Tesla rappelle 675 000 voitures, coup de semonce pour le géant électrique

Tesla a pourtant connu une année faste sur un marché de l'automobile durement touché par la crise sanitaire et la pénurie de puces électroniques. (Photo, AP)
Tesla a pourtant connu une année faste sur un marché de l'automobile durement touché par la crise sanitaire et la pénurie de puces électroniques. (Photo, AP)
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Publié le Vendredi 31 décembre 2021

Tesla rappelle 675 000 voitures, coup de semonce pour le géant électrique

  • L'autre voiture concernée est la luxueuse Model S. Un des loquets du coffre situé à l'avant du véhicule, mal aligné, risquerait de «s'ouvrir inopinément et d'obstruer la visibilité du conducteur»
  • Tesla estime que 1% des Model 3 et 14% des Model S rappelés aux États-Unis présenteront le vice de fabrication

PARIS: Le jeune géant de la voiture électrique Tesla va effectuer un nouveau rappel massif de véhicules pour des coffres "potentiellement" défectueux sur deux modèles en Chine et aux États-Unis, posant de nouveau la question de sa fiabilité.


475 000 véhicules sont concernés aux États-Unis et près de 200 000 en Chine.


Le modèle le plus concerné est le best-seller Model 3. Tesla indique que "l'ouverture et la fermeture répétées de la porte du coffre" y sont "susceptibles de provoquer l'usure excessive du câble coaxial" connecté à la caméra de recul, ce qui risque de rendre la caméra indisponible pour le conducteur.


L'autre voiture concernée est la luxueuse Model S. Un des loquets du coffre situé à l'avant du véhicule, mal aligné, risquerait de "s'ouvrir inopinément et d'obstruer la visibilité du conducteur".


Tesla estime que 1% des Model 3 et 14% des Model S rappelés aux États-Unis présenteront le vice de fabrication. La marque a souligné que ce défaut potentiel n'avait, à sa connaissance, provoqué aucun accident ou blessure.


Les rappels d'envergure ne sont pas rares dans l'automobile : Volkswagen avait rappelé 8,5 millions de véhicules en 2015 suite au scandale du Dieselgate ; un défaut sur des airbags a aussi entraîné le rappel d'au moins 100 millions de véhicules de toutes marques, et la faillite du fabriquant d'airbags, Takata.


Dans le cas de Tesla, ce rappel représente cependant au moins un quart des voitures jamais produites par le jeune géant de la voiture électrique, sachant que le chiffre total de production pour 2022 n'est pas encore connu.


"C'est un coup de semonce pour Tesla, avec une gifle de bienvenue du monde automobile, qui se trouve être peut-être plus complexe que le monde des smartphones auquel beaucoup aiment le comparer", a commenté l'expert allemand Matthias Schmidt. "Une voiture à problèmes peut causer bien plus de dégâts qu'un iPhone défectueux".

Mauvaise utilisation de la pédale
Tesla avait déjà rappelé en juin 285 000 voitures en Chine après une anomalie sur son logiciel de conduite assistée, et quelques milliers de Model 3 et Model Y aux États-Unis pour inspecter et resserrer, voire remplacer, des boulons dans les étriers de freins.


Tesla a pourtant connu une année faste sur un marché de l'automobile durement touché par la crise sanitaire et la pénurie de puces électroniques. 


À Wall Street, l'entreprise a rejoint en octobre le club très restreint des groupes valant plus de 1.000 milliards de dollars en Bourse. Elle a livré au troisième trimestre plus de 240 000 véhicules, un record. Son patron Elon Musk, l'homme le plus riche de la planète, a été nommé personnalité de l'année par le magazine américain Time.


Pour l'analyste Trip Chowdhry, du cabinet Global Equities Research, le rappel américain est un "non-événement", Tesla gardant un avantage énorme sur ses concurrents avec, notamment, ses capacités de développement en informatique.


La marque continue de dominer le marché mondial des véhicules électriques, où les grands constructeurs commencent seulement à étoffer leurs gammes, à l'image de Ford avec son pickup F150 ou le N°1 mondial Toyota avec une cascade de lancements prévus.


