Les coûts des catastrophes naturelles estimés à $250 milliards en 2021

La Tour Swiss Re à Londres, connue sous le nom de "cornichon" (The 'Gherkin'). (Photo, AFP)
La Tour Swiss Re à Londres, connue sous le nom de "cornichon" (The 'Gherkin'). (Photo, AFP)
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Publié le Mercredi 15 décembre 2021

Les coûts des catastrophes naturelles estimés à $250 milliards en 2021

  • La catastrophe naturelle la plus coûteuse pour les assureurs cette année a été la tempête Ida, qui avait notamment entraîné des inondations à New York
  • C'est la quatrième année la plus coûteuse pour les compagnies d'assurances depuis 1970 pour couvrir les frais engendrés par des catastrophes naturelles

Les coûts des catastrophes naturelles en 2021 se sont montés à quelque 250 milliards de dollars (221 milliards d'euros), selon une première estimation publiée mardi par le réassureur Swiss Re, en hausse de 24% par rapport à 2020.

La facture pour les assureurs est, elle, évaluée à 105 milliards de dollars, en hausse de 17% par rapport à l'année précédente, indique le réassureur suisse dans un communiqué, ce qui en fait la quatrième année la plus coûteuse pour les compagnies d'assurances depuis 1970 pour couvrir les frais engendrés par des catastrophes naturelles, précise-t-il.

"En 2021, les pertes assurées engendrées par les désastres naturels ont à nouveau excédé la précédente moyenne sur dix ans", a constaté le groupe qui fait office d'assureur pour les assureurs, soulignant que la tendance va dans le sens d'une augmentation de 5 à 6% par an des pertes pour les assureurs au cours des dernières décennies.

La catastrophe naturelle la plus coûteuse pour les assureurs cette année a été la tempête Ida, qui avait notamment entraîné des inondations à New York pour laquelle la facture pour les assureurs est estimée aux alentours de 30 à 32 milliards de dollars.

Vient ensuite la tempête hivernale Uri, avec la vague de froid qui s'était étendue jusqu'au Texas, touchant notamment le réseau électrique, les dommages pris en charge par les assureurs étant évalués à 15 milliards de dollars.

Les inondations de juillet en Allemagne et en Belgique ainsi que dans les pays voisins ont été la catastrophe la plus coûteuse en Europe, entraînant 40 milliards de dollars de pertes économiques et une facture de 13 milliards de dollars pour les assureurs.  eb

Ces estimations sont cependant provisoires. Elles ne tiennent pas encore compte des événements survenus en décembre qui sont encore "en cours d'évaluation", souligne le groupe suisse dans le communiqué, qui n'a pas donné d'indications à ce stade sur les récentes tornades aux Etats-Unis.

A ces lourdes catastrophes se sont ajoutés de nombreux désastres naturels dits secondaires tels que les orages de grêles en Europe en juin, les inondations dans la province du Henan en Chine ainsi qu'en Colombie-Britannique au Canada ou encore le dôme de chaleur au Canada et la poussée des températures en Méditerranée qui ont entraîné d'importants incendies.

"Il semble être devenu la norme qu'au moins un péril secondaire comme une inondation sévère, une tempête d'hiver ou un incendie, engendre chaque année des pertes de plus de 10 milliards de dollars", a souligné Martin Bertogg, le directeur de la branche spécialisée dans les catastrophes naturelles de Swiss Re, cité dans le communiqué.

Aux catastrophes naturelles s'ajoutent les coûts liés à la catégorie dite des sinistres humains, comme par exemple les accidents industriels. Dans cette catégorie, les pertes économiques sont estimées à 9 milliards de dollars, en baisse de 38% sur un an, la facture pour les assureurs étant pour sa part évaluée à 7 milliards de dollars.

Au total, les pertes assurées devraient se monter à 112 milliards de dollars, en hausse de 13% sur un an, selon cette première estimation.


Des économistes appellent Washington à dégeler les avoirs afghans

Des talibans surveillent un avant-poste dans le village de Tawakh à Anaba (Photo, AFP).
Des talibans surveillent un avant-poste dans le village de Tawakh à Anaba (Photo, AFP).
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  • Avec la suspension de l'aide internationale l'Afghanistan est depuis plongé dans une grave crise financière et humanitaire
  • Washington avait saisi en février 7 milliards de dollars de réserves de la Banque centrale afghane déposés aux Etats-Unis

WASHINGTON: Plus de 70 économistes ont appelé l'administration Biden, dans une lettre ouverte publiée mercredi, à débloquer les 7 milliards de dollars d'avoirs de la Banque centrale d'Afghanistan gelés aux Etats-Unis depuis la prise de pouvoir des talibans.

"Nous sommes profondément préoccupés par l'effet cumulatif des catastrophes économique et humanitaire en Afghanistan actuellement, et en particulier par le rôle que jouent les politiques américaines dans leur déroulement", écrivent les 71 auteurs de la lettre, dont l'Américain Joseph Stiglitz, prix Nobel d'économie en 2001, ou encore l'ancien ministre grec des Finances Yanis Varoufakis.

