A Cuba, un culte africain unique en Amérique latine comme refuge

Un groupe d'initiés de la société secrète religieuse masculine connue sous le nom d'Abakua participe à la cérémonie de serment de la "puissance" d'Efi Barondi Cama dans le quartier de Simpson, à Matanzas, Cuba, le 26 décembre 2021.(AFP)
Un groupe d'initiés de la société secrète religieuse masculine connue sous le nom d'Abakua participe à la cérémonie de serment de la "puissance" d'Efi Barondi Cama dans le quartier de Simpson, à Matanzas, Cuba, le 26 décembre 2021.(AFP)
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Publié le Jeudi 30 décembre 2021

A Cuba, un culte africain unique en Amérique latine comme refuge

  • Longtemps tenu secret sur l'île communiste, ce culte africain né comme une confrérie parmi les esclaves travaillant au port de La Havane il y a près de 200 ans
  • Vêtu d'un costume de diable, il promène un coq enserré dans ses mains au-dessus des corps agenouillés pour en chasser le mauvais esprit alors que résonnent chants et rythmes des tambours sacrés

MATANZAS : A genoux, les yeux bandés, cinq jeunes hommes écoutent des bénédictions en yoruba, langue apportée à Cuba par les esclaves africains il y a plus de quatre siècles. Ils jurent d'être courageux, respectueux, honnêtes, bons parents, enfants ou amis : ils sont de nouveaux fidèles abakuas, ce culte cubain unique en Amérique latine.

Longtemps tenu secret sur l'île communiste, ce culte africain né comme une confrérie parmi les esclaves travaillant au port de La Havane il y a près de 200 ans, est le refuge trouvé aujourd'hui par de jeunes hommes en quête de soutien face aux multiples difficultés qu'ils traversent sur l'île.

"En raison de la pandémie nous avons beaucoup grandi, nous avons beaucoup plus la foi", déclare à l'AFP Juan Ruiz Oña, le Yamba, ce chef spirituel d'un temple de Matanzas, à 100 km à l'est de La Havane. 

L'AFP n'a pu assister à la cérémonie d'intronisation dans le quartier de Simpson et ses nombreux autres temples, qui n'est autorisée qu'aux seuls abakuas.

Avant d'entrer dans la pièce sacrée où se déroule la cérémonie secrète du serment, les cinq jeunes hommes passent devant El Ireme ou "diablito", qui incarne l'esprit des ancêtres et est chargé de purifier les âmes. 

Vêtu d'un costume de diable, il promène un coq enserré dans ses mains au-dessus des corps agenouillés pour en chasser le mauvais esprit alors que résonnent chants et rythmes des tambours sacrés.

« Frères »

Le culte abakua est l'une des principales religions d'origine africaine fortement implantées à Cuba, au même titre que la Santeria cubaine (ou Regla de Ocha) et le Palomonte (ou Regla Conga). Mais contrairement à ces deux dernières, le culte abakua est exclusivement pratiqué sur l'île caribéenne.

Quelques 130 confréries abakuas, composées uniquement d'hommes, sont recensées à Cuba. Elles ont avec le temps perdu leur caractère secret mais pas leurs principes sacrés, comme l'entraide entre "frères" dans la foi.

"Dans cette pandémie, qui dure depuis plusieurs années maintenant, nous avons essayé de soutenir nos frères, certains ont été malades, d'autres sont morts", explique Juan Ruiz Oña. Dans le même esprit qu'il y a 200 ans, l'objectif des Abakuas est d'"aider chaque homme, chaque enfant, chaque personne âgée", dit-il.

Comme de nombreux Cubains, des Abakuas ont également quitté l'île et envoient un soutien financier à leurs "frères" dans le besoin. 

"Nous sommes une institution positive, nous apportons soutien à la révolution et à nos jeunes", ajoute M. Ruiz, qui se dit favorable au régime cubain. 

Après la révolution socialiste de 1959, Cuba s'est déclaré un Etat athée. Mais lorsque le bloc soviétique a disparu en 1990 il est devenu laïque, majoritairement catholique. 

