Présidentielle: en attendant Macron, sa campagne déjà sur les rails

«La force de frappe est beaucoup plus importante qu'en décembre 2016», quatre mois avant que Macron n'accède à l'Elysée. (Photo, AFP)
«La force de frappe est beaucoup plus importante qu'en décembre 2016», quatre mois avant que Macron n'accède à l'Elysée. (Photo, AFP)
Short Url
Publié le Mardi 07 décembre 2021

Présidentielle: en attendant Macron, sa campagne déjà sur les rails

  • La date et la forme de l'annonce de candidature de Macron font encore l'objet de nombreuses conjectures au sein de l'écosystème macroniste
  • Mais la campagne, elle, est déjà lancée

PARIS : Officiellement sans candidat, la campagne de réélection d'Emmanuel Macron se structure intensivement depuis plusieurs semaines, des hommes aux idées en passant par les finances, tout en maintenant le suspense sur l'état-major politique et le calendrier retenus par le chef de l'Etat.

La date et la forme de l'annonce de candidature de M. Macron font encore l'objet de nombreuses conjectures au sein de l'écosystème macroniste mais la campagne, elle, est déjà lancée sans le dire, à l'image des déplacements mardi et mercredi du président dans le Cher et l'Allier.

"Le paquebot est construit, il manque le commandement", métaphorise une conseillère de l'exécutif.

"L'équipe opérationnelle est en place", abonde une marcheuse de la première heure, estimant que "la force de frappe est beaucoup plus importante qu'en décembre 2016", quatre mois avant que M. Macron n'accède à l'Elysée.

Outre l'acquisition l'été dernier d'un nouveau siège pour LREM destiné à abriter le QG de campagne, plusieurs autres briques ont été posées, sous la houlette de Grégoire Potton - un historique de la campagne 2016/17 - qui oeuvre comme "coordinateur des campagnes présidentielle et législatives", en lien avec le secrétaire général de l'Elysée Alexis Kohler, selon plusieurs sources gouvernementales. 

Des groupes de travail thématiques, regroupant des experts, ont été mis sur pied afin d'alimenter le futur programme qui devrait être assemblé par David Amiel, un ancien conseiller de M. Macron à Bercy puis à l'Elysée. On y retrouve quelques figures bien connues, comme l'ancienne conseillère protection sociale à l'Elysée et Matignon Marguerite Cazeneuve.

Le député Roland Lescure et l'ex-secrétaire générale adjointe de l'Elysée Anne de Bayser sont, eux, en quête de relais dans la société civile, auscultant ONG, associations, représentants de filières...

Côté communication et stratégie numérique, un ancien d'Orange (Christian Bombrun) et une ex de Loréal (Domitille Fafin) ont rejoint LREM pour la campagne, tout comme Thibault Caizergues, "directeur de création" à l'Elysée. 

Jérôme Peyrat, éphémère conseiller politique de M. Macron, est lui chargé des relations avec les élus, avec la mission de récolter plus de parrainages qu'il y a 5 ans, en faisant en sorte qu'ils soient représentatifs de tous les territoires. Sur ce point, les députés ont été missionnés pour faire remonter avant Noël des listes de maires favorables au chef de l'Etat, tandis qu'en parallèle, le député Thierry Solère, conseiller politique de M. Macron, poursuit sa chasse à droite.

Flou sur le commandement

La partie la plus aisée devrait finalement être la levée de fonds, car LREM, qui reçoit autour de 20 millions d'euros d'argent public par an, dispose d'un confortable trésor de guerre. Selon des sources internes concordantes, il ne resterait que 5 millions d'euros à trouver, quand 16 avaient été levés en 2016-17.

Des dîners autour de donateurs, auxquels ont parfois participé des ministres, ont permis d'amorcer la pompe. Les comptes seront tenus par le député Laurent Saint-Martin, futur trésorier de campagne.

Reste donc à dessiner l'entourage politique du président, qui a toujours aimé entretenir le flou sur ses organigrammes, laissant à chacun le soin de croire en son influence. Sachant que l'annonce officielle de M. Macron engendrera logiquement d'autres départs de l'Elysée (ou du gouvernement) pour la campagne, comme probablement celui de son conseiller spécial Clément Léonarduzzi.

"Ca ne sera pas structuré", abonde un ministre. "De toutes façons le président fera comme il fait d'habitude: il activera qui il veut, quand il veut, et décidera seul à la fin", résume-t-il.

"La campagne, ça va être horrible. Tout le monde va se pousser du col", prédit un autre membre du gouvernement.

Le ministre des Outre-mers Sébastien Lecornu semble à ce jour le plus déterminé à officier comme directeur de campagne, bien qu'une actualité houleuse complique la donne, entre crise sociale aux Antilles et référendum en Nouvelle-Calédonie.