"Nous écrivons aujourd'hui pour vous exhorter à agir immédiatement afin de faire face à cette crise, avant tout en permettant à la banque centrale d'Afghanistan (...) de récupérer ses réserves internationales", poursuivent-ils, affirmant que ce gel n'est pas justifié.

Après la prise du pouvoir par les talibans en août 2021, Washington avait saisi en février 7 milliards de dollars de réserves de la Banque centrale afghane déposés aux Etats-Unis.

Avec la suspension également de l'aide internationale, qui portait le pays à bout de bras, l'Afghanistan est depuis plongé dans une grave crise financière et humanitaire, et voit son chômage exploser.

"70% des ménages afghans sont incapables de répondre à leurs besoins essentiels", écrivent les signataires de la lettre ouverte, tandis que "quelque 22,8 millions de personnes -- plus de la moitié de la population -- font face à une insécurité alimentaire aiguë et trois millions d'enfants risquent la malnutrition".

"Le gouvernement des talibans a commis des choses atroces", déclarent les économistes, citant notamment le traitement des femmes, des filles et des minorités ethniques.

"Cependant, il est à la fois moralement condamnable, et politiquement et économiquement irresponsable, d'imposer une punition collective à un peuple entier pour les actions d'un gouvernement qu'il n'a pas choisi", lancent-ils.

Des négociations ont eu lieu fin juin entre Washington et les talibans sur le déblocage de fonds après un tremblement de terre ayant fait plus de 1.000 morts dans l'est du pays.

Joe Biden souhaitait que la moitié des 7 milliards soit réservée à l'indemnisation des familles de victimes des attentats du 11 septembre 2001 aux Etats-Unis et l'autre moitié à de l'aide humanitaire à l'Afghanistan, mais versée de manière à ce que l'argent ne tombe pas aux mains des talibans.

Mais selon les économistes, l'offre de Washington n'est pas satisfaisante car "les 7 milliards appartiennent dans leur entièreté au peuple afghan".

"Rendre moins que le montant total sape le rétablissement d'une économie dévastée", soulignent-ils.


Boeing livre son premier 787 Dreamliner depuis plus d'un an

Un Boeing 787 Dreamliner de United Airlines se rend à une porte de l'aéroport international O'Hare (Photo, AFP).
Un Boeing 787 Dreamliner de United Airlines se rend à une porte de l'aéroport international O'Hare (Photo, AFP).
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  • Le patron d'American Airlines s'est réjoui le même jour d'avoir pris livraison du premier Boeing 787-8 de la compagnie depuis avril 2021
  • En tout, 1.006 Dreamliner ont été livrés par Boeing depuis les premières commandes en 2004

WASHINGTON: Boeing a livré mercredi son premier 787 Dreamliner depuis juin 2021, a annoncé le constructeur aéronautique américain, alors que les livraisons de son appareil long-courrier étaient totalement suspendues depuis plus d'un an en raison de problèmes opérationnels.

"Nous avons repris les livraisons du 787 à la suite de nos analyses, vérifications et réusinage qui visaient à s'assurer que tous les avions soient conformes aux spécifications exactes de Boeing et aux exigences réglementaires", a affirmé le constructeur aéronautique dans un communiqué transmis à l'AFP.

Le patron d'American Airlines s'est réjoui le même jour d'avoir pris livraison du "premier Boeing 787-8" de la compagnie depuis avril 2021.

"Le 787 est une composante importante de la flotte d'American, et c'est le premier des neuf 787 que nous nous attendons à recevoir cette année", a déclaré Robert Isom sur sa page Instagram.

Le régulateur américain de l'aviation civile (FAA) avait annoncé lundi que Boeing avait effectué les "changements nécessaires" pour une reprise des livraisons de son 787 Dreamliner.

De premiers défauts sur le long-courrier 787 Dreamliner avaient été découverts à la fin de l'été 2020. L'appareil étant examiné de près, d'autres problèmes étaient depuis apparus.

Boeing avait dû suspendre les livraisons, de novembre 2020 à mars 2021 dans un premier temps, puis depuis fin mai.

Après avoir décidé en mars 2021 d'inspecter elle-même certains 787, la FAA avait annoncé en février avoir retiré temporairement à Boeing la capacité de certifier lui-même ses 787 Dreamliner.

Cette tâche est normalement dévolue à des employés de Boeing qui, selon un accord entre les autorités et le constructeur, peuvent procéder au nom de la FAA à l'inspection des avions et à l'émission des certificats de navigabilité.

Avec le feu vert de la FAA, les 787 qui sortent à présent de la ligne de production ne requièrent plus d'inspections conjointes, a affirmé Boeing mercredi.

Fin juin, le groupe comptait 120 de ces appareils à son inventaire et affirmait les produire à un très faible rythme.

En tout, 1.006 Dreamliner ont été livrés par Boeing depuis les premières commandes en 2004.


