Au moins 83 morts dans des tornades aux Etats-Unis

De lourds dégâts sont constatés au centre-ville après qu'une tornade a balayé la région le 11 décembre 2021 à Mayfield, Kentucky. (AFP)
De lourds dégâts sont constatés au centre-ville après qu'une tornade a balayé la région le 11 décembre 2021 à Mayfield, Kentucky. (AFP)
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Publié le Dimanche 12 décembre 2021

Au moins 83 morts dans des tornades aux Etats-Unis

  • Mayfield particulièrement, une ville de 10 000 habitants, semble avoir été à l'épicentre de la catastrophe
  • Plus au nord-ouest, dans l'Illinois, une centaine de personnes environ, selon les médias, étaient prises au piège d'un entrepôt d'Amazon ravagé par la tempête

NASHVILLE: Au moins 83 morts, des maisons aplaties à perte de vue et des enchevêtrements de gravats. Le bilan provisoire était dévastateur samedi après le déferlement sur le centre et le sud des Etats-Unis d'une série de tornades d'une violence inouïe.

Pour l'heure, c'est dans le Kentucky, dans le centre-est du pays, que le bilan le plus lourd est à déplorer après le passage des tornades, un phénomène météorologique qui touche particulièrement les Etats-Unis tous les ans.

"Je crains qu'il y ait plus de 50 morts dans le Kentucky (...), on est probablement plus proche de 70 à 100 morts, c'est affreux", a déclaré samedi le gouverneur de cet Etat Andy Beshear lors d'une conférence de presse.

«Un tas d'allumettes»

"C'est indescriptible, le niveau de dévastation est incomparable", a-t-il ajouté.

"Ce sera, je pense, la série de tornades la plus mortelle à avoir jamais traversé le Kentucky", a précisé l'élu.

Mayfield, une ville de 10 000 habitants, semble avoir été à l'épicentre de la catastrophe. 

Le coeur de la ville ressemble "à un tas d'allumettes", a affirmé la maire Kathy O'Nan sur la chaîne CNN.

"Les églises du centre ont été détruites, et le tribunal au coeur de la ville a été détruit", a-t-elle ajouté, affirmant que Mayfield se retrouvait à présent sans eau ni électricité.

Comme une bombe 

"C'est comme si une bombe avait explosé dans notre quartier", a raconté à l'AFP Alex Goodman, une habitante de Mayfield après une nuit éprouvante dans le noir et dans l'angoisse.

Les habitants de Mayfield étaient fiers des édifices qui donnaient un caractère historique à leur petite cité. "Ils sont tous détruits", se désole-t-elle.

Partout dans la ville, des bâtiments ont été éventrés, du métal tordu, des véhicules renversés, et des arbres et des briques éparpillés dans les rues.

Michael Dossett, un responsable local des secours, interrogé sur CNN a lui évoqué un "ground zero" à Mayfield, une expression employée pour décrire les ruines du World Trade Center après les attentats du 11 septembre 2001 à New York. 

Des employés d'une fabrique de bougies y ont été piégés après que le toit a cédé sous la violence des vents. On était encore sans nouvelle de dizaines d'employés sur la centaine présents.

Selon la maire dans l'après-midi de samedi, aucune personne n'avait pu être sortie vivante des décombres depuis la matinée, laissant craindre une aggravation du bilan.

"Au début, on entendait juste la pluie. Et puis, brusquement, il y a eu un très gros bruit, comme celui d'un train", a relaté à la chaîne CNN Lori Wooton, une habitante de Dawson Springs, dans le Kentucky.

"Cela ne m'a pas paru durer longtemps... trois ou quatre secondes et c'était parti. Mais alors nous sommes sortis pour voir et les dégâts étaient inimaginables", a-t-elle poursuivi.

400 km

Les chaînes américaines ont filmé le passage des tornades: colonnes noires balayant le sol, illuminées par des éclairs intermittents. Environ une trentaine de ces tempêtes ont déferlé vendredi soir et samedi matin sur les Etats-Unis.

