Les violences au meeting de Zemmour interrogent sur l'entrisme de l'ultradroite

Une capture vidéo extraite d'une séquence de l'AFPTV montre des militants de SOS Racisme affrontant des partisans d'Eric Zemmour à la fin d'un rassemblement de campagne organisé à Villepinte, près de Paris, le 5 décembre , 2021. (Photo, AFP)
Une capture vidéo extraite d'une séquence de l'AFPTV montre des militants de SOS Racisme affrontant des partisans d'Eric Zemmour à la fin d'un rassemblement de campagne organisé à Villepinte, près de Paris, le 5 décembre , 2021. (Photo, AFP)
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Publié le Mardi 07 décembre 2021

Les violences au meeting de Zemmour interrogent sur l'entrisme de l'ultradroite

  • Ces incidents ainsi que l'empoignade du candidat par un individu avant son entrée en scène ont conduit à l'ouverture d'une enquête pour «faits de violences»
  • Eric Zemmour a fait état d'une blessure au poignet avec 9 jours d'ITT et déposé plainte, selon son équipe. Le présumé agresseur avait été interpellé

PARIS : Un candidat empoigné au col, des militants de SOS Racisme le visage en sang: le premier meeting de campagne d'Eric Zemmour a commencé dimanche dans la violence et pose avec insistance la question de son rapport aux groupuscules d'ultradroite.

"Il y avait des membres des Zouaves Paris ou d'anciens proches de ce groupe (de l'ultradroite, NDLR) parmi les agresseurs", a affirmé lundi à l'AFP le président de SOS Racisme Dominique Sopo à propos des coups portés à ses militants, venus mener une action se voulant "non violente" pour dire "non au racisme".

Ces incidents ainsi que l'empoignade du candidat par un individu avant son entrée en scène ont conduit à l'ouverture d'une enquête pour "faits de violences", a annoncé le parquet de Bobigny lundi.

Eric Zemmour a fait état d'une blessure au poignet avec 9 jours d'ITT et déposé plainte, selon son équipe. Le présumé agresseur avait été interpellé. SOS Racisme a, elle, indiqué que cinq personnes avaient été blessées, dont deux prises en charge par les pompiers.

Zouaves

S'il est impossible de déterminer précisément les faits, une journaliste de l'AFP a vu une cinquantaine de personnes identifiées par les forces de l’ordre comme appartenant aux Zouaves qui ont pris la pose à la sortie du meeting pour une photo, en scandant: "on est chez nous".

D'anciens membres du groupe dissous Génération Identitaire, comme Aurélien Verhassel et Etienne Cormier, ont également posté des messages sur Instagram attestant de leur présence au meeting, en estimant qu'il ne fallait "jamais s’excuser".

Ces "perturbateurs d'ultra droite" étaient "régulièrement inscrits. Nous n'avons pas les compétences d'un service de renseignement pour savoir qui ils sont", souligne Albéric Dumont, le responsable de la sécurité des meetings d'Eric Zemmour.

"Il faut arrêter avec le mythe visant à faire croire que ce sont des partisans d'Eric Zemmour. Ils sont venus pour en découdre", dénonce-t-il, en évoquant 44 personnes "d'ultra gauche et d'ultra droite" exfiltrées du meeting pour des "violences" ou des "délits".

Eric Zemmour n'a pas commenté les incidents mais retweeté lundi Eric Ciotti, candidat défait de LR, qui a jugé "inacceptable" l'agression du candidat.

"Ce qu'on peut dire c'est qu'il y avait des groupes de militants plus à droite que le RN et que ça s'est fini avec des faits de violence", résume Marion Jacquet-Vaillant docteure en sciences politiques, spécialiste des identitaires.

Les Zouaves est un groupe "à la mode hooligan" qui réunit depuis 2018 "des gens qui viennent d'autres groupes plus constitués, pour des actions violentes et rapides", explique-t-elle.

Leur présence jette une ombre supplémentaire sur le rapport que peut entretenir M. Zemmour avec ces groupuscules, alors que le candidat a déjà connu des déplacements chahutés et que des militants radicaux ont intégré l'organisation de campagne, à l'instar de Grégoire Dupont-Tingaud, ancien mégrétiste proche des identitaires, chargé de coordonner les référents régionaux, ou de Tristan Mordrelle, proche de sphères néo-nazies chargé de lever des fonds.