Plusieurs polémiques ont déjà frappé la marque automobile concernant la sécurité de ses véhicules. En avril, les freins des Tesla ont fait les gros titres en Chine: une cliente mécontente a fait un coup d'éclat au salon de Shanghai, protestant contre le système de freinage supposément défectueux d'un véhicule dans lequel des proches avaient été blessés.


L'agence américaine de sécurité routière (NHTSA) a cependant indiqué en janvier, après avoir examiné près de 250 requêtes, que les accidents cités ne pouvaient être attribués à un défaut du véhicule, mais plutôt à une "mauvaise utilisation de la pédale".


Le système d'aide à la conduite "Autopilot" fait également l'objet d'une enquête de la NHTSA après une série d'accidents. Le fait que Tesla teste en conditions réelles avec des conducteurs lambdas de nouvelles fonctionnalités d'aide à la conduite sans avoir d'autorisation spécifique alimente également les controverses.


Victoria's Secret: 8,3 millions de dollars d'indemnités pour des ouvrières thaïlandaises

Les gens font la queue pour entrer dans la nouvelle boutique Victoria's Secret à Shanghai le 24 février 2017. Le premier magasin Victoria's Secret a ouvert ses portes en Chine le 24 février. (AFP)
Les gens font la queue pour entrer dans la nouvelle boutique Victoria's Secret à Shanghai le 24 février 2017. Le premier magasin Victoria's Secret a ouvert ses portes en Chine le 24 février. (AFP)
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  • Brilliant Alliance Thai avait fermé en mars 2021 son usine de Samut Prakan, au sud de Bagkok, après avoir fait faillite
  • Les 1 250 ouvriers licenciés - dont beaucoup travaillaient dans l'usine depuis plus de dix ans - n'avaient pas reçu les indemnités de licenciement prévues par la loi thaïlandaise

BANGKOK: Plus d'un millier d'ouvrières thaïlandaises d'une usine qui fournissait la marque américaine de lingerie Victoria's Secret, licenciées, ont reçu une indemnité totale de 8,3 millions de dollars (7,3 millions d'euros), ont annoncé samedi des défenseurs des droits des travailleurs.


Brilliant Alliance Thai avait fermé en mars 2021 son usine de Samut Prakan, au sud de Bagkok, après avoir fait faillite. 


Mais les 1 250 ouvriers licenciés - dont beaucoup travaillaient dans l'usine depuis plus de dix ans - n'avaient pas reçu les indemnités de licenciement prévues par la loi thaïlandaise. 


L'usine produisait également des sous-vêtements pour les marques américaines de vêtements de grande taille Lane Bryant et Torrid, détenues par le fonds Sycamore Partners, mais seule Victoria's Secret a contribué financièrement à cet accord. 


Dans un communiqué, la marque de lingerie a confirmé la signature d'un accord dont elle n'a pas précisé le montant.


"Pendant plusieurs mois, nous avons été en rapport avec les propriétaires de l'usine pour trouver une solution". 


"Nous regrettons qu'ils n'aient pas été en mesure de régler cette affaire tout seuls. Pour s'assurer que les travailleurs reçoivent la totalité des indemnités de départ qui leur sont dues, Victoria's Secret a accepté d'avancer les fonds aux propriétaires de l'usine", a précisé la marque dans son communiqué. 


Contacté par la l'AFP, Sycamore Partners n'a pas souhaité faire de commentaires. 


Cet accord est le plus important jamais conclu par une usine de confection au titre du non-paiement du travail effectué, selon l'association internationale de défense des droits des travailleurs Solidarity Centre.


Depuis un an, ces travailleurs licenciés et les représentants syndicaux thaïlandais manifestaient devant le siège du gouvernement à Bangkok pour obtenir les indemnités dues. 


Selon un rapport datant d'avril 2021 du groupe de défense des ouvriers, Worker Rights Consortium, des cas similaires de non-paiement de salaires ont été enregistrés dans 31 usines de confection dans neuf pays. 


Le directeur exécutif du Worker Rights Consortium, Scott Nova, a estimé que ces cas n'étaient que la "pointe de l'iceberg" et que ce problème a explosé durant la pandémie, en raison d'une baisse de commandes des vêtements. 