L'une des tornades a parcouru plus de 400 km, selon le service météorologique national (NWS), alors qu'en moyenne celles-ci ne dépassent pas plus de 6 km de distance.

Plus au nord-ouest, dans l'Illinois, la force des vents a en partie arraché le toit d'un entrepôt d'Amazon ravagé par la tempête. Il s'agit d'employés du géant de la distribution qui travaillaient de nuit pour traiter les commandes avant les fêtes de fin d'année.

La police a confirmé déplorer au moins deux décès dans l'entrepôt et l'agence locale de gestion des urgences a évoqué "de nombreuses personnes piégées" dans le bâtiment. 

Les secours ont travaillé jusqu'aux premières heures de samedi pour tenter de dégager ces personnes de l'installation, dont le tiers n'est plus que décombres.

Les tornades les plus meurtrières aux Etats-Unis

Les tornades, comme celle qui a fait au moins 50 morts depuis vendredi dans le Kentucky, sont un phénomène relativement courant aux Etats-Unis. Voici les plus meurtrières depuis dix ans:

Plus de 30 morts dans le Sud

Les 12 et 13 avril 2020, des tornades font au moins 32 morts dans une zone allant du Texas à la Caroline du Sud, passant par le Mississippi, la Géorgie, le Tennessee ou encore l'Arkansas.  

25 morts dans le Tennessee 

Au moins 25 personnes meurent lorsque de violentes tornades frappent le Tennessee, notamment la région de Nashville, dans la nuit du 2 au 3 mars 2020.

23 morts en Alabama

Le 3 mars 2019, de violentes tornades font au moins 23 mort et causent d'importants dégâts, dans l'est de l'Alabama. La tornade qui a frappé le comté de Lee était accompagnée de vents de 218 à 266 km/h.

28 morts dans le Sud 

Du 23 au 26 décembre 2015, une déferlante de tornades frappent le sud du pays faisant au moins 28 morts, dont 11 au Texas. Avec des vents atteignant 320 km/h, des rues entières sont rasées, des autoroutes emportées. Quelque 600 bâtiments sont détruits ou endommagés. Les Etats du Mississippi, du Tennessee et de l'Arkansas sont également frappés.

35 décès dans le centre et le sud 

Les 27 et 28 avril 2014, au moins 35 personnes sont tuées par une série de tornades qui ravagent six Etats du centre et du sud du pays (Mississippi, Alabama, Tennessee, Arkansas, Iowa et Oklahoma).

20 morts dans l'Oklahoma 

Le 31 mai 2013, au moins 20 personnes, dont sept enfants, périssent dans de puissantes tornades qui balayent l'Oklahoma. 

24 morts dans la ville de Moore 

Le 20 mai 2013, une tornade de catégorie EF-5, le maximum dans l'échelle du classement, avec des vents de plus de 320 km/h, ravage la ville de Moore, dans la banlieue d'Oklahoma City (sud), et fait 24 morts.

Une cinquantaine de morts dans le Midwest 

Le 2 mars 2012, dans le Midwest, quelque 80 tornades frappent particulièrement le Kentucky et l'Indiana, mais aussi l'Ohio, le Tennessee ou l'Illinois, faisant au moins 38 morts, deux jours après une précédente vague d'intempéries similaires qui avait déjà causé 13 décès. 

161 morts dans la ville de Joplin 

Le 22 mai 2011, une tornade dont les rafales atteignent 320 km/h, dévaste la localité de Joplin dans le Missouri (centre) et provoque la mort de 161 personnes. Elle laisse un sillon de destruction de 6,4 km de long sur plus d'un kilomètre de large. 

300 tornades et 354 morts dans le Sud-est 

Entre le 22 et le 28 avril 2011, environ 300 tornades frappent le Sud-est du pays, provoquant la mort de 354 personnes. L'Alabama, où des localités entières comme Tuscaloosa sont quasiment rayées de la carte, déplore environ 250 victimes. Le Tennessee, le Mississippi, la Géorgie, l'Arkansas et la Virginie sont également touchés. Dans la seule journée du 27 avril, 314 personnes périssent dans cinq Etats.

