Royaume-Uni: les raisons de la colère

Le Royaume-Uni a enregistré vendredi pour le troisième jour consécutif un nouveau record de contaminations au Covid-19, avec 93045 cas recensés en 24 heures. (Photo, AFP)
Le Royaume-Uni a enregistré vendredi pour le troisième jour consécutif un nouveau record de contaminations au Covid-19, avec 93045 cas recensés en 24 heures. (Photo, AFP)
Short Url
Publié le Samedi 18 décembre 2021

Royaume-Uni: les raisons de la colère

  • Gestion de la pandémie, conflit d'intérêt, forte inflation en plein marasme économique, parfum de scandales... le Premier ministre traverse une période tumultueuse
  • Désavoué par son propre camp, seule l'ancienne Première ministre Theresa May avait connu pire, à l'échelle du parti, depuis la Seconde Guerre mondiale

Cerné par les scandales, le Premier ministre britannique Boris Johnson traverse une période tumultueuse, qui s'est illustrée par une défaite électorale humiliante et qui pourrait bien lui coûter son poste. Explications.

Fêtes pendant le confinement

Ces dernières semaines, des médias ont révélé la tenue de plusieurs événements festifs à Downing Street à l'hiver 2020, alors que les Britanniques étaient soumis à de fortes restrictions destinées à freiner la pandémie de coronavirus.

Mettant de l'huile sur le feu, une vidéo d'une répétition de conférence de presse a fuité, montrant une des conseillères de Boris Johnson hilare, plaisantant à propos de l'une de ces fêtes. Allegra Stratton a depuis démissionné et une enquête interne est en cours, dont les résultats potentiellement ravageurs sont attendus dans les jours qui viennent.

Les journaux The Guardian et The Independant affirment que Boris Johnson avait en outre participé à un pot à Downing Street le 15 mai 2020, malgré les restrictions sanitaires.

Echaudé, Downing street a annoncé qu'il n'y aurait aucune "Christmas party" cette année, même si ces fêtes ne sont formellement pas interdites par les mesures en vigueur.

Conflits d'intérêt

Les lucratives activités de lobbyisme de certains élus conservateurs ont été montrées du doigt. Le député Owen Paterson a ainsi été mis en cause pour avoir fait pression auprès du gouvernement au profit de deux entreprises qui le rémunéraient. En voulant changer les règles pour lui éviter une suspension du Parlement, Boris Johnson a provoqué un tollé et a dû revenir en arrière.

C'est le siège de M. Paterson, bastion conservateur depuis deux siècles, qui a été remporté par les libéraux démocrates.

Ces affaires ont alimenté des accusations de "corruption" de la part de l'opposition.

Côuteuse rénovation

Boris Johnson avait assuré avoir payé "personnellement" la luxueuse rénovation de l'appartement qu'il occupe avec sa famille au 11 Downing Street, plus spacieux que le 10, sa résidence officielle.

Mais il avait pour cela bénéficié d'un don (remboursé plus tard) d'un riche soutien de son parti, qui a écopé d'une amende de la Commission électorale pour ne pas l'avoir déclaré.

 

"Raz-de-marée" d'Omicron

Déjà l'un des plus touchés en Europe par la pandémie, le Royaume-Uni est confronté à une flambée des contaminations liée au variant Omicron. Pour contrer ce "raz-de-marée", Boris Johnson mise sur un campagne massive de rappel vaccinal et de légères restrictions.

Mais il a essuyé une fronde dans son propre camp mardi au Parlement: 99 députés de son camp ont voté contre l'instauration d'un pass sanitaire pour les grands événements, jugée liberticide, mesure finalement adoptée grâce aux voix de l'opposition travailliste.

A l'échelle du parti, seule l'ancienne Première ministre Theresa May avait connu pire depuis la Seconde Guerre mondiale.

Difficultés économiques

L'inflation a atteint 5,1% sur un an en novembre au Royaume-Uni, au plus haut en 10 ans, pesant sur le pouvoir d'achat des ménages et entraînant jeudi une hausse des taux de la banque centrale, susceptible de se répercuter sur les crédits.