Il a estimé que quelque 500 millions de dollars sont dus aux ouvriers du secteur de l'habillement du monde entier à la suite de fermetures d'usines et d'indemnités de licenciement non payées. 


Certains travailleurs de l'usine de Samut Prakan ont reçu la semaine dernière l'équivalent de plus de quatre ans de salaire, a-t-il déclaré. 


Droits de l'Homme: l'ONU défend sa visite controversée en Chine

Cette image de dossier publiée par le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l'homme montre un écran de la chef des droits de l'homme de l'ONU Michelle Bachelet assistant à une réunion virtuelle avec le président chinois Xi Jinping à Guangzhou. (AFP)
Cette image de dossier publiée par le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l'homme montre un écran de la chef des droits de l'homme de l'ONU Michelle Bachelet assistant à une réunion virtuelle avec le président chinois Xi Jinping à Guangzhou. (AFP)
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  • La cheffe des droits de l'Homme de l'ONU a exhorté Pékin à arrêter les mesures «arbitraires» visant la minorité musulmane des Ouïghours
  • Michelle Bachelet dit avoir également notamment rencontré des membres de la société civile et le chef du PCC dans la région, qui figure parmi les territoires les plus surveillés du monde

 

PEKIN: La cheffe des droits de l'Homme de l'ONU a affirmé samedi en Chine que sa visite n'était "pas une enquête", mais a exhorté Pékin à arrêter les mesures "arbitraires" visant la minorité musulmane des Ouïghours.


Lors d'une conférence de presse en ligne organisée à la fin de son séjour, Michelle Bachelet a également assuré avoir "entendu" ceux qui, ces derniers jours, lui reprochaient son manque de critiques envers le gouvernement chinois.


L'ex-présidente chilienne de 70 ans a par ailleurs affirmé avoir parlé avec "franchise" aux dirigeants communistes de la campagne actuellement menée au Xinjiang (nord-ouest) au nom de l'antiterrorisme.


Cet immense territoire chinois a longtemps été le théâtre d'attentats sanglants visant des civils et commis, selon les autorités, par des séparatistes et islamistes ouïghours - le principal groupe ethnique de la région.


Le Xinjiang, où habitent 26 millions de personnes, fait ainsi l'objet depuis quelques années d'une surveillance draconienne.


Des études occidentales accusent Pékin d'avoir interné plus d'un million de Ouïghours et de membres d'autres groupes ethniques musulmans dans des "camps de rééducation", voire d'imposer du "travail forcé" ou des "stérilisations forcées". Les Etats-Unis évoquent un "génocide".


La Chine dénonce des rapports biaisés et parle de "centres de formation professionnelle" destinés à développer l'emploi et à éradiquer l'extrémisme. Elle dément toute "stérilisation forcée", disant uniquement appliquer la politique nationale de limitation des naissances.


Plusieurs associations de défense des droits de l'Homme et de membres de la diaspora accusent Pékin d'avoir pris dans les mailles de sa campagne antiterroriste un certain nombre de personnes n'ayant commis aucun crime.

«Sans discernement»
Selon eux, des Ouïghours auraient été internés sur la seule base d'un extrémisme supposé, en raison d'une barbe trop longue, d'un voyage suspect à l'étranger ou de croyances religieuses jugées trop poussées. 


Michelle Bachelet a ainsi appelé samedi la Chine à arrêter les mesures "arbitraires et sans discernement" de sa campagne antiterroriste au Xinjiang, tout en dénonçant les "actes violents d'extrémisme".


L'ex-présidente chilienne est dans le collimateur d'organisations de défense des droits de l'Homme, des Etats-Unis et de Ouïghours basés à l'étranger.


Ils lui reprochent de ne pas suffisamment critiquer Pékin et de se laisser entraîner, avec sa visite, dans une opération de communication orchestrée par le Parti communiste chinois (PCC). 


Les médias officiels chinois ont ainsi rapporté cette semaine qu'elle aurait loué les progrès de la Chine en matière de droits de l'Homme. Les services onusiens n'ont ni démenti ni confirmé ces propos.


"Cette visite n'était pas une enquête", a rappelé la Haute-Commissaire samedi. Elle a défendu son séjour, assurant avoir pu avoir avec les personnes qu'elle voulait rencontrer au Xinjiang un accès "non supervisé" par les autorités.


