Entre craintes et promesses, le Portugal attend toujours son lithium

L’Agence internationale de l’énergie estime que la demande mondiale de lithium augmentera de 42% entre 2020 et 2040. (Photo, AFP)
L’Agence internationale de l’énergie estime que la demande mondiale de lithium augmentera de 42% entre 2020 et 2040. (Photo, AFP)
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Publié le Lundi 20 décembre 2021

Entre craintes et promesses, le Portugal attend toujours son lithium

  • La semaine dernière, le groupe pétrolier portugais Galp Energia et le constructeur de batteries électriques suédois Northvolt ont scellé un accord pour construire au Portugal une des premières usines de raffinage de lithium d'Europe.
  • Pour un investissement chiffré à 700 millions d'euros, l'infrastructure devrait à partir de 2026 transformer assez de minerai pour produire les batteries d'environ 700 000 véhicules électriques par an

LISBONNE : Assis sur les premières réserves européennes de lithium, minerai essentiel à la transition énergétique, le Portugal attend début 2022 le verdict de l'autorité environnementale sur un important projet minier, qui suscite l'inquiétude des riverains et l'intérêt d'une filière industrielle naissante.

La semaine dernière, le groupe pétrolier portugais Galp Energia et le constructeur de batteries électriques suédois Northvolt ont scellé un accord pour construire au Portugal une des premières usines de raffinage de lithium d'Europe.

Pour un investissement chiffré à 700 millions d'euros, l'infrastructure devrait à partir de 2026 transformer assez de minerai pour produire les batteries d'environ 700 000 véhicules électriques par an.

Avec le nickel et le cobalt, le lithium fait partie du trio des minéraux les plus recherchés en ce moment sur la planète, car nécessaires à la production des voitures électriques de demain. L’Agence internationale de l’énergie estime que la demande mondiale de lithium augmentera de 42% entre 2020 et 2040.

Alors que la Chine contrôle plus de 40% des capacités de production et près de 60% des capacités de raffinage de lithium dans le monde, l'Europe veut réduire sa dépendance vis-à-vis de l'extérieur en relançant sa propre exploitation minière.

Si Galp et Northvolt ont décidé de construire une usine de raffinage de lithium au Portugal, c'est qu'ils comptent s'approvisionner en minerai auprès de la société britannique Savannah, qui affirme détenir dans le nord-est du pays "le plus important gisement de lithium d'Europe de l'ouest".

«Mitiger les impacts»

"Si les autorisations des régulateurs suivent leur cours normal, Savannah pourra commencer à produire en l'espace de deux ans", a expliqué son directeur David Archer, lors d'une visioconférence avec plusieurs journalistes basés à Lisbonne.

L'Agence portugaise de l'environnement devrait donner "au début de l'année prochaine" son avis sur la mine qui pourrait voir le jour dans la municipalité de Boticas, a confirmé vendredi son président Nuno Lacasta.

"Nous avons prévu 238 mesures destinées à éliminer ou mitiger les impacts tout au long de la durée du projet, qui coûteront environ 15 millions d'euros", assure le patron de Savannah, qui compte investir au total 110 millions d'euros pour extraire pendant une dizaine d'années le lithium nécessaire à plus de 500 000 voitures électriques par an.

Le projet reste pourtant très impopulaire auprès des près de 500 habitants de la commune de Covas do Barroso, où doit être creusée la mine.

"Nous savons déjà que c'est le pouvoir politique et économique qui décide", affirme à l'AFP Nélson Gomes, président de l'association "Unis pour Covas do Barroso", une région reculée connue aussi pour sa viande de bœuf.

Malgré son fatalisme, M. Gomes promet de "tout faire" pour stopper une mine qui, dit-il, "va détruire des terrains agricoles, dévier des ruisseaux et créer d'énormes crassiers".

La société portugaise Lusorecursos a cette année soumis elle aussi une étude d'impact environnemental pour ouvrir une deuxième mine dans la municipalité voisine de Montalegre qui, contrairement à celle de Savannah, devrait être dotée de sa propre usine de raffinage.