La tornade la plus meurtrière de l'histoire des Etats-Unis a traversé le Missouri, l'Illinois et l'Indiana en 1925, faisant 747 morts.

Mayfield particulièrement, une ville de 10 000 habitants, semble avoir été à l'épicentre de la catastrophe. "La ville a subi les coups les plus durs. La dévastation y est massive", a souligné Michael Dossett, un responsable local des secours, interrogé sur CNN. 


Il y a évoqué un "ground zero", une expression employée pour décrire les ruines du World Trade Center après les attentats du 11 septembre 2001 à New York.


L'effondrement du toit d'une usine de fabrication de bougies à Mayfield a notamment "fait d'innombrables victimes" dans la ville de Mayfield, a expliqué le gouverneur Beshear. 


"Avant minuit, j'ai déclaré l'état d'urgence", a-t-il dit, en précisant que des équipes de recherche et de secours avaient été déployées dans ce chaos aggravé par les coupures de courant.


Des photos et des vidéos de Mayfield, partagées sur les réseaux sociaux, montrent des bâtiments éventrés, du métal tordu, des arbres et des briques éparpillés dans les rues. 


Plusieurs comtés du Kentucky ont été également dévastés par la plus forte tornade qui a parcouru plus de 300 kilomètres dans l'Etat, a ajouté le gouverneur.


Les chaînes américaines ont filmé le passage des tornades: cylindres noirs balayant le sol, illuminés par des éclairs intermittents.


Plus au nord-ouest, dans l'Illinois, une centaine de personnes environ, selon les médias, étaient prises au piège d'un entrepôt d'Amazon ravagé par la tempête. Il s'agit d'employés du géant de la distribution qui travaillaient de nuit pour traiter les commandes avant les fêtes de fin d'année.

Des employés d'Amazon piégés dans un entrepôt après une tempête aux États-Unis

Des employés d'Amazon étaient pris au piège samedi d'un entrepôt du géant de la distribution ravagé la veille par une tempête, dans l'État américain de l'Illinois, selon les autorités et des médias qui parlent d'une centaine de personnes. 


L'agence de gestion des urgences de Collinsville a évoqué "de nombreuses personnes piégées dans l'entrepôt d'Amazon" après cet "incident de masse", les médias locaux évoquant une centaine de personnes environ toujours à l'intérieur. 
Les images de l'entrepôt Amazon d'Edwardsville, partagées par les chaînes d'information américaines et les réseaux sociaux, montrent une grande partie du toit de l'installation arrachée, un des murs effondré dans le bâtiment et des gravats éparpillés sur le site. 

Les secours ont travaillé jusqu'aux premières heures de samedi pour tenter de dégager ces personnes de l'installation, dont le tiers n'est plus que décombres.
Dans une déclaration aux médias locaux, le porte-parole d'Amazon Richard Rocha a affirmé que "la sécurité et le bien-être" des employés et partenaires d'Amazon étaient la "priorité absolue" du groupe.


"Nous évaluons la situation et nous partagerons des informations supplémentaires dès qu'elles seront disponibles", a-t-il ajouté.

«Prières»
Le gouverneur de l'Illinois JB Pritzker a déclaré adresser ses "prières aux habitants d'Edwardsville" en soulignant que la police et l'Agence de gestion des urgences de l'Illinois coordonnaient "étroitement leurs actions avec les responsables locaux". 


En Arkansas, une personne a été tuée et 20 ont été piégées dans une maison de repos, selon les médias. Mais les sauveteurs sont parvenus à évacuer les personnes piégées du bâtiment dont la structure était "pratiquement détruite", a déclaré un responsable du comté de Craighead, Marvin Day, aux chaînes d'information locales. Une autre personne a péri ailleurs dans cet État.


Dans le Tennessee, au moins deux personnes ont été tuées dans des événements liés aux intempéries, selon un responsable de la gestion des urgences cité par les médias locaux.


Des tornades ont également touché le Missouri.


Selon les scientifiques, le changement climatique accroît l'ampleur et la fréquence des tempêtes qui affectent déjà les Etats-Unis.


