Un an après la présidentielle, la Centrafrique entre allié russe encombrant et attaques rebelles

 Vue générale d'un monument représentant quatre hommes armés protégeant une mère et ses enfants, à côté de l'université de Bangui, la capitale de la République centrafricaine, le 29 novembre 2021.(AFP)
Vue générale d'un monument représentant quatre hommes armés protégeant une mère et ses enfants, à côté de l'université de Bangui, la capitale de la République centrafricaine, le 29 novembre 2021.(AFP)
Short Url
Publié le Jeudi 23 décembre 2021

Un an après la présidentielle, la Centrafrique entre allié russe encombrant et attaques rebelles

  • Après avoir fortement baissé d'intensité au cours des dernières années, la guerre civile entamée en 2013 connaît alors un brusque regain
  • La présence des paramilitaires du groupe russe de sécurité privée Wagner est de plus en plus controversée et les attaques rebelles se poursuivent

BANGUI : Quatre hommes armés en treillis protégeant une mère et ses enfants: inauguré à Bangui par le président centrafricain, le monument rend hommage aux forces armées et aux combattants russes "morts pour la libération" du pays, symbole d'une influence encombrante.

Il y a un an, le chef de l'Etat Faustin Archange Touadéra appelait la Russie à l'aide pour contrer une offensive de groupes armés. Il a ainsi sauvé son pouvoir, mais la présence des paramilitaires du groupe russe de sécurité privée Wagner est de plus en plus controversée et les attaques rebelles se poursuivent.

Fin décembre 2020, les principaux groupes armés - qui contrôlaient déjà les deux tiers du pays - lançaient une offensive à quelques jours de la présidentielle pour renverser M. Touadéra, en lice pour un second mandat. 

Après avoir fortement baissé d'intensité au cours des dernières années, la guerre civile entamée en 2013 connaît alors un brusque regain. Les rebelles, réunis au sein de la Coalition des patriotes pour le changement (CPC) arriveront même début janvier aux portes de la capitale. 

Réélu et finalement renforcé grâce à l'appui décisif des paramilitaires russes, le président a décrété en octobre "un cessez-le-feu unilatéral" de son armée et de ses alliés. Objectif: favoriser l'ouverture prochaine d'un dialogue national pour parvenir enfin à la paix. Mais le calendrier n'a toujours pas été dévoilé. 

Si les rebelles ont été chassés hors des agglomérations - le pouvoir revendique d'avoir reconquis la grande majorité du territoire -, ils continuent cependant leurs attaques contre populations locales et forces de sécurité, en particulier dans le Nord-Ouest.

"Les actions de la rébellion vont durer", analyse pour l'AFP Roland Marchal, du Centre de recherches internationales (Ceri) de Sciences Po Paris. Pour Thierry Vircoulon, de l'Institut français des relations internationales (Ifri), après avoir tenté un choc frontal il y a un an, les rebelles mènent désormais des actions de "guérilla".

"Il y a peu de clashs directs impliquant une ligne de front", confirme une source diplomatique, sous couvert d'anonymat.

Les paramilitaires russes souffrent de cette configuration et comptent un "grand nombre de blessés", souligne M. Marchal. 

« Tutelle russe »

Dans le même temps, l'allié russe n'a jamais paru aussi encombrant.

En mars dernier, des experts de l'ONU ont accusé les hommes du groupe Wagner d'avoir perpétré des "exécutions sommaires". En octobre, le ministre centrafricain de la Justice avait reconnu, outre les exactions rebelles, celles commises par des soldats centrafricains et des paramilitaires russes.

Au-delà, c'est la place croissante de Wagner dans l'appareil d'Etat qui est de plus en plus mise en cause par les partenaires internationaux, France en tête.

"On assiste à une perte de la souveraineté" de la Centrafrique au profit de la Russie, juge la source diplomatique, affirmant que les "mercenaires" exercent leur influence principalement sur les ministères de la Défense, des Finances (et notamment les douanes) et des Affaires étrangères.