Printemps enchanté pour Disney+ qui a séduit 14 millions d'abonnés supplémentaires

L'application américaine de vidéo à la demande Disney+ (Photo, AFP).
L'application américaine de vidéo à la demande Disney+ (Photo, AFP).
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  • En tout, les plateformes de streaming de Disney (Disney+, Hulu et ESPN+ pour le sport) réunissent désormais 221 millions d'abonnés
  • Disney a vu son chiffre d'affaires augmenter de 26% sur un an, à 21,5 milliards de dollars pour le troisième trimestre

SAN FRANCISCO: La plateforme Disney+ a attiré 14,4 millions de nouveaux abonnés entre mars et juin, portant son total à 152 millions et rassurant un marché inquiet des risques de saturation des services numériques, alors que le boom lié à la pandémie a pris fin, et que les consommateurs font face à une inflation galopante.

En tout, les plateformes de streaming de Disney (Disney+, Hulu et ESPN+ pour le sport) réunissent désormais 221 millions d'abonnés, soit plus que Netflix, le vétéran du secteur qui a vu son nombre d'abonnés payants baisser à 220,67 millions fin juin.

Le géant du divertissement, qui prenait plus de 6% en Bourse lors des échanges électroniques après la clôture, a en outre dévoilé une nouvelle formule d'abonnement à Disney+ moins chère, avec de la publicité, d'après un communiqué aussi publié mercredi.

En tout, Disney a vu son chiffre d'affaires augmenter de 26% sur un an, à 21,5 milliards de dollars pour le troisième trimestre de son exercice décalé, un chiffre aussi supérieur aux attentes des analystes.

Son bénéfice net a progressé de moitié sur un an, à 1,4 milliard de dollars.

Ses parcs d'attractions et produits dérivés ont profité à plein de la reprise des activités en personne, à mesure que la pandémie desserre son étau sur la vie quotidienne dans le monde. Le segment a généré 7,4 milliards de dollars de chiffre d'affaires, 70% de plus qu'il y a un an.

Soupir de soulagement

"Le titre de Disney, comme celui de nombreux médias et sociétés technologiques, a reçu des coups cette année", a noté Paul Verna d'Insider Intelligence.

"Ses cœurs de métier, y compris les parcs d'attractions et les salles de cinéma, sont en train de rebondir mais affrontent encore des vents contraires, notamment l'accueil inhabituellement tiède du dernier dessin animé de Pixar, +Lightyear+", a ajouté l'analyste.

Disney+, en revanche, n'en finit plus d'enchanter le marché.

"Les investisseurs vont pousser un soupir de soulagement", estime Paul Verna. Les chiffres de la plateforme "vont être perçus comme un signe de la bonne santé du marché, surtout après les résultats médiocres de Netflix et Comcast".

Lancé fin 2019 comme un boulet de canon sur la scène du streaming, Disney+ capte désormais plus de 45% des utilisateurs américains de services de streaming, derrière YouTube, Netflix, Amazon et Hulu (qui appartient à Disney), selon les chiffres d'Insider Intelligence.

Alors que la pandémie a durement affecté les activités en personne de l'empire du divertissement, Disney+ a décollé, notamment grâce à son immense catalogue et à ses franchises à succès.

La plateforme a répété son objectif d'atteindre la rentabilité et entre 230 et 260 millions d'abonnés d'ici la fin 2024.

Pour y parvenir elle doit accumuler environ 8,5 millions de nouveaux clients tous les trois mois. Les 14,4 millions annoncés mercredi augurent bien de ses chances d'y arriver.

Star Wars et K-pop

Pour le trimestre en cours, Bob Chapek, le patron du groupe américain, compte sur de nouveaux programmes pour rallier de nouveaux clients, comme "She hulk: Avocate", la nouvelle série des studios Marvel, "Andor", une série Star Wars, et le film "Hocus Pocus 2" de Disney.

Il a aussi promis, lors de la conférence téléphonique aux analystes, une série documentaire sur BTS, le groupe culte de K-pop.

Le trimestre écoulé a été marqué par les doutes sur la croissance des grandes plateformes de divertissement, de Netflix à Facebook en passant par les jeux vidéos.

Netflix a ainsi perdu près d'un million d'abonnés entre mars et juin, après en avoir déjà perdu au premier trimestre, pour la première fois de son histoire.

Au-delà des nouveaux contenus, le vétéran du secteur et son féroce concurrent ont désormais recours à différentes stratégies pour augmenter leur base d'abonnés et faire face au risque de saturation en Occident.

Disney+ a dévoilé mercredi une nouvelle formule d'abonnement avec publicité, pour les Etats-Unis, à 8 dollars par mois, qui sera proposée à partir de décembre.

Et Netflix, qui prépare une option similaire après des années à refuser cette solution moins prestigieuse, va également resserrer la vis du côté des partages d'identifiants, qui permettent à de nombreuses personnes d'accéder à ses contenus sans payer.