Plus personne à la rue : un défi de taille pour le nouveau Premier ministre britannique

Des tentes alignées pour des personnes sans domicile sont photographiées dans une rue de Londres le 28 juillet 2026. (AFP)
Des tentes alignées pour des personnes sans domicile sont photographiées dans une rue de Londres le 28 juillet 2026. (AFP)
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  • Andy Burnham promet d'en finir avec le sans-abrisme, malgré un bilan mitigé à Manchester et une hausse record des sans-abri en Angleterre
  • Les experts jugent que 340 M£ ne suffiront pas et réclament davantage de logements sociaux et d'investissements

LONDRES: En arrivant à Downing Street, Andy Burnham s'est engagé à ce que plus personne ne dorme dans la rue au Royaume-Uni. Une promesse ambitieuse que le nouveau Premier ministre avait déjà faite en tant que maire du Grand Manchester, avec un résultat mitigé.

Sur une petite place du centre de Londres, Kevin, 60 ans, vend "The Big Issue", un journal au profit des sans-abri.

"Ca me permet de tenir le coup", dit cet homme sans domicile fixe depuis sa sortie de prison en 2010.

Interrogé sur l'engagement du nouveau chef du gouvernement travailliste, qui a pris ses fonctions le 20 juillet, il se montre sceptique : "Je pense que ça ne veut rien dire: il vient de Manchester et n'a pas réussi à régler le problème là-bas".

Pour Kevin, qui dort sous une tente, les centres d'hébergement ne sont pas toujours préférables à la rue. "J'ai fréquenté trois foyers différents dans le centre de Londres et je n'y mettrais même pas mon chien. C'était dégoûtant. On voyait des seringues partout".

- Records -

En 2017, tout juste élu maire de l'agglomération de Manchester, Andy Burnham avait annoncé le programme "A Bed Every Night" ("Un lit chaque nuit"), qui a permis de faire passer le nombre des personnes dormant dans la rue de 268 cette année-là à 90 en 2021, selon les autorités locales. Mais ce chiffre est remonté à 197 en 2025.

Dans toute l'Angleterre, le nombre des gens à la rue a atteint en 2025 un record de 4.793, selon les chiffres du gouvernement. Et le groupe de réflexion Institute for Public Policy Research (IPPR) s'attend à voir ce chiffre augmenter de 25% d'ici à 2030.

Plus largement, 382.000 personnes n'avaient pas de domicile permanent en 2025 en Angleterre, selon l'association Shelter.

Les collectivités locales, compétentes pour s'occuper des sans-abri mais confrontées à des coupes budgétaires, peinent à lutter contre ce phénomène.

Des associations prennent le relais, telle "Hackney Night Shelter" qui offre gratuitement un lit à une vingtaine de personnes pendant deux semaines au maximum.

Les stores à lamelles grises des dortoirs rappellent le passé du bâtiment, qui abritait autrefois des bureaux, même si l'association a su aménager l'espace pour le rendre accueillant.

Mark Palframan, 61 ans, son directeur, salue l'objectif d'Andy Burnham. "C'est un objectif réaliste", estime-t-il, à condition d'y consacrer les ressources suffisantes.

- Travailleurs sans abri -

Situation préoccupante, beaucoup de personnes sans domicile fixe ont un emploi. Le refuge a en particulier hébergé des assistants d'éducation et des professionnels du cinéma.

"Autrefois, le travail permettait de sortir du sans-abrisme", souligne M. Palframan, pour qui il serait utile de s'attaquer au coût de la vie, d'améliorer les droits des locataires et d'accélérer les procédures d'asile.

Eddie, un Lituanien de 46 ans, a travaillé pendant la moitié des 20 années qu'il a passées au Royaume-Uni.

Portant un treillis militaire, il se prépare à passer une nouvelle nuit dehors dans le quartier branché d'Hackney, à Londres.

"Je travaillais pour une entreprise de déménagement. Quand elle a arrêté de me payer, (...) je n'ai plus pu payer mon loyer, alors j'ai vécu dans le camion que j'utilisais pour le travail", explique-t-il.