Selon l'ONG américaine The Sentry, dans un rapport publié en juin, les paramilitaires russes se livrent à un "carnage dans le but de contrôler les mines d'or et de diamants" avec pour but de "renforcer l'influence russe en Afrique". 

La Russie, alliée de Bangui depuis 2018, ne reconnaît officiellement la présence que d'"instructeurs non armés". Mais les ONG opérant sur le terrain, la France et l'ONU affirment qu'une partie d'entre eux sont des hommes de Wagner, ce que dément Moscou. 

"Moi, je n'ai rien signé avec une société qui s'appellerait Wagner", avait de son côté affirmé le président Touadéra en septembre dans une interview accordée à Jeune Afrique. 

Pour Thierry Vircoulon, le bilan est sévère: "Depuis que le régime de Touadéra est sous la tutelle russe, il s'est isolé de ses donateurs occidentaux, s'est débarrassé de l'opposition et les initiatives de rétablissement de la paix n'ont jamais abouti". 

A cela s'ajoute une urgence humanitaire qui a atteint en 2021 des niveaux "jamais vus depuis 2015", selon le Bureau des affaires humanitaires de l'ONU (OCHA). Selon cette agence, 3,1 millions de personnes auront besoin d'assistance en 2022, sur une population d'environ 5 millions d'habitants.


Le chef de l'armée pakistanaise Munir est en Chine avec le Premier ministre Sharif 

Short Url
  • Le chef de l'armée pakistanaise Asim Munir, médiateur principal dans le conflit entre les Etats-Unis et l'Iran, est en Chine aux côtés du Premier ministre Shehbaz Sharif pour des rencontres avec des dirigeants chinois
  • M. Munir était à Téhéran vendredi et samedi avec le ministre pakistanais de l’Intérieur, Mohsin Naqvi, dans le cadre des efforts de médiation en cours visant à mettre fin durablement à la guerre en Iran

ISLAMABAD: Le chef de l'armée pakistanaise Asim Munir, médiateur principal dans le conflit entre les Etats-Unis et l'Iran, est en Chine aux côtés du Premier ministre Shehbaz Sharif pour des rencontres avec des dirigeants chinois, a rapporté la télévision pakistanaise lundi.

M. Munir était à Téhéran vendredi et samedi avec le ministre pakistanais de l’Intérieur, Mohsin Naqvi, dans le cadre des efforts de médiation en cours visant à mettre fin durablement à la guerre en Iran.

La Chine a déclaré vouloir travailler avec le Pakistan afin de "contribuer de manière positive au rétablissement rapide de la paix et de la stabilité au Moyen-Orient".

Shehbaz Sharif a commencé samedi sa visite officielle en Chine dans la ville de Hangzhou, dans la province du Zhejiang (est).

Le Pakistan multiplie ses efforts de médiation dans le conflit entre les États-Unis et l’Iran. Le pays avait accueilli en avril des pourparlers historiques en face-à-face qui n’ont pas abouti à un accord durable.

La Chine joue un rôle plus discret, facilitant des appels téléphoniques et des réunions avec des responsables des pays du Golfe concernés.

S’adressant aux dirigeants chinois à Pékin aux côtés de M. Munir, M. Sharif a déclaré que "le monde traverse un moment critique", selon les images de la télévision pakistanaise PTV.

"Le Pakistan a joué un rôle sincère de médiation entre les États-Unis et l’Iran. Le maréchal (Munir) était à Téhéran et ne voulait pas manquer cette grande visite", a-t-il ajouté.

"Les choses vont dans la bonne direction. Je voudrais remercier la Chine pour son soutien à la promotion de la paix", a-t-il encore déclaré.