Les sociologues estiment qu'aujourd'hui 85% des 11,2 millions de cubains se disent croyants, souvent de cultes syncrétistes entre croyances africaines et chrétiennes, mais pas forcément pratiquants.


Malgré les menaces de Téhéran, les discussions continuent "à un rythme rapide" selon Trump

Des personnes scandent lors d’un rassemblement à Téhéran lundi soir, alors que les progrès vers un accord de paix entre les États-Unis et l’Iran s’essoufflaient. (West Asia News Agency via Reuters)
Des personnes scandent lors d’un rassemblement à Téhéran lundi soir, alors que les progrès vers un accord de paix entre les États-Unis et l’Iran s’essoufflaient. (West Asia News Agency via Reuters)
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  • Les pourparlers États-Unis–Iran sont fragiles, entre annonces d’accords et suspension du dialogue.
  • Malgré les discussions, les frappes et menaces d’escalade régionale se poursuivent, alimentant l’instabilité

TEHERAN: Donald Trump a assuré lundi que les négociations avec Téhéran pour mettre un terme à la guerre au Moyen-Orient se poursuivaient "à un rythme rapide" et qu'une détente se profilait au Liban, comme exigé par la partie iranienne.

Un peu plus tôt, l'agence de presse iranienne Tasnim avait affirmé que les négociateurs du pays avaient "suspendu" le dialogue indirect avec Washington à cause des "crimes" qu'Israël "continue à commettre", sans que cette information ne soit confirmée de source officielle iranienne.

"Les Etats-Unis sont directement responsables d'une violation du cessez-le-feu contre l'Iran, et d'une violation du cessez-le-feu par le régime israélien contre le Liban", a estimé le ministère iranien des Affaires étrangères dans un communiqué.

Les Gardiens de la Révolution, armée idéologique de la République islamique, ont estimé que "les lignes rouges franchies" à Gaza et au Liban équivalaient "à une guerre directe", en référence aux frappes quasi quotidiennes d'Israël dans le territoire palestinien et à son offensive dans le pays voisin.

"En réponse", l'Iran "est déterminé à mener des opérations défensives" et à "ouvrir de nouveaux fronts", ont averti les Gardiens.

Mais Donald Trump a annoncé avoir obtenu auprès du Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, l'engagement de ne pas envoyer de troupes à Beyrouth, et auprès du Hezbollah pro-iranien celui de "cesser totalement le feu".

"Israël ne les attaquera pas et ils n'attaqueront pas Israël", a-t-il écrit.

Peu après, l'ambassade du Liban aux Etats-Unis a confirmé que le Hezbollah avait accepté une proposition américaine de "cessation mutuelle des attaques" avec Israël.

- Le pétrole fébrile -

Les négociations indirectes entre les Etats-Unis et l'Iran, pour mettre fin à la guerre déclenchée le 28 février par une attaque conjointe israélo-américaine, patinent depuis des semaines.

D'autant que Téhéran a redit lundi que le nucléaire iranien ne faisait pas partie "à ce stade" des discussions, contrairement aux attentes de Donald Trump, qui a affirmé dimanche soir qu'un protocole d'accord devrait stipuler "très clairement que l'Iran n'aura(it) pas d'arme nucléaire".

Autre dossier clé des discussions, la navigation maritime. Selon Tasnim, l'Iran compte continuer à verrouiller le détroit d'Ormuz, et envisage de perturber le trafic dans celui de Bab el-Mandeb, de l'autre côté de la péninsule arabique - ce qui bloquerait l'accès au canal de Suez via la mer Rouge et contraindrait les navires à d'énormes détours.

Un navire a été touché par un projectile dans le Golfe qui a déclenché une forte explosion, a indiqué sans plus de détails l'agence de sécurité maritime britannique UKMTO.

Dans ce contexte, le cours du Brent de la mer du Nord, référence mondiale du pétrole brut, est brutalement reparti à la hausse (jusqu'à environ +7%) avant de ralentir quelque peu et de terminer la séance en hausse de 4,24% à 94,98 dollars.