Bénéficiaire d'allocations pour handicap, Eddie a aussi vécu dans un squat qui a été fermé après l'interdiction en 2012 des occupations illégales d'immeubles résidentiels abandonnés.

- Bâtiments vides -

"Il y a des bâtiments vides, pourquoi ne pas laisser les gens y vivre ?", interroge-t-il.

L'association londonienne Street Storage, quant à elle, met des espaces de stockage à la disposition des sans-abri.

Il y avait un chef cuisinier qui "rangeait ici sa tenue et ses couteaux de cuisine, dormait dehors pendant la journée, venait les récupérer le soir, travaillait de nuit, les rapportait le matin", raconte sa dirigeante, Rachel Woolf.

Andy Burnham s'est engagé à consacrer 340 millions de livres (près de 400 millions d'euros) pour mettre fin au sans-abrisme "au plus vite".

Cette somme ne suffira pas "à régler le problème", commente Maya Singer Hobbs, chercheuse à l'IPPR, qui insiste sur la nécessité de construire plus de logements sociaux.

Ce qui requiert un "investissement initial" important mais permettrait de "réaliser des économies" sur le long terme, souligne-t-elle. Le coût s'élèverait toutefois à plusieurs "milliards" et il ne faut donc pas s'attendre à des annonces avant que le gouvernement ne présente son budget plus tard dans l'année.


Séisme au Japon: plusieurs dizaines de blessés, des personnes piégées dans un centre commercial

Un puissant séisme a secoué mardi le sud-ouest du Japon, causant plusieurs dizaines de blessés, faisant s'effondrer des bâtiments et provoquant des incendies, la télévision faisant état de "nombreux" morts dans un centre commercial endommagé. (AFP)
Un puissant séisme a secoué mardi le sud-ouest du Japon, causant plusieurs dizaines de blessés, faisant s'effondrer des bâtiments et provoquant des incendies, la télévision faisant état de "nombreux" morts dans un centre commercial endommagé. (AFP)
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  • Le tremblement de terre survenu à 16H27 (07H27 GMT) sur l'île de Kyushu, était de magnitude 7,1 selon l'agence météorologique nippone JMA. Une alerte au tsunami émise après la secousse a été levée
  • La secousse a par ailleurs atteint le niveau maximum (7) sur une échelle distincte utilisée au Japon, qui mesure la force avec laquelle les séismes sont ressentis à un endroit donné, selon la JMA

TOKYO: Un puissant séisme a secoué mardi le sud-ouest du Japon, causant plusieurs dizaines de blessés, faisant s'effondrer des bâtiments et provoquant des incendies, la télévision faisant état de "nombreux" morts dans un centre commercial endommagé.

A Kashima, dans le département de Kumamoto touché par la secousse, le deuxième étage d'un centre commercial s'est effondré, piégeant de "nombreuses personnes" à l'intérieur, ont annoncé les services de secours. Une déflagration y avait été entendue.

Selon la chaîne de télévision privée TBS, un "nombre considérable" de personnes y ont trouvé la mort. Contactée par l'AFP, la police locale s'est dite incapable de confirmer d'éventuelles victimes à ce stade.

Le tremblement de terre survenu à 16H27 (07H27 GMT) sur l'île de Kyushu, était de magnitude 7,1 selon l'agence météorologique nippone JMA. Une alerte au tsunami émise après la secousse a été levée.

La secousse a par ailleurs atteint le niveau maximum (7) sur une échelle distincte utilisée au Japon, qui mesure la force avec laquelle les séismes sont ressentis à un endroit donné, selon la JMA.

Des images de télévision montraient des ponts routiers en partie détruits, des bâtiments éventrés et des wagons de trains de marchandises renversés.

"Nous évaluons encore l'ampleur des blessés et des dégâts matériels", a déclaré la Première ministre Sanae Takaichi lors d'une intervention télévisée.

"Des coupures de courant et des incendies se produisent dans certaines zones, des routes et ponts ont été endommagés, et des bâtiments se sont effondrés", a-t-elle ajouté.

La télévision publique NHK faisait état d'au moins 50 personnes hospitalisées après le séisme et de 12 habitations effondrées près de la ville de Yatsushiro.

