Les futurs astronautes de la Nasa ont déjà la tête dans la Lune

Durant les deux ans d'entraînement intense qui attend les astronautes, cet astre sera sans aucun doute dans toutes les têtes. (Photo, AFP)
Durant les deux ans d'entraînement intense qui attend les astronautes, cet astre sera sans aucun doute dans toutes les têtes. (Photo, AFP)
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Publié le Mercredi 08 décembre 2021

Les futurs astronautes de la Nasa ont déjà la tête dans la Lune

  • La Nasa a pour objectif de renvoyer des humains sur la Lune à partir de 2025, et d'y établir une base devant servir à préparer les voyages vers Mars
  • Pour y arriver, elle a notamment engagé les services d'une société privée, SpaceX, qui doit fournir l'alunisseur

WASHIGTON : "Aider à construire quelque chose sur la Lune, ce serait génial": Christina Birch, comme les neuf autres astronautes en formation tout juste sélectionnés par la Nasa, rêve déjà d'apporter sa contribution au retour des Américains sur la Lune. 

Durant les deux ans d'entraînement intense qui les attend, cet astre sera sans aucun doute dans toutes les têtes. Et il était vraisemblablement au coeur des préoccupations de l'agence spatiale au moment de choisir ces dix Américains, aux profils très divers. 

Parmi eux se trouvent notamment des scientifiques de haut niveau. Chris Williams, 38 ans, est un physicien médical ayant notamment travaillé à mieux cibler les rayonnements pour soigner les patients atteints de cancer. 

"J'étais très inspiré par les missions vers la Lune quand j'étais enfant, donc le programme Artémis de la Nasa, pour retourner sur la Lune de façon durable, est quelque chose qui me passionne et je suis très enthousiaste à l'idée d'en faire partie", a-t-il confié à l'AFP. 

Christina Birch est elle titulaire d'un doctorat en génie biologique. Son rêve d'espace a émergé en lien avec son travail en laboratoire: "En faisant ces expériences avec des cellules et des protéines, et en voyant que des expériences similaires étaient conduites à bord de la station spatiale, je me suis dit +Eh, mais j'ai ces compétences!+"

Autre (surprenante) corde à l'arc de cette femme de 35 ans: elle a remporté des médailles avec l'équipe américaine de cyclisme sur piste lors des championnats du monde.

"J'adore avoir un programme d'entraînement vers un objectif important. C'est une chose à laquelle j'ai été très habituée en essayant de me qualifier pour les Jeux olympiques", avec succès, a-t-elle expliqué. 

Elle n'a en revanche aucune expérience de vol, contrairement aux nombreux pilotes expérimentés choisis, et attend avec impatience l'entraînement sur des jets. 

"Le plus vite que j'ai été, c'est dans un vélodrome, propulsée par moi-même", plaisante-t-elle.

«Aventure exaltante»

La Nasa a pour objectif de renvoyer des humains sur la Lune à partir de 2025, et d'y établir une base devant servir à préparer les voyages vers Mars. Pour y arriver, elle a notamment engagé les services d'une société privée, SpaceX, qui doit fournir l'alunisseur. 

Signe des temps, l'un des dix futurs astronautes sélectionnés est justement un employé de SpaceX, depuis 2018.

Anil Menon, doyen de la nouvelle promotion à 45 ans, a travaillé en tant que médecin pour les différentes missions de la société d'Elon Musk, ayant envoyé des humains vers la station spatiale internationale. 

Lui dont c'était la cinquième candidature pour devenir astronaute a ainsi aidé à extraire le Français Thomas Pesquet de la capsule de la compagnie à son retour sur Terre, après six mois en orbite.

"Cela sera incroyable de pouvoir faire cette expérience moi-même", dit-il. "En tant que médecin, je verrai les choses différemment (...) Je pense que la connaissance médicale permettra aux gens de rester en bonne santé et en sécurité lorsque nous irons là-bas", sur la Lune puis Mars. 

Né de parents originaires d'Inde et d'Ukraine, il est également habitué à travailler dans de difficiles conditions d'urgence. En 2010, il part en Haïti aider après un séisme dévastateur. Puis, en 2015, il atterrit par hasard au Népal quelques minutes avant un tremblement de terre, où il aidera de nouveau à soigner les patients qui affluent dans des dispensaires locaux. 

Les futurs astronautes déménageront au Texas pour leur formation, dispensée au centre spatial Johnson. Ils s'entraîneront aux sorties dans l'espace, développeront des compétences en robotique, apprendront à faire fonctionner et entretenir la Station spatiale internationale, mais aussi à parler russe.

Chris Williams le reconnaît, "ce sera un grand changement pour nos familles. Mais c'est une nouvelle aventure exaltante."


