Hong Kong: participation historiquement basse au scrutin réservé aux «patriotes» loyaux envers Pékin

Un électeur quitte un bureau de vote lors de l'élection du Conseil législatif dans la région de Choi Hung à Hong Kong le 19 décembre 2021. (Bertha Wang/AFP)
Un électeur quitte un bureau de vote lors de l'élection du Conseil législatif dans la région de Choi Hung à Hong Kong le 19 décembre 2021. (Bertha Wang/AFP)
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Publié le Lundi 20 décembre 2021

Hong Kong: participation historiquement basse au scrutin réservé aux «patriotes» loyaux envers Pékin

  • Le taux de participation, de 30%, est le plus bas depuis la rétrocession de Hong Kong à la Chine par le Royaume-Uni en 1997
  • Cette année, pour être autorisé à briguer un siège, chacun des 153 candidats avait dû donner des gages de «patriotisme» et de loyauté politique à l'égard de la Chine

HONG KONG : Les Hongkongais ont très largement boudé les urnes, dimanche, pour le renouvellement du Conseil législatif de leur ville en vertu d'un nouveau processus imposé par Pékin, qui a drastiquement réduit le nombre des sièges pourvus au suffrage universel et réservé le droit d'être candidat aux "patriotes" loyaux envers la Chine.

Le taux de participation, de 30%, est le plus bas depuis la rétrocession de Hong Kong à la Chine par le Royaume-Uni en 1997, et même depuis la première élection directe de membres du Conseil législatif, en 1991.

Les résultats définitifs sont attendus lundi dans la journée. 

Le principal responsable des élections dans ce territoire, Barnabas Fung, a déclaré que seuls 1 350 680 des 4 472 863 électeurs inscrits avaient voté pour désigner les 20 membres élus au suffrage universel sur les 90 que compte le Conseil législatif (le "LegCo"). Les 70 membres restants sont choisis par plusieurs comités composés d'élites politiques acquises au régime chinois.

Au précédent scrutin, en 2016, la participation avait été de 58,3%. Le Conseil comptait alors 70 membres, pour moitié désignés directement par les électeurs.

Cette année, pour être autorisé à briguer un siège, chacun des 153 candidats avait dû donner des gages de "patriotisme" et de loyauté politique à l'égard de la Chine.

De ce fait, les militants pour la démocratie ont été empêchés de se présenter ou y ont renoncé, lorsqu'ils ne sont pas en prison ou en fuite à l'étranger. Plusieurs d'entre eux qui vivent en exil avaient appelé à boycotter les urnes.

Les personnes exclues du scrutin "sont ces traîtres qui n'auraient pas agi pour le bien général de Hong Kong", a lancé dimanche le numéro deux du gouvernement de ce territoire, John Lee.

Le taux de participation, thermomètre de l'adhésion des Hongkongais au nouveau système électoral, était donc particulièrement attendu.

S'abstenir ou voter blanc ou nul reste légal à Hong Kong. En revanche, encourager ces pratiques constitue depuis cette année une infraction pénale, pour laquelle 10 personnes ont été arrêtées.

Les nouvelles règles ont été imposées par Pékin dans le cadre de la reprise en main de Hong Kong après les gigantesques manifestations pour la démocratie de 2019.

Transports gratuits

Le gouvernement a fait insérer des pages de publicité dans les journaux, distribué des tracts dans les boîtes aux lettres et envoyé massivement des SMS pour inciter les Hongkongais à voter. Les transports publics étaient gratuits dimanche.

La faible participation est "extrêmement embarrassante" pour le gouvernement, a estimé Kenneth Chan, politologue à l'Université baptiste de Hong Kong. "La plupart des électeurs défendant la démocratie ont décidé de s'abstenir, pour exprimer leur désapprobation", a-t-il déclaré.

Avant le scrutin, la cheffe de l'exécutif de Hong Kong, Carrie Lam, avait affirmé qu'un faible taux de participation ne "voudrait rien dire".

"Quand le gouvernement fait bien les choses et que sa crédibilité est forte, la participation des électeurs est moindre car les gens ne ressentent pas vraiment le besoin de choisir de nouveaux représentants", avait-elle assuré dans les médias d'Etat chinois.

De récents sondages indépendants situent la cote de popularité de Mme Lam aux alentours de 36%. En allant voter dimanche, la cheffe de l'exécutif a été interpellée par trois militants d'un parti en faveur de la démocratie qui ont réclamé un "vrai suffrage universel".

Le "LegCo" est l'organisme chargé de voter les lois dans l'ancienne colonie britannique de 7,5 millions d'habitants, dont le système légal reste distinct de celui de Chine continentale.