"Terrifiée"

"La secousse a été assez forte et a duré longtemps. J'étais terrifiée", a confié à l'AFP Chiharu Hara, une recruteuse de 35 ans en déplacement professionnel dans le département de Kumamoto.

Dans les locaux de son client, "rien n'est tombé du plafond, mais le bâtiment a violemment oscillé. J'ai eu peur qu'il s'effondre. Tout le monde a paniqué", explique-t-elle, ajoutant que les routes sont partiellement fermées et faisant état de problèmes de connexion téléphonique.

"Lorsque le séisme s'est produit, les secousses étaient si fortes que je ne pouvais pas rester debout", a déclaré à la télévision un employé de la NHK dans le département de Kumamoto

"C'était vraiment très fort. Les secousses se poursuivent à l'heure où je vous parle", ajoutait-il.

Aucune anomalie immédiate n'a été constatée dans les centrales nucléaires de la région, selon l'Autorité japonaise de régulation nucléaire.

Quelque 45.000 foyers et installations sont privés d'électricité dans le département de Kumamoto, selon l'opérateur Kyushu Electric Power, qui a précisé que trois réacteurs nucléaires de la région continuaient de fonctionner normalement.

Le géant taïwanais des puces électroniques TSMC, qui a ouvert une usine de semi-conducteurs à Kumamoto en 2024 et en construit une autre dans cette région, a indiqué à l'AFP avoir évacué son personnel par mesure de précaution.

Séismes meurtriers 

Kumamoto avait été frappé en 2016 par deux séismes dévastateurs -- l'un de magnitude 6,5, suivi deux jours plus tard par un autre de magnitude 7,3. Ils ont fait 273 morts et plus de 2.800 blessés.

Un séisme de magnitude 7,2 avait par ailleurs frappé le nord du Japon le 25 juin dernier, sans faire de morts ni causer de dégâts importants.

Le Japon est l'un des pays les plus exposés aux séismes au monde, situé à la jonction de quatre grandes plaques tectoniques le long de la bordure occidentale de la "ceinture de feu" du Pacifique.

L'archipel, qui compte environ 125 millions d'habitants, enregistre généralement plusieurs centaines de secousses chaque année et représente environ 18% des séismes recensés dans le monde.

La très grande majorité d'entre eux sont de faible intensité, même si les dégâts qu'ils provoquent varient en fonction de leur localisation et de la profondeur à laquelle ils se produisent sous la surface terrestre.

Le pays reste marqué par le gigantesque séisme sous-marin de magnitude 9,0 survenu en 2011, qui avait déclenché un tsunami faisant quelque 18.500 morts ou disparus et provoqué la catastrophe de la centrale nucléaire de Fukushima.

 


Première rencontre Netanyahu-Trump, sur fond de tensions, depuis le début de la guerre en Iran

Le président américain Donald Trump et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu se serrent la main à la résidence Mar-a-Lago de Donald Trump, à Palm Beach, en Floride. (Photo d'archives/AFP)
Le président américain Donald Trump et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu se serrent la main à la résidence Mar-a-Lago de Donald Trump, à Palm Beach, en Floride. (Photo d'archives/AFP)
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  • Benjamin Netanyahu rencontre Donald Trump mardi à Washington pour discuter de l'Iran, de Gaza, du Liban et des dossiers régionaux, malgré des tensions récentes entre les deux dirigeants
  • Les deux alliés cherchent à afficher leur unité, tout en poursuivant les discussions sur la sécurité régionale, la normalisation et l'après-guerre à Gaza

JERUSALEM: Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu doit rencontrer mardi le président américain Donald Trump à Washington, pour la première fois depuis le début de la guerre au Moyen-Orient, qui a fait surgir des tensions entre eux.

Les divergences apparues entre les deux alliés ont toutefois été tempérées par des déclarations rassurantes de part et d'autre.

Leurs discussions doivent être centrées sur les dossiers régionaux, en particulier l'Iran, alors que Washington affirme vouloir redonner une chance à la diplomatie, après deux semaines de bombardements sans précédent depuis le cessez-le-feu d'avril.