«Dessein national»

Et, encore la semaine dernière, l'entreprise portugaise Bondalti, filiale pour l'industrie chimique du centenaire groupe Mello, a annoncé s'être associée à des sociétés australiennes pour tester une nouvelle technologie de raffinage. Le but sera d'abord de traiter le type de lithium extrait des saumures d'Amérique du sud, et peut-être ensuite celui qui se trouve dans la roche granitique du nord-est du Portugal.

Saluant l'effervescence du secteur, le ministre portugais de l'Environnement et de l'Action climatique, Joao Pedro Matos Fernandes, a réaffirmé que "ce gouvernement n'a pas un projet de développement minier, mais bien un projet industriel fondé sur nos ressources naturelles".

Déjà repoussé à plusieurs reprises, notamment pour permettre la réalisation d'une "évaluation environnementale stratégique", l'appel d'offres international visant à attribuer les droits de prospection à huit autres gisements potentiels ne sera lancé qu'après les élections législatives anticipées du 30 janvier, a-t-il toutefois précisé.

"L'exploitation du lithium ne peut pas devenir un dessein national qui nous autoriserait à l'extraire n'importe comment ou à n'importe quel prix", s'inquiète pour sa part Nuno Forner, de l'ONG de protection de l'environnement Zero.

Ayant "beaucoup de réserves" concernant la mine de Savannah, il n'exclut pas une "surprise" de la part de l'agence environnementale, mais s'attend plutôt à ce qu'elle rende un avis favorable sous certaines conditions.


E. Leclerc: hausse de 2,4% des ventes en 2025

Le distributeur E.Leclerc, numéro un du secteur en France, a fait état dimanche de ventes toujours en croissance l'an dernier, à 51,1 milliards d'euros hors carburant, soit une progression de 2,4% sur un an. (AFP)
Le distributeur E.Leclerc, numéro un du secteur en France, a fait état dimanche de ventes toujours en croissance l'an dernier, à 51,1 milliards d'euros hors carburant, soit une progression de 2,4% sur un an. (AFP)
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  • Selon un classement Kantar (réalisé du 6 octobre au 2 novembre 2025), E. Leclerc représentait 24,4% de parts de marché, contre 21,2% pour Carrefour, 17,6% pour le groupement Mousquetaires et 12,9% pour La Coopérative U
  • E. Leclerc a notamment vu ses marques distributeur grimper de 1,9% l'an dernier pour atteindre 12,1 milliards d'euros, essentiellement dans l'alimentaire

PARIS: Le distributeur E.Leclerc, numéro un du secteur en France, a fait état dimanche de ventes toujours en croissance l'an dernier, à 51,1 milliards d'euros hors carburant, soit une progression de 2,4% sur un an.

Depuis 2020, son chiffre d'affaires a bondi de près d'un quart, indique Leclerc, soit un gain de près de 12 milliards d'euros et 5 points de parts de marché en 5 ans, se targue-t-il, selon des chiffres reçus dimanche par l'AFP.

En 2024, le chiffre d'affaires avait augmenté de 2,6% pour atteindre 49,9 milliards d'euros.

"L'écart avec nos concurrents se resserre, mais ils ne sont pas près de nous rattraper", a estimé dans le quotidien économique Les Echos le président du comité stratégique des centres E.Leclerc, Michel-Edouard Leclerc.

Selon un classement Kantar (réalisé du 6 octobre au 2 novembre 2025), E. Leclerc représentait 24,4% de parts de marché, contre 21,2% pour Carrefour, 17,6% pour le groupement Mousquetaires et 12,9% pour La Coopérative U.

E. Leclerc a notamment vu ses marques distributeur grimper de 1,9% l'an dernier pour atteindre 12,1 milliards d'euros, essentiellement dans l'alimentaire.

Par ailleurs, "nous avons identifié un potentiel de 600 magasins de proximité que l'on ouvrira d'ici à 2030", a relaté aux Echos Michel-Edouard Leclerc, évoquant l'existence actuelle d'une centaine de E. Leclerc Express, avec "différents formats, qui vont de 300 à 1.000 m2".

Sur leurs objectifs pour 2030, "cela inclut des grandes métropoles - Paris n'est pas forcément notre priorité, car les espaces sont rares et très disputés".

"Il faut ajouter les centres-villes délaissés, les petites villes, mais aussi les villages. Pour ces derniers, les drives piétons et les camions E. Leclerc se révèlent une très bonne option", a-t-il ajouté.

