En terre RN, Anne Hidalgo veut défendre la primaire

La maire de Paris Anne Hidalgo pose à son arrivée à la cérémonie de remise du Ballon d'Or France Football 2021 au Théâtre du Châtelet à Paris le 29 novembre 2021. (Anne-Christine Poujoulat/AFP)
La maire de Paris Anne Hidalgo pose à son arrivée à la cérémonie de remise du Ballon d'Or France Football 2021 au Théâtre du Châtelet à Paris le 29 novembre 2021. (Anne-Christine Poujoulat/AFP)
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Publié le Dimanche 12 décembre 2021

En terre RN, Anne Hidalgo veut défendre la primaire

  • La candidate socialiste veut prouver qu'elle est toujours là et bien «déterminée», malgré les sondages
  • Anne Hidalgo, qui aime à répéter qu'elle est social-démocrate, afin de rappeler son appartenance à cette famille qui a enregistré des succès en Europe

PERPIGNAN, France : Anne Hidalgo, en difficulté dans les sondages, tient dimanche à Perpignan, ville RN, son deuxième meeting de campagne, pour "défendre la République et ses valeurs", au lendemain de son appel à une primaire de la gauche pour "continuer à exister" face à la droite et à l'extrême droite.

Alors que beaucoup, notamment à gauche, ont ironisé sur ce qu'ils considèrent comme "une proposition de la dernière chance" ou "une bouée de sauvetage", la candidate socialiste veut prouver qu'elle est toujours là et bien "déterminée", malgré des sondages qui lui confèrent entre 3 et 7% des intentions de vote.

Son appel à une primaire, via le mouvement citoyen de la Primaire populaire, qui plaide depuis un an pour une candidature unique à gauche, a pour l'instant fait pschitt auprès de ses principaux concurrents de gauche, qui ont refusé d'y participer. 

Mais Anne Hidalgo se dit persuadée qu'ils changeront d'avis sous pression "du peuple de gauche", qui est "en colère". 

"J'entends les Français, et notamment ceux de gauche, qui disent +on veut cette union, on ne peut pas être dans une situation où notre choix serait deux candidats d'extrême-droite et deux de droite+", a-t-elle expliqué. 

Dans cette optique, son meeting à Perpignan, où sont attendues entre 800 et 1.000 personnes, (avec pass sanitaire et masque obligatoire) est "un moment important pour proposer un autre récit national que celui qui nous est imposé", explique le maire de Bourg-en-Bresse Jean-François Debat, proche de la candidate.

"Venir à Perpignan est un choix clair. On ne peut pas constater la violence du débat médiatique, son orientation d’extrême droite, et ne pas avoir un discours fort sur l’attachement aux valeurs de République: la solidarité, la tolérance, l’éducation, l’accès à la culture, l’égalité des chances…", résume Carole Delga, la présidente de la région Occitanie. 

"Quand je vois l'état de notre pays, quand je vois le week-end dernier ces images d'une violence inouïe" (lors du meeting d'Eric Zemmour, ndlr), et qu'"un raciste, xénophobe, négationniste est invité, table ouverte, sans qu'on vienne lui reprocher ses manquements profonds à notre Histoire, ça me met en colère", a d'ailleurs expliqué sur France 2 la candidate.

Anne Hidalgo, qui aime à répéter qu'elle est social-démocrate, afin de rappeler son appartenance à cette famille qui a enregistré des succès en Europe du Nord, en Espagne ou encore en Allemagne, espère enfin être plus audible. 

"On nous explique à longueur de journée que la seule thématique qui vaille c'est la question de l'immigration. Il faut la traiter bien sûr, la question de la sécurité aussi, mais aujourd'hui ce qui mine notre pays, ce sont les injustices sociales, c'est là-dessus qu'il faut apporter des réponses", a-t-elle insisté.

Son entourage promet un format court et percutant. La candidate devrait notamment convoquer ses origines espagnoles pour évoquer les Républicains réfugiés dans la région pour échapper au franquisme.

Un cadre du PS, critique, dit espérer qu'elle "démontera" les arguments de Zemmour. "Il ne faut pas juste dire que c'est un guignol", insiste-t-il, en référence à des déclarations de la candidate sur le polémiste d'extrême droite. 

"Elle mène la bataille des idées", confirme Johanna Rolland, sa directrice de campagne. 

Ce meeting intervient au lendemain du discours du candidat écologiste Yannick Jadot à Laon. Et même si ce dernier a refusé l'idée d'une primaire à gauche, rappelant que lui s'était désisté avec "panache" en 2017 au profit de Benoît Hamon, pas question de se tromper d'ennemi. "Notre adversaire c'est la droite et l'extrême droite", insiste Johanna Rolland.  

Ce meeting sera-t-il le dernier d'Anne Hidalgo avant de quitter la campagne, comme le murmurent certains? "Vous la connaissez mal, elle est pas du genre à se retirer, elle est prête à se retirer à une seule condition, c'est d'être battue à un scrutin", a affirmé le Premier secrétaire du PS Olivier Faure, sur RTL. 