Israël, qui avait lancé conjointement avec les Etats-Unis l'offensive sur Téhéran le 28 février ayant déclenché la guerre régionale, n'a pas pris part à la dernière vague d'affrontements.

Le rendez-vous "est un grand privilège, mais aussi une grande responsabilité", a déclaré M. Netanyahu avant son départ d'Israël lundi.

"Nous discuterons de tous les sujets (...) avant tout de l'Iran, naturellement, notre objectif est de garantir notre sécurité, mais aussi d'élargir le cercle de la paix autour de nous", a-t-il ajouté.

Les relations entre les deux dirigeants s'étaient fortement dégradées en avril, lors des négociations sur un premier cessez-le-feu entre Washington et Téhéran, Donald Trump s'en prenant alors vertement à son allié israélien accusé de faire obstacle aux efforts diplomatiques.

Le président américain avait notamment qualifié Benjamin Netanyahu de "type très difficile" lors d'une interview.

Ce dernier a concédé des "désaccords tactiques", tout en assurant partager avec Donald Trump les mêmes objectifs dans la guerre.

- "Pas de rupture" -

Mardi, ils doivent aussi discuter de la mise en oeuvre de l'accord-cadre conclu sous l'égide des Etats-Unis entre Israël et le Liban - en vue de leur sortie de l'état de guerre - dont l'application reste difficile sur le terrain.

Dimanche encore, l'armée libanaise a condamné la poursuite des opérations militaires d'Israël dans le sud du pays, où, malgré les demandes de retrait de Beyrouth, il occupe un pan de territoire affirmant vouloir neutraliser le Hezbollah pro-iranien.

Les discussions devraient également porter sur la bande de Gaza, sur fond d'impasse des efforts diplomatiques pour amorcer la reconstruction du territoire palestinien dévasté par deux ans de guerre entre le Hamas et Israël.

La situation humanitaire y est catastrophique et malgré le fragile cessez-le-feu entré en vigueur en octobre 2025, des Palestiniens continuent d'être tués régulièrement par des tirs israéliens, selon les autorités palestiniennes et des sources médicales, l'armée israélienne disant viser des combattants.

Selon Yonatan Freeman, expert en relations internationales à l'Université hébraïque de Jérusalem, le rendez-vous vise avant tout à dissiper les spéculations sur un refroidissement des relations.

"L'enjeu principal est de montrer au monde entier, à l'Iran, mais aussi au Liban et à d'autres pays en particulier, qu'il n’y a pas de rupture ni de désaccord majeur entre les Etats-Unis et Israël", a-t-il dit à l'AFP, jugeant qu'il existe "davantage de points d'accord que de désaccord" entre eux.

Les éventuelles divergences portent davantage, selon lui, sur les moyens (calendrier, intensité des opérations militaires ou objectifs immédiats) que sur les finalités.

Selon lui, Donald Trump devrait se concentrer sur ses deux priorités régionales, l'Iran et l'élargissement des accords d'Abraham de normalisation des relations des pays arabes avec Israël.

Selon d'autres observateurs, les échanges pourraient aussi porter sur les modalités d'un éventuel allègement de la présence militaire israélienne dans la région (Liban, Syrie, Gaza).

Plusieurs médias israéliens, citant des sources politiques, ont rapporté que le cabinet de sécurité avait approuvé le cadre juridique permettant le déploiement d'une force internationale de stabilisation (ISF) à Gaza, une décision présentée comme un geste envers Washington.

Cette force internationale, qui s'inscrit dans le cadre du "Conseil de paix" promu par Donald Trump, constitue l'un des volets du dispositif américain envisagé pour l'après-guerre à Gaza.

La visite de Benjamin Netanyahu intervient par ailleurs alors qu'il brigue un nouveau mandat, lors des législatives du 27 octobre.

Les derniers sondages le donnent en difficulté, une partie de l'opinion lui reprochant toujours l'échec de son gouvernement à empêcher l'attaque du Hamas contre Israël le 7 octobre 2023, qui a déclenché la guerre à Gaza.