Le candidat Zemmour et les journalistes: des débuts électriques

Huées, insultes, menaces envers les journalistes ont émaillé dimanche le premier meeting de campagne du candidat d'extrême droite Eric Zemmour, ancien journaliste qui incite ouvertement au dénigrement des médias, à l'image de Donald Trump. 

La scène risque de faire date: dans l'enceinte du parc des expositions de Villepinte (Seine-Saint-Denis), le public, venu soutenir Eric Zemmour pour son premier meeting de candidat à l'Elysée, se met à scander dimanche après-midi "Tout le monde déteste Quotidien !"

Huée par la foule, l'équipe de journalistes de l'émission, présentée par Yann Barthès sur TMC (groupe TF1), est brièvement "mise à l'abri", selon l'équipe de communication du candidat.

"La sécurité a surréagi. Ils sont revenus. Il n'y a eu aucune violence", a-t-elle assuré à l'AFP.

Pour Christophe Deloire, secrétaire général de Reporters sans frontières (RSF), "cela rappelle clairement les meetings de Donald Trump" qui "non seulement depuis la tribune admonestait les journalistes mais en plus faisait en sorte que la salle entière les vitupère, ça c'est une dérive extrêmement inquiétante".

"Depuis des mois, il ne se passe pas une seule journée sans que le pouvoir et ses relais médiatiques ne m’attaquent: ils inventent des polémiques (...), ils fouillent dans ma vie privée, ils me traitent de tous les noms", s'exclamait dimanche Eric Zemmour devant une dizaine de milliers de personnes, provoquant des huées.

Chauffés à blanc avant même son discours, des militants d'Eric Zemmour avaient réagi violemment à la présence d'une équipe de journalistes du "Quotidien". A l'origine de l'incident, "un jeune homme" qui "hurle +Quotidien collabo+", relatent lundi dans un article des journalistes du site d'investigation Médiapart, également présents sur place.

Dans la foulée, les reporters, qui interrogeaient des participants, sont pris à partie, avant d'être évacués.

Pris dans ce mouvement de foule, entre journalistes, service d'ordre et militants, deux journalistes de Mediapart sont frappés derrière la tête.

«Préjudice»

La question de l'entrisme de militants radicaux s'était déjà posée quand des membres du groupuscule "Les Vilains Fachos" (LVF), visés par une enquête pour menaces de mort et provocation à la haine ou à la violence, avaient affirmé au site Arrêt sur images (ASI) être présents à l'inauguration fin octobre du QG d'Eric Zemmour, photo et enregistrement à l'appui.

Eric Zemmour avait assuré "ne pas les connaître".

Pour l'historien Nicolas Lebourg, c'est un retour au Front national d'avant 1999, avec "la violence" mais aussi "le compromis nationaliste", soit l'accueil de "toutes les tendances de l'extrême droite", du souverainiste Paul-Marie Couteaux jusqu'aux Zouaves et aux monarchistes de l'Action française, qui distribuaient leurs journaux à l'entrée du meeting. 

Le député LR Pierre-Henri Dumont a dénoncé "une bande d'amateurs. Dans aucun meeting, quand c'est bien organisé, ça se passe comme ça". 

De quoi perturber les militants d'Eric Zemmour. Au retour du meeting, trois jeunes partisans se sont inquiété du préjudice que ces violences pourraient porter à la campagne. "Ca va donner des arguments à nos opposants, il faut que ce soit plus encadré la prochaine fois", a affirmé l'un d'eux.


Les Européens se préparent à riposter aux intimidations américaines, selon Paris

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  • "Quelle que soit la forme des intimidations et quelle que soit leur provenance, nous avons engagé un travail (...) au Quai d'Orsay, pour nous préparer à riposter, à répondre et à ne pas répondre seul" pour être "convaincant et percutant"
  • Selon lui, ce travail aboutira "dans les prochains jours" à un plan qui sera partagé avec les principaux partenaires de la France

PARIS: Les Européens se préparent à "riposter" à toutes formes d'intimidations des Etats-Unis, a déclaré mercredi le ministre français des Affaires étrangères, interrogé sur les intentions affichées de Donald Trump d'acquérir le Groenland.