Avant même l'apparition du variant Omicron, la croissance a stagné en octobre à 0,1% et l'activité reste à 0,5% sous son niveau d'avant la pandémie.

Même si le gouvernement n'a pas ordonné la fermeture des pubs et restaurants, ces derniers souffrent de nombreuses annulations de clients soucieux de limiter les risques d'attraper le Covid-19. Les appels se multiplient à renouer avec les aides gouvernementales.

Quel avenir pour Boris Johnson?

Son étoile est sérieusement ternie deux ans après sa victoire électorale historique sur la promesse de réaliser le Brexit.

Même s'il est jusqu'à présent passé entre les gouttes, le dirigeant conservateur voit sa popularité chuter. Avant même les derniers scandales, les deux tiers des Britanniques désapprouvaient en novembre son action, selon l'institut YouGov, qui place aussi le Labour devant les Tories dans les intentions de vote.

Sans attendre les législatives de 2024, Boris Johnson est menacé par un vote de défiance de son parti: il suffit de 54 députés pour l'initier et une défaite entraînerait son départ de Downing Street.

Il pourrait aussi être poussé au départ, comme Theresa May qui avait démissionné en larmes en mai 2019, usée par l'interminable casse-tête du Brexit.


Trump affirme qu'Iran et Israël veulent «conclure un cessez-le-feu immédiat»

Un colon israélien se tient à côté d'un fragment de missile qui dépasse du sol, à la suite des frappes iraniennes, dans le centre de la Cisjordanie occupée par Israël, le 8 juin 2026. (Reuters)
Un colon israélien se tient à côté d'un fragment de missile qui dépasse du sol, à la suite des frappes iraniennes, dans le centre de la Cisjordanie occupée par Israël, le 8 juin 2026. (Reuters)
Short Url
  • "Le blocus restera en place, avec toute sa force et son effet, jusqu'à ce qu'un +accord final+ soit conclu. Les choses devraient aller vite"
  • Quelques minutes auparavant, dans un autre message, le milliardaire républicain avait estimé qu'"Israël et l'Iran (devaient) immédiatement cesser de tirer".

WASHINGTON: Donald Trump a affirmé lundi que l'Iran et Israël "(cherchaient) à conclure un cessez-le-feu immédiat", alors que les deux pays ont repris leurs attaques directes pour la première fois depuis la trêve conclue il y a deux mois.

"Les négociations finales sur la +paix+ se poursuivent, sous réserve que l'ignorance ou la stupidité ne viennent pas s'y opposer", a ajouté sur son réseau Truth Social le président américain, qui ne cache pas ses désaccords avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu.

"Le blocus restera en place, avec toute sa force et son effet, jusqu'à ce qu'un +accord final+ soit conclu. Les choses devraient aller vite".

Quelques minutes auparavant, dans un autre message, le milliardaire républicain avait estimé qu'"Israël et l'Iran (devaient) immédiatement cesser de +tirer+".

Donald Trump cherche une issue au conflit, très impopulaire aux Etats-Unis, à l'approche des élections législatives de mi-mandat en novembre prochain.

Si des escarmouches ont eu lieu ces derniers jours autour du détroit d'Ormuz entre Etats-Unis et Iran, c'est la première fois que Téhéran cible le territoire israélien depuis le cessez-le-feu du 8 avril et qu'Israël bombarde le sol iranien.

 


Des chasseurs français de l'Otan abattent un drone en Lettonie

Des chasseurs français de l'Otan stationnés dans les pays baltes ont abattu un drone en Lettonie, a déclaré lundi la ministre lettone des Affaires étrangères, Baiba Braze. (AFP)
Des chasseurs français de l'Otan stationnés dans les pays baltes ont abattu un drone en Lettonie, a déclaré lundi la ministre lettone des Affaires étrangères, Baiba Braze. (AFP)
Short Url
  • L'armée lettone a indiqué dans un communiqué qu'"un aéronef sans pilote étranger avait pénétré dans l'espace aérien letton à la suite de la guerre électronique russe", sans révéler l'origine du drone
  • Les deux avions français "ont décollé de la base aérienne de Siauliai", dans le nord de la Lituanie, avant d'abattre le drone vers 10H00 locales (07H00 GMT)

VILNIUS: Des chasseurs français de l'Otan stationnés dans les pays baltes ont abattu un drone en Lettonie, a déclaré lundi la ministre lettone des Affaires étrangères, Baiba Braze.