Plus généralement, le rôle exact des ministres, dont M. Macron a promis qu'ils agiront jusqu'au dernier quart d'heure du quinquennat, est encore indéterminé. Une question qui taraude les plus politiques d'entre eux, comme le porte-parole Gabriel Attal, Bruno Le Maire à l'Economie ou encore Olivier Véran à la Santé.


Nouveau départ de feu dans le Var: plus de 600 évacuations, 100 hectares parcourus

Plusieurs centaines de personnes ont dû être évacuées mercredi soir après le départ d'un nouveau feu dans le Var, au sud-est de Brignoles, a annoncé le maire de la commune, Didier Brémond sur sa page Facebook. (AFP)
Plusieurs centaines de personnes ont dû être évacuées mercredi soir après le départ d'un nouveau feu dans le Var, au sud-est de Brignoles, a annoncé le maire de la commune, Didier Brémond sur sa page Facebook. (AFP)
Short Url
  • Le feu s'est déclaré aux environs de 17H00 en périphérie de Brignoles, commune de 17.000 habitants, entrainant l'évacuation de plusieurs quartiers, selon la préfecture du Var
  • 250 pompiers, assistés de trois Canadair, deux Dash et sept hélicoptères ont été mobilisés, alors que le département du Var faisait face mercredi à des températures caniculaires

MARSEILLE: Plusieurs centaines de personnes ont dû être évacuées mercredi soir après le départ d'un nouveau feu dans le Var, au sud-est de Brignoles, a annoncé le maire de la commune, Didier Brémond sur sa page Facebook.

"600 à 700 personnes" ont été évacuées, indique le maire, faisant état de 100 hectares de végétation parcourus depuis le déclenchement de ce nouveau feu, moins de 24 heures après l'annonce de la fixation de l'incendie du Gros Besillon, à une vingtaine de km plus au nord, qui a parcouru 4.500 hectares en huit jours.

Le feu s'est déclaré aux environs de 17H00 en périphérie de Brignoles, commune de 17.000 habitants, entrainant l'évacuation de plusieurs quartiers, selon la préfecture du Var. Parmi les personnes évacuées, 120 sont accueillies au Hall des expositions de Brignoles, a précisé M. Brémond.

250 pompiers, assistés de trois Canadair, deux Dash et sept hélicoptères ont été mobilisés, alors que le département du Var faisait face mercredi à des températures caniculaires.

 

 


Incendie dans le sud-ouest: le feu «toujours stabilisé», le risque de reprises persiste

L'incendie d'une rare intensité qui a consumé 42.000 hectares en Gironde, dans le sud-ouest de la France, depuis le 22 juillet est "toujours stabilisé" mercredi matin, selon la préfecture, mais les fortes chaleurs et le vent attendus dans la journée menacent d'alimenter de nouvelles reprises des flammes. (AFP)
L'incendie d'une rare intensité qui a consumé 42.000 hectares en Gironde, dans le sud-ouest de la France, depuis le 22 juillet est "toujours stabilisé" mercredi matin, selon la préfecture, mais les fortes chaleurs et le vent attendus dans la journée menacent d'alimenter de nouvelles reprises des flammes. (AFP)
Short Url
  • La Gironde et le département voisin des Landes sont placés en vigilance orange canicule à partir de midi, de quoi assécher encore une végétation prompte à s'enflammer
  • Le dispositif d'avertissement français comprend quatre niveaux, de vert (pas de vigilance particulière) à rouge (vigilance absolue) en passant par jaune et orange

BORDEAUX: L'incendie d'une rare intensité qui a consumé 42.000 hectares en Gironde, dans le sud-ouest de la France, depuis le 22 juillet est "toujours stabilisé" mercredi matin, selon la préfecture, mais les fortes chaleurs et le vent attendus dans la journée menacent d'alimenter de nouvelles reprises des flammes.

"La nuit a été calme, le feu est ce matin toujours stabilisé avec plusieurs reprises de feu traitées rapidement cette nuit", a annoncé la préfecture de Gironde, une semaine après le début du plus gros incendie de forêt à ravager la France depuis 1949, où environ 50.000 hectares avaient été calcinés.

"La surface brûlée n'a pas évolué", a précisé la préfecture, mais les conditions météorologiques restent "défavorables" mercredi, avec des températures attendues en hausse : jusqu'à 41°C dans les terres et 38°C sur le littoral.

La Gironde et le département voisin des Landes sont placés en vigilance orange canicule à partir de midi, de quoi assécher encore une végétation prompte à s'enflammer.