"Quelle que soit la forme des intimidations et quelle que soit leur provenance, nous avons engagé un travail (...) au Quai d'Orsay, pour nous préparer à riposter, à répondre et à ne pas répondre seul" pour être "convaincant et percutant", a déclaré Jean-Noël Barrot sur la radio publique France Inter.

Selon lui, ce travail aboutira "dans les prochains jours" à un plan qui sera partagé avec les principaux partenaires de la France.

Le ministre a rappelé qu'au-delà du Groenland, Washington avait pris récemment des sanctions économiques contre des personnalités européennes, dont l'ancien commissaire Thierry Breton, engagés pour une stricte régulation de la tech.

"Face à ces marques d'intimidation, nous voulons agir, mais agir avec nos partenaires européens", a souligné le ministre, précisant que cela serait discuté lors d'une réunion avec ses homologues allemand et polonais ce mercredi.

"Nous formons ensemble un triptyque, un trio qui a une capacité d'entraînement sur l'Europe. Et c'est de cette question dont nous allons discuter en même temps", a-t-il ajouté.

Pour Jean-Noël Barrot, en dépit des déclarations de Donald Trump mardi sur les options pour acquérir le Groenland, les Etats-Unis "sont très attachés à l'alliance transatlantique, à l'OTAN".

M. Barrot a en outre fait part d'une conversation qu'il a eue avec le secrétaire d'Etat américain Marco Rubio, qui lui aurait assuré que Washington écartait une option militaire.

"Il a écarté qu'on puisse imaginer que se produise au Groenland ce qui vient de se produire au Venezuela", a déclaré le ministre français, en référence à la capture par les Etats-Unis du président déchu Nicolas Maduro et aux affirmations du président américain selon lesquelles les Etats-Unis étaient "aux commandes" du pays.

Donald Trump étudie "plusieurs options" pour acquérir le Groenland, y compris "utiliser l'armée", avait déclaré mardi sa porte-parole.

Les Européens avaient affiché quelques heures plus tôt leur soutien à cette immense île arctique, territoire autonome danois.

"Il revient au Danemark et au Groenland, et à eux seuls, de décider des questions concernant le Danemark et le Groenland", avaient déclaré les dirigeants européens, soulignant que le royaume danois fait "partie" de l'Otan comme les Etats-Unis, eux-mêmes liés au Danemark par un accord de défense.

Le Groenland et le gouvernement danois ont, eux, appelé à des pourparlers rapides avec le chef de la diplomatie américaine, Marco Rubio, espérant dissiper des "malentendus".


Brigitte Bardot est décédée des suites d'un cancer, d'après son mari

Brigitte Bardot, dont les obsèques sont célébrées mercredi à Saint-Tropez (Var), a été emportée par un cancer, selon les déclarations de son mari à Paris Match. (AFP)
Brigitte Bardot, dont les obsèques sont célébrées mercredi à Saint-Tropez (Var), a été emportée par un cancer, selon les déclarations de son mari à Paris Match. (AFP)
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  • "Elle voulait toujours absolument rentrer à la Madrague", sa célèbre villa de Saint-Tropez où elle est décédée, a ajouté son mari
  • "Et là, c’était plus compliqué, notamment à cause de douleurs dorsales qui ne passaient pas, la faisaient souffrir, l’épuisaient. C’était inconfortable, même lorsqu’elle était alitée"

PARIS: Brigitte Bardot, dont les obsèques sont célébrées mercredi à Saint-Tropez (Var), a été emportée par un cancer, selon les déclarations de son mari à Paris Match.

Icône du cinéma devenue passionaria de la cause animale, B.B. "avait très bien résisté aux deux opérations subies pour soigner le cancer qui l’a emportée", a relaté son mari, Bernard d'Ormale, dans un entretien paru mardi soir sur le site de Paris Match.

Bernard d'Ormale n'a pas précisé de quel type de cancer était atteinte Brigitte Bardot, décédée le 28 décembre à 91 ans.

