald J. Trump est le seul chef d'Etat dans le monde entier qui est compréhensif envers Israël aujourd'hui, et il se trouve être le chef d'Etat de la première puissance mondiale", a poursuivi JD Vance.

"Si j'étais au gouvernement israélien, peut-être que je n'attaquerais pas le seul allié puissant qui me reste sur la planète" a-t-il averti.

"Le second message que je voudrais lancer à certains de ces ministres qui attaquent le président des Etats-Unis - Bibi, et c'est tout à son honneur, n'a pas pris cette voie - c'est que ces trois derniers mois, deux tiers des armes défensives qui ont protégé votre pays ont été fabriquées par des mains américaines et payées par les contribuables américains", a ajouté JD Vance.

"Le problème d'Israël ce n'est pas Donald Trump, et ceux qui en Israël pensent que le président des Etats-Unis est leur plus gros problème doivent ouvrir les yeux et prendre conscience de la réalité", a conclu le vice-président.


Trump veut soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès

 Donald Trump a dit mardi vouloir soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès américain, et promis par ailleurs d'en donner lecture à la virgule près à la presse. (AFP)
Donald Trump a dit mardi vouloir soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès américain, et promis par ailleurs d'en donner lecture à la virgule près à la presse. (AFP)
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  • "Je n'ai jamais pensé à l'envoyer" au Parlement, a déclaré le président américain, interrogé à ce sujet en marge du sommet du G7 à Evian
  • "Mais je vais l'envoyer au Congrès. J'aime cette idée", a-t-il dit pendant un échange avec la presse

EVIAN: Donald Trump a dit mardi vouloir soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès américain, et promis par ailleurs d'en donner lecture à la virgule près à la presse.

"Je n'ai jamais pensé à l'envoyer" au Parlement, a déclaré le président américain, interrogé à ce sujet en marge du sommet du G7 à Evian. "Mais je vais l'envoyer au Congrès. J'aime cette idée", a-t-il dit pendant un échange avec la presse.

Interrogé sur le texte de l'accord avec l'Iran, déjà signé électroniquement et qui fera l'objet d'une cérémonie de signature vendredi à Genève, Donald Trump a promis à nouveau de le rendre public.

"Je ne vais pas seulement le publier, je vais sûrement donner une conférence de presse et vous le lire à la virgule près pour être sûr que la presse le couvre correctement", a lancé le dirigeant républicain.

Il avait déjà indiqué vouloir attendre après la cérémonie de signature vendredi pour publier le texte.