"Le train est parti. La primaire populaire aura lieu et j’y participerai" même si Yannick Jadot n'y vient pas, a-t-elle assuré dans le JDD, appelant encore le candidat écolo à "réfléchir".

Et Anne Hidalgo en est persuadée, c'est elle qui va gagner cette primaire....si elle a vraiment lieu.


A huit mois de la présidentielle française, les ingérences russes se multiplient

Le fondateur et président du parti de droite Horizons, maire du Havre et candidat à l'élection présidentielle française de 2027, Édouard Philippe, prononce un discours lors d'un meeting de campagne à l'Adidas Arena, dans le nord de Paris, le 5 juillet 2026. (AFP)
Le fondateur et président du parti de droite Horizons, maire du Havre et candidat à l'élection présidentielle française de 2027, Édouard Philippe, prononce un discours lors d'un meeting de campagne à l'Adidas Arena, dans le nord de Paris, le 5 juillet 2026. (AFP)
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  • Des campagnes de désinformation attribuées à des réseaux prorusses visent plusieurs candidats à la présidentielle française
  • Le gouvernement veut durcir les sanctions, tandis que la gauche demande aussi d'agir contre TikTok et X

PARIS: A huit mois de la présidentielle française, les ingérences russes visant des candidats s'intensifient en France même si elles restent peu visibles. Le gouvernement rappelle qu'il a récemment présenté un projet de loi, mais une partie de la gauche demande aussi de cibler les plateformes comme TikTok ou X.

"Si on ne fait rien pour se protéger, l'élection peut être faussée", s'est inquiété jeudi sur la radio RTL Gabriel Attal, ancien Premier ministre de la majorité du président Emmanuel Macron, directement visé, accusant "la Russie de vouloir voler" ce scrutin aux Français.

Une série d'opérations de déstabilisation, attribuées à des réseaux prorusses, ont ciblé en quelques jours trois candidats déclarés ou pressentis à la présidentielle.

Le candidat de centre droit Edouard Philippe a été calomnié sur son état de santé, l'eurodéputé de gauche Raphaël Glucksmann à été visé à travers sa compagne, la journaliste Léa Salamé, accusée d'avoir soudoyé des médias pour favoriser la candidature de son mari. Quant à Gabriel Attal (centre droit), il a été présenté comme potentiellement atteint de la maladie de Parkinson.

Même si ces opérations sont restées peu visibles d'après une source sécuritaire, il s'agit des premières visant directement depuis le début de la campagne des prétendants à la présidence.

Mercredi soir, le Premier ministre Sébastien Lecornu a réagi en rappelant que le gouvernement avait présenté fin juillet un projet de loi en Conseil des ministres.

Le texte prévoit un durcissement des peines pour les personnes ayant diffusé des fausses informations dans un contexte électoral: d'un an d'emprisonnement et 15.000 euros d'amende, elles seront portées à trois ans et 45.000 euros. Et elles pourront aller jusqu'à six ans de détention lorsque l’altération du scrutin a été réalisée "pour servir les intérêts d’une puissance, d’une entreprise ou d’une organisation étrangères".

L'exécutif a aussi présenté un décret prévoyant la création d'une "commission d'information" qui aura pour mission d'informer le public et les candidats en cas d'ingérences.

Le Premier ministre avait reçu en juin les partis politiques, évoquant des "perspectives de menaces lourdes sur l'élection présidentielle".

Interpellé par le leader de La France insoumise (gauche radicale) Jean-Luc Mélenchon, qui déplorait que son mouvement ait depuis envoyé des propositions au gouvernement sans recevoir "de nouvelles", Sébastien Lecornu a indiqué souhaiter poursuivre "à la rentrée" ce "travail en commun" avec les formations politiques.

Mais une partie de la gauche estime que le gouvernement ne va pas assez loin et souhaite aussi cibler les plateformes étrangères comme TikTok ou X.

- Silence à droite et à l'extrême droite -

Raphaël Glucksmann demande ainsi aux autorités françaises et européennes de ne pas avoir "la main qui tremble" s'il faut sanctionner ces réseaux.

Et de rappeler les soupçons entourant le candidat d'extrême droite Calin Georgescu lors de la présidentielle de 2024 en Roumanie. Arrivé à la surprise générale en tête du premier tour, il a été accusé par les autorités roumaines d'avoir bénéficié d'une campagne de soutien illicite orchestrée par Moscou, notamment sur TikTok. L'élection a été annulée et le pro-européen Nicusor Dan a finalement remporté le scrutin quelques mois plus tard.

"Il n'y a pas eu de sanctions prises contre TikTok", a déploré Raphaël Glucksmann.

La patronne des Ecologistes Marine Tondelier va encore plus loin proposant de suspendre en France des réseaux comme X le temps de la campagne "en cas d'ingérences constatées en amont".

Depuis qu’il a racheté Twitter devenu X, en 2022, le milliardaire américain Elon Musk multiplie les messages politiques sur sa plateforme. Début juillet, il a notamment qualifié la candidature de Marine Le Pen (Rassemblement national, extrême droite) de "dernier espoir pour la France".