- Washington défend des frappes "défensives" -

L'Iran avait plus tôt dans la journée accusé les Etats-Unis de violer à nouveau le fragile cessez-le-feu conclu le 8 avril, après des frappes américaines ce week-end suivies de représailles militaires iraniennes.

L'armée américaine a annoncé avoir mené samedi et dimanche une nouvelle vague de frappes "défensives" sur le sud de l'Iran, la troisième en un peu plus d'une semaine.

Ces bombardements ont visé des systèmes de radar et de contrôle de drones dans la ville de Goruk et l'île de Qeshm dans le détroit d'Ormuz, a précisé le Commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom).

Les Gardiens iraniens avaient dit avoir riposté en attaquant une base utilisée par l'armée américaine pour des frappes contre son territoire, sans nommer le pays visé - mais le Koweït a intercepté des missiles et drones "hostiles" et les a attribués à l'Iran.

La guerre a fait des milliers de morts, surtout en Iran et au Liban, et ébranle l'économie mondiale.


L'UE appelle Israël à cesser son « escalade militaire» au Liban

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  • Israël doit cesser son "escalade militaire" au Liban et respecter "la souveraineté et l'intégrité territoriale" de ce pays
  • "Le peuple libanais a déjà enduré d’immenses épreuves. Il n’a pas choisi cette guerre, et cette guerre n’est pas la sienne"

BRUXELLES: Israël doit cesser son "escalade militaire" au Liban et respecter "la souveraineté et l'intégrité territoriale" de ce pays, où les autorités israéliennes envisagent d'établir dans le sud une zone sous contrôle militaire, a affirmé lundi un porte-parole de l'Union européenne.

"Le peuple libanais a déjà enduré d’immenses épreuves. Il n’a pas choisi cette guerre, et cette guerre n’est pas la sienne", a affirmé ce porte-parole, Anouar El Anouni.

 

 


Trump a renvoyé une proposition d'accord plus stricte à l'Iran 

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  • D'après le New York Times, citant samedi des responsables ayant connaissance des tractations, le président américain a durci certains termes de la proposition qui était sur la table et a adressé ce nouveau plan à Téhéran
  • Selon le site Axios, il souhaitait renforcer la position de Washington sur plusieurs aspects qu'il considère personnellement comme importants, notamment le sort des matériaux nucléaires iraniens

WASHINGTON: Donald Trump a renvoyé une nouvelle proposition d'accord plus stricte à l'Iran pour mettre fin à la guerre, alors qu'une entente semblait se rapprocher ces derniers jours, affirment samedi des médias américain.

D'après le New York Times, citant samedi des responsables ayant connaissance des tractations, le président américain a durci certains termes de la proposition qui était sur la table et a adressé ce nouveau plan à Téhéran.

Le média américain n'est pas en mesure de préciser les changements apportés par le républicain. Mais selon le site Axios, il souhaitait renforcer la position de Washington sur plusieurs aspects qu'il considère personnellement comme importants, notamment le sort des matériaux nucléaires iraniens.

M. Trump a maintes fois répété qu'il était exclu que Téhéran se dote de l'arme atomique, et exige que son stock d'uranium hautement enrichi soit détruit.

La question du nucléaire est l'un des principaux points de friction dans les négociations pour mettre fin à la guerre déclenchée le 28 février par l'offensive israélo-américaine contre la République islamique.

Parmi les autres priorités du président figurent la réouverture et le déminage du détroit d'Ormuz par l'Iran, qui en bloquant cette voie d'eau perturbe gravement les approvisionnements en carburant et l'économie mondiale en général.

Les modifications apportées par Donald Trump pourraient encore prolonger les négociations. Des sources américaines ont indiqué à l'AFP que le président n'avait pas décidé de signer la proposition sur son bureau vendredi, après une réunion de crise à la Maison Blanche.

Dans la soirée, un responsable de la présidence avait affirmé que Donald Trump ne signerait un accord "que s'il est bon pour l'Amérique et que ses lignes rouges sont satisfaites".