Michelle Bachelet dit avoir également notamment rencontré des membres de la société civile et le chef du PCC dans la région, qui figure parmi les territoires les plus surveillés du monde.

Prison 
Beaucoup de familles ouïghoures disent n'avoir pas de nouvelles de leurs proches emprisonnés.


"Cette question et d'autres ont été soulevées avec les autorités", a déclaré Michelle Bachelet, ajoutant qu'elle avait "soulevé beaucoup de cas, des cas très importants".


Cette visite était la première d'un Haut-Commissaire aux droits de l'Homme en 17 ans. Elle fait suite à d'âpres négociations entre les Nations unies et Pékin.


Michelle Bachelet s'est rendue au Xinjiang dans la capitale régionale Urumqi et à Kashgar, ville où la population ouïghoure est particulièrement importante. Mais aucun détail de son itinéraire n'a été rendu public.


L'ex-présidente chilienne dit avoir visité une prison à Kashgar, où elle a notamment vu des prisonniers, décrivant son accès comme "assez ouvert, assez transparent".


Le gouvernement du Xinjiang lui a, selon elle, assuré que le réseau de "centres de formation professionnelle" avait été "démantelé". Michelle Bachelet a déclaré avoir visité l'un de ces anciens centres.


La délégation onusienne, au nom de la situation épidémique en Chine, était dans une bulle sanitaire qui a tenue Mme Bachelet à l'écart de la presse étrangère.


Les médias officiels chinois ont couvert sa visite a minima, ne rapportant que ses rencontres avec le président Xi Jinping et le ministre des Affaires étrangères Wang Yi.


Algérie: important accord entre Sonatrach et le chinois SOOGL

Une photo montre le logo du géant algérien de l'énergie Sonatrach lors de l'exposition World Gas Conference à Paris le 2 juin 2015. (AFP)
Une photo montre le logo du géant algérien de l'énergie Sonatrach lors de l'exposition World Gas Conference à Paris le 2 juin 2015. (AFP)
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  • Ce contrat d'une durée de 25 ans prévoit la réalisation sur le périmètre de Zarzaitine, dans la province d'Illizi, d'un «projet devant permettre la récupération de près de 95 millions de barils de réserves de pétrole brut»
  • La répartition des parts entre Sonatrach et SOOGL n'a pas été communiquée

ALGER: Les groupes algérien Sonatrach et chinois SOOGL ont annoncé samedi la signature d'un contrat de "partage de production pétrolière" d'un montant de 490 millions de dollars concernant un site du sud-est algérien.


Ce contrat d'une durée de 25 ans prévoit la réalisation sur le périmètre de Zarzaitine, dans la province d'Illizi, d'un "projet devant permettre la récupération de près de 95 millions de barils de réserves de pétrole brut", selon le communiqué diffusé par l'agence officielle algérienne APS.


L'accord a été signé par le vice-président en charge de l'activité exploration et production de Sonatrach, Mohamed Slimani, et le directeur général de Sinopec Overseas Oil and gas Limited (SOOGL), Wu Xiuli. 


La répartition des parts entre Sonatrach et SOOGL n'a pas été communiquée.


Début janvier, le groupe Sonatrach avait annoncé des investissements de 40 milliards de dollars entre 2022 et 2026 dans l'exploration, la production et le raffinage de pétrole ainsi que la prospection et l'extraction de gaz.


Les recettes du groupe ont augmenté de 70% en 2021 grâce à une hausse de 19% de ses exportations d'hydrocarbures, a indiqué en janvier son PDG, Toufik Hakkar.


Quatrième puissance économique du continent africain, l'Algérie est particulièrement exposée aux variations des prix des hydrocarbures du fait de sa dépendance à la rente pétro-gazière, qui représente plus de 90% de ses recettes extérieures.


Déjà en nette remontée après la reprise économique post-Covid, le baril de pétrole tutoie actuellement les sommets à plus de 100 dollars pour le Brent (brut de la mer du Nord). 


Cette flambée a fait suite à l'invasion russe de l'Ukraine fin février et des sanctions économiques contre la Russie, important pays exportateur de pétrole et de gaz.