Face aux opérations de déstabilisation des derniers jours, droite et extrême droite restent à ce stade silencieuses.

Politiquement, le sujet est sensible pour le Rassemblement national en raison des liens passés du parti avec la Russie à travers notamment un prêt contracté auprès d'une banque russe dans les années 2010.

En 2025, le président du parti, Jordan Bardella, avait toutefois durci son discours, qualifiant Moscou de "menace multidimensionnelle" pour la France et évoquant notamment les ingérences russes.

Pour Raphaël Glucksmann "la campagne de 2027 sera marquée par des ingérences massives".

Pourront-elles avoir des conséquences dans l'isoloir ? Leur impact demeure "difficile à déterminer", soulignait y a quelques mois Laurent Cordonier, directeur de la recherche de la Fondation Descartes, lors d'une table ronde au Sénat consacrée aux risques de manipulations numériques à l'approche des échéances électorales.


Ingérences étrangères: Matignon veut poursuivre à la rentrée "un travail commun" avec les formations politiques

Le Premier ministre français Sébastien Lecornu s'exprime lors d'une séance de questions au gouvernement à l'Assemblée nationale, à Paris, le 21 juillet 2026. (AFP)
Le Premier ministre français Sébastien Lecornu s'exprime lors d'une séance de questions au gouvernement à l'Assemblée nationale, à Paris, le 21 juillet 2026. (AFP)
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  • Sébastien Lecornu veut relancer à la rentrée un travail avec tous les partis contre les ingérences étrangères
  • Le gouvernement prévoit de renforcer la lutte contre la désinformation électorale avec des sanctions accrues et un protocole de signalement

PARIS: Sébastien Lecornu a dit mercredi soir qu'il souhaitait poursuivre, "à la rentrée", "un travail commun" avec l’ensemble des formations politiques pour lutter contre les ingérences étrangères, alors que trois candidats déclarés ou pressentis à la présidentielle ont été visés ces derniers jours par des opérations de déstabilisation russes.

"Je partage l’idée que ce sujet mérite un travail commun. C’est précisément celui que nous avons engagé à Matignon et que nous poursuivrons à la rentrée avec l'ensemble des formations politiques", a écrit sur X le chef du gouvernement, interpellé sur le sujet par le tribun insoumis Jean-Luc Mélenchon.

En juin, le Premier ministre avait reçu à Matignon les partis politiques sur ce thème. Il avait alors évoqué des "perspectives de menaces lourdes sur l'élection présidentielle", soulignant que "l'ensemble de la classe politique" pouvait être concernée.

Depuis la fin juillet, trois prétendants déclarés ou pressentis à l'Elysée, le patron d'Horizons Edouard Philippe, celui de Renaissance Gabriel Attal et de Place Publique Raphaël Glucksmann ont été ciblés par la Russie à travers des campagnes de désinformation en ligne. Une première en France pour des candidats à la présidentielle, même si ces opérations sont restées peu visibles, d'après une source sécuritaire.

"Le dispositif de détection que nous avons mis en place fonctionne", s'est félicité mercredi soir Sébastien Lecornu.

Par ailleurs, "nous avons déjà présenté en Conseil des ministres un projet de loi pour renforcer encore notre arsenal, notamment en triplant les peines contre la production de faux contenus en période électorale".

"Un protocole de transmission automatique de tous les cas détectés sera également mis en place, en lien avec les formations politiques et les services compétents", a-t-il ajouté.

Depuis la réunion avec les partis en juin, il précise avoir reçu des propositions de la part de certaines formations politiques, mais que "toutes n'ont pas encore répondu".


L'ambassadeur d'Arabie saoudite en France reçoit la députée Amélia Lakrafi

L'ambassadeur d'Arabie saoudite en France, le Dr Faisal Al-Mejfel (à droite), reçoit Mme Amélia Lakrafi (à gauche), députée et vice-présidente du groupe d'amitié France–Arabie saoudite à l'Assemblée nationale. (Photo : compte X @KSAembassyFRA)
L'ambassadeur d'Arabie saoudite en France, le Dr Faisal Al-Mejfel (à droite), reçoit Mme Amélia Lakrafi (à gauche), députée et vice-présidente du groupe d'amitié France–Arabie saoudite à l'Assemblée nationale. (Photo : compte X @KSAembassyFRA)
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  • Les échanges ont porté sur plusieurs dossiers d'intérêt commun entre la France et l'Arabie saoudite

DUBAI: L'ambassadeur d'Arabie saoudite en France, le Dr Faisal Al-Mejfel, a reçu Mme Amélia Lakrafi, députée des Français établis hors de France et vice-présidente du groupe d'amitié France–Arabie saoudite à l'Assemblée nationale.

Au cours de cette rencontre, les deux responsables ont échangé sur plusieurs sujets d'intérêt commun, dans le cadre des relations bilatérales entre la France et l'Arabie saoudite. Les discussions ont porté sur des dossiers partagés, illustrant la poursuite du dialogue entre les deux pays. 

Cette rencontre s'inscrit dans le cadre des échanges entre les représentants français et saoudiens visant à renforcer la coopération sur des enjeux d'intérêt mutuel.