L'ancienne actrice et chanteuse avait été hospitalisée à deux reprises à l'automne sans que les raisons de sa prise en charge ne soient alors détaillées. Elle avait souffert d'un cancer du sein dans les années 1980.

"Elle voulait toujours absolument rentrer à la Madrague", sa célèbre villa de Saint-Tropez où elle est décédée, a ajouté son mari. "Et là, c’était plus compliqué, notamment à cause de douleurs dorsales qui ne passaient pas, la faisaient souffrir, l’épuisaient. C’était inconfortable, même lorsqu’elle était alitée".

"Cependant, elle a été consciente et soucieuse du sort des animaux jusqu’au bout", a ajouté son mari.

Dans cet entretien à Paris Match, Bernard d'Ormale a aussi précisé les raisons de l'inhumation de Bardot au cimetière marin de Saint-Tropez, alors qu'elle avait souvent exprimé son souhait d'être enterrée à La Madrague.

"Il y a quelques années, elle s’est rendu compte que ce ne serait pas gérable pour la mairie... Imaginez les processions de touristes s’agglutinant le long de l'étroit sentier littoral. (...) Brigitte s’était donc résignée à renoncer aux démarches, acceptant l’idée de rejoindre le caveau où se trouvent ses parents, qu’elle adorait, au cimetière marin", a détaillé M. d'Ormale.

Les obsèques, organisées mercredi à Saint-Tropez, se feront "dans la simplicité", avait détaillé à l'AFP Bruno Jacquelin, directeur des relations publiques de sa Fondation dédiée à la protection des animaux, le combat de sa vie.

La cérémonie religieuse, sur invitation, doit débuter à 11H00 à Notre-Dame de l'Assomption, petite église du XVIe siècle.

La célébration sera retransmise devant la mairie pour les riverains, ainsi que sur le port et la place des Lices, dans le centre du village.


Neige: interruption de service de tous les bus à Paris et en Ile-de-France

Tous les bus parisiens et franciliens ont progressivement cessé leur service mercredi matin vers 07H00, en raison de la reprise des chutes de neige sur la région, et retournent dans leurs dépôts, ont annoncé Ile-de-France Mobilités (IDFM) et la RATP. (AFP)
Tous les bus parisiens et franciliens ont progressivement cessé leur service mercredi matin vers 07H00, en raison de la reprise des chutes de neige sur la région, et retournent dans leurs dépôts, ont annoncé Ile-de-France Mobilités (IDFM) et la RATP. (AFP)
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  • Dans un communiqué envoyé en début de matinée, la RATP indique avoir décidé, "pour des raisons de sécurité", la suspension progressive de l'exploitation de l'ensemble des lignes de bus
  • Pour le moment, les lignes de tramway ainsi que les RER A et B fonctionnent normalement

PARIS: Tous les bus parisiens et franciliens ont progressivement cessé leur service mercredi matin vers 07H00, en raison de la reprise des chutes de neige sur la région, et retournent dans leurs dépôts, ont annoncé Ile-de-France Mobilités (IDFM) et la RATP.

Dans un communiqué envoyé en début de matinée, la RATP indique avoir décidé, "pour des raisons de sécurité", la suspension progressive de l'exploitation de l'ensemble des lignes de bus, "et ce jusqu'à ce que les conditions de sécurité soient à nouveau réunies".

Pour le moment, les lignes de tramway ainsi que les RER A et B fonctionnent normalement.

Les bus "sont progressivement rappelés au dépôt pour des raisons de sécurité. A trois centimètres de neige, ils peuvent circuler, mais avec plus de trois centimètres, ça commence à être compliqué", a déclaré le ministre des Transports Philippe Tabarot sur CNews mercredi matin.

IDFM invite de son côté "tous les voyageurs à vérifier le fonctionnement de leurs lignes de transport avant de quitter leur domicile. Toutes les informations sont mises à jour en temps réel sur les applications de mobilités et les comptes X des lignes".

Neige et verglas touchent mercredi matin le nord et l'ouest de la France, un phénomène d'une "ampleur rare dans le climat actuel" selon Météo-France, qui doit entraîner d'importantes restrictions sur les routes et dans le transport aérien.