Même si la majorité des sièges du Conseil était toujours accordée aux figures acquises à Pékin, une minorité d'opposants y était jadis tolérée, ce qui en faisait un lieu de débats souvent très vifs. Les nouvelles règles imposées par Pékin ont mis un terme à cette tradition.

Éléments «antichinois»

Des dizaines de figures de l'opposition pro-démocratie - dont un certain nombre avait été élues aux précédentes élections en 2016 - ont été disqualifiées, sont actuellement en prison en vertu d'une loi draconienne sur la "sécurité nationale" imposée par Pékin l'an dernier ou ont fui à l'étranger.

Pékin affirme que ce système électoral "amélioré" permettra d'éradiquer les éléments "antichinois" et de s'assurer que le "LegCo" adoptera plus rapidement les nouvelles lois.

"Les gens ne veulent pas voter pour une chambre d'enregistrement et prétendre ensuite que tout va bien", a tweeté dimanche Nathan Law, un ancien membre du "LegCo" qui vit en exil à Londres. "Ceci est une fausse élection et la pire des régressions de notre système électoral", a renchéri un autre opposant, Brian Leung, réfugié aux Etats-Unis.


Des frappes en Iran sont toujours une option pour Trump, selon la Maison Blanche

Donald Trump envisage des frappes aériennes en Iran pour mettre fin à la répression des manifestations qui secouent la République islamique depuis le 28 décembre, a affirmé lundi la Maison Blanche, ajoutant toutefois qu'une voie diplomatique restait ouverte. (AFP)
Donald Trump envisage des frappes aériennes en Iran pour mettre fin à la répression des manifestations qui secouent la République islamique depuis le 28 décembre, a affirmé lundi la Maison Blanche, ajoutant toutefois qu'une voie diplomatique restait ouverte. (AFP)
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  • La répression des manifestations en Iran a fait plus de 600 morts depuis le début de la contestation selon une ONG
  • "Une chose dans laquelle le président Trump excelle est de garder toutes les options sur la table. Et les frappes aériennes sont l'une des très nombreuses options qui s'offrent au commandant en chef"

WASHNIGTON: Donald Trump envisage des frappes aériennes en Iran pour mettre fin à la répression des manifestations qui secouent la République islamique depuis le 28 décembre, a affirmé lundi la Maison Blanche, ajoutant toutefois qu'une voie diplomatique restait ouverte.

La répression des manifestations en Iran a fait plus de 600 morts depuis le début de la contestation selon une ONG, la République islamique faisant face à l'un de ses plus importants mouvements de contestation depuis sa proclamation en 1979.

"Une chose dans laquelle le président Trump excelle est de garder toutes les options sur la table. Et les frappes aériennes sont l'une des très nombreuses options qui s'offrent au commandant en chef", a affirmé à la presse la porte-parole de la Maison Blanche, Karoline Leavitt.

Toutefois, elle a assuré que "la diplomatie (était) toujours la première option pour le président".

Selon elle, une voie diplomatique reste ouverte avec l'Iran, le pouvoir adoptant un "ton très différent" lors de discussions privées avec l'émissaire américain, Steve Witkoff.

"Ce que vous entendez de la part du régime iranien est très différent des messages que l'administration (américaine) reçoit en privé, et je pense que le président veut examiner ces messages", a-t-elle ajouté.

Donald Trump "ne souhaite pas voir des gens se faire tuer dans les rues de Téhéran, et malheureusement, c'est ce à quoi nous assistons actuellement", a également assuré Karoline Leavitt.

Le ministère iranien des Affaires étrangères a lui déclaré lundi qu'un canal de communication était "ouvert" entre l'Iran et Steve Witkoff, malgré l'absence de relations diplomatiques entre les deux pays ennemis.

Le pouvoir cherche à présent à reprendre la main en faisant descendre dans les rues des milliers de ses partisans, après avoir imposé une coupure totale d'internet depuis le 8 janvier.

Le président américain avait annoncé dimanche qu'une réunion avec des responsables iraniens était "en cours de préparation", sans toutefois écarter l'option militaire. "Nous pourrions devoir agir avant une rencontre", avait-il avancé, en ajoutant que l'armée américaine étudiait des "options très fortes".

 


Partez maintenant! le message des États-Unis à leurs ressortissants en Iran

Cette image, prise le 6 janvier 2026 à partir d'images UGC publiées le même jour sur les réseaux sociaux, montre les forces de sécurité iraniennes utilisant des gaz lacrymogènes pour disperser les manifestants au bazar de Téhéran. (Fichier/AFP)
Cette image, prise le 6 janvier 2026 à partir d'images UGC publiées le même jour sur les réseaux sociaux, montre les forces de sécurité iraniennes utilisant des gaz lacrymogènes pour disperser les manifestants au bazar de Téhéran. (Fichier/AFP)
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  • L'Iran ne reconnaissant pas la double nationalité et traitant les citoyens américains et iraniens ayant une double nationalité uniquement comme des ressortissants iraniens, le fait de montrer des liens avec les États-Unis pourrait conduire à la détention
  • Il a été conseillé aux citoyens américains de quitter le pays par voie terrestre, notamment via l'Arménie ou la Turquie, s'ils peuvent le faire en toute sécurité

DUBAI: L'aide à l'alerte qui montre des liens avec les États-Unis peut conduire à la détention.
Les États-Unis ont demandé à leurs ressortissants en Iran de quitter le pays immédiatement, dans un contexte d'escalade des troubles.