E. Leclerc, comme Intermarché ou Système U en France, est un groupement de magasins indépendants, où les patrons de magasins ont plus de marge de manoeuvre que dans les groupes dits intégrés, comme Carrefour ou Auchan par exemple.

C'est la raison pour laquelle ces groupements ne communiquent que sur leurs ventes, pas sur leurs résultats nets qui dépendent des orientations et de la situation financière de chacun des membres.

 

 


La France mobilise 98 entreprises au World Health Expo Dubai 2026

Le pavillon France au World Health Expo Dubai 2026 réunit 98 entreprises françaises venues présenter leurs innovations en technologies médicales, e-santé et infrastructures hospitalières. (Photo: fournie)
Le pavillon France au World Health Expo Dubai 2026 réunit 98 entreprises françaises venues présenter leurs innovations en technologies médicales, e-santé et infrastructures hospitalières. (Photo: fournie)
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  • 98 entreprises françaises présentent leurs innovations en santé au World Health Expo Dubai 2026, principal salon médical du Moyen-Orient
  • La coopération franco-émirienne s’intensifie autour de l’IA, des biotechnologies et de la modernisation des infrastructures de santé

DUBAÏ: À l’occasion de la 50e édition du World Health Expo Dubai (anciennement Arab Health), qui s’est tenue du 9 au 12 février 2026 au Dubai Exhibition Center – Expo City, la France a déployé une délégation exceptionnelle de 98 entreprises réunies sous la bannière French Healthcare. Une présence stratégique au cœur du principal rendez-vous de la santé au Moyen-Orient.

Réparties dans les halls Medical Devices (S5), Orthopedics & Rehabilitation (N37) et Radiology & Medical Imaging (N21), les entreprises françaises présentent un éventail complet d’innovations couvrant les technologies médicales, l’ingénierie hospitalière, les produits pharmaceutiques et la e-santé. L’objectif : illustrer l’engagement français en faveur d’une médecine de précision, durable et centrée sur le patient.

Cette mobilisation intervient alors que les Émirats arabes unis accélèrent la transformation de leur système de santé dans le cadre de la Vision 2071. En 2025, Dubaï comptait près de 5 000 établissements de santé, confirmant son ambition de devenir un hub mondial de l’excellence médicale et du tourisme de santé. Intelligence artificielle, plateformes numériques unifiées et automatisation réglementaire façonnent désormais l’écosystème sanitaire local.

Dans ce contexte, la France renforce son rôle de partenaire clé. En 2024, elle s’est hissée au quatrième rang des fournisseurs pharmaceutiques des Émirats, avec 298,5 millions de dollars d’exportations, en nette progression. Ses expertises en génomique, biotechnologies, IA et santé prédictive répondent directement aux priorités stratégiques émiriennes.

Les relations institutionnelles se sont intensifiées ces dernières années. Le 16e Dialogue stratégique UAE–France, organisé à Abu Dhabi en mai 2024, a consolidé les coopérations dans la santé, les technologies avancées et la recherche. En avril 2025, les French Healthcare Days, organisés lors de l’Abu Dhabi Global Health Week, ont permis à six innovateurs français de multiplier visites hospitalières et rencontres B2B avec le Department of Health – Abu Dhabi.

En mai 2025, le 17e Dialogue stratégique, à Paris, a confirmé la santé parmi les six priorités communes, ouvrant la voie à de nouveaux programmes académiques conjoints et projets de recherche.

Des innovations intégrées au service de la pratique clinique

Au pavillon France, plusieurs entreprises illustrent cette approche intégrée :

  • DMS Imaging et Delmont Imaging présentent des plateformes avancées en radiologie et hystéroscopie, intégrant des analyses pilotées par IA pour favoriser la détection précoce et les interventions mini-invasives.
  • Nutrisens propose des solutions de nutrition médicale fondées sur des preuves scientifiques, essentielles en périopératoire et dans la gestion des maladies chroniques.
  • DessinTey développe des systèmes de rééducation destinés à restaurer la mobilité fonctionnelle et accélérer la récupération post-traumatique.
  • Nateosanté intègre la qualité de l’air dans les parcours cliniques grâce à des dispositifs connectés, contribuant à réduire les risques infectieux nosocomiaux.
  • Praticima optimise la logistique hospitalière et la gestion des médicaments, renforçant sécurité et efficience.

