Washington «cherche de nouvelles options» pour bloquer le programme nucléaire de Téhéran

Le secrétaire d'État américain, Antony Blinken, a averti mardi que «le temps presse» pour que l'Iran s'engage dans de «véritables négociations». (Photo, AFP/Réseau de presse)
Le secrétaire d'État américain, Antony Blinken, a averti mardi que «le temps presse» pour que l'Iran s'engage dans de «véritables négociations». (Photo, AFP/Réseau de presse)
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Publié le Mercredi 15 décembre 2021

Washington «cherche de nouvelles options» pour bloquer le programme nucléaire de Téhéran

  • Les pourparlers à Vienne devraient échouer car l'Iran refuse l'accès de l'AIEA au site de Karaj
  • «Le temps presse et l'Iran n'est toujours pas engagé dans de vraies négociations», avertit Blinken

JEDDAH: Les États-Unis cherchent d'autres moyens de mettre un terme à la détermination de l'Iran de se doter d'une arme nucléaire, alors qu’ils sont de plus en plus convaincus que les pourparlers sur la question échoueront.

Les négociations ont repris à Vienne la semaine dernière dans le but de tenter de relancer l'accord de 2015 entre l'Iran et les puissances mondiales.

Les États-Unis se sont retirés de l'accord sous le mandat de Donald Trump en 2018, et l'Iran a répondu en enrichissant de l'uranium à des niveaux interdits par l'accord.

«Nous continuons à cette heure, en ce jour, à favoriser la diplomatie parce qu’elle reste pour le moment la meilleure option, mais nous nous engageons activement avec nos alliés et partenaires sur des alternatives», a déclaré mardi le secrétaire d'État américain Antony Blinken.

Le président américain, Joe Biden, a révélé qu'il était prêt à relancer l'accord et les responsables iraniens maintiennent qu'ils sont sérieux au sujet des pourparlers.

Toutefois, Téhéran a été accusé de revenir sur les progrès accomplis plus tôt cette année et de gagner du temps.

Les commentaires de Blinken sont intervenus après que Biden a déclaré que Washington préparait des «mesures supplémentaires» contre Téhéran. Blinken a aussi fait écho à une déclaration des pays européens participant aux négociations.

«Le temps presse et l'Iran n'est toujours pas engagé dans de véritables négociations», a-t-il signalé. «À moins qu'il n'y ait des progrès rapides, l'accord sur le nucléaire iranien deviendra une coquille vide.»

L'accord de 2015 se désintègre depuis que Trump s’en est retiré. L'accord garantissait un allègement des sanctions contre l'Iran en échange de restrictions strictes sur son programme nucléaire, qui a été placé sous une surveillance minutieuse de l'ONU. Trump a ensuite réimposé les sanctions, incitant Téhéran à commencer à négliger les limites de l'accord sur ses activités nucléaires.

Les récents cycles de pourparlers sont dans l'impasse quant aux sanctions que Washington est prêt à lever et aux garanties exigées par l'Iran afin de se protéger contre la perspective d'un futur retrait américain.

L'Iran insiste sur la levée immédiate de toutes les sanctions selon un processus vérifiable. Les États-Unis ont affirmé qu’ils supprimeraient les restrictions «incompatibles» avec l'accord nucléaire si Téhéran recommençait à s’y conformer, ce qui implique qu'ils en laisseraient d'autres en place, comme celles imposées en tant que mesures antiterroristes ou relatives aux droits de l'homme.

L'Iran cherche en outre à obtenir des garanties qu’«aucune administration américaine» ne reviendra sur le pacte, mais Biden ne peut pas le promettre car l'accord nucléaire est un accord politique non contraignant et non un traité juridiquement contraignant.

«Comment pouvons-nous à nouveau faire confiance aux Américains? Et s'ils reniaient à nouveau l’accord? Par conséquent, la partie qui a violé l'accord devrait fournir des garanties que cela ne se reproduira plus jamais», a insisté mardi un haut responsable iranien.