Iran : l'UE désigne les Gardiens de la Révolution comme organisation terroriste

Des membres du Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) défilent à Téhéran en 2019. (Via AFP/Fichier)
Des membres du Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) défilent à Téhéran en 2019. (Via AFP/Fichier)
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  • Les 27 ministres des Affaires étrangères de l’UE ont classé les Gardiens de la Révolution iraniens comme organisation terroriste suite à la répression sanglante des manifestations en Iran
  • L’UE a également sanctionné 21 responsables iraniens, avec interdiction d’entrée sur le territoire et gel de leurs avoirs

BRUXELLES: Les ministres des Affaires étrangères des 27 pays de l'Union européenne sont tombés d'accord jeudi pour désigner les Gardiens de la révolution comme une "organisation terroriste", après la répression sanglante des manifestations en Iran, a annoncé la cheffe de la diplomatie de l'UE Kaja Kallas.

"+Terroriste+, c'est bien ainsi que l'on qualifie un régime qui réprime les manifestations de son propre peuple dans le sang", a aussitôt réagi la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen.

"Tout régime qui tue des milliers de ses propres citoyens travaille à sa propre perte", a assuré de son côté Mme Kallas, en marge d'une réunion ministérielle à Bruxelles.

Ces derniers ont donné leur feu vert à l'inscription des Gardiens iraniens dans la liste de l'UE recensant les organisations terroristes. Les Européens rejoignent ainsi d'autres pays comme les Etats-Unis, le Canada ou l'Australie.

La France avait annoncé dès mercredi être prête à soutenir cette décision, en réponse à la répression "la plus violente" de l'histoire récente iranienne.

Les Européens ont aussi décidé jeudi de sanctionner plusieurs responsables iraniens, dont le ministre de l'Intérieur, le chef de la police et plusieurs dirigeants des Gardiens de la révolution. La liste de ces responsables iraniens a été publiée jeudi au Journal officiel de l'UE.

Au total, quelque 21 entités et individus sont ciblés par ces sanctions, qui prévoient une interdiction d'entrer dans l'UE et le gel de leurs avoirs sur le territoire des Vingt-Sept.


Trump dit qu'il "semble" que le Hamas va se désarmer

Les membres de l'administration du président américain Donald Trump applaudissent lors d'une réunion du cabinet à la Maison Blanche à Washington, D.C., États-Unis, le 29 janvier 2026. (Reuters)
Les membres de l'administration du président américain Donald Trump applaudissent lors d'une réunion du cabinet à la Maison Blanche à Washington, D.C., États-Unis, le 29 janvier 2026. (Reuters)
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  • Donald Trump affirme que le Hamas « semble » prêt à se désarmer, une étape clé de son plan pour mettre fin à la guerre à Gaza
  • La deuxième phase de la trêve prévoit le désarmement du Hamas, un retrait progressif israélien et le déploiement d’une force internationale

WASHINGTON : Donald Trump a dit jeudi qu'il "semblait" que le mouvement palestinien Hamas allait "se désarmer", ce qui est l'une des étapes cruciales prévues dans son plan de règlement du conflit à Gaza.

"Beaucoup de gens disent qu'ils ne se désarmeront jamais. Il semble qu'ils vont se désarmer", a déclaré le président américain pendant un conseil des ministres à la Maison Blanche.

Il a également relevé que le Hamas "nous a aidé avec les corps, leur rapatriement et sa famille est très reconnaissante", faisant référence au rapatriement des restes du dernier otage israélien du 7-Octobre, Ran Gvili, à qui Israël a rendu hommage mercredi lors de funérailles nationales.

Pour sa part, l'émissaire spécial Steve Witkoff s'est félicité que "nous ayons chassé les terroristes de là-bas et ils vont se démilitariser".

"Ils le feront parce qu'ils n'ont pas le choix. Ils vont abandonner. Ils vont abandonner les AK-47", a-t-il ajouté.

La veille, le Hamas s'était dit prêt à un "transfert complet de la gouvernance" de la bande de Gaza aussi vite que possible.

Aux termes du plan du président américain pour mettre fin à la guerre de Gaza, un Comité national pour l'administration de Gaza (NCAG) doit administrer provisoirement le territoire palestinien sous la houlette du "Conseil de paix" présidé par M. Trump lui-même.

La deuxième phase de la trêve entrée en vigueur le 10 octobre dernier prévoit entre autres le désarmement du Hamas, le retrait progressif de l'armée israélienne, qui contrôle encore plus de la moitié du territoire, et le déploiement d'une force internationale de stabilisation.