Le dispositif d'avertissement français comprend quatre niveaux, de vert (pas de vigilance particulière) à rouge (vigilance absolue) en passant par jaune et orange.

Outre la chaleur, le vent risque de souffler sur les braises et alimenter de nouveau l'incendie.

Les autorités s'attendent dès le début d'après-midi à des vents d'ouest avec des rafales de 30 à 45 km/h, et un taux d'humidité en baisse. Un risque d'orages est annoncé pour jeudi.

Au regard de ces conditions météorologiques, les sapeurs-pompiers de Gironde ont alerté sur un "risque de reprise de feux extrêmement élevé" dans la journée.

La veille, elles avaient conduit à l'évacuation préventive de 4.000 touristes des campings et résidences de vacances de la station balnéaire de Lacanau, à 50 km à l'ouest de Bordeaux.

Depuis le début de cet incendie hors-norme, 222.000 personnes ont été évacuées de manière préventive dans 24 communes du secteur.

Mardi soir, 57.000 habitants de trois villes proches de Bordeaux évacués dans le week-end ont pu rentrer chez eux, a indiqué la préfète du département Sophie Brocas.

Un chantier colossal de 127 kilomètres de "coupes tactiques", quasiment achevé, vise à priver ce feu, d'origine accidentelle, de "combustible" et empêcher sa progression, selon l'association Défense de la forêt contre les incendies de la région aquitaine (DFCI).

"126 sapeurs-pompiers ont été blessés depuis le début de cet évènement", a indiqué la préfecture.

Ces derniers jours, le sud-est du pays a aussi été touché par plusieurs incendies, en Corse, dans les Hautes-Alpes et dans le Var.

 


Incendies: Engie va consacrer 25 millions d'euros à la reconstruction des forêts

Un pompier de Paris observe les dégâts alors que la fumée envahit les arbres à Marcheprime, près de Bordeaux, le 26 juillet 2026, lors d’un incendie qui ravage la forêt au nord du bassin d’Arcachon depuis le 22 juillet. (AFP)
Un pompier de Paris observe les dégâts alors que la fumée envahit les arbres à Marcheprime, près de Bordeaux, le 26 juillet 2026, lors d’un incendie qui ravage la forêt au nord du bassin d’Arcachon depuis le 22 juillet. (AFP)
Short Url
  • Engie consacrera 25 millions d’euros à la restauration durable des forêts françaises touchées par les incendies
  • Le groupe vise à renforcer la biodiversité et la résilience des écosystèmes face au changement climatique

PARIS: Le groupe énergétique français Engie va verser 25 millions d'euros pour participer à "la reconstruction et la régénération durable des forêts détruites", a-t-il annoncé mardi, mettant en avant le "choc humain, environnemental et économique" des incendies, notamment en Gironde et à Fontainebleau.

"Cette contribution permettra d'accompagner les efforts de reconstitution des espaces forestiers détruits et de soutenir les initiatives visant à renforcer la résilience des écosystèmes naturels face aux effets du changement climatique", a écrit le groupe dans un communiqué.

"Cela implique notamment de réfléchir aux essences les plus adaptées, à la préservation de la biodiversité, à la restauration de zones humides, aux conditions d'accès pour les services de secours ainsi qu'à la protection et au retour de la faune sauvage", ajoute Engie, soulignant que ces incendies avaient atteint "une part du patrimoine naturel français".

Les incendies ont déjà parcouru plus de 116.000 hectares en France cette année, un record, selon le Premier ministre Sébastien Lecornu, dont une part importante par le "mégafeu" qui sévit depuis plusieurs jours en Gironde.

Les efforts de reboisement s'annoncent très coûteux: chaque hectare de forêt à restaurer coûte entre 5.000 et 10.000 euros, selon le ministère de la Transition écologique. La ministre Monique Barbut a rappelé mardi dernier que l’État augmenterait de 20 millions d'euros les fonds alloués à l'Office national des forêts (ONF) en 2026.

Le groupe énergétique affirme qu'il va "se rapprocher des autorités publiques, des collectivités territoriales, des acteurs de la filière forestière et du monde de la recherche afin de déployer concrètement ce soutien" et qu'il s'inscrit "dans le cadre du plan +France Forêt 2100+".

Quelques initiatives de la part des entreprises ont eu lieu depuis le début de la saison des incendies, à l'instar de Carrefour qui a promis de donner environ 8 tonnes de denrées alimentaires et de produits d'hygiène, de Lidl qui a indiqué en livrer 3 tonnes, de la Macif qui a annoncé un fonds d'un million d'euros pour ses sociétaires et des actions de solidarité, et du Crédit Agricole qui a prévu notamment un fonds d'urgence de deux millions d'euros à destination des services départementaux d'incendie et de secours (SDIS).