"Quittez l'Iran maintenant", a déclaré l'ambassade virtuelle de Téhéran, gérée par le département d'État, dans une alerte de sécurité diffusée lundi, invitant les Américains à planifier leur départ sans l'aide du gouvernement américain.

L'alerte fait état d'une escalade des manifestations, d'un risque de violence, d'arrestations, de perturbations de l'Internet et d'un renforcement des mesures de sécurité.

L'Iran ne reconnaissant pas la double nationalité et traitant les citoyens américains et iraniens ayant une double nationalité uniquement comme des ressortissants iraniens, le fait de montrer des liens avec les États-Unis pourrait conduire à la détention.

Il a été conseillé aux citoyens américains de quitter le pays par voie terrestre, notamment via l'Arménie ou la Turquie, s'ils peuvent le faire en toute sécurité. Ceux qui ne sont pas en mesure de partir ont été invités à rester dans des lieux sûrs, à éviter les manifestations, à faire profil bas et à s'assurer un accès à la nourriture, à l'eau et aux médicaments.

Les États-Unis n'ont pas de relations diplomatiques ou consulaires avec l'Iran. L'ambassade de Suisse à Téhéran joue le rôle de puissance protectrice des États-Unis en cas d'urgence.


Léon XIV a reçu l'opposante vénézuélienne Maria Corina Machado

Le pape Léon XIV a reçu lundi en audience privée la cheffe de l'opposition vénézuélienne et prix Nobel de la paix 2025, Maria Corina Machado, indique un bref communiqué du Vatican. (AFP)
Le pape Léon XIV a reçu lundi en audience privée la cheffe de l'opposition vénézuélienne et prix Nobel de la paix 2025, Maria Corina Machado, indique un bref communiqué du Vatican. (AFP)
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  • Le Saint-Siège a maintenu un délicat équilibre diplomatique avec le Venezuela ces deniers mois, soutenant la protection des droits humains tout en privilégiant une approche prudente et discrète
  • En décembre, les autorités vénézuéliennes avaient confisqué le passeport du cardinal Baltazar Porras Cardozo, archevêque émérite de Caracas, illustrant la pression croissante sur l'Eglise dans le pays d'Amérique latine

CITE DU VATICAN: Le pape Léon XIV a reçu lundi en audience privée la cheffe de l'opposition vénézuélienne et prix Nobel de la paix 2025, Maria Corina Machado, indique un bref communiqué du Vatican.

Cette audience - qui n'avait pas été annoncée - intervient peu avant le déplacement de l'opposante vénézuélienne à Washington cette semaine, où elle doit rencontrer le président américain Donald Trump.

Ce dernier avait estimé après la capture de Nicolas Maduro par les Américains que Maria Corina Machado, qui avait quitté clandestinement le Venezuela en décembre, n'était pas qualifiée pour prendre les commandes du pays.

Sollicité par l'AFP, le Vatican n'a fourni aucun détail sur la rencontre, le nom de l'opposante vénézuélienne se trouvant simplement sur la liste des personnes reçues par le pape dans la matinée.

Le Saint-Siège a maintenu un délicat équilibre diplomatique avec le Venezuela ces deniers mois, soutenant la protection des droits humains tout en privilégiant une approche prudente et discrète.

En décembre, les autorités vénézuéliennes avaient confisqué le passeport du cardinal Baltazar Porras Cardozo, archevêque émérite de Caracas, illustrant la pression croissante sur l'Eglise dans le pays d'Amérique latine.

Cette rencontre intervient moins d'une semaine après un entretien téléphonique entre le chef de la diplomatie américaine Marco Rubio et le cardinal Pietro Parolin, secrétaire d'État du Saint-Siège, lors duquel ils ont évoqué la situation au Venezuela selon la Maison Blanche.

Vendredi, lors d'un discours devant le corps diplomatique, le pape américain avait de nouveau appelé "à respecter la volonté du peuple vénézuélien et à s'engager en faveur de la protection des droits humains et civils de chacun".

Il a également fait part de sa "vive inquiétude" quant à "l'aggravation des tensions dans la mer des Caraïbes et le long des côtes américaines du Pacifique".