Ethiopie: combats entre armée fédérale et forces tigréennes, vols supendus vers le Tigré

Des combats, selon des sources concordantes, ont opposé ces derniers jours les troupes fédérales à des forces tigréennes et les vols à destination du Tigré ont été suspendus, une première très inquiétante depuis la fin d'une guerre sanglante en 2022 dans cette région du nord de l'Ethiopie. (AFP)
Des combats, selon des sources concordantes, ont opposé ces derniers jours les troupes fédérales à des forces tigréennes et les vols à destination du Tigré ont été suspendus, une première très inquiétante depuis la fin d'une guerre sanglante en 2022 dans cette région du nord de l'Ethiopie. (AFP)
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  • De premiers affrontements directs entre armée fédérale et forces tigréennes avaient eu lieu en novembre 2025 dans la région voisine de l'Afar
  • Des tirs d'armes lourdes et des frappes de drones avaient notamment été dénoncés

ADDIS ABEBA: Des combats, selon des sources concordantes, ont opposé ces derniers jours les troupes fédérales à des forces tigréennes et les vols à destination du Tigré ont été suspendus, une première très inquiétante depuis la fin d'une guerre sanglante en 2022 dans cette région du nord de l'Ethiopie.

De premiers affrontements directs entre armée fédérale et forces tigréennes avaient eu lieu en novembre 2025 dans la région voisine de l'Afar. Des tirs d'armes lourdes et des frappes de drones avaient notamment été dénoncés.

Ces tensions font planer le risque d'une reprise d'un conflit après la sanglante guerre qui a opposé entre novembre 2020 et novembre 2022 l'armée éthiopienne aux forces du Front de libération du peuple du Tigré (TPLF).

Au moins 600.000 personnes étaient mortes, selon l'Union africaine, des estimations que plusieurs experts pensent sous-estimées.

Ces derniers jours, des combats se sont tenus à Tsemlet (ouest du Tigré), une zone revendiquée par des forces de la région voisine de l'Amhara, ont déclaré à l'AFP, sous couvert d'anonymat, des sources diplomatique et sécuritaire en poste en Ethiopie.

"Raisons opérationnelles" 

A Tsemlet, face aux forces tigréennes, "ce sont les ENDF (armée éthiopienne, NDLR) avec des milices amharas", a déclaré la source diplomatique, sous couvert d'anonymat. Des affrontements se sont tenus "ces derniers jours", mais "aujourd'hui on ne sait pas encore" s'il se poursuivent, a-t-elle ajouté, sans plus de détails.

Les combats ont été confirmés par une source locale au Tigré, qui a également requis l'anonymat.

"La situation semble dégénérer", a corroboré la source sécuritaire, se montrant "dubitative sur la capacité des TDF (l'armée tigréenne, NDLR), à récupérer par la force Tselemt".

Le porte-parole de l'armée fédérale et des membres du TPLF n'ont pour l'heure pas donné suite aux sollicitations de l'AFP.

Les liaisons aériennes vers le Tigré d'Ethiopian Airlines, compagnie publique et seule à desservir cette région, ont été suspendues, ont également affirmé les sources diplomatique et sécuritaire.

Les vols, tout comme les services de télécommunications et bancaires, avaient été complètement suspendus durant la guerre, avant de reprendre à la suite de l'accord de paix conclu à Pretoria fin 2022. Leur suspension est une première depuis l'accord de paix.

Selon deux responsables d'Ethiopian Airlines, qui ont requis l'anonymat, les vols ont été interrompus pour "raisons opérationnelles", sans donner plus de détails.

L'un d'eux a toutefois déclaré "suspecter" que l'arrêt pour l'instant temporaire du trafic soit lié "aux tensions politiques" entre les autorités fédérales et l'administration au Tigré.

"Escalade militaire" 

Selon un journaliste à Mekele, joint au téléphone par l'AFP et qui a lui aussi requis l'anonymat, une "anxiété croissante" se ressent dans cette ville, capitale du Tigré.

Depuis plusieurs mois, la situation est tendue dans le nord de l'Ethiopie. Des forces amhara et érythréennes sont toujours présentes dans la région, en violation de l'accord de paix de Pretoria - auquel elles n'ont pas participé - qui prévoyait leur retrait.

Début 2025, le chef de l'administration intérimaire au Tigré, institution mise en place par Addis Abeba, avait été contraint de fuir Mekele, la capitale régionale, en raison de divisions croissantes au sein du TPLF.

Ce parti qui a dominé l'Ethiopie pendant presque trois décennies avant de se retrouver marginalisé après l'arrivée au pouvoir en 2018 du Premier ministre Abiy Ahmed et d'être aujourd'hui radié, est accusé par les autorités fédérales de s'être rapproché de l'Erythrée voisine.

Les relations entre les deux voisins de la Corne de l'Afrique, qui s'étaient réchauffées durant la guerre du Tigré, lorsque les troupes érythréennes avaient appuyé les forces fédérales éthiopiennes, sont de nouveau acrimonieuses, nourries de discours belliqueux, faisant planer le risque d'un nouveau conflit.

Pour Kjetil Tronvoll, professeur à Oslo New University College et spécialiste de la zone, cette confrontation entre forces fédérales et tigréennes "n'est pas surprenante". "Le risque d'une escalade militaire est grave, et il est possible que des forces non éthiopiennes viennent appuyer les forces tigréennes", a-t-il confié à l'AFP.