«C’est à eux de résoudre ce problème, pas à nous. Ils peuvent trouver une solution et nous donner des garanties.»

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Un mort après une salve de missiles iraniens sur le centre d'Israël

 Les secouristes israéliens ont annoncé lundi la mort d'un homme d'environ 40 ans, tué sur un chantier de construction, après une salve de missiles iraniens sur le centre d'Israël qui a fait aussi un blessé grave. (AFP)
Les secouristes israéliens ont annoncé lundi la mort d'un homme d'environ 40 ans, tué sur un chantier de construction, après une salve de missiles iraniens sur le centre d'Israël qui a fait aussi un blessé grave. (AFP)
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  • Des images tournées par l'AFP ont montré des équipes de secouristes et forces de sécurité déployées dans une rue de la localité de Yehud, dans le centre d'Israël, allant ensuite inspecter un bâtiment voisin
  • Sur place, un journaliste de l'AFP a vu un monte-charge explosé sous l'effet d'un impact, qui a touché selon les secouristes une structure bétonnée encore en construction

YEHUD: Les secouristes israéliens ont annoncé lundi la mort d'un homme d'environ 40 ans, tué sur un chantier de construction, après une salve de missiles iraniens sur le centre d'Israël qui a fait aussi un blessé grave.

Des images tournées par l'AFP ont montré des équipes de secouristes et forces de sécurité déployées dans une rue de la localité de Yehud, dans le centre d'Israël, allant ensuite inspecter un bâtiment voisin.

Sur place, un journaliste de l'AFP a vu un monte-charge explosé sous l'effet d'un impact, qui a touché selon les secouristes une structure bétonnée encore en construction.

"Immédiatement après l'activation des sirènes", des équipes de secours ont été dépêchées "sur plusieurs sites du centre d'Israël", parmi lesquels le chantier de Yehud, a déclaré le Magen David Adom (MDA), l'équivalent israélien de la Croix-Rouge.

Deux hommes "souffrant de blessures graves provoquées par des débris" ont été dégagés des décombres, et l'un est décédé peu après, a ajouté le MDA.

"La situation était difficile. Les deux victimes gisaient inconscientes et souffraient de graves blessures dues à des débris", a témoigné Liz Goral, une ambulancière paramédicale du MDA, citée dans un communiqué.

Le chef de l'opposition israélienne, Yaïr Lapid, qui s'est rendu sur les lieux, a affirmé aux journalistes que "l'Iran visait des civils de manière délibérée".

"Voyez-vous des installations militaires autour de vous?", a-t-il dit, "ce qu'ils essaient de faire, c'est de transformer cette guerre, d'une guerre entre armées en une guerre contre les civils".

Dans une rue de Bat Yam, une autre localité frappée au sud de Tel-Aviv, un photographe de l'AFP a vu une voiture écrasée alors que les forces de sécurité inspectaient les lieux.

L'armée a indiqué que des soldats menaient des recherches sur plusieurs sites touchés dans le centre d'Israël.

Selon les services de secours, 11 personnes ont été tuées et des dizaines d'autres blessées, dont trois grièvement, après des tirs de missiles en Israël depuis le début de la guerre avec l'Iran, le 28 février, déclenchée par une offensive israélo-américaine massive contre la République islamique.

 

 


L'émir du Koweït condamne l'attaque «brutale» de l'Iran contre son pays

L'émir du Koweït a condamné lundi les attaques de l'Iran contre son pays, où 12 personnes ont été tuées jusqu'à présent, alors que Téhéran lance missiles et drones sur le Golfe en représailles à des frappes américano-israéliennes. (AFP)
L'émir du Koweït a condamné lundi les attaques de l'Iran contre son pays, où 12 personnes ont été tuées jusqu'à présent, alors que Téhéran lance missiles et drones sur le Golfe en représailles à des frappes américano-israéliennes. (AFP)
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  • "Notre pays a été la cible d'une attaque brutale de la part d'un pays musulman voisin, que nous considérons comme ami, alors même que nous n'avons autorisé l'utilisation ni de notre territoire, ni de notre espace aérien"
  • Il a également réaffirmé le "droit plein et inhérent du Koweït à la légitime défense", s'exprimant pour la première fois depuis le début des attaques iraniennes le 28 février

KOWEIT: L'émir du Koweït a condamné lundi les attaques de l'Iran contre son pays, où 12 personnes ont été tuées jusqu'à présent, alors que Téhéran lance missiles et drones sur le Golfe en représailles à des frappes américano-israéliennes.