« La France est reconnue pour ses normes de qualité exigeantes, ses cadres réglementaires robustes et sa culture d’innovation fondée sur la recherche. Ces atouts en font un partenaire fiable pour les Émirats arabes unis et l’ensemble du Moyen-Orient », souligne Axel Baroux, directeur Business France Proche et Moyen-Orient.

Portée par l’innovation opérationnelle, la participation française au World Health Expo Dubai 2026 reflète une ambition commune : bâtir des systèmes de santé performants, durables et centrés sur le patient pour les décennies à venir.


ArcelorMittal confirme la construction à Dunkerque de son plus gros four électrique en Europe

Le président français Emmanuel Macron (à gauche) observe les nouvelles lignes de production lors de sa visite de la nouvelle installation de production d’acier électrique d’ArcelorMittal à Mardyck, dans le nord de la France, le 10 février 2026. (AFP)
Le président français Emmanuel Macron (à gauche) observe les nouvelles lignes de production lors de sa visite de la nouvelle installation de production d’acier électrique d’ArcelorMittal à Mardyck, dans le nord de la France, le 10 février 2026. (AFP)
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  • ArcelorMittal investit 1,3 milliard d’euros dans un four électrique de 2 Mt/an à Dunkerque, le plus grand d’Europe, avec un démarrage prévu en 2029 et un financement public couvrant 50 % via les CEE
  • Le projet marque un tournant vers la décarbonation de l’acier (60 % recyclé), tout en maintenant une production stable du site, soutenu par des mesures européennes de protection du marché et un contrat énergétique de long terme avec EDF

DUNKERQUE: Le sidérurgiste ArcelorMittal a confirmé mardi la construction d'un four électrique d'une capacité de deux millions de tonnes d'acier par an sur son site de Dunkerque, ce qui en fait son plus gros en Europe, destiné à remplacer un des deux hauts-fourneaux du site.

Le projet annoncé en janvier 2024 par le géant de l'acier, comprenant initialement deux fours et chiffré jusqu'à 1,8 milliard d'euros, concerne finalement un four électrique, pour un montant de 1,3 milliard d'euros, a précisé ArcelorMittal.

Le début des travaux est prévu "dans les semaines qui viennent" et le démarrage du four "courant 2029" a précisé le président d'ArcelorMittal Fance, Alain Grix de la Salle peu avant l'annonce officielle en présence du président Emmanuel Macron.

L'investissement sera financé à hauteur de 50% via le mécanisme de certificats d'économie d'énergie (CEE), un dispositif encadré par l'Etat qui oblige les fournisseurs d'énergie à financer des projets visant à réduire la consommation d'énergie.

L'un des deux haut-fourneaux de Dunkerque sera arrêté lorsque le four électrique sera "en rythme de production normale", c'est-à-dire dans les "années à peu près 2030", a-t-il précisé, ajoutant que le site doit garder "un niveau total de production stable" à 5,5 millions de tonnes.

Les hauts-fourneaux fabriquent de l'acier à partir de matières premières brutes, tandis que le four annoncé fonctionnera à 60% avec de l'acier recyclé.

ArcelorMital a salué dans un communiqué "les progrès accomplis par la Commission européenne", citant les restrictions sur les importations d'acier en Europe, dont le groupe espère qu'elles seront mises en oeuvre avant le 1er juillet, et le mécanisme d'ajustement carbone aux frontières.

Le PDG d'ArcelorMittal, Aditya Mittal, a remercié dans un communiqué M. Macron et le gouvernement français pour "leur soutien, et en particulier leur mobilisation pour faire évoluer les mécanismes de défense du marché de l'acier" qui "vont bénéficier à l'ensemble de l'industrie de l'acier en Europe, à commencer par Dunkerque".

Avec deux fours électriques en cours d'agrandissement à Sestao en Espagne, ArcelorMittal prévoit d'avoir "une capacité proche de 5 millions de tonnes d'acier en acier décarboné".

En France, ArcelorMittal et EDF ont signé en décembre 2025 "un contrat sur 18 ans pour les sites français du groupe" lui garantissant un accès à l'énergie "à un coût compétitif", a souligné l'Elysée.