Pakistan: un accident de bus fait 17 morts et 10 blessés

Au moins 17 personnes ont été tuées et 10 ont été blessées dans un accident de la route lundi au Pakistan, selon les autorités. (AFP)
Au moins 17 personnes ont été tuées et 10 ont été blessées dans un accident de la route lundi au Pakistan, selon les autorités. (AFP)
Short Url
  • Les passagers sont descendus du véhicule et attendaient à proximité lorsqu'une camionnette a perdu le contrôle et a percuté la foule ainsi que le bus en stationnement
  • "Au moins 17 personnes ont été tuées et plus de 10 blessées", a déclaré à l'AFP Bilal Ahmad Faizi, un responsable des secours, ajoutant que trois des blessés étaient dans un état critique

PESHAWAR: Au moins 17 personnes ont été tuées et 10 ont été blessées dans un accident de la route lundi au Pakistan, selon les autorités.

L'accident s'est produit lorsqu'un bus de passagers reliant le district de Swat à Peshawar, dans le nord du pays, a subi une panne mécanique et s'est arrêté sur le bord de la route.

Les passagers sont descendus du véhicule et attendaient à proximité lorsqu'une camionnette a perdu le contrôle et a percuté la foule ainsi que le bus en stationnement.

"Au moins 17 personnes ont été tuées et plus de 10 blessées", a déclaré à l'AFP Bilal Ahmad Faizi, un responsable des secours, ajoutant que trois des blessés étaient dans un état critique.

Muhammad Ali, un médecin d'un hôpital local accueillant les victimes, a également confirmé le bilan.

De nombreux passagers rentraient chez eux à l'approche de l'Aïd, l'une des fêtes religieuses les plus importantes du calendrier musulman.

 


Les Etats-Unis disent être près d'un accord «solide» avec l'Iran

Les Etats-Unis ont affirmé lundi être toujours sur le point de conclure un accord "solide" avec l'Iran, après que Donald Trump a tempéré la veille les espoirs d'entente imminente pour mettre fin durablement à la guerre au Moyen-Orient. (AFP)
Les Etats-Unis ont affirmé lundi être toujours sur le point de conclure un accord "solide" avec l'Iran, après que Donald Trump a tempéré la veille les espoirs d'entente imminente pour mettre fin durablement à la guerre au Moyen-Orient. (AFP)
Short Url
  • Alors que les Etats-Unis travaillent à trouver un accord, le président Donald Trump a tempéré les espoirs dimanche, malgré des signes de progrès des deux côtés
  • "J'ai demandé à mes représentants de ne pas se précipiter pour conclure un accord, car le temps joue en notre faveur", a-t-il écrit sur sa plateforme Truth Social

WASHINGTON: Les Etats-Unis ont affirmé lundi être toujours sur le point de conclure un accord "solide" avec l'Iran, après que Donald Trump a tempéré la veille les espoirs d'entente imminente pour mettre fin durablement à la guerre au Moyen-Orient.

"Nous avons ce que je crois être une chose assez solide sur la table en ce qui concerne leur capacité à ouvrir le détroit" d'Ormuz, mais aussi "à entrer dans des négociations" sur le nucléaire iranien, a déclaré le secrétaire d'Etat américain Marco Rubio depuis New Delhi.

"Nous pensions avoir des nouvelles hier soir, peut-être aujourd'hui (lundi), je ne m'avancerais pas trop là-dessus", a-t-il ajouté.

Déclenché le 28 février par une attaque américano-israélienne sur l'Iran, le conflit s'est étendu à une grande partie du Moyen-Orient et a fait des milliers de morts, surtout en Iran et au Liban où le mouvement pro-iranien Hezbollah a rejoint les hostilités début mars en visant le territoire israélien.

Un cessez-le-feu est en vigueur depuis le 8 avril entre l'Iran et les Etats-Unis, mais l'économie mondiale continue d'être secouée par le quasi blocage du stratégique détroit d'Ormuz à l'initiative de l'Iran depuis près de trois mois.

Alors que les Etats-Unis travaillent à trouver un accord, le président Donald Trump a tempéré les espoirs dimanche, malgré des signes de progrès des deux côtés.