"Notre pays a été la cible d'une attaque brutale de la part d'un pays musulman voisin, que nous considérons comme ami, alors même que nous n'avons autorisé l'utilisation ni de notre territoire, ni de notre espace aérien, ni de nos côtes pour aucune action militaire contre lui, et que nous le leur avons répété à maintes reprises par nos canaux diplomatiques", a déclaré l'émir, Mechaal al-Ahmad Al-Sabah, dans un discours télévisé.

Il a également réaffirmé le "droit plein et inhérent du Koweït à la légitime défense", s'exprimant pour la première fois depuis le début des attaques iraniennes le 28 février.

 

 


Le président libanais se déchaîne contre le Hezbollah, veut des négociations avec Israël

Le président libanais Joseph Aoun a accusé lundi le Hezbollah de vouloir provoquer "l'effondrement" du Liban pour le compte de l'Iran et appelé à des négociations "directes" avec Israël pour mettre fin à la guerre. (AFP)
Le président libanais Joseph Aoun a accusé lundi le Hezbollah de vouloir provoquer "l'effondrement" du Liban pour le compte de l'Iran et appelé à des négociations "directes" avec Israël pour mettre fin à la guerre. (AFP)
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  • Israël pilonne sans relâche le Liban depuis que la formation pro-iranienne a entraîné le pays dans la guerre régionale avec l'Iran le 2 mars en lançant des missiles sur Israël
  • "Ceux qui ont lancé les missiles" sur Israël ont voulu "provoquer l'effondrement du Liban (..) pour le compte de l'Iran, et c'est ce que nous avons mis en échec", a affirmé le dirigeant libanais, adoptant un ton extrêmement ferme à l'égard du Hezbollah

BEYROUTH: Le président libanais Joseph Aoun a accusé lundi le Hezbollah de vouloir provoquer "l'effondrement" du Liban pour le compte de l'Iran et appelé à des négociations "directes" avec Israël pour mettre fin à la guerre.

Israël pilonne sans relâche le Liban depuis que la formation pro-iranienne a entraîné le pays dans la guerre régionale avec l'Iran le 2 mars en lançant des missiles sur Israël.

"Ceux qui ont lancé les missiles" sur Israël ont voulu "provoquer l'effondrement du Liban (..) pour le compte de l'Iran, et c'est ce que nous avons mis en échec", a affirmé le dirigeant libanais, adoptant un ton extrêmement ferme à l'égard du groupe pro-iranien.

Il a tenu ces propos lors d'une rencontre par visioconférence avec les chefs des institutions européennes Ursula von der Leyen et Antonio Costa.

Joseph Aoun a qualifié le Hezbollah "de faction armée échappant à l'autorité de l'Etat au Liban, qui n'accorde aucun poids aux intérêts du Liban, ni à la vie de son peuple".

Il a assuré que la décision, lundi, du gouvernement d'interdire toute activité militaire ou sécuritaire du Hezbollah était "claire et irrévocable". "C'est ce que nous voulons mettre en oeuvre avec fermeté et clarté", a déclaré Joseph Aoun.

Le chef de l'Etat a proposé, pour mettre un terme à la guerre, "une trêve" avec Israël, suivie par une aide logistique à l'armée libanaise pour qu'elle puisse se déployer dans les zones de conflit et "désarmer le Hezbollah".

Dans le même temps, il s'est déclaré pour "que le Liban et Israël entament des négociations directes sous parrainage international" entre les deux pays toujours en état de guerre.

Les frappes israéliennes ont fait depuis le 2 mars près de 400 morts et un demi-million de déplacés.