"Merci à nos alliés français d'avoir abattu le drone qui a pénétré dans l'espace aérien letton!", a‑t‑elle écrit sur X.

L'armée lettone a indiqué dans un communiqué qu'"un aéronef sans pilote étranger avait pénétré dans l'espace aérien letton à la suite de la guerre électronique russe", sans révéler l'origine du drone.

Les deux avions français "ont décollé de la base aérienne de Siauliai", dans le nord de la Lituanie, avant d'abattre le drone vers 10H00 locales (07H00 GMT), a indiqué  pour sa part Gintautas Ciunis, porte-parole de l'armée lituanienne.

Le 19 mai, un chasseur de l'Otan avait abattu dans l'espace aérien de l'Estonie un drone ukrainien, première interception d'un drone étranger dans le ciel d'un Etat balte par la police de l'air de l'Otan depuis l'invasion à grande échelle de l'Ukraine par la Russie en 2022.

Les Etats baltes, ex-républiques soviétiques partageant une longue frontière avec la Russie, enregistrent depuis plusieurs semaines un nombre croissant d'intrusions et de chutes de drones sur leurs territoires.

Selon les Européens, la Russie fait dévier délibérément de leur trajectoire des drones ukrainiens destinés à frapper des installations industrielles et des terminaux pétroliers dans la région de Saint-Pétersbourg, située sur le golfe de Finlande.

Ces incidents ont mis au jour les carences des défenses aériennes des pays baltes, impuissantes à neutraliser un drone errant avant sa chute sur leur territoire.


Trump dit qu'il va appeler Netanyahu pour lui demander de ne pas répliquer aux missiles iraniens 

Short Url
  • "Je vais appeler Bibi (le surnom de Netanyahu, ndlr) tout de suite pour lui dire de ne pas riposter. Israël a eu sa frappe et l'Iran a eu sa frappe. On n'a pas besoin d'une autre (frappe)"
  • "Nous sommes sur le point de conclure un accord définitif avec l'Iran. Ce sera un bon accord. Je ne veux pas qu'il tombe à l'eau à cause de ce qui se passe actuellement"

WASHINGTON: Le président américain Donald Trump dit qu'il va appeler le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu pour lui demander de ne pas répliquer aux missiles tirés dimanche par l'Iran vers Israël, rapporte dimanche le média Axios.

"Je vais appeler Bibi (le surnom de Netanyahu, ndlr) tout de suite pour lui dire de ne pas riposter. Israël a eu sa frappe et l'Iran a eu sa frappe. On n'a pas besoin d'une autre (frappe)", a déclaré le président américain selon le journaliste d'Axios Barak Ravid, qui dit l'avoir eu au téléphone.

"Nous sommes sur le point de conclure un accord définitif avec l'Iran. Ce sera un bon accord. Je ne veux pas qu'il tombe à l'eau à cause de ce qui se passe actuellement", a-t-il ajouté selon la même source qui a publié le message sur son compte X.

Dans une autre interview accordée à un journaliste de Fox News, Donald Trump affirme que les frappes iraniennes "ne vont pas aider les négociations".

"On est très proches. Je dirais qu'un accord peut être signé lundi, mardi ou mercredi de cette semaine. Et voilà qu'il se passe ceci", a-t-il dit selon le journaliste Trey Yingst, qui dit également l'avoir eu au téléphone.

Selon elle, M. Trump lui a dit être "pas très content" de la frappe israélienne ayant visé Beyrouth dimanche.

"Revenez à la table des négociations et concluez un accord", a-t-il lancé à l'adresse de l'Iran, selon Fox News.