"J'ai demandé à mes représentants de ne pas se précipiter pour conclure un accord, car le temps joue en notre faveur", a-t-il écrit sur sa plateforme Truth Social, en prévenant aussi que le blocus imposé par son pays aux ports iraniens resterait en vigueur "jusqu'à ce qu'un accord soit conclu, certifié et signé".

La présidence pense toutefois "que l'approbation de l'accord par le pouvoir iranien pourrait prendre plusieurs jours", selon le média Axios.

"Comme le président l'a dit, il n'est pas pressé, il ne va pas conclure un mauvais accord, et le président ne signera pas un mauvais accord", a souligné Marco Rubio lundi.

Selon les médias américains, l'accord en préparation entre Téhéran et Washington permettrait aux navires de franchir à nouveau Ormuz, passage par lequel transitait un cinquième des hydrocarbures consommés dans le monde avant le conflit.

Portés par ces espoirs d'accord, les cours du pétrole refluent lundi matin en Asie. Les prix des baril de Brent de la mer du Nord et de WTI américain chutaient de plus de 5% peu après 04H00 GMT.

Quid du nucléaire? 

Selon CBS News, qui cite des sources proches des discussions, la dernière proposition comprendrait également le dégel de certains actifs iraniens dans des banques à l'étranger.

"Malgré des discussions entamées aujourd'hui (dimanche), les Etats-Unis continuent de bloquer certaines clauses de l'accord, notamment la question du déblocage des avoirs iraniens gelés, et ces points restent à ce moment irrésolus", a cependant indiqué l'agence de presse Tasnim en fin de journée.

Fars rapporte quant à elle que les sanctions visant le pétrole, le gaz et autres produits pétrochimiques seraient également levées le temps de la poursuite des négociations afin de permettre à l'Iran d'exporter ces productions, primordiales pour son économie.

L'accord discuté ne semble pas régler en revanche la question nucléaire.

"
Les négociations sur le nucléaire sont des questions hautement techniques. On ne peut pas régler une question nucléaire en 72 heures sur un coin de table", a déclaré Marco Rubio au New York Times.

Une fois acquise la réouverture du détroit d'Ormuz, "nous entamerons, selon des modalités convenues, des négociations très sérieuses sur l'enrichissement, sur l'uranium hautement enrichi et sur leur engagement à ne jamais se doter d'armes nucléaires", a-t-il dit, évoquant à cet égard un délai de "60 jours".

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a dit dimanche avoir convenu avec M. Trump que tout accord final avec l'Iran devait "éliminer entièrement la menace nucléaire", selon un communiqué après un entretien téléphonique samedi soir entre les deux alliés.

Le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, médiateur dans ces négociations, a alimenté dimanche le scénario d'une résolution du conflit en plusieurs temps, en déclarant espérer "accueillir très prochainement la prochaine séance de négociations". Une première s'était tenue à Islamabad le 11 avril, sans débouché.

"Droit de se défendre" 

Sur le front libanais, deux personnes ont été tuées dimanche par des frappes israéliennes, au lendemain d'un raid israélien qui a fait 11 morts, a annoncé le ministère de la Santé, malgré la trêve en cours depuis le 17 avril.

Et l'armée israélienne a annoncé lundi la mort d'un de ses soldats la veille dans le sud du Liban.

M. Netanyahu a affirmé dimanche que Donald Trump avait, lors de son appel téléphonique, réitéré "le droit" d'Israël à se défendre sur tous les fronts, notamment au Liban. "Israël a toujours le droit de se défendre. Chaque pays du monde en a le droit", a encore dit Marco Rubio lundi.

Le chef du Hezbollah, Naïm Qassem, a, lui, dit espérer que l'accord entre Washington et Téhéran inclurait son pays. Mais le dirigeant du mouvement chiite a aussi une nouvelle fois rejeté les négociations directes du gouvernement libanais avec Israël, dont une quatrième session est prévue début juin à Washington, et répété qu'un désarmement de son organisation, exigé par les autorités libanaises, concrétiserait un "projet israélien".